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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Vendredi 12 octobre 2007
J'en étais sûr, vous bruliez d'envie d'avoir des nouvelles de Mark Mc Gowan, dont je vous avais relaté les précédentes  aventures. Il s'était balladé dans les rues de New York avec un masque de Bush, offrant son postérieur à des coups de pieds vengeurs et libérateurs, il avait mangé un chien pour protester contre la chasse au renard en Angleterre, il vient juste d'achever une autre performance, qui s'appelle "Deep inside Russia - part 2", lors de la Biennale Art Caucasus, à Tbilisi en Géorgie. Il y représentait la Grande Bretagne ou du moins le croyait-il.

Deep inside Russia, consistait pour l'artiste, à vivre maritalement durant toute une semaine avec une chèvre. Une lune de miel en quelque sorte. Heureux couple.


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Mais comme aucun acte n'est gratuit, dans notre société, la performance constitue un acte politique et l'objet de sa protestation n'est rien moins que Vladimir Poutine et sa politique à l'égard des anciennes républiques soviétiques.

Personnellement, mais je peux me tromper, je crains que le problème Tchetchène tarde, malgré toute cette bonne volonté, à se régler dans la cohabitation et l'amour.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mercredi 10 octobre 2007
Devedjian est un type formidable.
C'est un peu comme qui dirait un genre de héros moderne. Beau, fort, honnête, philanthrope. Toujours prêt à soutenir le faible et défendre l'opprimé. En tout cas, c'est comme cela que j'aime à me le représenter.
Il a la protestation noble et s'offusque comme personne, devant l'injure faite aux députés par Fadela Amara qui a fait savoir qu'elle trouvait "dégueulasse l'instrumentalisation de l'immigration".
Et l'injure, Devedjian, il connaît, il n'aime pas ça, il en parlait encore récemment à Anne-Marie Comparini, c'est ignoble !
Il y a trois mois...

On ne peut plus rien dire, alors !
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mercredi 10 octobre 2007
A force de me reposer sur mes lauriers, je m'étais retrouvé dans la mouise. Tonnerre de Brest, ça coulait de source, il n'y avait certes pas là de quoi faire des gorges chaudes, mais il fallait bien l'avouer, j'étais fait comme un rat.
Les (faux) amis alentour, plutôt que me dire mes quatre vérités, disaient des messes basses.
"C'est pas le Pérou !, ironisèrent-ils finalement (comme on le fait du côté de Valence), pourquoi ne t'adresses-tu pas au ciel ?"
A moi, qui ai la foi du charbonnier !


Connaissez-vous la signification et l'origine des expressions qui composent ce petit texte ? Et pourquoi se retrouvent-elles ensemble, alors qu'on ne leur a rien demandé ?
Parce qu'elles feront l'objet des prochaines publications du site Expressio, site instructif où une locution est décortiquée quotidiennement. On y trouve son équivalent dans diverses langues étrangères.
On y trouve également une bonne bibliographie d'ouvrages sur la langue, dont l'indispensable puce à l'Oreille de Claude Duneton, preuve que le monsieur a de saines lectures.
C'est un site d'intérêt public.
Parce qu'enfin, quoi, elle est pas belle, ma langue ? Avec une telle richesse, une telle puissance d'évocation, un tel torrent de sonorités ? Elle incite pas au rêve ? Allez ! Alors, les incultes, vous allez me faire le plaisir de consulter Expressio régulièrement. Non mais.
Et d'abord...
Commencer sa journée par un expressio, ça vous met un petit coup de fouet et ça vous éclaire les idées.





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J'ajouterai en note à l'adresse de l'auteur du site Expressio, comme il recherche la signification de cette expression, qu'à la six-quatre-deux est en général appliquée à un dessin. On le dit d'un croquis rapidement effectué.
"Il a dessiné ça à la six-quatre-deux". "Il a des personnages à la six-quatre-deux"
Par extension s'utilise pour la réalisation sommaire et rapide d'une tâche.

Cette expression tire son nom du fait que si vous dessinez un 6 sous lequel, vous attachez un 4 puis un 2, vous aurez rapidement et sommairement dessiné un petit profil.
Certains y ont vu, à cause de l'énumération inversée des trois premiers chiffres pairs, un rapport avec un jeu de hasard. Ils se trompent.

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par François publié dans : Revue de blogs
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Mardi 9 octobre 2007
En ce siècle de la communication, la majeure partie des problèmes que l'on s'emploie à créer, à entretenir et si possible à amplifier jusqu'au constat que l'on nage dans une grosse cagade, vient de notre difficulté à communiquer. Non ! Pas difficulté, mais du mauvais usage des outils (mots et modes) de communication.

A parler mal et à tort et à travers, on finira par penser de même. Le langage est structurant. Ce n'est pas la pensée qui fait le langage, mais le langage qui fait la pensée.
La mauvaise maîtrise des mots pour peu qu'elle soit alliée à la mauvaise foi partisane nous entraîne dans d'insondables égouts.
Des salariés de la SNCF se mettent-ils en grève, que furibard, l'usager se dit "otage".
Fillon dit "détail", il est aussitôt déporté auprès de Le Pen. Oui, j'écris déporté, c'est de la provocation. De la provoc à cons. Dire "détail" équivaudrait à penser comme Le Pen ? Allons, allons.
Tout ça pour entendre un jour "il faut que vous soyez à 200 % de vos possibilités".

