23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 19:10

La droite fait son coming out.
Enfin, la droite... Une certaine droite, devrais-je dire. Une droite comme une meute de chiens excitée par l'odeur du sang.
Ils ne se tiennent plus. Hystérie collective. Ils veulent en découdre. L'occasion est bonne, presque trop belle. L'aventure est au bout de ce court chemin. Ce serait criminel de ne pas risquer sa chance. Comme les ligues dans les années 20 et 30, la droite catholique et quelquefois à la teinte maurrassienne revient piétiner le pavé. Et reviennent les inévitables débordements, les violences, le harcèlement de personnalités favorables au mariage dit « pour tous » ou d'anonymes fortement suspectés d'homosexualité.

Ah ! Le prétexte est bon. Comme le juif de 1925, la victime expiatoire est tout désignée. Il sera celui qui cause la décadence, la déliquescence du pays, ce pédé fantasmé supportera – comme jadis – le poids des torts et les origines des torts de notre époque. Toute proportion gardée, et c'est heureux, car la société est plus silencieuse qu'homophobe, et que nous ne sommes plus dans les années de l'entre deux guerres. N'en déplaise à ceux qui voyant double se comptent des millions et qui ne veulent pas accepter que la terre tourne, que la société et les hommes changent. Ces marcheurs du Champ de Mars rêvent d'immobilité.

La loi sur le mariage omnisexuel a été votée. Voilà une bonne chose de faite, passons vite à autre chose. Les taches ne manquent pas.
Cet épisode républicain pour le moins mouvementé aura au moins eu une vertu : celle de la transparence. La droite, enfin, une certaine droite, aura bon gré mal gré fini par faire son « outing ». L'alliance certes silencieuse d'une partie de son électorat avec celui de Marine Le Pen. Et c'était beau à voir, cette Frigide plus que barjot, dans la rue, serrant la louche de Me Collard, député FN, je ne sais si elle lui a fait un grand écart – sa grande spécialité – après lui avoir cloqué une petite bise.
Il faudra bien qu'un jour, les très nobles meneurs de notre fière opposition s'expliquent haut et clair, les yeux dans les yeux, la tête droite et droits dans leurs bottes, sur leur proximité avec le FN, idéologiquement parlant s'entend, la tambouille est une autre discipline.

Doit-on s'attendre à de nombreux divorces au sein de la grande famille UMP et consorts et à d'aussi nombreux mariages qui il n'y a pas si longtemps étaient qualifiés de contre-nature.
Ah ! Ces familles recomposées, quel bordel !

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 11:03

Homme à terre, attends-toi à prendre quelques coups de lattes dans les côtes. Ne cherche pas à voir d'où viendront les coups, ils viendront de toute part, des camps adverses, mais aussi et bien évidemment du tien. Après avoir compté tes petits sous, bien, mais pas suffisamment bien cachés dans la fraîche climatisation d'un coffre helvète, tu vas pouvoir dénombrer tes grands amis, ceux qui ne t'accableront pas, ceux qui ne t'ont pas déjà enterré, ceux qui ne t'ont pas vendu.
Certes, Monsieur Cahuzac, cette affaire dégrade terriblement l'image de ton parti, et pas seulement, la puanteur ne s'arrête pas rue de Solférino, mais discrédite le personnel politique dans son ensemble. Homme à terre, tu sais bien pourtant que tu n'es pas une exception, ni le premier, ni le dernier à ternir le blason étincelant du pouvoir politique.
Mensonge que le proverbe africain disant qu'il n'y a pas de place pour plusieurs crocodiles dans le même marigot.
On pourrait s'en délecter, mais ce serait un peu fastidieux de dresser la liste des scandales qui depuis sa création ont ébréché l'émail de la cinquième République. On pourrait également se rappeler ceux des troisième, quatrième, et encore ceux des régimes précédents.
De la révélation publique des turpitudes de Strauss Kahn à la dernière mise en examen de Sarkozy en passant par les soupçons portés vers Woerth, Chirac, Balladur, Tron, on s'aperçoit que le milieu politique est un terreau propice à faire fleurir une certaine délinquance ; et le populisme, répétera-t-on tous azimuts en faisant mine de le déplorer.
Il est toujours de bon ton de fustiger le populisme jusqu'au jour où son usage fournit un argument de choix contre ses adversaires. Mais tout ceci n'est que rhétorique, un effet de style permettant d'échapper (du moins l'espère-t-on) à l'amalgame, au fameux syndrome du « Tous pourris ».
Ben oui ! Mais faut-il le répéter, ils mettent beaucoup du leur pour que l'on ait du mal à résister à la tentation de les mépriser. Nous y sommes accoutumés : mensonge, trahison, reniement, autant de pratiques qui ne deviennent coupables, pour ceux qui prétendent nous diriger, que lorsqu'elles viennent à être découvertes. Bravo, entre parenthèses, à la presse libre et indépendante de jouer son rôle de contre-pouvoir, toujours accusée d'indignité, de parti pris ou de méchanceté manœuvrière à visée autopromotionnelle.
Quel autre constat peut bien faire le citoyen, devant la multiplication des affaires, face à la manipulation généralisée, lorsqu'il devient le spectateur quotidien des coups bas que nos politiques se portent mutuellement ? La biblique parabole de la paille et de la poutre ne semble pas avoir intellectuellement marqué nos élus et nos grands fonctionnaires. Il semblerait qu'ils préfèrent la très philosophique recommandation « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».
Voilà, d'ailleurs, une bonne occasion de se demander dans le huis clos de sa conscience, face au miroir du lavabo ou à son rétroviseur de bagnole, ce que l'on aurait fait si on avait eu l'opportunité de planquer 600 000 euros à droite, à droite du Léman, veuillé-je dire.
C'est un silence glacé et honteux que devrait respecter tout un chacun dans chacun des camps.
Alors, tous pourris ? Probablement, d'une certaine façon. Ne le serions-nous pas également ? Menteurs, intrigants, combinards, arrivistes, injustes, autoritaires à l'excès... Ne le sommes-nous pas également dès lors que nous exerçons un certain pouvoir, à la maison, dans l'entreprise, jusque dans nos activités culturelles ou de loisirs ?
Tous pourris, nos gens de politique ? Probablement pas. Du moins pas tous. Du moins pas en permanence. Pas tous en permanence. Mais dans une démocratie, ils n'ont aucune raison d'être, sans nous qui les élisons. Il serait judicieux qu'ils se souviennent que le pouvoir qu'ils exercent leur est délégué et non pas inhérent à leurs personnes. A nous donc de placer le curseur de ce qui est acceptable ou non, c'est la société tout entière qui établit la morale.
Quant au Monsieur propre d'ici et à la Mère Denis de là-bas promettant du sans tâche garanti, je me garderais bien d'en acquérir un baril.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 15:10

