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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Jeudi 4 janvier 2007

Je voulais une chanson noire
Mauvaise comme le soufre
Pleine de mort et de désespoir
Vicieuse comme un gouffre
J’ai pris mon dictionnaire de rimes
Et me suis dégotté
Un endroit favorable au crime
Et là, j’ai rencontré…

L’éventreur nommé Jack
Qui répandait en vrac
Viscères et estomacs
C’est très appétissant
Un revendeur de crack
Trafiquant de cognac
D’sucre brun et de talc
Et d’autres excitants

Y avait aussi un black
Qui remplissait des sacs
De viande de macaque
Pour se faire de l’argent
Il r’vendait dans un claque
Où venaient des Polacks
Son infâme barbaque
A des prix indécents

Y avait quelques maniaques
Un peu paranoïaques
Qui serraient le colbac
A de jeunes enfants
Un vampire démoniaque
Aux fantasmes orgiaques
Buvait d’aphrodisiaques
Globules rouges et blancs

Trois violeurs dont un mac
Qui exhibaient des braque-
Mards tout prêts à l’attaque
Dressés et menaçants
Et moi dans ce mic-mac
Telle une Rastignac
En jupes, de Balzac
Je défiai ces braves gens

Chacun d’eux m’a fait rendre l’âme
Sous leurs coups de butoir
Lacérée par de fines lames
Pénétrée de toutes parts
Sucée, aspirée par l’aorte
Bourrée d’amphétamines
Trainée, intoxiquée à mort
Etranglée dans les ruines

Depuis cette soirée étrange
Par eux je me laisse faire
Ils sont tous devenus des anges
J’suis l’fantôme qu’ils préfèrent
Je voulais une chanson noire
Mauvaise comme le soufre
Pleine de mort et de désespoir
Vicieuse comme un gouffre

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007

A trente-cinq piges, je crois en rien
Pas plus en Dieu, qu’en moi, qu’aux chiens,
Que dans les femmes ou les humains
La société m’indiffère…
Je suis à Nanterre

J’suis pas clochard, j’suis pas pochtron
Mais quelque chose ne tourne pas rond
Paraîtrait que je suis poltron
D’vivr’avec les hommes mes frères…
Je suis à Nanterre

Je n’travaille pas, j’n’ai pas d’argent
A c’qu’on dit je suis indigent
Mon temps s’écoule négligent
Dans un monde où j’n’ai rien à faire…
Je suis à Nanterre

La politique n’m’intéresse pas
J’n’en fais pas une affaire d’état
J’me fous pas mal des attentats
Qu’il y ait la paix ou la guerre…
Je suis à Nanterre

Pour survivre avec d’autres gueux
Au foyer nous mangeons un peu
On y boit un picrate rugueux
Pour nous la vie n’est que misère…
Je suis à Nanterre

Pour n’pas gêner le paroissien
On nous a foutu dans un coin
Nous côtoyer, c’est pas très sain
Et c’est pour cela qu’on s’enterre…
Je suis à Nanterre

Parc’ qu’on est tombé de trop haut
Qu’on a perdu l’cours du ruisseau
La fosse commune s’ra notre lot
On a not’ propre cimetière…
J’crèv’rai à Nanterre

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007

L’intellect au ras de la pelouse
Un gros chiffre cousu sur ton dos
Tu cours, tu tombes, pleure ! T’as bobo
Ça ne t’empêche pas de gagner du flouze
Et ça flatte le populo
De t’acclamer, d’gueuler ton nom
Chaque fois qu’tu tapes dans un ballon

Y a plus(se) de place pour l’porte-pognon
Quand l’cœur est plat comme un fossile
Tu n’poses que des questions dociles
Tu bosses à la télé visse-cons
Et ça flatte le populo,
De t’acclamer, d’gueuler ton nom
Chaque fois qu’tu fais une émission

Jeune à gauche t’étais enragé
Mais les idées n’ont pas d’odeur
Quand il s’agit de faire son beurre
Maintenant à droite t’es engagé
Et ça flatte le populo,
De t’acclamer, d’gueuler ton nom
Chaque fois qu’tu prends une position

Au cinéma y a pas d’mystère,
Tu sautes du train, tu fais l’guignol
Tu cognes, tu butes. Ah c’qu’on rigole !
Pour palper faut savoir tout faire.
Et ça flatte le populo,
De t’acclamer, d’gueuler ton nom
Chaque fois que tu fais l’histrion.

