Encore une polémique d'un haut intérêt existentiel.
Notre héros national le fait savoir : il y était ! Au jour J, à l'heure H, il s'est senti au pied du mur, et inspiré par ses lectures bibliques, il a considéré qu'il lui revenait de renouveler l'événement durant lequel les trompettes de Jéricho en avaient fait s'effondrer les murs. Mais Nick the First qui n'est pas une trompette a néanmoins su réagir et s'adapter à la situation.
Tout comme en ce jour de juillet 1830, fidèle au peuple et à la liberté guidant icelui où sabre au clair, menaçant et enjoué, il prend fait et cause contre Charles X (un genre de villepiniste).
De même, qui voit-on aux côtés de la pucelle d'Orléans, n'en déplaise à la dynastie Le Pen qui aime à s'approprier des symboles patriotiques ?
Heureusement, les Carnets de l'Ours restent vigilants et n'ont qu'une dessein, qu'un désir : restituer les vérités historiques et rendre à César ce qui lui appartient. Osons le dire, oui, Nick the First a présidé, préside et présidera toujours à la destinée de la France et de l'humanité.
Gloire à notre grand homme !
C'est à se demander si, en secret, un concours de l'idée la plus con ne serait pas en cours. Le gouvernement a lancé l'expérimentation du recrutement de chômeurs par CV anonyme avec l'aide d'une cinquantaine d'entreprises.
Qu'est-ce donc qu'un CV anonyme ? Il s'agit d'un document détaillant le parcours professionnel d'une personne, sans photo, dont on tait volontairement, le nom, le prénom, l'origine de naissance, le lieu de résidence, l'âge et les références antérieures à quinze ans. Le but de l'entreprise est louable et censé combattre la discrimination, mais outre une méthode de gestion de la société proche de la politique de l'autruche, elle révèle surtout une hypocrisie et une sottise sans nom. Car enfin quoi, les entreprises qui acceptent de recevoir des CV anonymes dans le but de recruter ne se soucient, de fait, pas des caractéristiques hors compétences des candidats, ce qui rend l'anonymat inutile, quant à celles qui seraient contraintes à une telle mesure, elles se verraient, sous peine de devoir subir les foudres de la Halde, acculées à embaucher des salariés qu'elles ne désirent pas. Bon courage, alors, au nouvel employé débarquant en terre hostile.
Poudre aux yeux, solution factice, remède inadapté à un mal que l'on ne sait guérir. Placebo pour électeur, argument qui vise à se déresponsabiliser d'un échec assuré, tendant à faire croire que l'on s'est penché sur le problème, et que s'il perdure en dépit des mesures mises en place, la faute est à rejeter sur l'incapacité (ou le refus) à "s'intégrer" des populations concernées, parce que d'une autre culture ou d'un autre âge.
Humainement, contraindre un individu à l'anonymat pour qu'il puisse vivre "normalement" est parfaitement dégueulasse. C'est lui dire "on veut bien de toi, mais on
ne veut pas te voir, notre désir le plus cher est surtout de ne pas te connaître".
S'est-on soucié dans les années soixante-dix de l'identité des ouvriers qui peuplaient les chaînes de montage automobile, des éboueurs, des femmes et hommes de ménage préposés aux vidages des corbeilles à papier et au nettoyage des chiottes de bureau ? L'anonymat était-il requis pour se retrouver dans les rangs des tiirailleurs sénégalais et autres troupes coloniales lorsqu'il s'est agi de défendre la mère-patrie, l'amère patrie. Non, chacun était le bienvenu pour s'esquinter les os et les éponges ou se faire trouer la peau, l'anonymat – et voilà peut-être bien une des causes du souci qui se pose aujourd'hui – n'a été que la récompense offerte pour leurs efforts.
On désirait des citoyens de seconde zone qui devaient accepter sans barguigner les tâches les moins valorisantes, respecter les lois de la République et, non pas se
fondre dans la masse, mais s'abstenir de toute visibilité. Pour les postes à responsabilités, le secteur tertiaire, les postes de représentation ou en rapport avec le public, on a voulu une
société active à l'image des images de magazines, du beau, du jeune, du teint ivoire et de la taille fine. Exit les bronzés et les vieux et les handicapés. Mais, indécrottables humains, les gens
qui venaient d'ailleurs fondent des familles, fabriquent des enfants qui espèrent vivre comme leurs voisins, les adultes vieillissent, comment leur expliquer qu'ils sont de trop ?
