Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

De l'art de se tirer une balle dans le pied

Publié le par L'ours

A ma droite, dit l'arbitre, la droite ! A ma gauche, la gauche !

Mais ça, c'était avant. A l'époque de la lutte des classes, à l'époque où les choses semblaient claires, quand la gauche se préoccupait des citoyens, s'entêtait à défendre les salariés contre un patronat gourmand en profits et radin en partage des bénéfices, il s'appelait CNPF avant de se rebaptiser Medef, une gauche qui pensait pouvoir améliorer la vie des gens (je ne dis plus le peuple). La droite, quant à elle parlait patrie, famille et voulait développer l'entreprise et les professions libérales. C'était l'équilibre entre le portefeuille et ce qui se trouve en dessous : le cœur.

Et puis d'affaire en affaire, de crise en crise, de cohabitation en cohabitation, de déceptions nationales et européennes, de résignation mitterrandienne en navigation chiraquienne à vau l'eau – pas celle de la Seine – de promesses oubliées en menteries assumées, le tout formant un sale terreau on a vu ressurgir un genre de bête immonde qui sommeillait patiemment, faite de racisme, d'exclusion, d'autoritarisme affirmé de la gueule et du menton. Les années Sarkozy ont concomitamment vu l'éclosion d'un nouveau FN et d'une nouvelle droite dure. Certes la gauche a sa responsabilité dans l'affaire, son hypocrisie, son côté moraliste, ses tabous, son inefficacité, ses renoncements…

D'élection en élection, le FN monte comme la sale petite bête de la comptine. Aujourd'hui, panique. Probablement, des sondages catastrophiques ont dû tomber sous les yeux de nos chers dirigeants, je veux dire encore plus catastrophiques que ce qu'on pensait.

Naguère, le maître mot des communicants du FN était : UMPS, façon « humoristique » – car ils sont talentueux en matière de mots, le pamphlet a toujours été une spécialité de l'extrême droite – de dire que la lisière vaut bien le drap, façon également de se démarquer soi-même, se proclamant l'ennemi de tous et du système binaire en place. Dans cette équation, bien sûr, le centre n'existe plus, ni l'extrême gauche, ni aucune autre option possible.

Le gouvernement, élu par une France qui ne voulait plus de Sarkozy et tentée par la gauche peine à faire entendre une voix de gauche. On serait plutôt enclin à le qualifier de gauche de droite. Les élections régionales arrivent. Il est l'heure de se faire réélire ! Déjà, ne pas perdre de régions est devenu un objectif irréalisable. Pire, il est plus que probable que plusieurs régions agrandies par les soins de nos génies socialistes (pour un bénéfice qui reste à démontrer), et pas des moindres, se retrouvent administrées par des personnalités du FN.

Quelle solution ? Recourir à ce qui a marché en 2002 ? Un front républicain pour contrer ce conglomérat de populistes antieuropéens, de fascistes authentiques et de pauvres gens désabusés ? La droite sarkoziste et affiliée n'est pas chaude. Elle a déjà refusé tout désistement ou report de voix lors des précédents suffrages.

Mais heureusement, Manuel Valls, qui probablement est un prodige, est là. Il a la panacée.

Il la propose : fusionner les listes entre LR et PS au second tour des régionales.

En gros, gommer toute différence entre la gauche et la droite et donner raison à Marine Le Pen qui pourra à loisir parler de l'UMPS sans même pouvoir être contredite.

Quel talent !

Commenter cet article