Il y a quelque temps, quand était-ce, le mois dernier ? Un type s'est donné la mort. Un chômeur. Un de ces types à qui on refuse une allocation parce qu'il manque un papier à la liasse de bulletins de paye qu'il a déjà fournie, ou qu'un embrouillamini de dates rend le dossier irrecevable. Il a choisi la vengeance ouverte, le message par une ultime vachardise désespérée à l'égard de la société. Qu'y a-t-il de plus violent que de se foutre le feu au vu et au su de tous. Oh ! Quel exhibitionnisme morbide. Le remboursement est à la hauteur de ce que la société t'avait donné, n'est-ce pas ?
On en a un peu parlé à la radio. De ce type qui s'est « immolé par le feu ». Panurgisme  journalistique. « Il n'y a pas que ça », entendait-on en substance dans les sommentaires des experts commissionnés au micro pour nous expliquer son geste dégueulasse, le suicide du chômeur.
« Il n'y a pas que ça », c'est-à-dire : la seule situation sociale de ce chômeur ne peut expliquer son acte.
Que des plumes en plomb poussent au croupion de l'expert qui ose proférer cet argument plausible, peut-être même cette vérité. Que dans chacun de ses rêves, des désespérés viennent en cohorte le traiter de tranche de veau froid, de sans couilles, de matière molle et fécale. Que n'ajoute-t-il qu'il y en a plein d'autres qui supportent leur situation sans craquer l'allumette fatale et qu'il n'y a pas lieu d'en faire une histoire quand l'un d'eux brûle de faire connaître sa déchéance.

On en a parlé à la radio. Un peu. Avant de vite passer à autre chose. Pas de grands serments, la main sur le cœur, la phrase-choc aux lèvres, du (bon) genre :  « Plus jamais ça », « Nous sommes tous des chômeurs en fin de droit », « Moi, Président de la République, je ne laisserai pas un concitoyen sans ressource et sans avenir ». Non, rien de tout ça. On a rapidement compris que les regards se porteraient au plus tôt ailleurs. On n'a pas promis un débat à l'Assemblée visant à se poser la question de l'éventualité d'une décision qui pourrait être prise en faveur de ceux qui, la fin de la quarantaine arrivant, sans emploi depuis plusieurs mois ne retrouvent ni travail ni considération et voient arriver l'heure où ils auront épuisé l'intégralité de leurs droits. Ceux qui, bien que sans revenu, refusent le RSA et l'obole publique corrélée au statut attribué d'assisté. Pourquoi pas de parasite de la société, tant qu'on est dans le registre flatteur ? Autant dire d'inutile. Voilà un angle un peu différent, gentils et doctes experts de la radio.
Il n'y a peut-être pas que l'aspect financier qui l'a incité à son acte désordonné. Les regards posés sur lui quels étaient-ils ? S'il avait femme et enfants ou conjoint, quelle était la vision qu'ils avaient de ce chômedu qui ne pouvait subvenir aux besoins de sa famille ? Et ses voisins ? Je ne parle pas de ses anciens collègues qui depuis déjà un bon moment ne donnaient, ni ne prenaient plus de nouvelles. Et ses amis ?
Drame de la solitude, un chômeur pourtant bien entouré se donne la mort par le feu. Yes ! Ça pète, ce titre. Voilà un angle un peu différent, gentils et doctes experts de la radio.
Alors, ruiné, inutile, isolé... Si ça se trouve, il buvait, ou se droguait. Accro au sexe, à la télé, au jeu, à Facebook. Incapable de se désintoxiquer, se sentant promis à une irrémédiable et éternelle descente aux enfers. Dépressif, angoissé, il s'est suicidé dans un acte symbolique de révolte contre ses addictions.
Voilà un angle un peu différent, gentils et doctes experts de la radio.
On en a un peu parlé. Ça s'est passé devant l'agence de Pôle Emploi, le mal nommé, sur le trottoir. Depuis on a dû nettoyer le trottoir, le type a dû être enterré ou on a dû finir l'incinération quelque part, toujours est-il qu'on ne parle plus de ces chômeurs, qui la fin de la quarantaine arrivant, se retrouvent sans ressource, et dont certains refusent le RSA.
On n'en parle que lorsque l'un d'eux se suicide. Ça fait toujours un chômeur de moins, il paraît que ça grimpe en ce moment. Faites gaffe, ne laissez pas traîner votre briquet.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 18:31

Ça y est, la loi a été votée à l'Assemblée. Reste aux sénateurs à l'examiner et à la renvoyer validée à l'expéditeur. Voilà une bonne chose de faite.

