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A vous qui pensez éteindre les Lumières

Publié le par L'ours

Reviendra le temps de rire de vous, analphabètes à bon dieu. Vous ignorez la lettre et l'esprit qui s'attachent à la composition du mot liberté.

Le rire, c'est l'honneur du désespoir. On le pratique depuis longtemps, ici, par la bouche, par la plume, par le crayon. Ignorez-vous que nous rions aux enterrements ? Qu'au moindre macchabée inhumé, passées les premières larmes, nous buvons des coups et que nous rigolons, parce que reste le souffle, reste la vie. Parce que seule la chaleur humaine dégèle nos cœurs transis de peine.

Vous attaquez la presse qui vous ridiculise. Comme quoi l'adage qui dit que le ridicule ne tue pas n'est pas tout à fait exact. Vous l'ignorez, mais les véritables morts ne sont pas ceux qui ont péri sous le feu de vos kalachnikovs, mais vous-mêmes.

Vous avez tué hier quelques dessinateurs et quelques journalistes d'un talent aussi grand et d'une intelligence aussi libre que votre esprit est petit et borné. Vengeance dites-vous ? Parce qu'ils ont osé regarder le prophète de travers. Vous pensez éteindre les Lumières, nous contraindre à l'obscurité, vous n'avez produit qu'une éclipse. Aussitôt, des millions de bougies se sont allumées, et la mèche de nos lumignons est longue. Les talents sont nombreux, les cœurs tendres sont durs à cuire et les esprits entêtés sont féconds.

Notre langue est belle, notre trait incisif. Amour, paix, liberté, tolérance. Mort aux cons n'est qu'un mot, pas un mot d'ordre. Violence uniquement intellectuelle, nous ne nous fournissons pas chez Smith et Wesson, mais chez Caran d'Ache.

Vous qui pensez éteindre les Lumières, sachez une chose, nous avons des yeux de chat. Sachez que les feulements que vous entendez et que vous prenez pour d'ineffables sanglots sont des éclats de rire.

D'ailleurs, en ce jour de deuil décrété, ce qui nous fait marrer, et qui doit bien réjouir Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, Oncle Bernard, et vos autres victimes, c'est que c'est pour ce journal, interdit de publication en 1970 (son ancètre Hara Kiri), pourfendeur des religions, de l'armée et de l'Etat qu'on met aujourd'hui les drapeaux en berne.

Ah ! Ah ! Ah ! Les cons !

A vous qui pensez éteindre les Lumières

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