Bienvenue

Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Vendredi 4 juillet 2008


C'était à l'inauguration du Salon du livre ancien qui s'est tenu en mai 2008 au Grand Palais, Paris.

Quelques figures...



Si vous vous reconnaissez et que vous ne voulez pas apparaître, contactez-moi à cette adresse.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 2 juillet 2008
La mort a, on le savait, plusieurs visages.
Le masque cireux du défunt, avec l'implacable relachement des muscles et ce petit rien de rigidité froide qui vous donne un de ces cachets marmoréens, une élégance décharnée, une rudesse sévère privée de toute aménité, quand ce n'est pas la douleur ou l'étonnement qui ont figé leur expression dans un rictus impitoyable.
Le masque ruisselant des proches, parents et amis, dont l'amour pour l'être cher, tantôt sel, tantôt miel, naguère, devra s'agrémenter de la douce amertume de la mémoire pour conserver un semblant de vigueur.
Le masque fermé des héritiers mécontents, qui de l'embarras que ce décès occasionne dans leur emploi du temps, qui du manque de reconnaissance dont le défunt fait preuve dans son testament.
Le masque inquiet des congénères du mort. La proximité d'âge leur donne  des airs de chien battu. Ils se cacheraient bien au fond d'un trou, histoire de se faire oublier de la camarde, mais l'idée même de trou les effraye. Ils choisissent d'arborer la figure grise de la résignation accablée, impatients de quitter le cortège funèbre pour retourner à la vie, troublés par cette interrogation muette : pour combien de temps encore ?
Le masque discret, mais secrètement enjoué de l'employé de pompe funèbre, qui réalise une belle plus-value sur le chêne, les poignées et le crucifix en métal doré.
Il faut, aujourd'hui ajouter de nouvelles expressions à ce masque que la faucheuse nous pose sur le nez lorsqu'elle passe à proximité de nos humbles personnes.
Celle de l'application dont le petit-fils fera preuve, assidu qu'il sera dans la tâche de faire reluire Mémé.
Celle de la vanité non dissimulée que le fiancé attentionné arborera en offrant le cadavre de sa maman à sa promise.
Celle de la fierté satisfaite que ne dissimule pas Rinaldo Willy, due au succès de son entreprise helvète, la société Algordanza, qui transforme les défunts en diamants, et les restitue à leur famille bien souvent plus brillants qu'ils ne le furent de leur vivant.

Mémé est tout d'abord réduite en cendres puis en carbone, puis en graphite. Grâce à l'action de très hautes pressions et des températures infernales (1 700°C), Mémé se transmute en diamant artificiel en moins de deux mois, ce qui sans Rinaldo Willy ou ses homologues prendrait des millénaires. Puis on brosse Mémé, on la polit, on la taille à la forme désirée (un cœur, un hibou, une cornemuse, un phallus, le client est roi, le client a le choix), on la sertit et on la monte en pendentif, sur une alliance ou on la couche délicatement dans un écrin de velours rouge ou noir. Les fesse-mathieu déposent Mémé au coffre et prient pour un bon ROI (retour sur investissement).
Car elle a coûté bonbon, la vieille, dans sa translucide métamorphose ! Entre 4 500 et 17 000 francs suisses (2 800 à 10 600 euros) suivant le poids de la pierre (de 0,25 à un carat). Mais quand on aime, on ne compte pas.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 25 juin 2008
N'y a t-il pas actuellement une jolie chanteuse qui s'apprête à déverser sur les ondes ce charmant refrain "Tu es ma Scam"... Je dois me tromper.
Toujours est-il que la Scam (Société Civile des Auteurs Multimedia) a envoyé un communiqué à l'ensemble de la presse généraliste, TV, Radio (littérature, culture, médias) en réaction à la suppression de la grille de France 5 de l'émission littéraire de Frédéric Ferney, le Bateau-Livre. J'en parlais ici l'autre jour.
Que voici, et que vous pouvez relayer :