Les hommes pourront s'épouser et les femmes itou. La droite va pouvoir reprendre son souffle et les députés dans leur ensemble se reposer un peu tant – on nous l'a suffisamment seriné – nos dignes élus se sont épuisés dans d'interminables débats sur la possibilité offerte aux couples homosexuels de graver dans le marbre républicain l'heureuse nouvelle de leur union.

Pensez donc, ils ont dû travailler pendant des nuits entières ! Mobilisés 24 heures sur 24, comme sans aucun doute ils le sont pour éradiquer la misère de nos rues et nos souterrains, étouffer le chômage, requinquer l'hôpital, redonner un souffle à l'école, faire cesser l'ostracisme envers ceux que désormais on nomme « seniors » dès l'âge de 45 ans, et je vais terminer par un « etc. », cette longue liste des tâches qui occupent les nuits et les jours de nos chers députés.

A peine le texte de loi voté, faut-il voir là un rapport, le pape Benoît XVI surprenait tout le monde en déclarant forfait. Combien de forfaits a-t-on commis au nom de Dieu de l'Eglise et des saints sacrements ? Là n'est pas la question. Il s'agit ici d'un forfait de boxeur. Un jet d'éponge. Et toute la médiaristocratie de se bousculer pour souligner le courage (!) du saint-pépère, l'aspect révolutionnaire de ce personnage contrastant avec le conservatisme exacerbé dont il avait toujours fait montre jusqu'à ce jour.

Mais davantage qu'à cause du mariage laïc pour tous permis par la fille aînée de l'Eglise, pouvons-nous imaginer que cette démission, autrement appelée renoncement, ce qui s'inscrit plus dans le spirituel et moins dans le bizness politico-économique, puisse avoir un rapport avec le scandale du majordome du pape ? Benedictus XVI aurait-il été l'objet d'un quelconque chantage ? Pas plus adepte de la théorie du complot que ça, ne peut-on néanmoins s'interroger sur la proximité dans le temps de ces deux événements ?

L'Eglise ne saurait condamner l'imagination, tant elle en a fait son fonds de commerce. Une Terre plate modelée et peuplée en 6 jours, autour de laquelle tourne un soleil, un couple ordinaire dans un Eden dont on les prive pour cause de curiosité et de désobéissance, une humanité qui ne peut trouver son origine que dans la consanguinité et l'inceste, un fils divin, rédempteur, conçu assez mystérieusement par une mère dont on ne reconnaît pas la sexualité et figée pour l'éternité dans une posture de jeune fille. Un demi-dieu en quelque sorte, lui-même décrit sans relation féminine, sans descendance, mais accompagné dans sa mission d'enseignement par douze apôtres au systèmes fortement pileux.

Ce que nous dit sa vie nous éloigne un tantinet de la vision de la famille et de l'homosexualité que nous vantent les catholiques d'aujourd'hui. Ce que nous dit sa fin est qu'il ne faut compter sur personne, abandonné par tous et même par Dieu.

Je ne crois pas en Dieu, mais j'espère en Christ. Ton message, Jésus. Ton message ! Croire en l'Homme et secourir les déshérités. Assez de l'Eglise. Ratzinger raccroche les gants. Assez. Il quitte les ors et le pouvoir. Le pouvoir, papes, n'a rien de divin. Le pouvoir est un désir d'homme. Chercher le pouvoir, papes, écclésiastiques, c'est vous éloigner de Jésus, de sa vision. Le clergé est un appareil, une machine inhumaine. Et tout autant que Dieu est une illusion, ceux qui s'emparent de sa parole et de ses prétendues lois sont des imposteurs.

Ce n'est pas tant de la supercherie qui pût comme Souricette et Petit papa Noël être mensonge bénin, amusant et réconfortant que de l'usage que l'Eglise en fit, que les individus souffrent. Que les richesses vaticanes servent aux Hommes et non au clergé ; que l'on vende Saint-Pierre de Rome au Qatar puisque telle est la mode, et les prêtres saintement déguenillés pourront répandre la bonne parole désintéressée et éradiquer la misère.

Un vain mot ? Un vœu pieux ? Vouloir nourrir la planète, serait une vieille lune inaccessible ? Pourtant l'argument nous est régulièrement servi sous cloche par les professionnels de l'agroalimentaire.

Lorsqu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale il a fallu reconstruire et réalimenter les populations sous privation depuis tant d'années, on a tiré l'agriculture, l'élevage vers l'industrialisation, la production en masse et en vitesse. Il s'agissait aussi (surtout ?) de s'enrichir. En masse et en vitesse.

Aujourd'hui les marchands de semences arguent de la faculté que leurs graines miracles auraient à nourrir l'humanité entière, la contrepartie de cette noble mission est la clôture bienveillante des yeux sur le brevetage-racket du vivant et le silence sur d'éventuelles funestes conséquences sur l'environnement ou les consommateurs.

Le cheval était un mets familial prisé dans les années 50-60. Le prenait-on pour un bœuf ? Après tout ne demandait-on pas à son boucher un bifteck de cheval ? Beefsteack. Autrement dit un steack de bœuf de cheval. Rien d'étonnant que de nos jours on remplace le 100% bœuf déversé dans la bolognaise, les lasagnes et autres raviolis par du 100% cheval, lorsqu'il ne s'agit pas de mulet d'âne ou d'autres bestioles pas encore identifiées. 100% barbaque serait plus précis, et que ces âpres au gain de transformateurs ne s'inquiètent pas de mon propos, je n'ai pas dit que ce serait plus honnête, pas de gros mots. Déchets de barbaque le serait, car le « minerai » utilisé par l'industrie agroalimentaire n'est autre qu'un mélange de gobets, de gras et d'os réduit en bouille. Faut rien perdre !

