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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Jeudi 17 mai 2007
Nous voilà entrés dans le modernisme. Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi, tente de nous convaincre le nouveau chef de l'Etat, pour qui son désir est devenu la réalité.
L'ancien président a remis au nouveau les clés du pays. Et le code de la force de frappe nucléaire. A-t-il glissé dans son petit paquet cadeau une boîte de Prozac? Nul ne le sait.
D'ailleurs, on sait moins qu'on ne suppute. Comme, par exemple, la présence de personnalités de gauche dans le futur gouvernement. On y pressent des hommes d'ouverture, des hommes réalistes, des hommes d'action. On envisage Bernard Kouchner au Quai d'Orsay (Affaires étrangères), Marc-Georges Benamou deviendrait conseiller, Claude Allègre hériterait d'une mission consacrée à la rénovation de l'université. Au PS, la chose est jugée surréaliste. A bas le réalisme socialiste, vive le surréalisme, réplique Nicolas le premier. Après tout, est-il erroné de penser que l'action permet de surmonter les divisions et de trouver des solutions ? Ce n'est pas Max Gallo qui le contestera, qui s'était égaré durant un temps dans le MDC de Chevènement, thuriféraire de Napoléon et grand défenseur d'une certaine idée de grandeur de la France.
Quand on veut rompre, on rompt! Osons! Ce mot renferme toute la politique de cette heure. Et tout d'abord en décidant, en lieu et place du Premier ministre, quelle sera la composition du Gouvernement. Autre rupture, après que les grands médias se sont mis au pas de bon gré (autocensure, licenciements de convenance) ou non (intimidation) selon ce bon vieux principe à bas les journalistes et ceux qui veulent les ménager, de "bons" journalistes pourraient se voir assignés à une tâche gouvernementale ainsi, Catherine Pégard, rédactrice en chef du service politique du Point se retrouverait conseillère à la présidence, comme le déjà cité Benamou.
La rupture, voilà qui peut tenir lieu de programme. Changez la vie, transformez son mode d'emploi. Finie la glandouille, aux orties, les RTT, la vie est ailleurs. il va falloir travailler plus (ceux qui ont un emploi), Tout est dans l'heure supplémentaire. Car comme chacun s'en doute, l'heure supplémentaire est plus productive, elle génère davantage de rentabilité, l'heure supplémentaire, c'est la panacée. Il suffisait d'y penser. Avec Nicolas le premier, l'imagination est au pouvoir. Demandez, réclamez, exigez l'heure supplémentaire. Si le patron, pardon, l'entrepreneur n'a pas le volume de travail suffisant, soyez réaliste, exigez l'impossible.

Comme quoi, il était urgent de rompre avec l'esprit de mai 68.

Le vent se lève, il faut tenter de vivre.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 15 mai 2007
Hier soir, on célébrait Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, un certain état d'esprit, la bravoure, l'effacement devant l'idéal, l'honneur : en un mot le panache. On célébrait par la même occasion, en récompensant de nombreux "Molière" le travail de la Comédie française et celui de Denis Podalydès, le service public, les métiers avec l'ensemble des petites abeilles bourdonnantes autour de la ruche, et encore l'ouverture et la nouvelle administratrice Murielle Mayette.
Hier soir, le théâtre s'autocélébrait, et il avait bien raison. On n'est jamais si bien servi que par soi-même, d'autant que ce genre de métier – car comédien, technicien, metteur en scène, auteur sont des métiers, exercés par des hommes qui s'attendent légitimement à en vivre, en dépit du commercial absolu – n'est guère favorisé par les grands médias audiovisuels.
Certes, la période à la fois post électorale et pré électorale a pu avoir quelque incidence sur le calendrier de nos chers représentants.
Certes, le temps est davantage à la présentation qu'à la représentation. Dans les hautes sphères politiques, nombre de brillants esprits avides de faire don de leur intelligence en sus de leur personne (je ne voudrais pas parodier Pétain) à la nation, montent la garde, jour et nuit, auprès de leur téléphone afin de ne pas manquer une proposition de maroquin.
Certes, beaucoup ont beaucoup donné lors de la campagne pour l'élection présidentielle et méritent un repos naturel.
A l'instar d'Isabelle Adjani qui est une exceptionnelle Marie Stuart au théâtre Marigny, de grandes personnalités ont marqué cette vingt et unième nuit des Molière. Par leur absence. C'est ainsi que certains brillent. Ainsi, Monsieur Renaud Donnedieu de Vabre, ci-devant ministre de la Culture n'a pas jugé sa présence essentielle à la remise annuelle des prix, et a préféré faire l'école buissonnière, loin des préoccupations des comédiens. Cet art essentiel qu'est le théâtre ne souffrira pas d'une telle incongruité. Il en a vu d'autres, le théâtre. Et puis, il semble logique que l'intermittence ne concerne pas les seuls acteurs et techniciens.
Mais puisque du ministère de la Culture, il avait encore la charge hier soir, il devrait méditer cette devise, celle de notre Théâtre national : Etre ensemble et être soi-même.
Ensemble, c'est dans l'air du temps, et il paraît que sous cette condition, tout devient possible.
Comme la suppression du ministère de la Culture, par exemple ?


