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Résistance

Publié le par L'ours

« Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand », ce vers extrait de l'Affiche rouge, ce poème de Louis Aragon, magnifique monument aux morts littéraire célébrant les résistants du réseau Manoukian exécutés par les nazis, je me le chante, je me le répète, non pas comme un mantra ou une sourate – pas de ça chez moi – mais pour ce qu'il est, un vers, une simple phrase, l'expression d'un témoignage qui mène à la réflexion.

Différence de spiritualités.

Ce mot de spiritualité recouvre tant de choses différentes. Quelle définition choisir ? Ce qui est de l'ordre de l'esprit, ce qui est de l'ordre du divin ? J'ai depuis longtemps opté pour le doute, le refus de la croyance, de ce qui m'est imposé par un dogme qu'il serait sacrilège de remettre en cause voire même d'interroger.

Ce terrorisme islamiste qui nous blesse est politique et il est religieux. Il est musulman. Allez ! Pas de cris d'orfraie. Il est tout aussi musulman que la Saint-Barthélémy était politique et catholique.

« Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand », plus que tout autre vers du poème d'Aragon celui-ci exprime la résistance.

Je résiste. Nous devons résister. Beaucoup le répètent à quelques heures du bain de sang qui nous endeuille tous.

Tous.

Résister à la volonté imbécile et inhumaine de quelques attardés de soumettre le monde à un absolutisme religieux, à une dictature enrubannée qui déteste l'Histoire, l'Art et le Savoir, qui fait de la musique, de la joie, des plaisirs, du vin, du sexe, du rire, de la mixité des œuvres diaboliques. Ces crétins ne sont pas très pro-fête.

Résister. Refuser l'état dans lequel ils nous mettent. Refuser la tristesse, refuser la résignation. On pleure et on pleurera encore. On vivra et on mourra. Peut-être trop tôt, mais tel est le sort de l'homme, qui n'est pas déjà dessiné.

Je résiste. Bien sûr, la tentation est grande de haïr. Haïr ceux qui assassinent, bien sûr, qui ne les haïrait point, mais aussi ceux qu'ils prétendent gouverner à travers un livre commun. Haïr les musulmans, sans discernement des personnes, en globalité. Haïr la religion serait-il haïr ceux qui croient et que l'on estime vivre dans l'erreur ? Ne serait-ce aussi se précipiter dans l'erreur ? Se jeter dans les tentacules d'une autre monstruosité marine ?

Résister. Résister à la tentation de l'erreur. Résister au racisme et résister à la tentation du racisme. Même si l'on n'aime pas particulièrement tel ou tel, doit-on pour autant les détester ? Et par ailleurs, cette tolérance oblige-t-elle à une amitié quasiment dévote que certains semblent prendre pour posture, quitte à se haïr soi-même ?

Tous les musulmans ne sont pas assoiffés de sang, tous ne désirent pas la domination mondiale d'un califat barbichu, considérer qu'ils se trompent n'est pas les haïr. Le chrétien comme le gauchiste, hypocrites en diable, nous recommanderaient de les aimer. Je n'y crois pas. Je veux juste vivre et laisser vivre en paix et faire silence devant la croyance des autres tant qu'ils ne crient pas trop fort.

« Bonheur à tous. Bonheur à ceux qui vont survivre. »

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