Le cheval ne se consomme plus beaucoup (en toute conscience, faudrait-il préciser) et le bœuf pas davantage, qui était élevé pour faire de la viande et qui n'était pas de la vache laitière. Mais puisqu'il faut presser le citron jusqu'au zeste, que la bien aimable laitière qui a pissé son lait toute sa vie veuille bien se laisser découper le gîte et l'entrecôte pour remplacer son sans-couille d'homologue, trop coûteux et pas productif de son vivant depuis qu'on l'a remplacé par le tracteur.

Et quitte à remplacer le bœuf désormais inutile par une vache de réforme pourquoi ne pas aussi remplacer celle-ci par une haridelle roumaine ? Productivité, rentabilité, miam, miam, on se goinfre. On est loin de l'utopique désir nourricier à portée universelle.

Finalement, l'histoire se répète, quelle que soit la discipline. Le cheval roumain vaut le plombier polonais et l'ouvrier chinois, suffit de le faire voyager pour qu'il rapporte plus qu'il ne coûte.

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 11:18

Ce qui est particulièrement délectable, dans une polémique, c'est de soumettre aux débatteurs adverses un argument mettant en lumière leurs propres contradictions.
Aujourd'hui, nous jouerons avec la partie la plus progressiste de nos amis socialistes, écologistes et tous ceux qui, du bord extrême de la gauche aux frontières de la droite (il doit y en avoir), se déclarent favorables à la PMA.
Notons que la PMA, procréation médicalement assistée, rien à voir avec le PMU, consiste à fabriquer du bébé avec le recours de techniques médicales lorsque la vieille méthode de la zigounette dans le pilou-pilou telle que la décrivait Pierre Desproges ne fonctionne pas.
Ces techniques existant (insémination artificielle, fécondation in vitro, injection intra-cytoplasme de spermatozoïde), il était donc normal que les foules progressistes ou se proclamant comme tel se ruent sur elles pour améliorer leur quotidien et celui de l'humanité par voie de conséquence, car il est bien connu que ce qui sert le peuple militant de gauche sert modestement le bien-être universel. Finalement, il n'y a pas plus chrétien qu'un militant de gauche, qui l'est davantage qu'un militant chrétien.
Car il est là, le fondement du progrès. On cherche, on scrute, on nourrit la science, on théorise, on crée des techniques, on invente des objets, et on finit par s'en servir. Il en est ainsi de la cocotte-minute, de la transplantation cardiaque et de la bombe atomique. Il en est également ainsi des idées, le progrès a toujours tendu vers l'extension de la liberté de l'homme. On a aboli l'esclavage, le servage, réduit les inégalités entre les sexes en matière de droits, même s'il faut reconnaître que la tâche est loin d'être accomplie, d'autant plus si on la considère universelle.
Ainsi, la contrainte des corps, celle des esprits, la censure des opinions paraissent contraires au progrès, à moins de servir une morale progressiste qui indique le bien et le mal supposés.
La morale n'est plus dictée par le seul clergé, mais par la société tout entière, plus exactement par de multiples forces au sein de la société dont certaines s'affrontent et parmi lesquelles on trouve une morale progressiste.
Les forces de progrès d'aujourd'hui affirment que louer son ventre à autrui pour y faire grandir l'embryon d'un autre couple entre dans ce que cette morale permet. Les forces opposées – passons sur les quelques délires paranoïaques entendus ça et là – soulèvent le problème de la soumission des femmes contraintes à accepter grossesse, accouchement, séparation affective d'avec l'enfant porté, etc. Asservies par la force physique ou une violence psychologique, contraintes pour éloigner quelque temps la misère, ces ventres à louer pourraient devenir les victimes d'une pratique s'apparentant à une forme d'esclavagisme moderne.
Mais les forces de progrès ne s'arrêtent pas à cela qui sans doute serait un épiphénomène, une rareté, une exception. Autant dire une quantité négligeable.
Et Pierre Bergé de ne pas voir la différence entre louer son ventre ou vendre ses bras lorsque l'on est ouvrier. Et sa tête lorsque l'on est intellectuel. Certes le travail est avilissant, même si beaucoup y sacrifient de bonne grâce, mais il ne mobilise pas chaque instant de la vie du salarié pendant neuf mois y compris la nuit. La vie est là, faut-il le rappeler ? Celle d'un autre, dont la maman-porteuse a la responsabilité dès lors qu'elle aurait signé son contrat de travail. Quelles limites seront fixées aux préconisations voire aux ordres que ces couples-clients donneront immanquablement à la femme-fournisseur.

A combien la société estime-t-elle la valeur de ce CDD ; forcément un CDD ? Les jumeaux sont-ils acceptés comme des maux compte double ?
Mais la contradiction ne s'arrête pas là. Pierre Bergé a peut-être raison, après tout. Et nul ne doute qu'il ira plus avant dans ses comparaisons et invitera ses petits camarades socialistes à en faire autant. Vendre ses bras, sa tête ou son ventre, quelle différence ? Et vendre son cul ?
C'est Laurence Najet Vallaud Belkacem qui va avoir du mal à trouver un argument.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 19:42

