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L'humour, c'est quand c'est drôle

Publié le par L'ours

« Ce soir, je me sens Charlie Coulibaly », Dieudonné.

Ça vous fait rire ? Moi non plus. Pourtant, c'est de la provocation.

De l'anticonformisme quand la quasi-totalité des médias, des personnalités causantes, connues ou non, se conforment à la compassion pour les victimes de Charlie Hebdo et de l'Hyper casher.

Ces derniers jours, du moins jusqu'à lundi matin, après la grand messe des gouvernants, et il y avait du lourd, contre le terrorisme et pour la liberté d'expression, après la grand messe audiovisuelle en hommage et en soutien à Charlie Hebdo (là aussi, il y avait du lourd), le conformisme était d'aimer Charlie, la parole libre et iconoclaste.

Une semaine auparavant, sans l'attentat, la chose était moins nette. On se déchirait entre chapelles politiques. On s'apprêtait à immoler Houellebecq, le rangeant du côté des Zemmour, des Finkelkraut, des Ivan Rioufol et autres Maurice Dantec et pourquoi pas Philippe Muray. Certains n'hésitaient pas même à accorder une petite place à Michel Onfray auprès des "nouveaux réactionnaires". Je gage que comme moi-même ces on-là n'ont pas lu la totalité des personnalités précitées. Il y a pourtant loin de la coupe aux lèvres entre tous ces gens.

Mais nous nous éloignons du thème de l'humour. Faire rire par dérision, par provocation. Rendre ridicule, désacraliser. Ironie, grotesque. Autant de modes d'humour, autant de publics. Personnellement, les blagues de Toto ne m'amusent plus guère. Le lâcher de vannes gratuit sur une personnalité, sans objet particulier, comme il est semble-t-il de rigueur ces quelques dernières années à propos de Mimie Mathy me fait le même effet que le "name dropping" dans une conversation, et provoque en moi un rejet de celui qui l'exécute. Idem l'usage de ce qui fait scandale dans le simple but de faire scandale, qui fait dire aux cons « Oh il a osé ! », et de rire sous cape. Tout comme cette "chroniqueuse" qui ne peut s'empêcher d'émailler ses billets d'humour féministes d'une tonne de vulgarité, comme s'il fallait afficher la même lourdeur que les hommes pour démontrer qu'on est une femme libérée. La gratuité, ça ne paye pas.

L'humour antisémite ne déclenche pas non plus en moi une hilarité débordante. Pas plus d'ailleurs celui qui consiste à discréditer des individus pour ce qu'ils sont. Le chrétien, à l'instar du musulman, du Chinois, n'est pas drôle en soi. Les histoires belges tout comme les blagues de blondes fonctionnent, non pas à cause de la belgitude ou la blondeur des personnages, mais par métaphore. Le Belge, la blonde sont synonymes de connerie. Il ne viendrait à personne l'idée de penser que les Belges ou les blondes sont "réellement" cons. D'ailleurs, sans métaphore, la blague ne fonctionnerait pas non plus, essayez de remplacer le mot belge par le mot con dans cette histoire :

Un Belge, sur la glace... Il sort sa scie et sa canne à pêche, et commence a découper un trou dans la glace. A ce moment là, une voix d'outre-tombe, glacée, résonnante, annonce : « IL N'Y A PAS DE POISSON ICI...» Le Belge, stupéfait, s'arrête, regarde autour de lui, ne voit personne, et continue. « IL N'Y A PAS DE POISSON ICI ! » Encore une fois, il s'arrête, et tend l'oreille... Inquiet, il reprend son travail « IL N'Y A PAS DE POISSON ICI ! » Et le Belge : « Mais qui parle, une fois ? » « LE DIRECTEUR DE LA PATINOIRE ! »

Mais je vous accorde que Belge est en trop. Un Inuit, un Juif, un Arabe faisaient l'affaire. Un mec, une fille. Même Dieudonné. Dieudonné est sur la glace. Déjà, c'est rigolo. Ce grand noir sur la glace blanche. Ah ! Ah ! Ah! Non, pas vous ?

Les blagues nègres m'amusent bien. Bien sûr lorsqu'elles ne sont pas dites par Dieudonné. Celui-ci vient d'être mis en garde à vue pour apologie d'acte terroriste. Dommage pour lui, qui s'apprêtait à tourner dans le remake de "La Case vide de l'Oncle Tom".

Ce soir, Dieudonné se sent... enchaîné ? Esclave de son antisémitisme. Victime de sa propre connerie.

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