T’as pigé, pour faire de la braise,
Acteur, sportif, politicard,
Sois stupide, pourri ou ringard
Mais tes conneries, il faut qu’elles plaisent.
Que ça flatte le populo,
De t’acclamer, d’gueuler ton nom
Chaque fois qu’tu l’prends pour un con.

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007

Attention, mademoiselle, faut couper le clitoris
C’est qui qui, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, qui l’a dit
Faut recoudre la zézette, c’est un trou qu’est interdit
C’est qui qui, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, c’est l’bon dieu, c’est l’bon dieu qu’a tout écrit

Attention, mon garçon, faut couper l’bout du zizi
C’est qui qui, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, qui l’a dit
Mais faut pas couper les poils, les poils ça c’est interdit
C’est qui qui, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, c’est l’bon dieu, c’est l’bon dieu qu’a tout écrit

Attention, les enfants, faut pas faire guili-guili
C’est qui qui, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, qui l’a dit
Ou alors sans s’marrer, rigoler, c’est interdit
C’est qui qui, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, c’est l’bon dieu, c’est l’bon dieu qu’a tout écrit

Il faut faire des enfants, et les faire sans plaisir
C’est qui qui, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, qui l’a dit
Et surtout pas l’inverse, le latex, c’est interdit
C’est qui qui, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, qui l’a dit
C’est l’bon dieu, c’est l’bon dieu, c’est l’bon dieu qu’a tout écrit

Et être très malheureux, surtout très malheureux
Souffrir, beaucoup souffrir
Pleurer et puis prier
Le bon dieu, le bon dieu

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007

Il est temps Fatima de laisser le chiffon
Insultant ta beauté, qui étrangle ton front
De faire cascader tes beaux cheveux bouclés
Sur des épaules nues à la peau mordorée.
Tu es libre sur terre, maîtresse de ta vie
Je me fous bien de Dieu et de c’qu’on dit de lui

Il est temps Fatima de laisser ce goujat
Qui marche méprisant à dix pas devant toi
Injuriant les blondes pour qui pourtant il bande
Jett’ "salope" en mot doux et crachat en offrande
Tu es libre sur terre, maîtresse de ta vie
Je me fous bien des hommes et de leur tyrannie

Il est temps Fatima de laisser tes voisins
Qui voudraient à ta place diriger ton destin
Te faire pondeuse, nourrice, torcheuse de bébés
T’enfermer, t’enlaidir, t’empêcher de penser
Tu es libre sur terre, maîtresse de ta vie
Je me fous bien des gens et de leurs vilennies

Je t’aime Fatima, je reste devant toi.
Si tu veux, je t’emmène ; allez viens avec moi
Tu choisiras ta vie, tes amis tes amants
Ose la liberté, je t’en prie, il est temps.
Te traiter en esclave, ne sera plus permis
Tu es libre sur terre, maîtresse de ta vie.