En leur disant que leur salut passe par l'anonymat. Par la politique de l'autruche en quelque sorte.
Ah ce n'est pas flamboyant. Pas de quoi tirer de la gloriole de ce haut fait d'arme. Mener un président de la République à la barre d'un tribunal correctionnel, ça devrait vous donner un peu de lustre, ça devrait vous poser en chevalier blanc en lutte contre la corruption, en intransigeant défenseur des intérêts du citoyen. Le problème, c'est que quand le type en question n'est plus président, qu'il n'a plus le pouvoir de vous flinguer, et qu'en outre il approche les quatre-vingts printemps, le haut fait d'arme ressemble au tir de kalach sur une ambulance.
Certes, il doit se trouver peu de gens qui adresseraient à Chirac un brevet de vertu. Certes, quelques-uns doivent considérer qu'il n'y a là qu'un juste retour des choses, que pour une fois, ce n'est pas un lampiste qui endossera les responsabilités et devra répondre de sa conduite passée. Pour le coup, ce n'est pas Juppé qui encaissera à la place de celui qui l'avait adoubé "le meilleur d'entre nous".
Donc le citoyen Chirac, ci-devant président, après avoir longtemps régné à la mairie de Paris va se retrouver devant les tribunaux. Il était temps direz-vous ! Pour quel chef d'accusation ? L'attribution d'emplois fictifs à des personnes lui ayant rendu service ou qui étaient appelées à le faire justement lorsqu'il était en charge des affaires de la capitale.
C'est beau la Justice. Quand l'homme est à terre, il ne faut pas hésiter à sortir de son trou pour lui tataner les côtelettes et l'hypogastre.
Il est vrai que le législateur lui avait fourni un bouclier judiciaire ad hoc qui interdisait à la justice de passer. Ne pas l'attaquer alors que la garde du chef de l'Etat est définitivement baissée, reviendrait à accorder à celui-ci une immunité totale et permanente. On aurait beau jeu, alors, de tomber à bras raccourcis sur les magistrats et la classe politique dans son ensemble en criant à l'oligarchie.
Mais une justice qui ne passe que lorsque l'on veut bien la faire passer et qui choisit ses cibles lorsqu'elles sont désarmées laisse un goût suspect. Je ne plaide pas ici pour l'impunité de nos politiciens indélicats, mais pour un plus grand contrôle des agissements de ceux que l'on est en instance de choisir pour diriger notre nation, et au bon moment, c'est-à-dire avant qu'ils ne se présentent à une élection présidentielle.
Est-ce si grave que d'envoyer (ou ne serait-ce que de tenter de le faire) un ancien président en prison ? D'autant que les Français ne sont pas bêtes et savaient parfaitement qu'à sa réélection Chirac traînait autant de casseroles que peut en proposer le quincaillier du coin. Ils en avaient même fait un slogan lorsqu'ils manifestèrent contre la présence de Le Pen au second tour des présidentielles de 2002. Mais, est-ce bien à la Justice de faire valoir un droit d'inventaire que le peuple serait habilité à réclamer ? N'y aurait-il la possibilité d'agir autrement ? Puisque nous avons par le suffrage universel fait entrer l'homme dans l'Histoire, ne pourrions-nous confier ce droit d'inventaire aux historiens ?
Ainsi, peut-être aurions-nous une chance de savoir ce que contenait la cassette Méry ?
Islande, terre de contraste ! Lieu commun de tour operator. Après avoir pris la crise en pleine face, l'Islande a bien du souci. Ce bout de terre magnifique est en faillite. Les rats quittent le navire qui s'enfonce dans un océan de dettes.
Aujourd'hui, les trois établissements qui fournissaient les Islandais en hamburgers changent d'enseigne. Mac Donald – (mensonge, mensonge, il n'y a pas de hamburger au canard !) estime que la couronne islandaise ne vaut plus tripette et que l'importation des produits alimentaires s'avère trop coûteuse. Plutôt que d'attendre que la situation se rétablisse un tantinet, plutôt que de prendre sa part dans la crise, comme tout Islandais qui se respecte, plutôt que d'innover en utilisant les ressources locales, M (récemment lavé au jus écolo, vous l'aurez remarqué, le M jaune n'est plus sur fond rouge, mais sur fond vert) préfère aider ceux qui souffrent de la crise à le faire en toute discrétion sans qu'ils se ruinent dans l'achat de denrées coûteuses et roboratives, trop grasses et trop sucrées.
