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Il est encore temps pour rêver

Publié le par L'ours

Voilà, c'est fini. Ou pratiquement. On n'est pas loin de la fin. Il y aurait de quoi en faire un film, dont on prévoit aujourd'hui l'épilogue. Son titre parodierait celui de Renoir et sur une affiche lugubre, des lettres blanches sur fond noir formeraient ces quelques mots : La Grande désillusion. Les réactionnaires de la fin des années 30 qualifiaient le gouvernement de Léon Blum "le front cocu", notre encore président de la République le personnifie aujourd'hui sans qu'il y ait ironie dans le propos.

De réformes impopulaires en changement de cap d'une politique de gauche annoncée, avec ses renoncements multiples, la métamorphose du social en cryptolibéralisme, avec l'évidence que la gauche ne parvient pas davantage que la droite à se faire "irréprochable", le président se retrouve dans une situation où il n'a plus l'adhésion des Français. Et cela, sans s'étendre sur les affaires d'alcôve de François Hollande ainsi que les subséquentes déclarations de son ex-compagne. Le dernier sondage lui donnait 13 % d'opinion moyennement favorable. L'homme sur qui il pleut réussit le tour de force à faire quasiment l'unanimité contre lui, et sans qu'on le haïsse vraiment, contrairement à son prédécesseur. Certes, des résultats à sa politique limiteraient quelque peu cette dégringolade, mais point de résultats à l'horizon, et point d'union dans son parti.

Cette triste situation ouvre un boulevard à celle qui ne se dit pas d'extrême droite, qui honnit gauche et droite et se prétend proche du peuple. On parle de dissolution, on parle de cohabitation, on parle de démission du président. On pressent inévitable la chute ultime.
Il est encore temps pour Hollande de faire un geste qui nous serait profitable afin d'éviter de tomber de Charybde en Sylla, celui de tuer définitivement le régime présidentiel et de passer à une VIe république qu'il nous reste à construire. Celui de permettre aux élections la prise en compte du vote blanc. C'est une petite chance, mais c'est une chance. Car il reste, je l'espère, une majorité de Français n'ayant confiance ni en la droite qui nous a précipités vers le gouffre, ni en la gauche qui nous y a laissés, qui préfèrerait glisser un bulletin vierge dans l'urne que celui portant le nom de Le Pen, ce qui, comme le disait ma grand-mère (en cette période de grande braderie, le terme est de circonstance) nous pend au nez comme un sifflet de ducasse.

Accepter la prise en compte du vote blanc, c'est pour les politiciens professionnels armer le citoyen pour se faire tirer dessus, mais c'est aussi lui fournir un arsenal contre ses adversaires. C'est permettre qu'il n'y ait pas de gagnant à une élection et ouvrir la possibilité d'une crise telle que les citoyens devront se prendre en main pour inventer un système qui fonctionne, une Vie République, sans monarque présidentiel, sans palais, sans la dictature de la communication et de l'argent.
C'est rêver trop haut ?

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