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Merci Gérard !

Publié le par L'ours

Voilà qui fait tache. La mouche dans le lait, sacré bon dieu. Dans le concert de louanges sucrées que relayent à tour de glotte les journaux radio et télé, la fausse note, l'odieuse dissonance ! Gérard Filoche s'est mis à cuicuiter et là, le mort illustre encore chaud et toujours moustachu, n'était plus le bon papatron qui s'est fait tout seul, l'homme au langage franc et clair, rude mais courtois, ami des présidents, mais se voyait réintégré dans sa famille au nom dynastique, Taittinger, et parmi la petite foule des patrons du CAC 40.

Il rappelait aussi, Gérard, que Total ne payait guère d'impôts en France, semblant oublier les doctes paroles de nos amis journalistes et nos camarades analystes économiques qui en général s'empressent de préciser que notre multinationale est justement une multinationale qui ne fait pas de profit en France. Nous oublions trop souvent que l'essence est gratuite sur notre territoire et que d'ailleurs, si on va chez Total, ce n'est pas par hasard.

Crime de lèse-majesté qu'il a commis, Gérard, à travers cette inélégance. Honte. Honnissons, bannissons.

Ah ! Le sale type. Il s'en prend à un mort. Il diffame Christophe le patriote, qui portait haut la France, avec sa vibration gaullienne dans la fricative, dans son cœur et pratiquement à bout de bras. Honnissons, bannissons.

De droite comme de gauche, le Filoche, presque un nom de pied nickelé, devient le sujet d'indignation. « Mais comment, ouh la la, quelle mouche le pique, c'est pas correct. » Les socialos les plus revanchards appellent à son exclusion. A moins qu'ils ne soient les plus prompts à se coucher.

Merci Gérard. Par cette indélicatesse, tu as attiré les foudres de tous les béni-oui oui du capitalisme. Tout comme les salariés attristés, effondrés et multimédiatisés de Total qu'on n'a eu cesse de nous faire entendre, les vassaux de l'Assemblée, de l'Etat et d'ailleurs se devaient de se répandre en éloges sur la dépouille de Big Moustache comme on dit « affectueusement ». Merci Gérard, parce que par cette indélicatesse, ils se sont révélés. Les bons socialistes ont dévoilé leurs visages, ceux décrits par Lénine comme les valets de la bourgeoisie.

Merci Gérard.

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