LE BATEAU LIVRE COULÉ : LA CULTURE PERD DU TERRAIN
Ainsi donc, au cœur de la tempête réformatrice qui tente d’engloutir l’audiovisuel public, France télévisions annonce la suppression du Bateau livre , l’émission littéraire de Frédéric Ferney. Après l’avoir programmé le dimanche mati, les dirigeants de France télévision ont beau jeu d’avancer l’argument d’une audience qualifiée de médiocre.
Quand comprendra-t-on que les « quelques » centaines de milliers de téléspectateurs qui font le choix de l’intelligence et de la curiosité, sont la légitimité même de la télévision publique ?
Comme l’avait d’ailleurs souligné le Président de la république dans sa lettre de mission à Christine Albanel : « France télévisions doit affirmer son identité de service public à travers une offre culturelle plus dense, plus créative, plus audacieuse ; une offre qui marque une plus grande différence avec les chaînes privées ; une offre fondée sur des programmes populaires de qualité aux heures de grande écoute. »
C’est pourquoi la SCAM, confortée par cette décision du président de la République, approuve la démarche de Frédéric Ferney l’interpellant. Cette démarche vise, une nouvelle fois, à mettre les responsables politiques devant leurs contradictions  au regard des enjeux culturels et à leur demander de respecter leur promesse. Comment d’un côté prôner la défense de la lecture et de l’autre fermer les espaces dédiées à la littérature sur un média de première importance pour sa diffusion ?
La suppression du Bateau livre est le énième  épisode des attaques contre la culture à la télévision et contre la littérature en particulier.

On ne peut mieux dire, je ne peux que souscrire.
Et peut-être qu'à force de montrer que l'on crie, ceux qui détiennent le pouvoir s'achèteront de nouvelles oreilles pour pouvoir entendre ce qui se dit.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 20 juin 2008
Pour ce dernier jour de printemps que ces chères hirondelles, dit-on, ne font pas, il est, je crois l'heure de faire un peu de ménage dans nos idées, avant de partir en vacances. Enfin, vous. Parce que moi, je n'en ai pas les moyens, mais ça me regarde.
Aussi, dans cette volonté de clarifier les choses avec soi-même, après avoir réfléchi quinze secondes et demi aux questions du bac philo de l'année, j'aimerais vous soumettre... (ici, j'enfile mes bottes, ma combinaison en latex et sors mon chat à neuf queues) la question qui tue : où en sommes-nous avec la démocratie. Je veux dire : en sommes-nous dignes, et la réalité nous dépasse-t-elle ? D'où ce questionnaire. A noter que des mêmes noms peuvent répondre à plusieurs questions, il peut ne pas y avoir de réponse à l'une des questions.

1) – Connaissez-vous le nom du Président de la République ? Quel est-il ?
2) – Connaissez-vous le nom et la fonction de la personne qui serait amenée à le remplacer s'il venait à disparaître ?
3) – Les anciens présidents de la République française ont-ils actuellement un rôle au sein de nos institutions ? Si oui, lequel ?
4) – Connaissez-vous le nom du chef du Gouvernement ?
5) – Dans ce gouvernement, combien y a-t-il de ministres d'Etat.
6) – Comment se compose le Parlement ?
7) – Qui est le président de l'Assemblée nationale ?
8) – Quel est le rôle du Conseil constitutionnel ?
9) – Connaissez-vous le nom de votre maire ?
10) – Connaissez-vous le nom de votre député ?
11) – A-t-il une étiquette politique, laquelle ?
12) – Quel est le rôle du député ?
13) – Lui avez-vous déjà parlé ?
14) – L'avez-vous déjà vu ?
15) – Savez-vous s'il siège à l'Assemblée nationale ?
16) – Savez-vous s'il est déjà intervenu lors de questions au Gouvernement ?
17) – D'où proviennent les lois ?
18) – Quel est le parcours d'un texte depuis son état de projet de loi à celui de loi en vigueur ?
19) – A combien de lois êtes-vous soumis ?
20) – Connaissez-vous le nom de votre député européen ?
21) – A-t-il une étiquette politique, laquelle ?
22) – Quel est son rôle ?
23) – Savez-vous s'il siège à l'Assemblée nationale ?
24) – Lui avez-vous déjà parlé ?
25) – L'avez-vous déjà vu ?
26) – Savez-vous s'il siège au Parlement européen ?
27) – De combien de pays se compose l'Union européenne ?
28) – Où se trouve le Parlement européen ?
29) – Qui sera le prochain Président du Conseil de l'Union européenne ?
30) – Qui est l'actuel Président de l'Union européenne ?