Simul et singulis, "Etre ensemble et soi-même" :
la devise de la Comédie française.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Lundi 14 mai 2007
Alors que le troisième forum "Global city" consacré au réchauffement climatique s'est ouvert aujourd'hui à Lyon, réunissant près d'un milliers  "d'acteurs de la ville", entreprises privées et publiques, maires, décideurs politiques qui doivent deviser de bonnes manières pour faire de nos villes des ilôts de développement durable, la ville de New York en fait autant avec le "C40 Large Cities Climate Summit"
 l'ONG "Christian Aid" fait état d'un rapport prévoyant la migration d'un milliard de "réfugiés climatiques" aux alentours de 2050.
Les responsables de cette future cohue mondiale : le manque d'eau et de nourriture, et les guerres que ces pénuries ne manqueront de provoquer.
La famille Le Pen a du souci à se faire. Et Sarkozy risque de gagner en nervosité.
Pour ce dernier, histoire de le préserver d'une dépression, des chercheurs britanniques réunis dans une association "Mind" ont trouvé une solution: la ballade en forêt.
Selon leur dernière étude, la promenade dans la nature aurait fait diminuer leur niveau de dépression à 71% des personnes observées.

En définitive, la recette est vieille comme le monde. Alphonse Allais le disait, qui avait raison : il faut transporter les villes à la campagne.

Problème : si tous les déprimés viennent se ballader en même temps dans les forêts (de plus en plus rares) que je fréquente, je risque fort, avec mon sale caractère de plonger dans une dépression carabinée.
Solution : plantez des arbres!
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 11 mai 2007
Quel drôle d'oiseau que celui qui flotte dans le ciel de Milan depuis le 7 mai et que vous pourrez admirer jusqu'au 5 juin pour peu que vous alliez goûter la douceur du climat transalpin (26°, temps ensoleillé, mais ça ne va pas durer).
C'est la Fondazione Nicola Trussardi qui parraine cette "exhibition", One of many, projet artistique du polonais Pawel Althamer, présentant nombre de ses autoportraits à la "Palazzina Appiani dell'arena civica di Milano", ce qui est un beau nom de lieu.
L'artiste nous y fait don de son inestimable personne. On peut détailler son anatomie en levant le nez vers l'azur. Vous y verrez un ballon retenu par des filins, un homme nu gonflé à l'hélium.
Cette considérable baudruche, c'est notre artiste.

Photo : Marco de Scalzi, extraite du diaporama sur le site de la Fondazione Nicola Tussardi

