
L'Europe, kès aco ? Depuis la fin
de la seconde guerre mondiale, des politiciens ont jugé nécessaire ou plus simplement utile d'unir leurs peuples pour que "plus jamais ça". Ça commençait bien. La belle, la grande idée. Et ils ont
commencé à y réfléchir plus en profondeur. Petit à petit, l'utopie a laissé sa jolie place au pragmatisme. L'idéologie économique a asservi l'idéologie politique, et la principale composante des
européens – les peuples – mis en demeure de suivre les désiderata de leurs majestés Finance et Technocratie.
Pour faire croire aux peuples européens qu'ils avaient le choix de leur destinée, car toujours, le peuple est souverain, on a construit une usine à gaz avec mélange des genres où alternent
allègrement élections législatives, référenda, traités signés par les chefs d'Etat, élargissement de la communauté, directives édictées par une commission, avalisées par lesdits chefs d'Etat, et
des notions de supranationalité incompréhensibles.
On a aménagé l'Europe sans souci d'uniformiser dans le même temps les niveaux de vie des peuples. Ici, au
Royaume-Uni, pour faire exception, on conserve sa monnaie alors que tous les autres
passent à l'Euro, les fiscalités diffèrent, les salaires pour une même activité varient du tout au tout, ici on reçoit des subventions, là on finance l'Europe, ici, au
Luxembourg, par
exemple, nous avons un paradis fiscal. Quand les choses ne fonctionnent pas bien au niveau national, on s'empresse de fustiger Bruxelles. Les groupes industriels y font action de lobbying. On a
oublié le nom et l'étiquette de son député, et jusqu'au périmètre qu'il représente. Les états dans une même volonté de s'unir, n'en sont pas moins concurrents.
Ce concept d'Europe est tout de même assez difficile à appréhender.
L'Europe est démocratique, mais sitôt qu'un peuple est interrogé sur un projet de constitution, il est prié de répondre correctement à la question qui lui est posée, à défaut de quoi, on passe par
la bande, bricolage du texte et adoption par l'Assemblée nationale.
Les
Irlandais ont à leur tour dit "non" et on se pose la question de savoir comment on va pouvoir se passer d'eux ! Belle démocratie. Amour des minorités. Après quelques petites phrases
assassines laissant accroire qu'ils en ont bien croqué avant de quitter le navire. Belle union.
Quant à la construction européenne, passons sur la profusion de langues (étrangères ! C'est fou ce que les Européens peuvent ne pas parler le Français), on a du mal à l'entrevoir. Que sait-on des
autres ? Sur les autres nations qui composent l'Union ? Que sait-on réellement de la
Bulgarie, de
Chypre, de
Malte ? Saurait-on seulement nommer leur langue usuelle ?
Qu'est-ce qui différencie un
Danois d'un
Belge, d'un
Estonien, plus important qu'est ce qui les rapproche ?
Quel est le fonctionnement institutionnel local de ces autres pays, quelles sont leur cultures ?
Qu'est-ce qui nous rassemble, hors les directives que l'on oublie lorsqu'elle ne touchent pas notre secteur d'activité propre (et encore). Nous sommes beaucoup plus prompts à entrevoir ce qui nous
sépare. Les quelques avantages dont certains bénéficient, les empêchements que subissent d'autres, quand sur le plan national nous faisons partie de ces autres.
Et que sait-on de nous, l'Européen. Quelles sont les entreprises communes à tous les membres ? La suppression des frontières, le Tribunal pénal international et Erasmus, certes. Quoi d'autre ? Et
même à travers Erasmus, rencontre-t-on autant de
Lettons que de
Suédois ou de
Finlandais, pourtant voisins.
Quid de la politique de Défense commune, de la politique culturelle commune, quels est le média d'information européen ? Le média commun pour apprendre et comprendre qui sont les autres et
nous-mêmes à l'occasion.
Pourrait-on imaginer une "Arte" réunissant les 27 ? Des œuvres cinématographiques où jouent des acteurs des
Pays-Bas, d'
Italie, de
Roumanie, de la
Rép. Tchèque, des
Français, et des
Croates ? Une maison d'édition où se côtoient parfaitement traduits des auteurs
Polonais,
Slovaques,
Lituaniens,
Grecs... Vous en
connaissez ?
Comme partout, une caste de dirigeants autoreproductibles de par leur filière de formation, émerge, qui semble coupée de la vie des citoyens. Ces messieurs-dames imposent leurs avis au nom des
peuples sans que les peuples connaissent les leurs.
Le "non" de beaucoup (de ciyoyens) au projet de constitution ou traité de Lisbonne (
Portugal) ne traduit-il pas le malaise diffus que ressentirait un corps séparé de sa tête ?
Unir les peuples en se limitant à fluidifier leurs réseaux économiques et financiers n'est pas unir les peuples, car cette union (à 27) ne peut être un mariage arrangé entre époux ignorants, non
volontaires, non solidaires des autres.
Si on n'arrive à accepter que l'intérêt de la
Slovénie est le même que celui de l'
Allemagne, de l'
Autriche, l'
Espagne ou de la
Hongrie, à forger une Nation
commune et que l'intérêt de chacun des peuples composant l'Europe est l'intérêt du peuple européen, l'Europe ne sera qu'une baudruche servant aux industriels, à la caste politico-technocratique à
asservir les peuples. Celle-ci continuera à demander l'assentiment des peuples pour une construction toujours aussi incompréhensible, mais il faudra que les peuples comprennent que la demande est
virtuelle et que la réponse importe peu.
Quand nous, les peuples, nous réveillerons de la torpeur faite d'égoïsmes locaux, de concurrence et d'ignorance de nous-mêmes, torpeur dans laquelle nous baignons depuis le traité de Maastricht
auquel nous n'avons rien compris tant nous pensions que l'Europe se faisait avec et pour nous, quand nous nous réveillerons, l'Europe saura progresser, en construisant de par notre volonté commune
une Europe politique non consensuelle, mais démocratique, une Europe culturelle qui ne sera pas qu'une mosaïque de cultures locales ou un patchwork de folklores, mais l'expression d'une vie
commune.
Si vous n'avez pas bondi lors de la lecture de ce petit papier, exagéré, forcément éxagéré, pour parodier l'autre, c'est que vous ne connaissez pas bien notre Union. Une erreur s'est volontairement
glissée dans le texte : l'un des pays ou peuples cités ne fait pas partie de l'Union européenne. Pas encore. Cherchez bien Je n'ai cité ni la Norvège, ni l'Islande qui ne font pas non plus partie
de l'UE, pas plus d'ailleurs que la Turquie.
Saurez-vous le retrouver sans l'aide de
wikipedia ?
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