Si vous ne pouvez répondre à aucune de ces questions, Vous n'êtes vraiment pas intéressé par la vie de notre démocratie. Mais avez-vous bien répondu à chacune d'entre elles ?
Je terminerai ce petit examen de conscience démocratique par ces dernières questions :
Certaines de nos réponses n'indiquent-elles pas une certaine déconnexion entre nous et le personnel politique censé nous représenter ? Quelle est donc la valeur de notre démocratie ?
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 19 juin 2008
J'ai confiance dans la justice de mon pays.
La preuve, elle fonctionne à plein régime, et sauvegarde ce qui doit l'être:  la sécurité des honnêtes gens.
Les sales types mal coiffés déposent les armes.
Bien à vous.


par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 17 juin 2008
L'Europe, kès aco ? Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, des politiciens ont jugé nécessaire ou plus simplement utile d'unir leurs peuples pour que "plus jamais ça". Ça commençait bien. La belle, la grande idée. Et ils ont commencé à y réfléchir plus en profondeur. Petit à petit, l'utopie a laissé sa jolie place au pragmatisme. L'idéologie économique a asservi l'idéologie politique, et la principale composante des européens – les peuples – mis en demeure de suivre les désiderata de leurs majestés Finance et Technocratie.
Pour faire croire aux peuples européens qu'ils avaient le choix de leur destinée, car toujours, le peuple est souverain, on a construit une usine à gaz avec mélange des genres où alternent allègrement élections législatives, référenda, traités signés par les chefs d'Etat, élargissement de la communauté, directives édictées par une commission, avalisées par lesdits chefs d'Etat, et des notions de supranationalité incompréhensibles.
On a aménagé l'Europe sans souci d'uniformiser dans le même temps les niveaux de vie des peuples. Ici, au Royaume-Uni, pour faire exception, on conserve sa monnaie alors que tous les autres passent à l'Euro, les fiscalités diffèrent, les salaires pour une même activité varient du tout au tout, ici on reçoit des subventions, là on finance l'Europe, ici, au Luxembourg, par exemple, nous avons un paradis fiscal. Quand les choses ne fonctionnent pas bien au niveau national, on s'empresse de fustiger Bruxelles. Les groupes industriels y font action de lobbying. On a oublié le nom et l'étiquette de son député, et jusqu'au périmètre qu'il représente. Les états dans une même volonté de s'unir, n'en sont pas moins concurrents.
Ce concept d'Europe est tout de même assez difficile à appréhender.
L'Europe est démocratique, mais sitôt qu'un peuple est interrogé sur un projet de constitution, il est prié de répondre correctement à la question qui lui est posée, à défaut de quoi, on passe par la bande, bricolage du texte et adoption par l'Assemblée nationale.
Les Irlandais ont à leur tour dit "non" et on se pose la question de savoir comment on va pouvoir se passer d'eux ! Belle démocratie. Amour des minorités. Après quelques petites phrases assassines laissant accroire qu'ils en ont bien croqué avant de quitter le navire. Belle union.

Quant à la construction européenne, passons sur la profusion de langues (étrangères ! C'est fou ce que les Européens peuvent ne pas parler le Français), on a du mal à l'entrevoir. Que sait-on des autres ? Sur les autres nations qui composent l'Union ? Que sait-on réellement de la Bulgarie, de Chypre, de Malte ? Saurait-on seulement nommer leur langue usuelle ?
Qu'est-ce qui différencie un Danois d'un Belge, d'un Estonien, plus important qu'est ce qui les rapproche ?
Quel est le fonctionnement institutionnel local de ces autres pays, quelles sont leur cultures ?
Qu'est-ce qui nous rassemble, hors les directives que l'on oublie lorsqu'elle ne touchent pas notre secteur d'activité propre (et encore). Nous sommes beaucoup plus prompts à entrevoir ce qui nous sépare. Les quelques avantages dont certains bénéficient, les empêchements que subissent d'autres, quand sur le plan national nous faisons partie de ces autres.

