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Vous souvenez-vous, braves gens ?

Publié le par L'ours

Vous rappelez-vous, braves gens, ce qu'ont pu vous raconter vos parents, de ce qu'ils ont vécu enfants ? Oh ! nous avons la mémoire courte, sans doute, est-ce le genre humain qui veut ça.
Ne vous ont-ils dit les frayeurs, les dangers encourus, l'incertitude ? Le dénuement, la crainte du lendemain chaque jour renouvelée ? Les privations de nourriture, les restrictions en tout, le désir de trouver un horizon meilleur, une situation plus favorable.

Ils étaient partis sur les routes, en charrette, à vélo, à pied. Certains plus chanceux avaient partagé un véhicule avec des voisins ou de la famille, sur lequel étaient entassés des matelas et un pèle-mêle d'objets indispensables, le tout plus ou moins bien ficelé.

Ils étaient partis, abandonnant leur logis à un possible pillage, sans grand espoir de revenir, c'était le printemps ou le début de l'été. L'espoir survivait dans la fuite. Les troupes allemandes, dont les avions hurlants commençaient déjà à mitrailler les colonnes de civils sur les routes de campagne, déferlaient vers les villes. On avait dès le début de la guerre évacué l'Est et le Nord-Est du pays. La région parisienne allait suivre le mouvement.

On fuyait les nazis vers l'Auvergne et vers le Sud, le plus loin possible. De nombreuses familles furent dispersées. On ne comptait plus les orphelins. Enfants perdus.

Aujourd'hui, on glose. On se demande quel nom donner à ces gens fuyant leur pays pour mieux pouvoir verrouiller notre porte. Migrants, réfugiés, clandestins. Ils sont devenus notre problème, avant même que nous daignions envisager leur problème. Certains érigent des murs. Sommes-nous ces gens gris et frileux claquemurés dans notre médiocrité humaine dénoncés par Marcel Aymé. Sommes-nous des salauds de pauvres ?

Pour ce qui est de nos miroirs, lorsqu'en eux notre reflet nous paraîtra un peu terne, on pourra toujours ressortir l'élixir de bonne conscience de Rocard, l'implacable et irréfutable : « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».

Parce que, quand même, nous sommes des braves gens et que la situation n'est pas facile pour nous non plus.

Mais, vous souvenez-vous, braves gens…?

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carlita 28/08/2015 18:49

Tout change, rien ne change ?