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Soupe à l'oseille

Publié le par L'ours

Plaignez-moi, pleurez, criez, je suis une victime. Je suis la victime éternelle d'un acharnement politico-médiatique résultant d'un complot de gauchistes inconséquents. Voilà une ligne de défense dont on ne se lasse pas d'entendre les effusions, proférées par les responsables de l'ancienne majorité dès lors que leurs erreurs ou leurs turpitudes paraissent au grand jour.

Le quinquennat de Nick the First aurait, si on accorde quelque crédit au livre de deux journalistes, l'un du Point l'autre de Marianne, coûté 500 milliards dilapidés comme on sacrifie 4 - 5 euros à un jeu de grattage de la FDJ. Avec le succès que l'on connaît.
Personne, pendant ces cinq ans, ne serait alarmé de cette fuite des capitaux ?

Rejété par l'électeur, le président candidat aurait "explosé" ses comptes de campagne, au point que, comme le champion de l'UMP, ils ont été rejetés par la Commission (CNCCFP) chargée de leur examen à des fins de remboursement. En conséquence de quoi, pour renflouer le parti ses responsables ont dû procéder à une quête auprès des militants.

Ni le candidat, ni son directeur de campagne, ni quiconque n'a eu le loisir ou la curiosité de vérifier que l'on restait dans les clous en matière de dépenses, soit en deçà du plafonnement des dépenses de campagne fixé à environ 22 millions d'euros dont l'Etat rembourse la moitié lorsque les comptes sont avalisés. Bel investissement pour la réussite constatée du projet.

Et l'on entend les justifications de tel ou telle, "Le candidat ne s'occupe pas de ça !... Le directeur de campagne ne s'occupe pas de ça !... C'est à se demander si quelqu'un s'occupe de "ça". Dépenser sans compter semble bien le mode de vie de ceux qui prétendent gérer le bien commun. Plus précisément, dépenser sans compter... le pognon des autres.

Quant à connaître la source du financement, la Justice s'en mêle. Et de nouveau résonne, repris à tue-tête, le refrain de la victime outragée, pourchassée par une horde de juges rouges, des ultras en robe syndiqués en bande organisée marxiste-léniniste, au moins.

Mais qui s'étonne, essayant de relativiser, de l'importance du coût de notre démocratie lorsqu'il s'agit de nourrir les ambitions d'une classe politique, y compris ceux qui veulent donner l'impression qu'ils s'en démarquent. Certes, on ne peut laisser aux seuls fortunés la possibilité de se présenter aux élections, mais les professionnels de la profession ne ressemblent-ils pas aux rentiers d'antan entichés de politique et d'affairisme. Citoyens privilégiés et désireux de privilèges dont certains se reproduisent et alimentent le petit monde politique de fils de et filles de.

L'énormité des sommes dépensées appelle également quelques questions. Quel artisan, quel patron de PME, quel travailleur indépendant gérerait son entreprise de cette façon, ignorant ce qu'il dépense, misant toujours plus pour un hypothétique profit. Ceux-là oseraient-ils affirmer, la faillite venue, qu'ils ne savaient rien de leurs comptes ?
Quel retour sur investissement un candidat peut-il espérer lorsque l'investissement se monte à 11 millions d'euros ? Un peu plus de 2 millions par an, pour revenir à l'équilibre de son budget ? Qui disait naguère « après la politique, je pars dans le privé et je fais du fric » ? Parce que dans la politique la soupe à l'oseille n'est pas assez bonne ?


Un quinquennat à 500 milliards, Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy. Editions Mille et une nuits.
Article du Point.

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