Et que sait-on de nous, l'Européen. Quelles sont les entreprises communes à tous les membres ? La suppression des frontières, le Tribunal pénal international et Erasmus, certes. Quoi d'autre ? Et même à travers Erasmus, rencontre-t-on autant de Lettons que de Suédois ou de Finlandais, pourtant voisins.
Quid de la politique de Défense commune, de la politique culturelle commune, quels est le média d'information européen ? Le média commun pour apprendre et comprendre qui sont les autres et nous-mêmes à l'occasion.
Pourrait-on imaginer une "Arte" réunissant les 27 ? Des œuvres cinématographiques où jouent des acteurs des Pays-Bas, d'Italie, de Roumanie, de la Rép. Tchèque, des Français, et des Croates ? Une maison d'édition où se côtoient parfaitement traduits des auteurs Polonais, Slovaques, Lituaniens, Grecs... Vous en connaissez ?

Comme partout, une caste de dirigeants autoreproductibles de par leur filière de formation, émerge, qui semble coupée de la vie des citoyens. Ces messieurs-dames imposent leurs avis au nom des peuples sans que les peuples connaissent les leurs.
Le "non" de beaucoup (de ciyoyens) au projet de constitution ou traité de Lisbonne (Portugal) ne traduit-il pas le malaise diffus que ressentirait un corps séparé de sa tête ?
Unir les peuples en se limitant à fluidifier leurs réseaux économiques et financiers n'est pas unir les peuples, car cette union (à 27) ne peut être un mariage arrangé entre époux ignorants, non volontaires, non solidaires des autres.
Si on n'arrive à accepter que l'intérêt de la Slovénie est le même que celui de l'Allemagne, de l'Autriche, l'Espagne ou de la Hongrie, à forger une Nation commune et que l'intérêt de chacun des peuples composant l'Europe est l'intérêt du peuple européen, l'Europe ne sera qu'une baudruche servant aux industriels, à la caste politico-technocratique à asservir les peuples. Celle-ci continuera à demander l'assentiment des peuples pour une construction toujours aussi incompréhensible, mais il faudra que les peuples comprennent que la demande est virtuelle et que la réponse importe peu.
Quand nous, les peuples, nous réveillerons de la torpeur faite d'égoïsmes locaux, de concurrence et d'ignorance de nous-mêmes, torpeur dans laquelle nous baignons depuis le traité de Maastricht auquel nous n'avons rien compris tant nous pensions que l'Europe se faisait avec et pour nous, quand nous nous réveillerons, l'Europe saura progresser, en construisant de par notre volonté commune une Europe politique non consensuelle, mais démocratique, une Europe culturelle qui ne sera pas qu'une mosaïque de cultures locales ou un patchwork de folklores, mais l'expression d'une vie commune.

Si vous n'avez pas bondi lors de la lecture de ce petit papier, exagéré, forcément éxagéré, pour parodier l'autre, c'est que vous ne connaissez pas bien notre Union. Une erreur s'est volontairement glissée dans le texte : l'un des pays ou peuples cités ne fait pas partie de l'Union européenne. Pas encore. Cherchez bien Je n'ai cité ni la Norvège, ni l'Islande qui ne font pas non plus partie de l'UE, pas plus d'ailleurs que la Turquie.

Saurez-vous le retrouver sans l'aide de wikipedia ?



par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 16 juin 2008
On n'en parle pas des masses dans nos médias, peut-être dans l'Equipe que je ne lis pas, mais vous êtes-vous demandé ce qui allait se passer quand la pub aura disparu des chaînes de service public ?
Le financement de ces dernières pose problème, tout autant que la qualité de leurs émissions à venir.
Ici et là, on bâtit une hypothèse selon laquelle le pouvoir en place, du haut de ses talonnettes, aurait trouvé un moyen fort malin pour arranger les petites affaires des chaînes privées amies dont les recettes publicitaires auraient un peu plongé. D'où la suppression de la pub sur le service public, et la promesse d'une deuxième coupure lors des programmes de fiction sur les chaînes privées. On s'interroge alors à juste titre sur la question du financement de France Télévisions on évoque une hausse de la redevance, polémique pour consommateurs, et également un regroupement des rédactions de F2 et F3. Lea antisarkozystes voient dans ce dernier point l'occasion saisie pour le président d'exercer sa vengeance d'une rédaction à laquelle le candidat avait promis un retour de bâton. Pourquoi pas ?