Il semble en sustentation entre le paradis et cet enfer qu'est la Terre. Que fait-il dans sa nudité ostentatoire? Il nous regarde passer, bras collés au corps, peut-être qu'il nous juge, avec nos attributs vestimentaires cachant nos attributs naturels. Il sait que tous les regards vont se porter vers ses génitoires. Il s'en fout, il continue de flotter, entre deux airs, sérieux, sévère, imparable.
On se demande ce qu'il fait en l'air, et il nous le rend bien, indifférent au sort des drôles de personnages qui défilent sous lui. Ou peut-être nous protège-t-il, contre nous-même, en nous rappelant que nous ne sommes que des hommes, et que notre seul dieu est à notre image.
Poursuivant la visite de cette exposition, on verra que l'artiste s'est aussi représenté – en cire et dans diverses matières organiques – en garçonnet, en vieillard, en foetus, dans une valise.
Bref, il explore tous les états de notre misérable (monstrueuse) existence.
Comme il a l'esprit de famille, il expose également des sculptures de sa compagne et de sa fille.
Pour parfaire le spectacle, Pawel Althamer présente neuf vidéos, où ont été filmées ses réactions à diverses drogues.
Il est gonflé, ce type !
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 10 mai 2007
Très chers éléphants,
Vous êtes, paraît-il en facheuse posture. Vous vouliez nous parler d'une riante savane, nous voici dans la jungle.
On vous dit en voie de disparition, disloqués, tiraillés entre le souvenir d'un mois de mai lointain, brûlant, fort pourtant d'espoirs de liberté, de partage et d'intelligence, et la réalité d'une zone plus tempérée, aux vents coulis qui font froid à l'échine de certains mal équipés pour les intempéries.
Mais fi de la métaphore animalière. Assez de ce bestiaire où je me contraindrais de dire que le pachyderme mise davantage sur son poids que sur sa mémoire.
A vous entendre, après la défaite, il convient d'en analyser les raisons, dégager des responsabilités. Dans le monde merveilleux du PS, les hiérarques se mettent en demeure de donner tort à tel ou telle, remettre en question leur ligne, et surtout leur poste, ou à l'inverse de vanter une dynamique, qui certes n'a pas suffi à emporter le cocotier, mais laisse espérer une évolution.
Prônant le rénovation, vous allez tenter d'élargir au centre, quitte à vous départir, d'un électorat plus gauchisant, l'abandonnant aux extrêmes, mais si le réalisme réclame un changement, vous vous proposez de l'aborder avec de vieilles méthodes et surtout, ce qui est plus grave, avec une vieille idéologie, éloignée du socialisme lui-même. Je ne parle pas d'une pensée marxiste ou de gauche qui serait caduque, mais celle d'un personnel politique qui ne cherche qu'à faire état de son employabilité.
Nous n'avons que faire d'élus à élire. A quoi peuvent-ils nous servir, s'ils ne proposent pas d'action concrète, et vérifiable. Que nous importent les discours, les belles paroles, les indignations calculées, proférés à seule fin de vous voir sièger, pour votre profit personnel.
Qu'elles deviennent risibles, ces postures de censeurs, ces faces de carême, masques de constipation assènant des coups bas et des fables , où sous couvert d'ouverture la morale de l'histoire consiste à "rallier à soi". Une fois de plus, vous ne savez pas lire, habitués que vous êtes à l'alphabet du candidat.

