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Primaires de droite (pléonasme)

Publié le par L'ours

Voilà que le premier tour des primaires de droite (pléonasme) est terminé. Exit Bruno le renouveau, NKM la candidate startupée parce qu'il en faut une, le candidat goupillon d'un prétendu centre, exit également le spécialiste de la viennoiserie et l'ex-Président qui fut le plus écouté de France, qui annonçant abandonner la vie publique a encore la possibilité d'ouvrir une quincaillerie. Restent Juppé l'ancien Premier ministre de Chirac et Fillon ancien Premier ministre de Sarkozy. Droite toute, donc.

Des électeurs de gauche, en fins stratèges qu'ils pensent être, car les gens de gauche sont toujours plus malins que les autres, auraient pesé sur l'éviction de Sarkozy. Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas influer sur le choix qu'ils auront à faire – à contre-cœur, pour sûr – au printemps 2017, choisir le moins pire, histoire de rejouer la vilaine séquence de 2002.
Histoire de contrer un FN relifté, qui garde néanmoins son ADN.

Sauf que…

Sauf que, en 2002, nous pouvions légitimement espérer que le candidat Chirac élu à l'africaine grâce à l'électorat de gauche formerait un genre de gouvernement d'union nationale, ménageant chèvre et chou. Nenni. Traîtrise légale, ingratitude, opportunisme du politique au détriment du citoyen. De la droite pure : je prends et ne rends pas. Le "peuple de gauche" avait de quoi être déçu et se sentir floué.

Sauf que, c'est une erreur. De la stratégie à la petite semaine.

Voter à la primaire de droite, pour un électeur qui s'estime a priori de gauche, c'est plébisciter en conscience un président, à condition qu'il soit élu lors de la finale, c'est justifier à ses propres yeux un programme non désiré qu'il ne sera plus logique de contester, c'est se retirer toute légitimité à râler, pourtant sport national préféré des Français. C'est en quelque sorte accorder un blanc seing au futur gouvernement, pour des réformes que l'on vomit, des suppressions de postes que l'on aurait condamnées, c'est accepter, pourquoi pas, le caporalisme d'une droite de plus en plus durement ancrée dans le libéralisme.

Certes, comme on le voit déjà dans les municipalités dirigées par le FN, on peut craindre que si Marine Le Pen est élue, l'opposition et la presse (du moins celle qui ne collaborera pas) seront muselées, les syndicats qui ne marcheront pas au pas du redressement national malmenés, les institutions indépendantes mises aux ordres, et celles qui ne le sont pas, endurcies et promptes à donner du bâton. Notre démocratie aura sans doute un petit goût amer.

Par crainte du loup, on accepte que le poulailler soit ordonné par le renard.

 

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