Déjà, on sentait que l'idée qui poignait remporterait un vif succès. Le terme trouvé pour la circonstance aussi : mariage pour tous.
Le socialiste, c'est tout lui, ça, il faut qu'il euphémise, qu'il donne dans le sigle ou le slogan, parce que la conscience de gauche se doit d'être bonne et englobante, surtout pas discriminatoire ni stigmatisante. Et puis, il faut que l'action politique soit bien compréhensible, donc on fait un résumé, on le compose en italique dans un petit encadré synoptique et le tour est joué. C'est ça la modernité de la pensée consumériste post-moderne. Ou la pensée de la modernité consumériste post-moderne. Ou... Débrouillez-vous tous seuls, prenez les mots dans n'importe quel ordre, vous aurez dit quelque chose qui semble intelligent.
Revenons au mariage pour tous.
Aussitôt, je parenthétise : autant dire le mariage pour nos amis homosexuels (c'est la règle politique, d'un lobby l'autre, le gouvernement  – quel qu'il soit – cède alangui aux envies des amis persévérants). C'est l'ouverture aux couples homosexuels de la cérémonie civile du mariage afin que des personnes déjà librement unies puissent se lier officiellement. Et socialistement, c'est-à-dire sans discrimination de sexe, ce que les couples hétérosexuels connaissaient depuis 1790 ou 1791.
Hourra, vive le socialisme des esprits et l'esprit socialiste qui disent « pour tous » plutôt que « accordé aux homosexuels », par frilosité, peut-être, par peur de « discriminer » en utilisant un mot clivant (dans les cerveaux socialistes, ce « pour tous » est sans doute un élément réparateur). Il s'agit pour eux d'inclure l'homosexualité dans le mariage, tandis que certains homosexuels souhaitaient juste inclure le mariage dans l'homosexualité. On n'est jamais content, en France.
Passons sur les arguments des ultracatholiques, ayatollahs de la sacro-sainte famille à deux entités différenciées, et Saint-Esprit en sus pour veiller à l'implantation de la tite graine. Ils sont en plein délire paranoïaque, ces gens-là ! Te jetteraient des avions dans des tours s'ils étaient nés avec du poil au menton et des babouches aux petons à la place des sandales. Et ils te molestent les femmes nues, traitent les journalistes de putes et parlent sans arrêt d'inceste et de zoophilie. Fais-toi soigner mon frère, tu as de mauvaises vibrations qui t'occasionnent des pensées morbides et perverses. Ouverture d'une nouvelle parenthèse : il est remarquable de voir comme les plus fervents enfants du grand manitou (qui a plusieurs pseudos) se plaisent à molester les femmes, sans doute un hommage à sa plus belle créature. Fermeture de parenthèse.

Revenons au mariage pour tous. Il était temps. Il semblerait que ce mariage civil, créé au lendemain de la Révolution pour faire la nique aux curés sans éradiquer le rituel chrétien des mœurs, continue de donner de l'eczéma aux catholiques (j'imagine que dans les autres contrées de contrition on doit trouver les mêmes profils). Quelle importance cela peut-il avoir pour des gens qui ne considèrent le mariage que lorsqu'il est consacré ? Que cette mascarade de mariage civil soit accessible aux gens de toute sorte ne devrait pas scandaliser les bonnes ouailles. Bien moins que ces sataniques manœuvres de séduction auxquelles de nombreux enfants de chœur se livrent en direction de nos bons pères.

Toujours est-il que ce mariage effraie une part de la droite et sans doute emmerde une part de la gauche, particulièrement pour ce qui concerne la procréation assistée et l'adoption. Comme toujours, en lieu et place de débat, s'ouvre une polémique. On aurait aimé entendre des philosophes, des scientifiques, des historiens, des étrangers qui ont fait l'expérience de la chose, nous n'avons entendu que des pro et des anti, des militants. Il semblerait d'ailleurs que l'affaire soit entendue. Si l'église met de l'huile sainte sur un feu qui ne la concerne que de loin, la patate chaude échoit entre les mains des maires. Marieront, marieront pas. Copé tel Jeanne d'Arc faisant barrage de son corps pour empêcher les Anglais de débarquer (je sais, ce n'est pas joli joli, cette expression) jure ses grands dieux que jamais il ne poserait la question fatidique, referendum minimorum* appelant un oui massif et unanime à deux moustachus ou deux moustachues. Ah ! Le beau rebelle que voilà ! Entendez-vous cette gronde d'édiles prêts à se jeter dans l'illégalisme. Le premier magistrat d'une commune refusant de remplir son devoir et revendiquant son refus qui plus est. L'horreur républicaine ! Heureusement, nous sommes en terre socialiste, consensuelle, bienveillante, tolérante et imaginative.
Sans doute dans l'espoir d'apaiser le climat, notre grand beau président propose un genre de clause de conscience qui permettrait au maire dégoûté d'échapper à la corvée.
Au bout de combien de temps s'arrête-t-on de réfléchir, au gouvernement, une fois qu'une idée sort d'un cerveau ? Outre la discrimination que représenterait le choix de la part du maire de célébrer l'union de deux personnes et non de deux autres, cette proposition ouvre la réjouissante perspective de voir tel maire refuser au nom de sa conscience de marier un couple qu'il juge mal assorti par la couleur par exemple, ou pourquoi pas pour des raisons morales ou idéologiques, puisqu'il est question de « conscience ». Pour le coup, cette apparition du surmoi municipal comme juge de la conformité matrimoniale risquerait de porter atteinte à la fois à la lutte contre la discrimination et à l'institution, à la fois aux homosexuels et aux hétérosexuels, ce qui disons-le serait une sacrée performance qui nous ferait bien rire, nous autres les rétifs au mariage ! Mais le rire aurait été un peu jaunâtre et nous ne rirons heureusement pas puisque cette clause de conscience n'apparaîtra pas dans le texte de loi.

 

 

* Latin mal cuisiné, le génitif ne devrait pas se trouver là, mais on s'en tape un peu, c'est juste pour l'oreille.