Opposants, votre force ne sera que dans l'union autour d'un projet, puissant, porteur d'espoirs, annonciateur de grandes réussites. Votre rôle est d'avoir de l'imagination et de ne pas attendre qu'on vous donne le pouvoir pour mettre en place quelques mesures et gérer au mieux les affaires courantes. Votre réussite, vous ne la connaîtrez que dans l'action concrète.
Si vous ne faites pas confiance au président nouvellement élu,et à l'équipe qu'il va nommer pour règler les problèmes, si vous mettez en doute l'efficacité de ses méthodes, si vous considérez que son programme est par trop injuste, qu'attendez-vous pour faire progresser le pays par des actes, par des réalisations pilote de projets, reproductibles et généralisables à échéance? Que n'investissez-vous pas dans votre propre fonds de commerce? Que ne servez-vous d'exemple? Ne croyez-vous pas en vos idées?
Créez! Créez des entreprises où les salariés vivent selon vos principes. Modélisez-le, ce projet socialiste! Faites-en une vitrine.
Réinventez l'autogestion, Créez le kibboutz à la française. Bâtissez une école modèle, des services sociaux, financez des entreprises, des journaux, des sites d'information (pas de propagande), prônez des comportements exemplaires.
Mais surtout, évitez-nous vos guéguerres intestines, qui ne concernent que vos seules personnes, vos seules ambitions, votre seul pouvoir.
Cela n'est pas pour nous.
Or, il est temps que l'on pense à nous.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mercredi 9 mai 2007
L'été sera terrible, je vous le prédis.
Ça va faire un potin du diable, particulièrement du 30 juillet au 13 août. A Marciac. Dans le Gers.
Un déchainement de sonorités, de rythmes, de frottements, de souffles. Que du beau, du bon, du swinguant. Je vous parle évidemment de JIM, Jazz in Marciac qui pour son trentième anniversaire réunit une ménagerie de monstres sacrés.
Ainsi Al di Meola (guitare), Jean-Luc Ponty (violon) et Stanley Clarke (basse) ouvriront le festival avec en première partie le Esbjorn Svenson Trio.
Le lendemain, le Wayne Shorter quartet succèdera au piano de Chick Corea en duo avec le vibraphoniste Gary Burton.
Je ne vais pas citer tous les participants de cette exceptionnelle manifestation, mais sachez que la musique y sera bien vivante et bien représentée, du jazz pur au ska (Skatalites et New-York ska jazz ensemble) en passant par la bossa de Gilberto Gil et et la salsa afrocubaine de Roberto Fonseca.
Beaucoup de cordes, cette année, guitares, violons (Gypsie swing project, Trio Rosenberg, Didier Lockwood…) et vocales. La séduction avec Madeleine Peyroux, Diane Reeves et la spiritualité avec Aisha Kahlil (une des six voix du groupe de gospel Sweet honey in the rock), et l'inclassable Joe Cocker.
Enfin, ne manquez pas la présence d'un de ces géants, qui font les légendes du jazz: Sonny Rollins.
C'est le bon Manu Dibango qui cloturera ce festival, un lion d'Afrique dans le Gers, ce n'est pas si fréquent !
C'est beau d'avoir trente ans.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 8 mai 2007
En 1987, dans l'émission de Michel Polac, Droit de réponse, Cabu traitait de la privatisation de TF1 auprès de la maison Bouygues, chantiers en tous genres. Il appuyait son gros index là où ça fait mal - le "mieux-disant" culturel à la sauce capitaliste - et commentait ainsi l'avenir de la chaîne : "Une maison de maçon, un pont de maçon, une télé de m...". La chose valut la suppression de l'émission.
TF1 va bien, merci, le mieux-disant culturel aussi, puisque dans notre société la culture c'est l'argent. La preuve en est, Johnny Halliday, ancienne victime du fisc s'apprête à revenir inonder la France de sa magistrale mission culturelle.

L'élection qui vient de porter Nicolas Sarkozy au plus haut poste politique du pays nous contraint à la vigilance. Puisque "qui se ressemble, s'assemble", qui s'assemble doit bien finir par se ressembler ! Le peuple va bien devoir se trouver en accord avec son président, du moins en adéquation.

Dès lors que la suspicion a priorité sur tout autre sentiment humain à l'égard d'autrui, comment en serait-il autrement envers le nouveau président, son futur gouvernement et ses amis de toujours. Dans le discours de celui-là, un demandeur d'emploi est a priori suspect de paresse, de parasitisme, de profiteur d'un système d'assistanat. Un jeune, particulièrement dans les quartiers populaires, est a priori désigné comme délinquant, dont il faut contrôler l'identité et les mouvements. Un fonctionnaire, n'est a priori que l'occupant d'un poste surnuméraire dont il faut veiller à ce qu'il ne grève pas le budget de l'Etat, comprenez qu'il ne convient pas de renouveler.

Dorénavant, Sarkozy sera a priori suspect !

Comment ne pas se demander, à le voir ainsi en permanence entouré de policiers nationaux et autres gardes du corps, si le monsieur ne souffre pas d'une légère tendance à la paranoïa. Aurait-il un gène le prédisposant au sentiment de persécution ?

Comment ne pas se demander, à écouter son beau discours de dimanche soir dans lequel il parle de tout sauf de justice et de la Justice, si cette dernière ne sera pas muselée ou à la botte, si des dispositifs législatifs ne seront pas mis en place pour expurger le passé de certains grands prévaricateurs, préserver les "brigrands" du quartier VIP des geôles.

