Lundi 7 avril 2008
Vive le mois d'avril.
Les petits oiseaux nichent. La sève monte. Les cris d'amour retentissent partout dans le monde, chez les bêtes.
Comment ça va l'amour ?
Ça va.
Ça va et ça vient. Et quand ça vient, ça va !
Ici, il a neigé. Ça a jeté un coup de froid sur les érections printanières.
Et les droits de l'homme, comment ça va ?
Ça va !
Ça va et ça vient.
Et plus ça va, moins il y a de liberté de par le monde. Plus il y a d'endroits où l'on vous conteste le droit de s'exprimer, le droit de vivre dans la dignité, celle qui permet de dire que l'on n'est pas satisfait, d'affirmer son libre arbitre, sa libre pensée, son indépendance vis-à-vis des autorités locales, politiques et économiques. Le droit de vivre sans subir le joug d'une caste, d'une religion, d'un parti, d'une pensée commune majoritaire ou supposée comme telle. La dignité la plus élémentaires des états consistant à ne pas enfermer pour des idées, à ne pas baillonner, à ne pas tuer, à ne pas torturer.
Plutôt que d'énumérer les pays où les droits de l'homme ne sont pas respectés, il serait plus rapide de faire la liste de ceux où ils le sont.
Globaliser le monde l'a rendu totalitaire. Vous êtes priés de travailler et de vous taire en acceptant votre sort, si possible en vous masquant les yeux, vous bouchant les oreilles et surtout en vous enfonçant le poing dans la bouche afin qu'aucun son ne sorte. Et si votre main rechigne à se replier, d'autres poings seront disponibles.
Dans les démocraties affichées comme telles, ce qui ne signifie pas qu'elles le soient, votre vote sera bien sûr pris en compte, d'autant que les résultats auront été préalablement décidés par ceux qui vous soumettront. La Russie d'aujourd'hui vaut-elle mieux à ce sujet que l'ancienne URSS ? Les USA, légalisant certains actes de torture et dont certains états communient encore dans la peine de mort, valent-ils mieux que l'Irak de Saddam Hussein ? La Chine, atelier de l'Occident, pays communiste aux visées colonisatrices en l'Afrique se souvient-elle de ce qu'elle promettait au peuple de 1911 et de 1949 ? La France si fière de ses philosophes est-elle aussi soucieuse de ses prisons que de sa réputation et de sa gastronomie ?
L'actualité tourne les feux de ses projecteurs sur les jeux olympiques dont les seuls anneaux, nous dit-on, constituent un message d'entente mondiale et la flamme, un symbole de paix universelle. La colombe de la paix s'apprête à se lisser les plumes au-dessus des geôles où s'entassent les dissidents au régime chinois et à roucouler sur les cadavres de Tibétains en colère que le pouvoir central voudrait aculturer.
La flamme olympique, quittant son foyer originel, Olympie, pour parcourir le monde, illuminer le monde de sa clarté utopique est priée de briller en dépit de la répression chinoise, et sera dûment protégée par les forces de l'ordre dans les capitales qu'elle traverse, menacée qu'elle est par des droits-de-l'hommistes prêts à en découdre. Prêts à se battre contre le flétrissement de ce symbole.
Pas au point toutefois d'aller castagner les flics chinois, entendons-nous, mais à filer un petit coup d'extincteur sur ce feu fallacieux. C'est facile de bousculer un Diagana ou un autre coureur dans sa course (il est certes moins aisé de bouger le quintal et quelques d'un Douillet qui se dit scandalisé par le détournement que RSF a fait du logo des JO). On a l'héroïsme qu'on peut.
C'est facile de bousculer le coureur, et crétin, et contre-productif. Car de par la nécessité qu'ont les autorités de protéger le porteur de la flamme, les protestataires mettent ces autorités en instance de protéger la flamme elle-même, et les contraignent à se faire complices de l'ordre chinois. Tout cela est navrant.
Et on se gardera bien de s'en prendre à ceux qui tirent leur intérêt des JO, à savoir les sponsors des JO.
Si on veut lutter efficacement en faveur des Birmans et des Tibétains, il faut taper là où ça fait mal. Ne pas se comporter en client des usines chinoises, arrêter de consommer du Coca-Cola, du Samsung, du MacDonalds, du Lenovo, de la Visa, de l'Omega, etc.
Protester, oui, mais sans provoquer de heurts. Si la protestation est muselée par nos flics, notre Etat fera lui-même la démonstration de sa complicité avec la dictature. Mais, ça, la complicité avec les dictatures, c'est de la routine.
Les petits oiseaux nichent. La sève monte. Les cris d'amour retentissent partout dans le monde, chez les bêtes.
Comment ça va l'amour ?
Ça va.
Ça va et ça vient. Et quand ça vient, ça va !
Ici, il a neigé. Ça a jeté un coup de froid sur les érections printanières.
Et les droits de l'homme, comment ça va ?
Ça va !
Ça va et ça vient.
Et plus ça va, moins il y a de liberté de par le monde. Plus il y a d'endroits où l'on vous conteste le droit de s'exprimer, le droit de vivre dans la dignité, celle qui permet de dire que l'on n'est pas satisfait, d'affirmer son libre arbitre, sa libre pensée, son indépendance vis-à-vis des autorités locales, politiques et économiques. Le droit de vivre sans subir le joug d'une caste, d'une religion, d'un parti, d'une pensée commune majoritaire ou supposée comme telle. La dignité la plus élémentaires des états consistant à ne pas enfermer pour des idées, à ne pas baillonner, à ne pas tuer, à ne pas torturer.
