Hourrah ! Hourrah !
Youpi ! Yahou !
Ça y est on l'a.
Il est à nous !
L'argent de la vieille.
Ainsi doivent chanter les descendants.
L'argent de la vieille, c'est le titre d'un film de Luigi Comencini, avec l'incomparable Alberto Sordi, Sylvana Mangano et la sublime Bette Davis dans le rôle de la vieille qui s'amuse à
jouer à la scopa, un jeu de cartes italien, avec des pauvres de bidonvilles.
Mais là, plus question de jouer pour la vieille en question.
L'or.É.A.L. ? Non, l'or n'est plus à elle. La vieille, son fric, elle n'y touchera plus, il est devenu notre fric, ironise la famille.
Loréal, si on veut, on va pouvoir le vendre. Et le golden gode de Mamie Gaga. Oh ! Pardon ! C't'une œuvre d'art. Une œuvre dard, ouais. Maintenant, terminé l'art. On a déjà donné pour l'art,
voyez le photogigolographe. Mais l'oseille, on l'a eue à l'usure.
On l'a fait passer pour foldingue, la vieille. Quand elle est revenue à la raison, celle de sa fille, exit le gigolpince à photos. D'un coup, Mamie a retrouvé toutes ses facultés. Il n'était plus
question de la cloquer à l'asile, mais de se réconcilier. Et puis finalement, comme elle avait encore des lubies de vieille riche, comme jouer avec les futurs sous des héritiers, oh pas par
besoin, mais pour faire braire ses ânes, eh bien on s'est aperçu que la folie l'avait reprise.
Sous tutelle, la vieille. Ça, c'est la vraie revanche. Mieux que si elle avait canné. Manque plus qu'elle devienne incontinente et l'intimité livrée à un vague domestique pour que la vengeance et
la haine s'expriment. Y a-t-il de la haine et de la vengeance dans cette histoire de famille ? Qu'est-ce qui aurait bien pu les provoquer ? Je n'en sais rien, mais elle titille l'imagination.
Chabrol en aurait fait un bon film.
Ah ! Et puis le plaisir de régner ! La vieille au rancart, arrive le plaisir de régner. Je suis persuadé qu'il est décuplé lorsqu'on a déboulonné le prédécesseur. Autre jubilation, probablement,
celle ressentie au moment où le candidat se courbe pour manger dans la main comme un bon clébard. Certes, ça coûte un peu de monnaie, mais il faut savoir joindre l'utile à l'agréable. Là aussi,
c'eût été une scène de choix, mais dans un film de Mocky.
Dernière confrontation entre les candidats à la candidature socialiste pour l'élection présidentielle, autrement dit des primaires.
Alors. Vous êtes-vous décidés ? Vos espoirs s'incarnent-ils dans la mollitude ou dans le perfidisme ?
A l'origine, pas rétifs à l'idée de ces primaires, voire presque thuriféraires, les petits soldats de l'UMP flinguent à tout va, le mot d'ordre est « on en a marre des primaires, du temps
médiatique occupé par les primaires, laissez-moi commenter... les primaires ».
Dès le soir du premier tour, Copé sort l'artillerie lourde, et ironique fait gigoter quatre de ses doigts de pianiste d'ascenseur tout en martelant que rapportés au corps électoral national,
quatre votants pour cent inscrits, ce n'est pas très lourd. Plus amusant encore, il convoque les chars soviétiques (!) à l'évocation d'Arnaud Montebourg.
La droite chouine. L'agent orange qui vend de l'homme politique comme des paquets de lessive s'esclaffe et crie au hold-up politique. La droite se ferait grignoter des heures de parlotes pro
domo. Peut-être bien, c'est une façon de voir les choses. Pour réparer la chose, pourquoi ne pas leur suggérer d'organiser eux-mêmes des primaires, malgré la présence d'un candidat sortant. Mot
approprié, car le candidat en question, tout président qu'il est, sort beaucoup. Il sillonne, comme il dit, avec le décorum qui convient aux personnages de son rang, aux frais de la République,
manière d'économiser sur ses futurs frais de campagne.
