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Où il est question de choisir son camp… et son avenir culturel

Publié le par L'ours

Que l'on considère le FN comme un parti normal, en plus blanc, se proclamant patriote et hors système (!) défendant le pêcheur, l'agriculteur et l'ouvrier, pourfendeur de l'UE, n'est pas incompatible avec l'analyse, la prudence et l'imagination.

Marine Le Pen et le FN à la tête de l'Etat, dans notre Ve République qui donne tous les pouvoirs à l'exécutif Président et gouvernement, pouvoirs toutefois relativisés par le Parlement, s'il a un poids, le parti nationaliste disposerait de grandes forces de coercition plus une, plus insidieuse, mais plus aléatoire : la police, l'armée, la Justice, l'information et la culture.

Qui dispose de ces pouvoirs peut dans un équilibre républicain nous apporter une tranquillité – relative, elle aussi – toute démocratique, mais aussi, dans l'autoritarisme et le fanatisme, nous enfermer dans un totalitarisme.

Un scénario possible

On peut envisager qu'à l'issue de l'élection de Marine Le Pen, des manifestations auront lieu à Paris et dans de grandes villes. Les militants anti-fa, les anarchistes, certains gauchistes seront de la partie, peut-être verrons-nous apparaître les black blocks. Les casseurs casseront. Vitrines brisées, voitures incendiées… Les échauffourées seront de plus en plus violentes, de plus en plus durement réprimées.

Que feront alors les forces de police ? A qui obéiront-elles ? Les fonctionnaires serviront-ils la rue ou l'Etat qui les paye ? L'armée fera-t-elle le même choix ? Et la Justice ? La question de l'obéissance au premier représentant de l'Etat, élu majoritairement, lui est posée comme à chacun de nous.

Ces manifestants, activistes ou simples opposants, ne manqueront pas d'être traités d'antidémocratiques, voire de terroristes. Qu'en diront les médias ? Les plus honnêtes décriront les faits. Pour qui parleront les faits ? Les flics devront arrêter, la justice juger.

Dans ce climat d'émeute, nous verrons se former des groupes de défense du régime en place, issus de l'extrême droite identitaire qui prône depuis longtemps une révolution nationale, comment accepterait-elle de n'en pas faire partie ? Venus aider les forces de police, ne les suppléeront-ils pas ? A quelle vitesse la rue se videra-t-elle ?

La hiérarchie dans les services publics changera.

La culture aussi changera. Les ilots d'opposition, le théâtre, le cinéma, l'édition auront-ils les moyens financiers et le droit de créer et de diffuser des œuvres hostiles au régime ? Que deviendrait notre paysage culturel si le pluralisme d'opinions n'a pas cours ? Les médias dont on dit qu'ils sont le quatrième pouvoir, ne connaîtront-ils pas également quelques transformations et les idées qu'ils véhiculent aussi diverses que celles qui le sont actuellement ?

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