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Pas d'amalgame

Publié le par L'ours

C'est la phrase qui fait frémir les dentistes et les racistes : pas d'amalgame. Mot d'ordre dicté par une certaine raison, répété pas des personnalités politiques au sang froid, comme il convient de le conserver en de telles circonstances – la survenue d'un acte criminel commis par un homme appartenant à une communauté religieuse ou ethnique certes minoritaire, mais d'importance. Répété également par les tenants de cette minorité qui n'ont guère envie de se voir assimiler aux meurtriers, dans un pays où le racisme et la xénophobie se voient exacerbés – j'avais parlé dans un précédent article de cette disparition du surmoi qui nous touchait depuis quelques années, gens anonymes et responsables politiques.

Pour éviter des vengeances stupides, des exactions à l'encontre de gens qui ressemblent peu ou prou à des Arabes ou des Maghrébins, voire un affrontement général entre "Français de souche" (depuis quand ?) et populations importées (depuis quand ?) souhaité par les franges extrémistes de la population, nos têtes pensantes nous le répètent à l'envi : pas d'amalgame.

Il convient en effet de ne pas assimiler le musulman pépère au terroriste assoiffé de sang, fortement décapiteur ou bombe ambulante. Il est vrai qu'il est difficile en ce moment où chacun juge la laïcité à l'aune de ses convictions de faire le partage entre bons et mauvais musulmans. Oh ! La vilaine formule que voilà, et qui sûr de sûr ne plaira ni aux humanistes pétochards, ni aux religieux, ni aux communautaristes ! Sûr que le qualificatif "islamophobe" viendra aux lèvres, si ce n'est "raciste", si ce n'est "néo-colonialiste".

C'est pourtant ce que désigne la locution "pas d'amalgame". En catholique, ça se traduit par "séparer le bon grain de l'ivraie".

Il y a quelques jours, à propos de l'attentat à Saint-Quentin-Fallavier, un responsable politique disait en substance qu'il ne s'agissait pas d'un acte lié à la religion, mais politique.

Evidemment, il ne faut pas faire d'amalgame, ne pas accuser tout un ensemble de gens pour les actes de quelques-uns, mais il ne faut pas non plus se faire extrême-centriste pour ménager la chèvre et le chou en disant n'importe quoi. Et qu'est donc la religion sinon de la politique, qui prétend diriger l'Homme, lui édicter ses lois, lui désigner les interdits. Il n'est pas question, ici, de pointer du doigt telle ou telle religion, chacune d'entre elles, et jusqu'à celles qui ont disparu joue ou a joué un rôle politique. Relisez l'Iliade ou l'Enéide, il n'est question que de ça.

Par ailleurs, entre parenthèses, il faut que les croyants de tout poil en prennent conscience et s'en convainquent : les dieux sont mortels et les religions disparaissent. Comme toute chose et tout être. Ce n'est donc pas la peine d'accélérer le processus.

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Carlita 28/06/2015 10:35

Ta note mémrite d'être couronnée !