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007

J’ai la muse libérale
La poésie capitaliste
J’ai une lyre en or-métal
Et l’inspiration élitiste
Je flirte avec le monétaire
Egérie des économistes
Je loue le marché planétaire
Et chante les opportunistes
Je rime avec les pourcentages
Je porte aux nues le plutonium
Me référant à cet adage
L’argent est l’avenir de l’homme
Je crois aux vertus de l’échange
Dans la nouvelle religion
Le bon dieu est agent de change
Son fils contrôleur de gestion
Je dédaigne la callipyge
Ses formes rondes préférant
Me laisser prendre par le vertige
D’une courbe d’investissement
Je me pâme devant les Bourses
Quand le dollar est turgescent
Lorsque mon Yen poursuit sa course
L’indice Nikkei est florissant

Enfant, j’aimais le son des pièces de monnaie
Maint’nant j’aime m’entendre froisser les billets
Le monde est un gigantesque casino
Y a ceux qui perdent et ceux qui touchent le gros lot

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007
 Sans publicité t’es marron

Lève ton nez vers les affiches
C’est du bonheur pour pas un rond
D’nos jours faut faire gaffe à l’artiche
Il reste des gens de bon conseil
Qui feront tout pour ton confort
En surveillant bien ton oseille
Pourquoi s’priver, tu aurais tort

Des filles au sourire dentifrice
Qui chantent l’amour et ses délices
Les vacances à deux pour pas cher
Les îles dorées et leurs mystères
Des rasoirs à faire la peau douce
Une bière légère grâce à sa mousse
Des lits pour y faire des câlins
Dans des draps fleuris en satin

Pour être heureux, dame, c’est facile,
Tu auras tout c’que tu désires
Y a pas d’problème, t’as qu’à choisir
Regarde sur les murs de ta ville.

Un magazine avec ses recettes
Pour la cuisine et la toilette
La banque du bonheur pour les frais
Et d’faux bijoux plus beaux que les vrais
Des magasins où tu peux tout
T’acheter sans débourser un sou
Des lampes à pied, des sacs à main
Et des jouets pour les gamins

L’odeur des prés, l’eau des montagnes
Des poulets nés à la campagne
Des cosmétiques pour la moquette,
Tout Van Gogh peint dans une cassette
Des téléphones où pour appeler,
T’as même plus besoin d’te lever
De vrais saumons de la Baltique
Et du caviar démocratique

Refrain

Une télé grandeur nature
De l’huile sans odeur de friture
Un silence d’or des jeux d’argent
Une montre à quartz pour compter l’temps
Du chocolat au vrai lait d’vache
De la lessive nourrie aux taches
Des sachets de bœuf miroton
D’l’antiseptique pour les boutons

Des vitamines qui tuent l’cafard,
Des assurances pour dans plus tard,
Quand tu s’ras vieux ou au cimetière,
Et une bagnole dont tu s’ras fier.
Une cafetière qui sonne le matin
Des cours du soir pour ton turbin
Des films marrants ou bien tragiques
Et mes conneries mises en musique.

Refrain
Et tant pis si tu n’as pas de quoi,
Y en a plein d’autres à qui ça va.

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007

C’est l’odeur des tilleuls
Qui rythmaient l’avenue
La cour de notre école
Et nos jeux éperdus
C’est l’éclairage au gaz
Des romans de Vialatte
C’est Toulouse qui jazze
Nouga noir écarlate

C’est le cri un peu sourd
D’un bonheur en allé
Un appel au secours
A ses jeunes années
C’est un gentil sourire
Offert à ton passé
Lorsque les souvenirs
Viennent te consoler

La nostalgie
C’est le doux et l’amer
C’est le cœur dans la pierre
Des visiteurs d’hier
La nostalgie
C’est le cœur qui se serre
Quand jadis et naguère
Triomphent de l’oubli

Les œufs durs de midi
Ecallés sur le zinc
Un ancien tourne-disque
Une chanson de bastringue
Les chiffres du flipper
Avant l’électronique
Une loco à vapeur
Sous un pont métallique

C’est un amour ancien
Peuplant ta solitude
C’est la mer qui revient
Dans son incertitude
C’est le sentimento
Du tango argentin
La mémoire du dos
Se rappelant la main

Refrain

C’est le regard en coin
D’une poule révolue
Pensant à son turbin
Quand la rue ne paie plus
C’est l’odeur des faubourgs
C’est le parler patois
Ou l’argot un peu lourd
Qui fleurissait chez toi

