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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
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Mardi 30 janvier 2007
Technologies du langage

Jean Véronis est professeur de Linguistique et informatique à l’université d’Aix-en-Provence, co-auteur avec Louis-Jean Calvet de "Combat pour l’Elysée – paroles de prétendants.", et collectionneur de tous les documents rédigés en Occitan à destination de la bibliothèque virtuelle " Trésor de la langue d’Oc ".

Vous avez peut-être déjà entendu Jean Véronis sur vos ondes favorites, (France Inter, Europe 1), sur son blog, il passe à la moulinette syntaxique les discours de nos chères créatures politiques, toutes prétendantes à l’élection de chef. On en tirera tous les enseignements nécessaires avant de glisser notre bulletin dans l’urne.

Ainsi, dans une récente livraison (25 janvier 2007), il note que :
"* Le mot travail, c’est Nicolas Sarkozy qui l’emploie le plus et de très loin. Il s’agit très souvent du respect du travail ou du travail qu’il faut revaloriser.
* Ségolène Royal, elle, emploie surtout le mot salariés, qu’il faut protéger, bien sûr. Elle l’utilise 4 fois plus que Nicolas Sarkozy !
* Quant à François Bayrou, c’est le mot entreprise qui le distingue. Il l’emploie 5 fois plus que Ségolène Royal, et trois fois plus que Nicolas Sarkozy.
* Enfin, Jean-Marie Le Pen ne parle guère de salariés, ni d’entreprise, son mot fétiche à lui, c’est le peuple. En l’occurrence, le peuple laborieux, expression un peu laborieuse, qu’il est le seul à utiliser.",


Il conclut : "Remarquons que le mot travailleurs est le grand perdant de toute cette affaire, un peu comme s’il fallait l’éviter à tout prix. Il faut dire que je n’ai pas analysé les discours d’Arlette ! "

Quant aux choses sérieuses comme le développement durable ou les énergies renouvelables… bien peu y songent.

Depuis, Sarkozy est passé par Saint-Quentin, et comme le souligne Jean Véronis dans un billet plus récent, notre petit homme d’Intérieur qui nous a plutôt asséné des pronoms personnels et possessifs – à la première personne du singulier, ça n’aura échappé à personne – a truffé son discours de "travailleurs".

Quand on craint de se prendre un râteau, faut ratisser ! Que les mânes de Jaurès le patatrassent*.


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(*) Personnologisme signifiant asticoter, tourmenter, tarabuster jusqu’à faire chuter.
par François publié dans : Revue de blogs
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Lundi 29 janvier 2007
Chose promise, chose due. Je vous annonçais (ici) la réactualisation de son site avec 350 photos, Jean-Claude Seine
Vous y retrouverez : les gueules noires des Mines du Nord ou d’Alès, les lainières et les ouvrières du textile de la Redoute et d'ailleurs, les sidérurgistes dans l’Est les métallos de Bordeaux, Albi et sa verrerie, les ports du Havre ou de Marseille, les jeunes de la ZUP de Nîmes, les blouses blanches des infirmières ou des ouvrières de l’agroalimentaire, les débrayages, le vote pour l’arrêt de travail, la grève qui dure, les prises de parole sur les chantiers navals, les réunions syndicales à la Bourse du Travail, les ouvriers qui défilent, les flics qui chargent, Mai 68, les acrobates des PTT installant votre ligne de téléphone, les cheminots, la RATP, le métro qu’empruntent les salariés et ceux qui le font fonctionner, les jeunes de Saviem, les prolos de Boulogne-Billancourt ou de Peugeot, des intérieurs d’ouvriers du bâtiment, des extérieurs à Bataville, l’usine de chaussures, ou des terrains vagues avec les enfants des cités d’urgence à Trappes, mais aussi des moments de détente à la piscine, les concours de pêche, les vacances à la Grande Motte au camping, et l’ANPE, et enfin, la retraite, avec les petits enfants, quand ça sourit, ou tout seul, à la soupe populaire à Gennevilliers.

La mémoire d’un monde ouvrier que flatte Karchozy et qu’il ne connaît pas.
par François publié dans : Revue de blogs
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Vendredi 19 janvier 2007
Ceux qui sont nés avant les années quatre-vingts auront un petit pincement au cœur en visitant ce site exposant des photos* de Jean-Claude Seine : http://www.journaliste-reporter-images.com/galerie.htm





Le monde qu'il a photographié est sinistré. A force d'en parler dans les médias en le catégoriant, beaucoup ont oublié ce qu'il est, et les richesses qu'il a produites. Et pourtant, combien d'entre nous n'en sont pas issus ?
Je parle du populo. Du "monde du travail", des ouvriers, des laborieux. Ceux qui ont fabriqué ce qui a enrichi leurs maîtres. Ces photos datent, et pour cette raison sont inestimables. Bien mieux qu'un discours d'Arlette Laguiller, d'Olivier Besancenot ou de Marie-Georges Buffet, elles témoignent de l'incompréhensible injustice du jeu que l'on fait jouer au peuple.
Ils ont de bonnes gueules, ces ouvriers, d'autres sont terribles, figures pathétiques, bouleversantes qui traduisent le découragement l'abandon et la peur devant l'usine qui ferme, la paye minable ou la rudesse de la tâche quotidienne.
Les lieux, on le devine n'existent plus, et on se prend à penser que l'érosion du monde ouvrier a eu cet effet dont on ne parle pas dans nos radios et télévisions qu'est la perte d'un esprit populaire, une culture commune de solidarité. On dirait comment, aujourd'hui ? Du lien social ?
Place à la modernité ! Les banlieues crament de temps en temps, une économie parallèle s'y est développée, les anciens marlous s'appellent désormais des racailles, aux ordres de caïds. Gabin et Arletty sont à ranger au musée Grévin, et le Medef règne sans partage.
Sans partage. L'Histoire ne fait que se poursuivre.




















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* Bientôt réactualisé, ce site exposera 350 photos relatant 20 ans de prolétariat (1964-1984). Merci à Jean-Claude Seine pour son aimable autorisation de reproduction de ses clichés.
par François publié dans : Revue de blogs
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