D'autant que si l'on écoute bien le pays, des primaires ne paraîtraient pas illégitimes à droite, vue la cote de popularité de Nick the First.
Et d'ailleurs, à quoi bon faire redoubler le candidat "naturel". Le redoublement coûte cher, on nous le répète chaque fois qu'il faut supprimer des postes d'enseignants.
Bref, on en termine avec ces primaires socialistes et avec les débats télévisés. Mais la droite n'a pas raison de railler ce système de désignation des candidats, car dans la mesure où les
citoyens s'en trouvent satisfaits, il mène probablement la vie politique vers le bipartisme.
Car, à ouvrir les désignations des candidats à tous les citoyens, comment envisager pour chaque groupe la tenue de primaires ? Interminables soirées télé en perspective et rapide désintérêt pour
le débat public de la part des citoyens non militants.
Imagine-t-on des primaires pour chaque groupe connaissant une guerre des chefs, ou abritant des courants suffisamment différents pour devoir procéder à un choix ?
Par souci de praticité, on sera contraint de regrouper les gens et effectuer des primaires de gauche et des primaires de droite. Reste aux candidats la question, difficile pour certains, de se
positionner. Ils devront en sus accepter de curieux voisinages et se préparer à de cruelles surprises.
Ça pourrait s'avérer rigolo.
Une stupide histoire de poubelles. Le maire de Nogent-sur-Marne a pris un arrêté interdisant de fouiller les poubelles. Pourquoi fouiller les poubelles, vous direz-vous ? Mais pour y trouver le
petit quelque chose d'encore assez bon pour pouvoir se nourrir, être rafistolé ou revendu, histoire de récolter quelques sous que l'on n'a pas voulu recevoir en tendant la main. D'ailleurs,
tendre la main, le maire de Nogent-sur-Marne l'a également interdit sur son sol. Pauvres Go Home !!!
Fouiller les poubelles concerne essentiellement les pauvres. Et ces malotrus de pauvres n'ont de respect pour rien. Ils te fourragent les poubelles jusque dans leur tréfonds, répandant sur le
trottoir les immondices que l'honorable citoyen avait rangés par couches bien ordonnées et surtout, bien contenues. En bout de course, le quartier ressemble à un quartier de pauvres. Sale,
malodorant, probablement malsain. Et tout le monde le sait sans avoir à se le faire répéter, quand débute la saleté, suivent les déprédations. Comme avec la rouille, le mal ne peut qu'empirer.
Manque de soin, graffitis, accumulation de détritus nouvellement ajoutés, déjections organiques humaines d'ordres divers. Les pauvres s'habituent à ce genre d'environnement, songent avec une
incompréhension d'intensité quasi métaphysique les honorables citoyens.
Toujours est-il que les pauvres sont pauvres et pourrissent, par la seule proximité de leur existence, la vie des pas pauvres en général, et des riches en particulier. Mais quelle idée aussi,
pour des riches, que d'avoir des pauvres à proximité !
L'idéal pour le Marnonogentais, (en réalité le gentilé est nogentais) serait de disposer de pauvres propres. Qui fouilleraient les sacs, comme un spécialiste le ferait, sans les éventrer, mais en
dénouant patiemment le petit lien en plastique, et qui n'oublierait pas, sa fortune faite, ni de replacer ce qui n'est vraiment plus mangeable à l'intérieur dudit sac, ni de le renouer. C'est
vrai quoi, ces poubelles ne sont pas à eux, au moins, qu'ils en prennent soin !
Le Nogentais, ou du moins son maire, ne rechigne pas à glisser une pièce dans la main du pauvre. A condition que cette main soit propre. Et si elle était gantée de blanc, alors, là...



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