La suppression éventuelle d'émissions culturelles – vu la profusion de celles-ci – ne risque pas de faire beaucoup de vide à combler. Plus problématique, en revanche, le colmatage des heures de pub. Il n'est pas évident de remplacer quelque chose qui rapporte de l'argent par quelque chose qui en coûte. Mais pire, encore : que va-t-on faire de Gérard Holtz ?
En fait, par cette question, je reviens habilement au début de ce billet. Que va-t-il se passer en matière de sport ?
Première interrogation : le service public réussira-t-il à payer les droits de retransmission aux très riches fédérations sportives, tennis, rugby, cyclisme et athlétisme ? Si la réponse est négative, fini Roland Garros, fini le Tournoi des six nations, terminé le Tour de France, exit les Championnats du monde d'athlé, sans parler des Jeux Olympiques. Je ne parle pas des finales de championnats de France, des matches de coupe d'Europe de rugby, des grandes courses cyclistes du genre Paris-Roubaix, je ne vais pas les citer toutes et autres tape-baballe sur gazon ou plastique qui se déroulent chez l'Anglo-saxon.
Quand bien même, notre bon service public aurait les moyens de s'acquitter des droits – alors qu'on peut imaginer que les chaînes privées et les fédérations ne manqueront pas d'élever les enchères – à quelle occasion les régies publicitaires vanteraient-elles les bons produits que leurs clients associent au sport, si France 2 et France 3 continuent d'assurer les retransmissions de ces manifestations ? Nul doute qu'une pression extérieure supplémentaire s'exercera de la part des industriels pour que les événements sportifs soient diffusés par des médias qui leur donnent la possibilité de vendre leur camelote.
Vu le nombre d'heures déjà occupées par des retransmission d'événements sportifs, il va falloir en combler des trous de programme. Et ce n'est pas avec le président que l'on a que l'on va se régaler de combats de sumotoris.
Moi je dis, que la suppression de la pub sur les chaînes de service public, c'est tout bénef. Ça fera plaisir à ceux qui détestent la pub, à ceux qui détestent le sport et surtout à ceux qui détestent le service public.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 13 juin 2008
Nathalie,
Je n'apprécie pas vraiment l'action de tes collègues, ni de tes patrons. Autoritarisme et veulerie font souvent bon ménage, tu devrais savoir cela, et la comédie, au théâtre, nous l'a souvent montré pour nous faire rire : quand un laquais reçoit un coup de pied au cul par son maître, il n'a de cesse de le faire payer à moins chanceux que lui.
Hier soir, une chaîne de télévision de service public recevait l'un de tes patrons.
Quelle aubaine pour cet homme transparent que son maître bafoue souvent – à en croire des journaux assez bien informés ! La femme qui l'interrogeait, pensant sans doute le mettre en mauvaise posture, le questionnant sur un manque de cohésion dans son équipe, lui rappelait la liberté de parole dont tu avais fait usage il y a peu. La caméra braquait son œil froid sur toi ; dans le fenestron, tu apparaissais en gros plan.
"Tout va bien,
a-t-il laissé entendre, en substance, je l'ai (il parlait de toi) convoquée, sermonnée, recadrée, elle a prononcé des excuses, tout est rentré dans l'ordre". Grandeur du pilori. Quelle fierté arborait alors son visage d'avoir fait montre de pouvoir, d'avoir lui aussi quelque autorité sur un être supposé subalterne, plaisir suprême, sur une femme. L'image de ton visage s'ingéniait à remplir l'écran, et je crus deviner une buée qui voilait tes yeux, j'imaginais des larmes retenues, peut-être une honte contenue. Et je vivais la cruauté de ce monde auquel tu appartiens.