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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 15:41

« Où est Charlie ? » Charlie, c'est l'ennemi, c'est ainsi que GI Joe et les Meuwines nommaient le Viet Cong. Il faut débusquer et abattre Charlie.
Après l'interdiction de publication de Hara Kiri, en 1970, à la mort de de Gaulle, pour irrespect envers le grand cadavre sacré, Cavanna et sa bande décident de continuer leur œuvre salutaire de dérision et de caricature satirique en changeant juste le nom de la publication interdite. Naît Charlie hebdo, petit frère de Charlie mensuel qui devait son titre à Charlie Brown le petit personnage de Charles Schultz toujours accompagné de son chien rêveur et raisonneur, poétique et terre-à-terre, anticonformiste Snoopy.
Finalement, Charlie hebdo tient de ce mignon toutou également. Rien à voir avec le communisme à la Hô Chi Minh que GI Joe et la CIA veulent dégommer.
Mais il faut abattre Charlie. Aujourd'hui encore.
Ce n'est plus au Viet Nam, ce n'est plus GI Joe qui veut dézinguer Charlie, et Charlie ne mange pas de riz. Il bouffe du curé, du facho, de l'imam, à l'occasion du rabbin, avec les poils et la mauvaise foi que ces calamités sur pattes précitées arborent avec véhémence.

Il faut abattre Charlie. Charlie est un poison. Une potion antitotalitaire. Il balance de grosses taches d'encre bien grasse sur la robe immaculée des gourous coucous de leur grand manitou local. Comme Cavanna enfant devait le faire sur la blouse du prof de math. A Charlie, on ne tue pas à la machette, on massacre à la manchette. Les skuds sont de papier. Pas d'éclats d'obus, mais de rire. Ce ne sont pas des mitraillettes qui crépitent, mais des mots et de traits.
Quoi ? Grossièreté, vulgarité ?
Mais qu'il est vilain le crime de grossièreté en regard du très justifiable assassinat d'un ambassadeur jugé coupable ipso facto pour un fait auquel il était étranger ! Mais qu'elle est laide la vulgarité affichée des unes de Charlie comparée à l'attitude courbée, ou devrais-je dire courbe, à mi-chemin entre l'agenouillement et la posture du coq chantant la leçon, de nombre de nos éditorialistes et de nos politiques posant la question « doit-on jeter de l'huile sur le feu ? », à condamner à demi-mot les caricatures de Mahomet, en s'excusant presque auprès de ceux qui se sentiraient venir des démangeaisons dans les bulbes pileux!
M'est avis que la diplomatie française, quant à elle manque un poil de pilosité.
Tout comme les petits singes de la sagesse bouddhiste, on ne voit rien, on n'entend rien et (surtout) on ne dit rien. On rentre la tête dans les épaules, on tente le discours modéré, on interdit ici (pas très fort) les manifestations des islamistes, on avertit là que l'on ne soutient pas la caricature, mais que les choses étant ce qu'elles sont, n'est-ce pas, la liberté de la presse, la liberté de parole, on ne peut interdire...

Serait-ce déplacé, irrévérencieux, vulgaire de demander si cette légère propension au faux cul ne trahirait pas un tantinet la peur ? La grosse chiasse pour parler clair. L'emmerdement maximum.

Ils les voient déjà les furieux du croissant, ayant fait contagion dans les banlieues, à manifester (contre le gré du gouvernement) un coup contre ce film que personne n'a vu, un coup contre Charlie Hebdo, un coup contre qui d'autre ? Il y a tant de blasphémateurs dans ce monde non encore régi par la charia.

Mais Charlie ne fait pas d'islamophobie, il fait de l'islamoquerie. A longueur d'ondes on nous explique que l'islam n'est pas le terrorisme, n'est pas le fondamentalisme, pas l'extrémisme religieux. Où que l'on regarde, on aimerait qu'il en soit ainsi, ces sages assertions sont presque partout démenties.

Quand toute la place est occupée par dieu, il n'en reste plus pour l'homme.
Face au danger de l'islam – Quoi ? Qu'est-il préférable ? – J'ai entendu dan-ger-de-l'is-lam ? Quelle attitude adopter ? – Dan-ger ? Celle des petits singes : ne rien voir ne rien entendre, ne rien dire. – Comment peut-on dire cela ? Ou celle de Charlie hebdo, de toujours et toujours combattre les pouvoirs totalitaires de la plume et du crayon ? – Mais c'est islamophobe !
La démocratie a le ventre mou en ce moment. Comment était son ventre en 33 ?

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 11:17

J'ai besoin d'être réconforté. J'ai pas le choix. Si !, me dira-t-on, tu as le choix, tu as toujours le choix, du moins en la matière. Tu parles ! J'ai beau me répéter que cela n'a guère d'importance, que les choses de Paris ne seront que peu bouleversées par ce qui se passe ici, j'ai du blues dans le gris du ciel. Et comme je ne crois guère au ciel...
Hier encore, il y avait de quoi choisir. Trop même d'options. Nous avions un DVD, une DVG, une SOC, une EXG également, un FG, une ECO, une CEN, un autre EXG, un FN, un UMP, un EXD, un VEC.