Ne restent que les Islandaises (Salomé Arnbjornsdottir, je ne t'ai pas oubliée) et les Islandais (Jon le rapide, je me souviens t'avoir devancé de loin lors d'une fameuse course-randonnée), les chutes d'eau (les plus grandes d'Europe), les rivières trépidantes que l'on (du moins, on essaye) traverse à gué à pied d'homme, les sources d'eau chaude, les champs de lave, les plaines où paissent chevaux et moutons, la fameuse faille continentale (ou océanique, je ne me le rappelle jamais) en forme de fer à cheval où siègeait le premier parlement connu en Europe, les solfatares, les geysers, les glaciers, les icebergs, les fermes aux toits recouverts d'herbe et de mousse, les vrais pulls en vraie laine, bref, ne reste que l'essentiel. La beauté à l'état pur, sans les rats.
Le site Lepoint.fr fait état d'un rapport publié par la Cimade qui estime le coût des expulsions de clandestins en 2008 à 533 millions d'euros. Le ministère s'appuyant sur un rapport de l'Inspection générale de l'administration table plutôt sur 232 millions d'euros. Façon de calculer, si on en croit le le sénateur (UMP) Pierre Bernard-Reymond à l'origine de ce rapport de l'IGA, ce dernier chiffre ne concernerait pas que le coût des arrestations et expulsions effectives, mais engloberait celui des interpellations et mises en rétention qui ont abouti à une "relaxe" des personnes pressenties pour l'aller simple par charter.
Effectivement, il est plus économique d'être optimiste.
On apprend également dans ce rapport que si l'arrestation du clandestin présumé est ce qui nous coûte le moins (en termes pécuniaires) le poste le plus élevé est celui de la rétention administrative (on retient, on n'emprisonne pas ! ô hypocrisie euphémistique), avant celui de la reconduite forcée (on reconduit, on n'expulse pas ! ô hypoc... je l'ai déjà dit) par avion avec escorte policière (aller-retour).
Le coût moyen d'une expulsion serait d'environ 6300 euros. Il ressort de ce rapport que, je cite Lepoint.fr, "490 millions d'euros ont été dépensés en 2008 pour les 185.000 ressortissants étrangers en situation irrégulière, soit 2.648 euros par personne. Les expulser coûte le double."
Gros problème. Que faire pour expulser moins cher ? Je proposerais bien une solution un peu gonflée, mais je doute qu'elle reçoive une approbation enthousiaste : pourquoi rapatrier l'escorte policière ?
A cinq mois des régionales, il était temps de faire réfléchir les Français, leur demander de pratiquer un peu l'introspection pour qu'ils se rendent bien compte de ce qu'ils sont. Not' bon ministre de l'intransigeance et des allers simples en charter, en phase avec son mentor présidentiel lance la réflexion sur l'identité nationale. Cinq mois pour que le couillon à crête cocoricotte sous son béret basque. Moins même que cinq mois, puisque le Français ne va pas pousser le vice de penser pendant les fêtes de fin d'année et leur préparation.
Avec un régime en baisse de régime, avec un Nick the First qui va devoir ajouter des talonnettes à sa pote de copularité, puisqu'elle rétrécit et se recroqueville comme un vit repu ou trempé dans l'eau froide, il était temps d'orienter le débat sur ce qui fait de nous ce que nous sommes et surtout de bien nous unir en mettant le doigt sur ce qui nous divise, pour être bref, offrir une alternative au vote nationaliste et aller à la pêche à l'électorat Front national.
Il était donc temps de lancer la polémique sur cette fameuse identité nationale, c'est-à-dire mettre à l'épreuve la tolérance à l'autre. La manœuvre est double : confronter la gauche au problème de l'immigration que la droite ne parvient pas à démêler, la laissant monter au créneau pour mieux faire entrevoir ses incohérences, ses divisions, son laxisme, son irresponsabilité supposée à défendre une certaine conception de l'accueil des étrangers sur le territoire, et dégoupiller l'opposition d'une extrême droite hystérique sur le sujet.