Ça devient plus que pénible cette avalanche de mots, ci laudateurs, ci offusqués, à propos de tout. Cette mercantique du discours, avec en sus l'éxagération dans l'expression du moindre sentiment. Y compris même, quand le sentiment est absent, mais qu'il serait logique qu'il soit éprouvé. Suffit qu'on l'exprime.
Il y a dans cette posture du "je-suis-blessé-au-plus-profond-de-moi-même-et-de-ma-communauté" - c'est d'autant plus regrettable - quelque chose évoquant le fruit verreux en ce sens qu'elle pourrit la cause ou l'argument qu'elle prétend servir et qui, soit conduit  à un suicide idéologique, soit constitue le ferment d'une dictature démocratique. C'est-à-dire un régime où une majorité de citoyens établit le dictat d'un mode de vie et alloue aux gouvernants le pouvoir de réprimer ceux qui sortent des clous. Ainsi naissent et progressent les moralistes dans une société. Hygiènistes, religions, ligues de vertus, associations communautaires, dans leur désir de les faire croître et de les imposer, cherchent la visibilité ou la publicité de leurs points de vue.

Surenchère dans le propos, problèmes sous le capot.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 4 octobre 2007
Les Anglais sont des gens formidables. Je ne cesse de le répéter.
Nous autres Français, forts en gueule et pas peu fiers d''avoir un domaine d'excellence – la gastronomie – ne manquons jamais une occasion pour pointer, de la perfide Albion, la tare incommensurable : sa cuisine.
Pourquoi, en bon Français que je suis – n'ai-je pas applaudi, hurlé, avalé des litres de bière au coup de sifflet final du match Liverpool-Marseille, n'ai-je pas ragé des semaines durant à l'annonce que les Jeux Olympiques de 2012 se dérouleraient à Londres,  n'ai-je pas dénoncé mes voisins juifs pendant la guerre ? (*) – pourquoi, donc, n'irais-je pas moi aussi de mon couplet sur le manque de goût de mes chers Anglais.

Ce qui me navre chez ce peuple qui jusqu'il n'y a pas si longtemps méprisait l'ingérence de l'Etat dans la vie du citoyen – du sujet de sa gracieuse majesté, devrais-je dire – à tel point, qu'il se passait allègrement de carte d'identité, c'est cette surenchère sécuritaire pratiquée quotidiennement. Nul doute que la crainte d'attentat participe largement à cette vogue du tout sous contrôle. Ça me navre d'autant plus que nous suivons le même chemin.

Mais revenons à nos Anglais.
Lundi soir, Soho, le quartier mythique de Londres, a été bouclé par les forces de l'ordre. On définit un périmètre de sécurité devant un restaurant thaïlandais renommé, déboulent des pompiers, une unité de lutte contre les risques chimiques, puis une noria d'ambulances. Les pompiers revêtent des combinaisons spéciales. Semblent suivre des émanations d'un gaz odorant...
Vu de l'extérieur, la situation craint, mais visiblement on s'en occupe !
Attaque chimique ? Terrorisme ? Quel est ce produit chimique qui empoisonne l'atmosphère des forces de l'ordre ?
Ça y est, on a décelé l'origine de l'odeur, on a identifié le produit et le coupable. 

C'était la sauce aux piments grillés "nam prik pao" du chef cuisinier Chalemchai Tangjariyapoon.
Juste un poil piquante, n'est-il pas ?



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(*) Non, non. Rien de tout ça. Bien que bon Français
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 2 octobre 2007
Un nouvel ouvrage va bousculer le petit monde politique français. Le mythe tantôt républicain, tantôt ultradroitiste que  constitue Jeanne d'Arc se retrouve largement remis en cause à travers une enquète de Marcel Gay et Roger Senzig : l'affaire Jeanne d'Arc.


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Les auteurs tendent à démontrer que "Jeanne, la bonne Lorraine qu'Anglois brulèrent à Rouen" n'était ni bergère, ni pucelle, mais bel et bien une arme psychologique nommée Jeanne d'Orléans, parlant le Français de cour, destinée à galvaniser les troupes, à manipuler le peuple et faire douter l'ennemi.
Par ailleurs, nos auteurs soutiennent que les voix entendues dans les prairies de Donrémy, étaient émises un peu plus prosaïquement par Yolande d'Anjou, la belle-mère de Charles VII. 
Enfin, sacrilège, elle n'aurait pas été brûlée sur le bûcher en 1431, puisqu'on aurait retrouvé des documents attestant sa présence en divers endroits en 1436. Cette année-là, elle aurait même été mariée à Robert des Armoises.

Alors quoi, on nous ferait avaler des couleuvres ?
La figure providentielle serait l'émanation d'une stratégie secrète !
Pas une simple fille, une fille du peuple venant secourir la France et le Roi ?
Pas de pucelle opposant sa pureté à la vindicte de la perfide Albion ?
Pas d'intervention divine dans la délivrance ?
Manquerait plus qu'on découvre qu'elle n'était pas une sainte !

Le monde fout le camp ! De quoi va se nourrir le populisme bon marché ?


L'Affaire Jeanne d'Arc, Marcel Gay, Roger Senzig, Editions Florent Massot, 2007.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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