Hier, il pleuvait. La gauche s'est diluée. Ça, pour faire barrage au Front national, ils étaient tous là ! Mais avant tout, il faut expliquer les sigles. Ils finissent par se faire incompréhensibles.
Côté droit, nous avions un Divers droite, version Dupont-Aignan, Debout le République, un UMP, ça tout le monde comprend, un Front National, on comprend bien aussi et un autre type d'extrême droite, qui se prend pour le Mont-Saint-Michel et se fait appeler le Roc, qui était une personnalité phare du Front national époque Menhir. Au Parti de France, on trouve fifille trop molle, ou trop pas assez à droite, je ne sais. Là aussi, grâce à sa tête de chauve au sourire carnassier sous son nom emblématique (il a un homonyme célèbre et redouté de tous les ministres de la Culture passés et à venir), on ne pouvait se méprendre.
Au Centre, un candidat du Modem qui affichait à côté de la marque de Bayrou un « UDF » qui pouvait surprendre. Modem-UDF, ça sent le centriste désolidarisé du vote à titre personnel du Béarnais en faveur de Hollande à la présidentielle. Rappelez-vous, Bayrou avait courageusement pris le parti de ne pas voter pour le président sortant.
Jusque-là, tout était simple. Simple également à comprendre la présence, d'un Front de Gauche, d'un Lutte ouvrière.
Ça se complique avec l'écologie. Nous avions une candidate du Trèfle ! Non pas de la marque de papier hygiénique, non pas de l'équipe de rugby irlandaise, mais du parti  politique pour l'écologie et l'environnement, des gens qui défendent la cause animale et l'écologie humaniste. Probablement, des gens de bonne volonté, mais dont on n'est pas bien certain qu'ils disposent des clés des portes ouvertes qu'ils enfoncent dans leur programme.
Là où on atteint des sommets d'incompréhension, c'est avec la gauche socialiste et de la majorité présidentielle, car il y avait foule. Un Europe-Ecologie-Les Verts au parachute rosissant, investit par le PS pour représenter la nouvelle majorité, et pas moins de deux socialistes, deux dissidentes exclues du PS pour cette raison, l'une, vice-présidente du conseil régional, maire-adjointe d'une grande petite ville du département, l'autre célèbre maman d'une journaliste célèbre qui ont eu toutes deux maille à partir avec DSK, élue au conseil régional, vice-présidente du conseil général.
On a beau être socialiste et majoritaire au plan national dans tous les scrutins depuis cinq ans, trois candidats affichant le même coloris dans un canton où Hollande est arrivé deuxième derrière Sarkozy et parfois troisième derrière Le Pen, il faut s'injecter une sacrée dose d'optimisme jusqu'à frôler l'inconscience, d'autant que le candidat UMP siège à l'Assemblée depuis 2002.
Diluer à ce point les espérances de votes pour sa propre formation, dans une campagne qui n'a pas eu lieu, montre bien la distance du personnel politique avec la réalité, ça relève de l'entêtement égotiste, d'un orgueil sans pareil confronté à des accords électoraux entre appareils, pour le moins peu réfléchis.
Passons aux résultats. Le deuxième tour verra s'affronter le candidat UMP au candidat FN. Le premier a récolté 32,96 % des voix, le second 20,03 %. Notons que l'addition des trois candidats de gauche se réclamant du socialisme ou de la majorité présidentielle, éliminés totalisait 33,88 %.
Que faire ? Que faire, une fois la bordée d'injures lâchée pour évacuer le trop-plein d'agacement ? Réfléchir à ce choix qui n'en est pas un. Voter pour l'UMP afin de faire barrage au FN ? J'ai déjà donné ! J'en ai presque fait une jaunisse. Voter FN, histoire de ne pas accorder un député de plus à l'UMP, risquant ainsi une cohabitation de cinq ans avec Copé ? Ah ! Je sens la bilirubine libre se répandre dans mes veines, l'ictère me guette.
Et le vote blanc qui n'est pas encore comptabilisé comme une voix à part entière ! J'ai besoin d'être réconforté.

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 18:23

Une vallée de larmes. Notre monde n'est qu'une vallée de larmes.

Autrefois, hier, il n'y a pas si longtemps, c'était les pauvres qui l'irriguaient, cette vallée verdoyante, les pauvres auxquels se sont ajoutées les personnes les moins solides de la classe moyenne, petits cadres bord-cadre fondant famille à deux salaires, couples productifs se retrouvant par accident amputés de la moitié de leurs revenus.
Pendant ce temps, les roches faisaient savoir haut et fort que le partage était proprement impossible. J'ai écrit « roches » ? Faute de frappe. Faute de frappe qui ressemble à un lapsus révélateur, tant les riches, c'est d'eux dont il est question, paraissent imperméables à l'érosion sentimentale.