En matière électorale, la peur est un excellent produit d'appel. Peur du Noir, peur de l'Arabe, peur du délitement de la société française. Plutôt que de tabler sur
un éventuel fait divers que l'on pourrait rendre profitable, autant prendre les devants et entonner un martial chant patriotique. Remettre sur le tapis – non persan – la polémique autour des
paroles de la Marseillaise, que (on ne le sait que trop bien, la controverse revenant tous les six mois) les uns fustigent à cause de leur caractère un tantinet violent, y décelant racisme,
xénophobie, et te balancent l'argument-choc du "sang impur" dans une admirable posture offusquée, et que les autres défendent pour être un chant révolutionnaire, plein d'une humanité démocratique
en lutte contre la tyrannie monarchique et aristocratique. Bien sûr, ceux qui aiment la Marseillaise et ceux qui ne l'aiment pas, nous mettent en instance de choisir notre camp. Lui, qui refuse
de la fredonner de crainte sans doute de se salir la bouche, l'autre qui se scandalise que le joueur de foot ne daigne la chanter lors de rencontres internationales. L'un et l'autre
t'étriperaient si l'envie te prenait de clamer mezzo voce que tu t'en tapes.
Attendons-nous donc à entendre rabâcher les sempiternelles citations de Rocard et Karchozy et voir les principaux acteurs politiques (ces histrions) se relancer ces lieux communs comme des preuves d'infamie et des contre-arguments :
– La France, où tu l'aimes, ou tu la quittes !
– La France n'a pas vocation à accueillir toute la misère du monde... mais elle doit en prendre sa part.
Gageons que débattre de l'identité nationale aura davantage pour effet de traiter de l'immigration qui dérange que des valeurs que la France véhicule (qu'en général
on pose en vertu) à savoir la tolérance, l'accueil et la défense des opprimés et le respect des droits de l'homme. Nulle vérité ne sortira de ce puits sans fond, mais le renforcement des
positions respectives des racistes et des antiracistes. Nul enseignement de ce qui rend notre "nation" attractive ou inique n'en sera tiré. Nul grand principe, nul projet de société, nulle
construction ne naîtront de ce débat de société.
Il est biaisé. Il n'est qu'invitation à la pose, à l'adoption par tous d'une attitude stéréotypée, l'une consistant à dire qu'il y a trop d'immigrés, l'autre à
affirmer que ce décompte est dégueulasse, la première à insister sur la non-intégration des populations issues de l'immigration, la seconde à vanter un modèle communautaire.
D'avance, on sait à qui profitera la frime : à l'UMP.
Et si l'identité nationale avait le poète pour porte-parole !
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda
Louis Aragon, La rose et le réséda, paru dans Mot d'ordre en février 1943, puis repris dans le recueil de poèmes édité par Seghers La Diane
française en 1944, dédicacé à «Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves
comme à Guy Môquet et Gilbert Dru».
Quelle drôle d'idée, alors que l'on s'apprête à débourser plus pour respirer mieux grâce à la taxe carbone que d'affréter un gronavion et l'envoyer vers un pays en guerre pour y reconduire trois Afghans qui prétendaient rester sur le territoire national en vertu d'un supposé droit d'asile qui serait reconnu et respecté en France.
Pourquoi, alors que d'autres Afghans et Irakiens bénéficient de ce statut de réfugié politique, ces trois-là sont-ils expulsés vers leur pays d'origine ?
"Originaires de la région de Kaboul où ils ne risquent rien, ils ne courent aucun danger..., ils seront accueillis à leur arrivée par un fonctionnaire qui doit leur fournir un accompagnement personnalisé", précise en substance Eric Besson, le ministre de l'Immigration.
C'est vrai que ces trois personnes qui disent avoir fui leur pays ne disposent pas autant qu'Eric Besson du recul nécessaire pour juger si effectivement elles se
sentent en danger dans la riante capitale afghane. Sont-ils pessimistes ! En sécurité aujourd'hui à Kaboul, ne devraient-ils avoir confiance dans la grande maîtrise que la coalition occidentale a
des Talibans, et dans l'avenir de leur pays ?
Que ne leur donne-t-on ce statut de réfugié ?
A moins que l'on n'estime qu'ils constituent eux-mêmes un danger pour notre sécurité, qu'ils composent les éléments d'un potentiel réseau "dormant" de terroristes
et que cet argument, pour efficace qu'il soit, est à double tranchant. Si le pouvoir reconnaissait cela, quel vent agiterait l'opinion publique ? Vent d'allégresse ou vent de panique ? Confiance
et vanité ou méfiance et effroi ?
Ne serions-nous rapidement enclins à penser que, si on a réussi à expulser trois terroristes, rien ne garantit que d'autres ne soient déjà installés.