Plutôt que d'énumérer les pays où les droits de l'homme ne sont pas respectés, il serait plus rapide de faire la liste de ceux où ils le sont.
Globaliser le monde l'a rendu totalitaire. Vous êtes priés de travailler et de vous taire en acceptant votre sort, si possible en vous masquant les yeux, vous bouchant les oreilles et surtout en vous enfonçant le poing dans la bouche afin qu'aucun son ne sorte. Et si votre main rechigne à se replier, d'autres poings seront disponibles.
Dans les démocraties affichées comme telles, ce qui ne signifie pas qu'elles le soient, votre vote sera bien sûr pris en compte, d'autant que les résultats auront été préalablement décidés par ceux qui vous soumettront. La Russie d'aujourd'hui vaut-elle mieux à ce sujet que l'ancienne URSS ? Les USA, légalisant certains actes de torture et dont certains états communient encore dans la peine de mort, valent-ils mieux que l'Irak de Saddam Hussein ? La Chine, atelier de l'Occident, pays communiste aux visées colonisatrices en l'Afrique se souvient-elle de ce qu'elle promettait au peuple de 1911 et de 1949 ? La France si fière de ses philosophes est-elle aussi soucieuse de ses prisons que de sa réputation et de sa gastronomie ?
L'actualité tourne les feux de ses projecteurs sur les jeux olympiques dont les seuls anneaux, nous dit-on, constituent un message d'entente mondiale et la flamme, un symbole de paix universelle. La colombe de la paix s'apprête à se lisser les plumes au-dessus des geôles où s'entassent les dissidents au régime chinois et à roucouler sur les cadavres de Tibétains en colère que le pouvoir central voudrait aculturer.
La flamme olympique, quittant son foyer originel, Olympie, pour parcourir le monde, illuminer le monde de sa clarté utopique est priée de briller en dépit de la répression chinoise, et sera dûment protégée par les forces de l'ordre dans les capitales qu'elle traverse, menacée qu'elle est par des droits-de-l'hommistes prêts à en découdre. Prêts à se battre contre le flétrissement de ce symbole.
Pas au point toutefois d'aller castagner les flics chinois, entendons-nous, mais à filer un petit coup d'extincteur sur ce feu fallacieux. C'est facile de bousculer un Diagana ou un autre coureur dans sa course (il est certes moins aisé de bouger le quintal et quelques d'un Douillet qui se dit scandalisé par le détournement que RSF a fait du logo des JO). On a l'héroïsme qu'on peut.
C'est facile de bousculer le coureur, et crétin, et contre-productif. Car de par la nécessité qu'ont les autorités de protéger le porteur de la flamme, les protestataires mettent ces autorités en instance de protéger la flamme elle-même, et les contraignent à se faire complices de l'ordre chinois. Tout cela est navrant.
Et on se gardera bien de s'en prendre à ceux qui tirent leur intérêt des JO, à savoir les sponsors des JO.
Si on veut lutter efficacement en faveur des Birmans et des Tibétains, il faut taper là où ça fait mal. Ne pas se comporter en client des usines chinoises, arrêter de consommer du Coca-Cola, du Samsung, du MacDonalds, du Lenovo, de la Visa, de l'Omega, etc.
Protester, oui, mais sans provoquer de heurts. Si la protestation est muselée par nos flics, notre Etat fera lui-même la démonstration de sa complicité avec la dictature. Mais, ça, la complicité avec les dictatures, c'est de la routine.
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13h30
Quelques images du parcours de la flamme sur France 3 et Canal+.
Des drapeaux tibétains chez les manifestants, calmes, les manifestants, des flics chinois encadrant le coureur. Comme à Londres, il est en sécurité le symbole d'un monde meilleur !
Des gens porteurs d'un fanion aux couleurs de Reporters sans Frontières tentent d'apparaître en l'agitant – calmement – derrière Corinne Lepage, interrogée par France 3, aussitô écarté par un flic en civil. Tout va bien, en France aussi, on peut librement s'exprimer.
Quelques minutes plus tard, on apprend que la flamme, ce merveilleux symbole de fraternité etc., etc. a pris le bus.
Belle époque.
Quelques images du parcours de la flamme sur France 3 et Canal+.
Des drapeaux tibétains chez les manifestants, calmes, les manifestants, des flics chinois encadrant le coureur. Comme à Londres, il est en sécurité le symbole d'un monde meilleur !
Des gens porteurs d'un fanion aux couleurs de Reporters sans Frontières tentent d'apparaître en l'agitant – calmement – derrière Corinne Lepage, interrogée par France 3, aussitô écarté par un flic en civil. Tout va bien, en France aussi, on peut librement s'exprimer.
Quelques minutes plus tard, on apprend que la flamme, ce merveilleux symbole de fraternité etc., etc. a pris le bus.
Belle époque.
par François
publié dans :
Les Carnets de l'Ours
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Ci-dessus, le slogan des jeux olympiques de Pékin 2008.













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