C’est l’amour sous latex
Avant l’épidémie
L’parfum du Beaujolais
Avant l’régime Vichy
C’est un gardien de square
C’est une dame-pipi
C’est l’esquif sans le phare
Quand l’océan s’ennuie

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007

Je cherche un homme
Un homme qui, un homme que, un homme quoi
Un qui en somme
Serait comme ci, me ferait ce, et aurait ça

Je le voudrais sans moustache
Plein de gestes distingués
Il aurait un p'tit air vache
Mais pas de vulgarité
Ça me gênerait qu’il fume
Qu’il fasse du bruit en dormant
Qu’il aime le foot, la bière brune
Ou qu’il mange goulûment

Mais attention
En aucun cas je ne veux
D’un jaloux broussailleux
D’un marlou ténébreux,
D’un voyou orgueilleux
D’un matou soucieux
D’un zazou prétentieux
D’un grippe-sous sourcilleux
Ou d’un filou vicieux

Je cherche un homme
Un homme qui, un homme que, un homme quoi
Un qui en somme
Serait comme ci, me ferait ce, et aurait ça

Je voudrais un homme à femmes
Un gentil et beau garçon
Mais je ne veux pas qu’il s’enflamme
Dès que s’approche un jupon
Je veux être de ses fantasmes
Qu’il ait du tempérament
Qu’il provoque en moi des spasmes
Sans se montrer trop pressant

Mais attention
En aucun cas je ne veux
D’un jaloux broussailleux
D’un marlou ténébreux,
D’un voyou orgueilleux
D’un matou soucieux
D’un zazou prétentieux
D’un grippe-sous sourcilleux
Ou d’un filou vicieux

Je cherche un homme
Un homme qui, un homme que, un homme quoi
Un qui en somme
Serait comme ci, me ferait ce, et aurait ça

J’aimerais qu’il soit sensible
Qu’il ait de l’éducation
Qu’il soit toujours disponible
Et qu’il brasse des millions
Et puis je veux rester libre
De voir mes amis souvent
Et garder mon équilibre
En prenant quelques amants

Mais attention
En aucun cas je ne veux
D’un jaloux broussailleux
D’un marlou ténébreux,
D’un voyou orgueilleux
D’un matou soucieux
D’un zazou prétentieux
D’on grippe-sous sourcilleux
Ou d’un filou vicieux

Je cherche un homme
Un homme qui, un homme que, un homme quoi
Un qui en somme
Serait comme ci, me ferait ce, et aurait ça

par François publié dans : Chansons
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Jeudi 4 janvier 2007

Toi qui incarnait la République
Sur les timbres, c’était sympathique
De t’retourner, t’lècher l’derrière
Entre nous y avait pas d’manières
Pauvre bébé pleurant sur les phoques
Voilà que maintenant tu débloques
La Poste a perdu un client,
J’écris plus tant qu’la France fout le camp

Au pays d’la gastronomie
On aime bien les spaghettis
Le couscous et la paella
Pour becqueter on est toujours là
Mais lorsque l’on est bien repu
Les étrangers on en veut plus
L’resto a perdu un client
Je n’mange plus tant qu’la France fout le camp

J’aimais bien voir briller les ailes
Des avions là-haut dans le ciel
Ça m’donnait des envies d’voyages
Je rêvais à d’beaux paysages
Mais maint’nant qu’le ciel est tout noir
D’gens à qui on dit pas au revoir
Le ciel a perdu un client
J’baisse le nez tant qu’la France fout le camp

Sous les ponts de Paris y a la Seine
Qui coule sans crainte et sans haine
J’y trempais parfois mon bouchon
Pour y taquiner le goujon
Maint’nant y a d’nouveaux Archimède
Qui s’exercent avec Mohammed
La flotte a perdu un client
Je n’pêche plus tant qu’la France fout le camp.

par François publié dans : Chansons
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