Si cela était, n'aurait-il été plus profitable de régulariser leur situation et de laisser les services de renseignement surveiller leurs agissements pour éventuellement démanteler un plus vaste réseau ? Quand on se fait fort de démanteler les réseaux de passeurs, on ne s'arrête pas en si bon chemin et on s'attaque aux réseaux de terroristes.
Ou encore, tout ceci n'est qu'un coup d'essai, un précédent à de plus larges coups de filet, une manière de préparer l'opinion publique de demain, qu'elle ne soit
exprimée trop violemment, lorsque les charters de "réfugiés politiques" seront pleins et que cette satanée profession de foi lancée dans de beaux discours, où il était question d'être solidaire
de ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et les fanatismes, soit oubliée*.
Lorsque le ciel sera tout noir de gens à qui on ne dit pas "au revoir", comme j'ai pu dire naguère.
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* Nicolas Sarkozy, discours du Zénith (aux jeunes UMP), 18 mars 2007. J'ai effectué en vain la recherche de la vidéo de ce discours. Les liens aboutissent à cette adresse, mais je ne parviens pas à visualiser la vidéo. Voici la transcription de ce discours récupérée sur le site de Philippe Vatel, député du Var, vice-président du Conseil général.
« Les droits de l'homme sont, pour toutes les démocraties du monde, à la fois un point de départ et un horizon qui se déploie toujours devant eux. La France ne
fait pas exception, et il appartiendra au prochain président de lui faire franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés.
» Je veux être le Président d’une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes
martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes. Le Darfour est un scandale inacceptable, la Tchétchénie une horreur, les infirmières bulgares
en Lybie, une barbarie, Ingrid Bettancourt dans la jungle colombienne une tragédie. Président de la République, je ne me taierai [sic] pas devant ces insultes aux droits de l'homme.
» Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les
mettrai au service de la défense des droits des femmes. »
Elle a une belle carrosserie, de jolies courbes qui invitent à la caresse. Certes elle n'est pas bien grande, mais reste néanmoins harmonieuse et on sent que l'on sera bien dedans, même à deux. Disposant de pas mal d'autonomie, elle tient la distance. Elle est sportive mais saura négocier vos accélérations avec douceur, et vous verrez... elle est électrique.
Le seul souci, c'est que quand vous la présenterez à vos potes... Ils se fouteront de votre gueule !
C'est tout le problème de ceux qui portent un nom à la con !
France Telecom, administration pénitentiaire, police nationale, SNCF, Pôle emploi, et combien d'autres sociétés ou filiales de groupes étrangers... Il devient de plus en plus malsain de travailler. Malsain et dangereux. Bientôt le salarié devra exiger une prime de risque à chaque embauche, à moins que les employeurs ne lui fassent signer une décharge de responsabilité dans son suicide futur.
Que l'on prenne le problème par n'importe quel bout, il est abherrant. Comme si un dérèglement grippait une machine censée être bien huilée, une gigantesque machine qui se transformerait en un abominable enchevêtrement de roues et d'engrenages qui dévorerait ceux qui servent à son fonctionnement en les métamorphosant en pièces mécaniques, et au mépris de l'usure.
Un horizon tout gris, un tunnel dont l'issue, même si l'on pense avoir la chance de l'apercevoir, ne vous paraît pas plus réjouissante que le boyau dont on désespère de sortir.
Comme un enfermement inconfortable que l'on pensait provisoire qui se commue petit à petit en réclusion à perpétuité.
Comme une remise de peine pour bonne conduite dont le mécanisme aurait été inversé par de toxiques cerveaux, qui ajouterait les années au lieu de les retrancher.
Comme le voyage forcé vers un maelstrom terrifiant et inéluctable tournant interminablement mais sûrement autour d'un gouffre insondable.
D'où vient-il ce dérèglement ? Quel est le nom de cette maladie dont le monde du travail semble touché ? Qui en est responsable ? En quoi la chose est-elle
nouvelle, sinon qu'elle s'étend au secteur tertiaire, aux cols gris et à certains cols blancs.
Que l'on prenne le problème par n'importe quel bout, il est abherrant.
Abherrant parce que le travail ne devrait pas mener au désespoir. A l'ennui, au sentiment d'inutilité, à la dépersonnalisation. Le travail ne devrait pas dévaluer l'homme.
L'absence de travail non plus, d'ailleurs. Le travail ne devrait pas oublier l'homme.
L'homme devrait maîtriser le système et non pas en être le jouet.
A tous ceux qui souffrent du travail (ou de son absence) : restez debout et ne parlez pas aux machines !
Et pour reprendre courage :


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