Comment ne pas se demander, connaissant ses amis, si les médias lui garantiront l'impartialité, un regard critique et une analyse de ses faits, de ses dires, et leurs conséquences à court, moyen et long termes.

Enfin, puisque Nicolas Sarkozy a été appelé à jouer un rôle majeur dans les cinq prochaines années - nous l'avons élu, il a le droit de disposer de son mandat - notre devoir est de veiller à ce que ce rôle ne soit celui d'Arturo UI ou de Père Ubu.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Lundi 7 mai 2007
Je ne sais pas, vous, mais pour moi, la France, ce n'est pas ça.
Ce n'est pas ce qu'on nous montre.
Je suis français depuis ma naissance. Je l'étais même avant. Enfin, mes parents, mes grands-parents ont eu ce bon goût, étrange et incomparable, de naître français.
Je respire la France, je la hume, chaque jour, mon regard se porte sur un paysage français, ma langue est celle de la France. J'aime la France. J'aime ce que je suis. J'aime mes qualités de Français, j'adore mes défauts de Français. J'ai une particularité, égaré dans ce monde : je suis français.
Mon histoire se compose de plusieurs lignées de rois, de quelques empereurs, de plusieurs révolutions, d'innombrables soulèvements populaires et bourgeois. 1789, 1830, 1848, 1968.
J'ai des siècles de luttes, de guerres, d'injustices et de vilennies dans mon bagage, subies ou portées à d'autres, je n'en ai ni honte, ni fierté. Je les ai intégrées. J'ai des foules de héros et de lâches dans mon code identitaire, de salauds et d'humanistes. Parmi eux, figurant des hommes aux visées grandioses d'autres aux idées courtes, des auteurs de génie, des médiocres portés aux nues par les foules, des inventeurs, des destructeurs. Des inutiles et des nécessaires.
Mais je n'ai nul besoin d'un guide, fût-il de gauche pour ressentir ma communauté culturelle avec ce pays et ses habitants, quoique parfois je doute du degré d'attachement de ces derniers à leur pays.

Ont-ils donc tant besoin d'entendre la Marseillaise pour appartenir à la France? C'est de la graine de guerrier qu'on a plantée là, si pour aimer le pays où l'on vit, il faut vibrer à l'écoute de son hymne!
Auraient-ils envie d'en découdre? Avec qui? Avec eux-même, peut-être bien.
Sont-ils bellicistes, ceux qui hier soir entonnèrent d'un rythme martial, ce chant révolutionnaire pour saluer, qui la victoire de leur chef, qui le message combattif de la leur? Sont-ils perdus? Ont-ils oublié – ou craignent-ils de le faire – ce qu'est être français?
La différence est-elle si marquée entre ceux qui craignent leur dilution dans la mondialisation, dans une Europe aux multiples visages, et ceux qui imaginent un avenir où la France est chef de file de l'Europe, d'une future union méditerranéenne, où elle présiderait quasiment aux destinées de l'humanité? Notre vieux rêve à tous date de la Révolution française, et du siècle des Lumières : la France n'existe que si elle joue le rôle de phare du monde. Nous ne sommes bons qu'admirés des autres pays et détestés de l'Angleterre.
Notre peuple, aurait donc un problème identitaire. Un problème culturel, plutôt. Ce que la campagne présidentielle a d'ailleurs révélé. On ne pourra que constater l'absence du thème de la culture depuis son début. On ne brille guère, rien n'éblouit nos voisins et les peuples des contrées lointaines, alors, il nous faut un chef pour rayonner.

Or donc, avec quoi, nous apprêtons-nous à éclairer le monde?
Doc Gynéco, Johnny Halliday, Jean Reno, Christian Clavier!
Steevie du loft! Connu pour n'avoir rien fait, des semaines durant, dans un non-lieu avec des gens vivant une non-vie. Figurant du vide. Objet d'une sélection pour un divertissement en creux.
Ils vont éclairer le monde, Enrico Macias, Mireille Mathieu et Pascal Sevran. Même sans en changer les piles?
Et Jean-Marie Bigard, le prédicateur "scatholique", prendra son bâton de pèlerin et ira, par delà les océans, enseigner, en présentant son image, ce que nous sommes. De petits porcelets se complaisant dans leur lisier, qui songent à décomplexer leur goût immodéré pour le scabreux et le premier degré du gros mot et l'imposer à la face du monde.