Des riches à cœur de pierre, lourde masse inamovible enracinée dans le sol, peu inquiète du déluge qui forcément surviendrait après eux et glisserait imperturbablement à travers les aspérités de leur granit. Les exemples de cette aridité de sentiments ne se comptent plus, depuis les délocalisations d'activités à forte teneur en profits, en passant par l'avarice caractérisée des employeurs versant des rémunérations pitoyablement basses avant de trancher dans la masse salariale déjà exsangue pour tirer encore un peu plus de jus, jusqu'au harcèlement des petites entreprises, fournisseurs ou simples voisins comme, cette petite bijouterie artisanale de la place Vendôme menacée de ne pas voir son bail reconduit pour le plus grand plaisir du groupe LVMH.Aujourd'hui, notre bonne vieille vallée de larmes grossit de celles des riches qui se plaignent d'un éventuel retour au "social". Grands dieux, qu'il est criminel de nous empêcher d'augmenter les loyers quand bon nous semble !
Bien sûr, « les riches », le mot est vague. Dire « les riches » a le défaut de ne rien préciser et prête le flanc à la critique. Dire « les riches » précipite aisément l'auteur de cette généralisation dans les rangs des populistes. Autant dire que sa voix n'a aucune valeur, tantôt rejeté par les uns parmi les frontistes de gauche, tantôt placé par les autres au sein des frontistes de droite, et qualifié vite fait bien fait de poujadiste, guévariste, de nihiliste, voire de punk à chien.
Ce qui n'empêche nullement le riche d'exister, loin des autres tout en donnant l'illusion que la société est un système symbiotique dans lequel il fait figure de nourricier, alors qu'en réalité il en constitue le principal parasite. Ouh la ! Le mot est fort. Certes, mais comment nommer celui qui reçoit infiniment plus qu'il ne restitue, ce super prédateur qui détruit plus qu'il ne crée ? Bien sûr, il se retranche derrière l'entreprise. Sacro-sainte entreprise. Joli paravent, faux nez de luxe. Alibi pour le crime social parfait.
Que le riche disparaisse, selon lui, plus d'entreprise, il l'a répété pendant des décennies, à tel point que c'en est devenu un lieu commun auquel même certains pauvres souscrivent. En conséquence de son absence, voyez ces foules oisives promises à la soupe populaire, à la mendicité ou la délinquance, la ruine généralisée, la déliquescence de la société. Il se donne des airs de grand acteur, au rôle-titre définitivement attribué.
Car la richesse, et la chose dure depuis la nuit des temps, est synonyme de pouvoir, l'un de ses moteurs est la discrimination. Elle a pour principe fondamental la ligne de démarcation d'avec le vulgaire, le commun, la majorité de la société qu'elle a pour ambition de dominer. Il n'est pour le riche nullement question de vivre dans la société, mais au-dessus, quitte à, pour cela, devoir traiter avec des intermédiaires que l'on ne coudoie que de loin, avec des pincettes, que l'on daigne traiter avec un peu plus de considération que ceux que l'on asservit, et dont on s'assure la servilité par ces privilèges accordés. Ce que furent les contremaîtres jadis pour les patrons d'usines ne sont que les cadres supérieurs actuels, les garde-chiourme des esclavagistes d'antan.
Les riches se fréquentent, se fournissent de préférence entre eux. Ils constituent une société « à part », pour l'ordinaire, ils font appel aux serviteurs. Leur participation à la vie sociale se limite au sens unique, le sens ascendant. De la société vers eux. La société nourricière, vache à viande, vache à lait dont on boira jusqu'à la dernière goutte, dont on sucera les os jusqu'à la moelle. La société, on l'écoute à l'occasion. Dans le seul dessein d'en tirer profit. Si le bestiau donne plus lorsqu'il se plaît au pré, on le met à l'herbe grasse, si, bien que médiocre, il est plus rentable de le claquemurer en masse, abreuvé de choses grasses molles et insipides, va pour le confinement. Question praticité, le riche est imbattable.

Axiome premier : la fin justifie les moyens. S'il faut soumettre, soumettons, s'il faut transiger, transigeons. S'il faut être charitable, n'allons pas jusqu'à la philanthropie, contentons-nous des préceptes du clergé ou du mécénat, le dieu argent reconnaîtra les siens. Les riches ne craignent rien hormis les idéologies qui jouent du couteau à moins de les corrompre ou de s'en faire les complices, mieux d'en faire jouer les rouages. S'il faut draguer le fascisme, brun, rouge ou vert, qu'importe le coloris, pourvu qu'au bout du compte, le compte y soit.
Ça s'est vu, ça se reverra. 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 10:09

Elle est là, bien en ordre, la claque.
Soudain, plus de noms d'oiseaux aboyés méchamment, plus de jurons crachés à la face du présidentiable devenu Président, mais des messages bienveillants, souhaits de réussite, pour la France, n'exagérons rien, il faut entretenir le fonds de commerce, avec dans l'œil toutefois un soupçon de doute. Et surtout des éloges, à grand renfort de superlatifs, en faveur du sorti. Larme à l'œil, mines contrites, un bilan positif, c'est un scoop Coco. Enjolivé à mort, le quinquennat. Le survolté a tout perdu de son indignité passée. Dernier avatar du « storytelling » sarkozyste, conte pour concons. Et voilà qu'on l'habille pour le printemps dans un costume gigantesque. On ne s'en est pas aperçu, l'homme était faramineux, si grand que l'on ne tarderait pas à le regretter.
C'est Foutriquet entrant dans la légende après une intense séance de ravalement de façade, passé et repassé au Ripolin.
Oubliés, les années cliquetantes, le luxe ostentatoire, les montres et le yacht des amis, en place et lieu de la retraite spirituelle presque monacale – premier mensonge d'une série ininterrompue – la toute-puissance colérique, l'arrogance, la vanité poussée jusque sur la scène internationale, le cynisme, l'ostracisme envers les catégories les plus diverses : fonctionnaires, pêcheurs, ouvriers, syndicats, étrangers, émigrés, combien d'autres ?
Oubliés, la course poursuite avec l'extrême droite pudiquement qualifiée d'une euphémique « droitisation » de son projet politique par les moins flatteurs, tout comme le populisme de fin de règne ? Après avoir été président des riches, se présenter comme l'ami du peuple, il est vrai qu'il faut en avoir, comme on dit… du toupet.
Oubliés, son inculture revendiquée, son mépris grammatical, son goût pour l'invective ?
Si y en a que ça les dérange un président trop court pour atteindre une stature présidentielle, qu'ils se cassent...
Oubliées, les dépenses somptuaires, l'avion présidentiel, les augmentations pharaoniques, alors que menaçait une crise d'une violence… inouïe, et que rappelons-le, le Premier ministre (il l'avait dit) venait de prendre ses fonctions dans un état en faillite !
Oubliées, les amitiés sentant un peu fort, les réceptions de dictateurs avec défilé de 14 juillet en sus de l'accueil chaleureux.
Oubliées, les casseroles, les questions à régler devant la Justice dans les dossiers de financement de campagnes électorales diverses, les noms de Bettencourt, Kadhafi, Takiédine seraient-ils déjà sortis des mémoires ?
L'homme est devenu exceptionnel, immense président, que nous aurions méconnu, symptôme d'une d'une inquiétante cécité.
A entendre les Copé, Kosciusko-Morizet, Morano, et je passe les Bertrand et autres Wauquiez, on se prend à se demander si ce genre de cécité ne se soignerait pas par l'Alzheimer.

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