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Pour ou contre

Publié le par L'ours

« On a gagné, on a gagné ! », ça qu'ils beuglaient. Oh, pas les supporters d'un quelconque club de foot richissime, parce que le mâle dominant aura réussi un tir fécond pour le score, non. Eux, ils manifestaient. Ils manifestaient contre. Ils se comptaient 500 000, un demi-million. Tout baisse ces temps-ci, paraît-il, déflation, paraît-il, jadis, les crieurs de la télé mugissaient « le million, le million », mais c'était un autre genre de sport.
Ils manifestaient contre. Contre la famille homosexuelle, contre la procréation assistée pour les homosexuelles, contre la gestation pour autrui pour les homosexuels. Ils s'affirment pour la famille, mais finalement, ils manifestent contre la famille… homosexuelle. Pour le bien de l'enfant. Il y aurait à en dire. Ils ne se disent pas contre l'homosexualité, ou pas trop fort, surtout, ne pas se faire taxer d'homophobie. Là aussi, il y aurait à en dire. Alors, on prône le papa, la maman, la famille et le bien de l'enfant. Et vive la chrétienté, catholicisme et tout le tintouin.
Cathos loden, catho maillots de corps à logo, tout mélangés. A gueuler contre la GPA. Oh pas pour le respect de l'individu femelle avec un e pour faire féminin, qui se voit contrainte par la nécessité, la misère, un mac ou une tribu maffieuse de mettre bas un futur petit bourgeois, comme la nourrice d'antan privait ses petits de son lait pour abreuver le rejeton de son bon maître et de Madame, non, pas par solidarité avec les femmes qui auront au cours de leur grossesse, marchandisée ou non, construit un attachement tout autant intellectuel qu'hormonal envers le petit qu'elles devront abandonner, mais pour pérenniser un modèle social dont ils sont issus et qui leur ressemble, où il n'y a pas obligatoirement d'amour quoi qu'ils en disent, eux qui n'ont que ce mot à la bouche.

Pourtant, la transgression de ce modèle, ils la vénèrent. Un papa, une maman, oui, mais le Jésus de leurs prières, à les entendre, à croire qu'il n'est pas né par l'opération du Saint-Esprit. Question GPA, il se pose un peu là le sauveur. Pauvre Joseph !

Mais, bon, lodens et tricots de peau estampillés auront vite fait d'argumenter que le bigoudi divin n'a pas investi un second papa, mais une pure maman de première main. De nouveau, pauvre Joseph !

Le bien de l'enfant. Le bien de l'enfant, voilà un bel et bon argument. Dieu, sans doute est pour le bien de l'enfant. Sauf quand il réclame le sacrifice dudit petiot, tel Isaac, fils d'Abraham, et que le bon papa est prêt à lui accorder, telle la fille de Jephté ou tel chaque premier-né comme il est écrit dans l'Exode au registre des lois morales et religieuses.
Les lecteurs de la Bible aiment-ils donc tant que ça la famille traditionnelle ?

Mais revenons à des préoccupations plus terre-à-terre. Alors, homophobes, les braillards de la manif pour tous ? La manip fourre-tout, peut-être puisqu'il s'agit de ruer contre un gouvernement (qui se prétend) de gauche qui affiche son désaccord avec la GPA. Homophobes ? Possiblement. Assurément.

Mais s'opposer à la GPA, est-ce vraiment être homophobe ? Faut-il soutenir sa sexualité de prédilection en excluant nécessairement celle des autres ? Faut-il scinder la population à l'extrême en affirmant que « qui n'est pas pour ce je pense est contre moi », un adversaire absolu qui me voue aux gémonies et ne souhaite que ma destruction ? Totalitarisme de l'opinion. Faut-il toujours prendre parti pour tout de manière tranchée et s'affirmer péremptoire, pour ou contre ?

Nous vivons à l'heure de la douche à moitié écossaise.

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