Mais l'homme maltraité n'a pas de face. Il rejette sur autrui les ressentiments qu'il ne peut exprimer à son supérieur, plutôt que de claquer la porte dans un fracas qui redonnerait du lustre à son honneur. Il est un oiseau dont on a rogné les ailes. Les "L" de certains ne serviraient-ils qu'à masquer leur véritable nature ?
Et personne, pas même la dame qui posait les questions, qui aurait pu faire preuve de solidarité féminine, n'a cru bon d'épargner ta sensibilité et justifier et donner résonnance à ton emportement passé. Je ne peux que prendre ta défense.
Nathalie, dans le panier de crabes, tu es ma langouste préférée.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 12 juin 2008
Ah, la sale nuit. Réveil au petit matin, à l'heure de la mort, quand l'aube d'une journée nouvelle prend le parti de ne pas vous offrir un petit sursis. Mes paupières se soulèvent : je ne suis pas mort. L'aube m'a épargné. Une fois encore.
Je suis trempé de sueur, le corps encore engourdi d'une éternité de frayeur. Ma gorge est sèche, l'âcreté de ma bouche est presque insupportable. Nuit dantesque dans sa version infernale. La mémoire se met en branle. J'ai rêvé. Dix-neuf jours se sont écoulés dans une fraction de seconde paraissant un siècle. L'inconscient a parlé. L'inconscient a monté à la va comme je te pousse un scénario d'effroi, projetant sur une toile imaginaire dix-neuf jours de programmation télévisuelle quotidienne.
Des rendez-vous sans pause hebdomadaire, sur la Une ou sur la Six, des émissions de cent vingt minutes en direct, une première à dix-huit heures, une seconde à vingt-et-une, suivies de tables rondes où se mêlent analyses, commentaires, nouvelles et passages marquants des deux principaux événements du jour. On y parle littérature. On y dissèque des œuvres. Avec force détails, on y retrace des existences d'auteurs ou de personnages. Les animateurs – des jounalistes ou des chercheurs, tous des plumitifs – s'attardent sur les motivations et les états d'âme de tel écrivain, de tel héroïne. Le roman, la pièce de théâtre, l'essai sont étudiés, montrés in extenso ou par extraits, lus, illustrés. L'Os de Dyonisos a encore fait scandale avec son "Longtemps, je me suis branlé de bonne heure…" Laborde : Pornographe ! Des polémiques naissent. Des haines s'expriment. Eric Chevillard nous assomme de traits d'humour et piétine le Jardin.
Surréaliste, on consacre même du temps à l'atelier d'écriture d'Eric Poindron. En revanche, pas un seul autodafé. Consensuel. Le politiquement correct continue de frapper.
Le temps n'existe plus. Le Grand siècle côtoie le surréalisme, les Lumières succèdent au nouveau roman. Ce dernier thème me fut particulièrement douloureux. On revisite le Moyen Age, on exhibe des incunables dans un cérémonial préautionneux. Ici on met à l'honneur les grands anciens, là, la nouvelle génération d'auteurs. On n'a négligé aucun courant littéraire. C'est Frederic Reitz, du Magazine du Bibliophile qui anime les débats. Il a une belle voix, certes, mais il devrait plutôt faire de la radio !
Les métiers du livre n'ont pas été omis, des libraires, des éditeurs, des relieurs, des compositeurs au plomb, des maquettistes de PAO dissertent sur leurs façons. Des lecteurs assistent aux émissions. Le téléspectateur répond par SMS à des questions lui permettant de gagner des éditions rares.
Rendez-vous compte de ce calvaire nocturne. Dix-neuf jours durant lesquels les Oulipesques luttent contre les Naturalistes. Philosophes contre hagiographes. Symbolistes versus Existentialites. On ne nous épargne ni les mauvais gestes des Lettristes, ni les exagérations des Libertins, ni les simulations des Romantiques. Simagrées de Précieux, grandiloquence des Parnassiens, tout y passe. Des mots, des mots, des mots. Nuit shakespearienne. Et du style ! Une profusion de styles. Pitié ! Qu'on échange mon téléviseur contre une page blanche ! Qu'on me donne du foot !