Voilà ce qu'est la France, en ce jour, à cette heure. Qu'on se le répète au-delà des frontières. Voilà ce quelles racontaient les paroles de la Marseillaise entonnée place de la Concorde et rue d'Enghien, elles disaient notre avenir, elles indiquaient ce que nous avons choisi d'être parmi les peuples.
Nous sommes ça.


par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Samedi 5 mai 2007


Non, ce n'est pas l'adresse d'un club d'échangisme, d'un bobinard modern style qui s'ouvrira dimanche au monde, c'est le pari de quatre journalistes, anciens de Libération qui, avec un ingénieur informatique ont misé leurs espoirs sur la création d'un média d'information sur Internet. A l'heure où la presse papier est mal en point (cicero)
Pourquoi ce nom de Rue89 ? Pascal Riché l'explique : "La rue, c'est beau: lorsqu'on sort, c'est dans la rue. C'est un lieu de rencontre, de circulation. C'est là où l'on manifeste. Et 89, c'est un chiffre fort comme la liberté et la chute des murs."
Pour l'instant, sur le site Rue89, on peut lire et voir le "making of" de leur jeune activité d'entrepreneurs. On assiste à la conception d'un projet, l'accouchement est prévu dimanche à 18 heures, à l'heure (ou presque) où un(e) autre verra ses espoirs repoussés à un lustre.
Bonne route dans cette jolie rue.
________________________
Pierre Haski, Pascal Riché, Laurent Mauriac, Arnaud Aubron, et Michel Lévy-Provençal sont les membres fondateurs de Rue89.com
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 4 mai 2007
L'adage le dit, l'adage a raison : tout a une fin.
Et j'ajouterais même que c'est bon quand ça s'arrête.
Ce qui suit est une adaptation d'un commentaire laissé sur le blog d'Hervé Resse. Dernière mode de la blogoboule et des "auditeurs" de la radio à qui on pose des questions: stigmatiser les "propos haineux à l'égard de Sarkozy". Mais, reconnaissons tout de même que le personnage y met du sien.
Certes, les militants PS ont des méthodes que je n'aime pas, un certain sectarisme qui n'encourage pas le dialogue, mais c'est là le propre du militant. Avez-vous essayé de discuter avec un umpiste, un bayrouiste, un trotskard, un coco, un vert, même un anar, chacun revêtant l'uniforme du militant? Avez-vous tenté d'engager la conversation avec l'un de ceux-là (j'en oublie) en affichant de prime abord votre opposition ou vos doutes quant à son favori?
Si vous nêtes pas agoni d'une bordée d'injures, votre interlocuteur passera son temps (et le vôtre) à vous convaincre de votre aveuglement, votre stupidité et votre inutilité dans le dialogue politique.
Bref, ces cons là sont infréquentables. Autant que le sont les mercateux hyper corporate. Tout ça pour quoi? Pour vendre des salades?
Que de temps perdu!
Enfin, ce que j'en dis.

Toujours est-il que – finita la comedia – on touche au but. La représentation se termine. Reste le chant du cygne, avec notre très attendue participation, et les résultats.
Je ne parle pas du dépouillage, car je pressens qu'il va durer cinq ans et que les ceusses qu'on va dépouiller ne sont pas ceux qui seront élus.
Puis viennent les commentaires dans les médias, un peu de suivi, constitution du gouvernement, préparation aux législatives et tutti quanti. Enfin, ces messieurs-dames de la politique auront dégotté un bon boulot qui consistera à traiter les chômeurs de fainéants (ça aussi, c'est à la mode) et les jeunes de délinquants.
Mais permettez-moi de poser une petite question en faisant ipso facto ce petit constat :
Pourquoi nos politiciens ne dépensent-ils pas autant d'énergie à régler les problèmes du pays qu'ils n'en dépensent à se faire élire ?
Sûr, que c'est naïf, comme question, croyez bien que je l'ai fait exprès, mais pas si dénuée de fondement.
Et la réponse vient tellement facilement. Non ?
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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