Ce matin, j'allume la radio. Les informations me remonteront peut-être le moral, chassant ce déluge de typographie, remisant les idées et la poétique au fond du tiroir d'où elles n'auraient jamais dû sortir.
J'apprends que France 5 ne programmerait plus l'émission de Frédéric Ferney, "le Bateau-Livre".  Je le savais déjà, mais que le service public est beau.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 11 juin 2008
Comment diminuer le coût du travail ? Telle est la grave question de ceux qui font travailler les autres, dont la préoccupation première est "l'entreprise", qui cherchent à faire considérer que "l'entreprise" est le moteur de la vie des salariés. Hé hé, sans l'entreprise pas de sousous. Pas de sousous, pas d'écran plat à coins carrés pour regarder le foot, pas de téléphone qui fait des photos de la star qui passe, qui sonne un air de RnB, pas de sms à Fogiel ou de vote à la nouvelle star, pas de ces merveilleux objets-loisirs, ces magnifiques détourne-cons à la mode, accessoirement, pas de quoi bouffer, se loger, se vêtir, etc.
L'entreprise, c'est la vie. Comme le geôlier est la vie pour l'otage.
L'entreprise veut diminuer le coût du travail. Il en va de la vie de l'entreprise ! L'entrepreneur ne va tout de même diminuer la part qui lui revient, ni la part de ceux qui la dirigent, il faut donc rogner ailleurs. Les fournisseurs de l'entreprise, quand ils ne sont pas des entreprises eux-même, sont les salariés. C'est donc là que l'entreprise dispose d'une marge d'économie à exploiter. L'Etat qui tient à bien nourrir ses serviteurs – ceux qui le dirigent , s'entend, après tout, qu'est-ce que l'Etat, sinon une super  entreprise – à qui les entrepreneurs reprochent une tros grosse ponction de "charges sociales", ce concept de feignasses gauchistes, ne peut qu'aider les entreprises à baisser le coût du travail. Alors, comment s'y prendre ?
– Plaider pour que le salarié travaille davantage, lui promettre que les heures supplémentaires lui permettront de gagner davantage d'argent. Il n'est nulle question d'augmenter le revenu de son travail, mais d'élever sa quantité de travail. Le mètre étalon de cette quantité de travail est la durée légale du temps de travail au-delà de laquelle se déclenchent les heures supplémentaires, payées plus cher. Si on allonge cette durée légale, on retarde le moment où l'heure commence à devenir supplémentaire, on diminue donc une première fois le coùt du travail.
– Baisser la base de rémunération des salariés. Qui passe par le changement progressif de salariés. De même qu'on échange une bagnole ancienne contre une nouvelle qui consomme moins, le but à atteindre est d'échanger des salariés qu'on paye beaucoup contre des salariés qu'on paye moins. Pour cela, il est nécessaire de puiser dans un réservoir d'anciens salariés devenus inactifs que l'on contraindra à "revoir leurs prétentions à la baisse". Des chômeurs, des retraités. On comprendra dès lors l'intérêt que les entreprises trouvent dans la hausse du coût de la vie et principalement des produits de première nécessité.
L'Etat va donc stigmatiser le chômeur, paresseux ne vivant que de l'assistance, l'assuré social, la mère de famille, et le fonctionnaire, tous parasites coûtant cher à la société, grevant le budget de l'Etat. Il va organiser la société de manière à ce qu'un ancien salarié accepte un emploi – le même qu'il avait avant ou non, peu importe ses aspirations, payé moins cher. Et ce, en contraignant le demandeur d'emploi à devenir moins gourmand (euphémisme), plus mobile, plus corvéable.
Sur le plan idéologique, les arguments sont faciles à aligner. La loi sur la limitation du temps de travail à 35 heures est une catastrophe, pis, un séisme qui a instillé le dégoût du travail, les autres pays ont réalisé cette contrainte au rabais des prétentions salariales, nous sommes les seuls à nous embarrasser de principes d'équité, la concurrence des pays émergents est rude, nous (la France) sommes endettés à mort, la France est le "mauvais élève" de l'Union européenne...
Et puis quoi ! La réforme ! La réforme ! Vous avez voté pour, c'est donc que vous la vouliez !
Imparable.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
podcast sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus