Bienvenue

Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Lundi 4 février 2008

Je ne sais plus qui a dit que la démocratie était le pire des régimes à l'exclusion de tous les autres, peut-être Churchill,  ce qui n'exclut pas qu'il est celui où les minorités sont écrasées par la majorité dès qu'un problème concernant ladite minorité pointe son vilain museau de problème et se pose à ladite majorité. Dès lors la faculté – de droit ou de science – puisqu'on l'aura invitée à se prononcer sur le problème, décrètera le chien enragé et en conséquence de quoi le noiera dans l'approbation d'une majorité composée d'intégristes, de pusillanimes, et de 2% qui ne se prononcent pas. Le minoritaire a intérêt à rentrer dans le rang. C'est le sort de l'individu dans une démocratie, qui doit se plier à l'ensemble des lois, y compris celles qui ne le concernent pas. D'ailleurs, la plupart des gens ignorent la plupart des lois. On a fini par intégrer le principal, le reste n'est que détail, réveillé quand apparait un problème. Mais la loi, tout en réprimant l'individu, le protège. Revers de la médaille.


Réformer une loi est soit progressiste soit régressif. Soit on restreint son champ d'application, soit on l'augmente ; soit on dépénalise, soit on renforce la répression. Mais, quelle que soit la réforme, elle sera toujours présentée comme allant dans le sens d'un progrès. Davantage de liberté ou davantage de protection.

Donc à réformer une loi, il peut arriver qu'on diminue la protection de l'individu.

C'est tout ce que j'avais à dire, mais il fallait le dire.


Parce que au nom de la démocratie, au nom du droit du travail, de la liberté de culte, et que sais-je, il existe tant de grands et beaux arguments, plus c'est grand, beau glorieux, plus ça sent la racaillerie qui se prépare.


Voici ce que Raël infos publie :


En décembre, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (Miviludes) a annoncé la publication d’un guide « destiné aux entreprises » pour les prévenir d’un « potentiel risque sectaire » en leur sein ! Une fois de plus, les droits des citoyens français membres de minorités philosophiques sont bafoués. Le Mouvement Raëlien demande que cette « chasse aux sorcières » cesse une bonne fois pour toutes.


Pour mémoire, Raël voit des extraterrestres partout et mange des OGM.

Mais, ce n'est pas Raël qui m'ennuie, c'est l'argument.

Parce que c'est le dévoiement de ces arguments, que l'effet boomerang prend le plus de puissance, et que l'on risque d'en finir avec la laïcité telle que nous la vivons actuellement depuis 1905 (Cette loi mettait fin à de graves affrontements dans la société).

Une loi antisecte, c'est une loi qui vise à interdire les entreprises de prise de contrôle des individus par un homme ou un groupe d'hommes, par divers procédés (privation de sommeil, ascèse, éloignement de l'entourage, captation de patrimoine, harcèlement, menaces, pressions), et en s'appuyant sur un certain mysticisme quel qu'il soit, même athée.

Mais on a bien le droit de croire en ce qu'on veut, objecteront les ânes bêlants, primesautiers libertaires néo-calotins opprimés et autres joyeux frères de croix et de croissant. Les plus cultivés d'entre eux réagiront au fait qu'un âne ne bêle pas. Ils ont le "droit" de le faire, mais ce sera la preuve faite qu'ils n'ont aucun esprit.

On a bien le droit de croire en ce qu'on veut. Peut-être. Mais on est pas obligé de le subir. Ni de le financer. Ni d'être obligé de regarder de côté pour ne pas voir les ravages que provoquent les bonnes paroles des gourous rutilants sur la jeunesse égarée et la vieillesse désespérée. Les bonnes intentions pseudo-humanitaires pavant l'enfer du vivre mieux avec le front frais et la clairvoyance dans les coins, ne valent pas la réforme d'un loi qui empêche les araignées de tendre de trop grandes toiles.

Il serait aujourd'hui question de dissoudre la Miviludes, et d'étudier un assouplissement de la loi concernant les associations cultuelles. Au nom de la démocratie !

Amis Témoins de J'ai haut vu, chiantologues, Rrrhaaallez-viens, Mormons, Mormoil, prêcheurs à la ligne, la fille aînée de l'Eglise est prête à vous ouvrir tout grand les portes. Je ne pensais jamais voir ça dans le pays de Rabelais. Qui donc est votre ami ? Sûrement pas un buveur de vin !

J'ai soif !

 

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 1 février 2008
"Lorsque je suis allé chez lui [son kinésithérapeute] pour me faire masser, il m'a dit que j'avais les muscles bien détendus. Et il m'a expliqué pourquoi : c'est l'effet de ne plus avoir le stress de celui du dessous. Quand on a quelqu'un au-dessus de soi, c'est stressant, ça tend les muscles. Mais il m'a dit que maintenant que je n'ai plus personne au-dessus de moi je suis tout à fait détendu et je peux donc continuer à être présent partout."

Qui est donc l'auteur de cette révélation ô combien intellectuelle ? Mais de notre bien-aimé, notre phare de la pensée contemporaine, notre guide vers le monde de demain, en trois mots, en un surnom : Nick the First.
C'est le Canard enchaîné qui relève ce propos tenu devant ses proches le 23 janvier dernier à l'Elysée.
Nick est détendu puisqu'il n'a plus personne au-dessus de lui. D'où on peut tirer certaines conclusions d'ordres divers :

– Il ne baise donc que dans la position du missionnaire, ce qui occasionne une certaine molesse dans sa tenue  (ce qui est normal pour le tout nouveau chanoine de Saint-Jean de Latran qui veut – on en parlera dans un prochain billet – modifier la loi sur la laïcité et replacer la juste place de la religion dans notre société) ;

– La responsabilité d'un pays et d'une population, autant dire de la Nation, ne le stresse pas. Pas concerné, probablement, il était davantage stressé en tant que candidat ;

– Il estime ne plus avoir personne au-dessus de lui. C'est-à-dire qu'il considère n'avoir aucun compte à rendre à soixante-trois millions de Français. Parmi lesquels les lobbys économiques, les maîtres de la Phynance, les lobbys sectaires et religieux… et sa femme.

Enfin, heureusement que Chancel n'était pas là pour poser la question, et Dieu, dans tout ça ? Il n'est pas au-dessus, celui-ci ? Et Les manes de Ron Hubbard, elles sont où ? A gauche en descendant l'escalier ?

D'où ce portrait en creux de notre incomparable :
Nick the First est un irresponsable, nul au lit qui se prend pour l'empereur.

Et c'est pas moi qui le dis, c'est le kiné, quand Nick est à la masse.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 31 janvier 2008
Le camarade Resse a fait un billet concernant la mise en garde à vue d'un professeur de Berlémond pour violence aggravée – une gifle – sur un élève qui l'avait traité de connard. Son gendarme de père en uniforme réglementaire est venu réclamer justice parce qu'un enseignant n'a pas à claquer la gueule d'un petit malpoli. Il sera jugé ! Non mais.
Il a suscité ce commentaire de ma part.



La vieille ordure a cané. Je parle du dirlo. Il était dirlo, lettré et alcoolique. Physiquement balèze, il pratiquait le châtiment corporel, la raclée. C'était à Enghien, il y a mille ans, dans une école privée – privée de tout ce qui pouvait faire naître le désir des élèves hormis celui de quitter l'école pour reprendre la boîte de papa. Pas de musique, pas de dessin, pas de travaux manuels et pas de sport. (Je n'étais pas fâché de l'absence de ces deux dernières disciplines qui font la splendeur de l'homme moderne – n'est-il pas beau le bricoleur dans son survêtement immaculé, si on ne prête attention à la tache de graisse ici, et de sueur ici, ici et là ?)
Je garde le souvenir cuisant d'un livre de Français de troisième traversant l'air pour venir légèrement m'éclater une arcade sourcillière alors que je m'étais laissé aller à bayer aux corneilles, tandis que le père Bigot (le dirlo était prof de Français) s'évertuait à nous empêcher de bailler à Corneille.
A la suite de quoi, je ne le traitais même pas de connard, car pour sûr, une gifle n'aurait pas été indue. Autres temps autres mœurs.
Mais un fils de gendarme mérite des claques. Par nature. Par manque de discernement. Et cette histoire de procès fait au professeur à la main leste et vengeresse est bien pitoyable.
Le morveux va s'en enorgueillir et sentir renforcé son pouvoir de toute-nuisance qui ne fera que s'amplifier après la non moins pitoyable sortie de Nick the First : "dans la transmission  des valeurs et l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne remplacera jamais le pasteur ou le curé". (Et rien à propos des scientologues, quelle ingratitude !)
Ces enseignants laïcs ne supportent rien ! Quant à l'éducation que la gendarmesque délivre à sa progéniture, elle est sans doute irréprochable. Jamais on n'a vu un représentant de l'ordre public, l'insulte à la lèvre ou l'annuaire à la main pour faire ployer l'entêtement du prévenu.
Il devient urgent de faire de ci de là quelques réformes pour qu'une telle affaire n'occupe plus les colonnes de nos journaux.
Primo, supprimer l'école et secundo, émasculer les gendarmes dès la naissance, afin que cette triste engeance ne se reproduise pas.
On voit par là qu'il y a des solutions à tout problème.
 
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Jeudi 31 janvier 2008
Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con.
Merci, Tonton Georges pour ce trait définitif et impérissable donnant à penser que le poête peut avoir raison.
Car la raison, pour peu qu'on l'observe quelques instants, rend l'homme déraisonnable. L'homme moderne croit à la raison. Comme une quelconque ouaille. Ce qui est sot et déraisonnable. Ne dit-on pas bête comme une ouaille ?
La bien-pensance a jeté l'opprobre sur la discrimination. La discrimination due à la couleur de peau, la discrimination sociale, la discrimination sexuelle, que cette dernière concerne la sexualité ou la nature d'une personne sont d'odieuses pratiques injustifiées, eu égard à l'égalité en droits des citoyens divers et variés. Il n'y a en effet aucune bonne raison de privilégier un Nègre à un Inuit, sauf si on est un phoque, car le premier préfère chasser l'éléphant pour lui ravir ses défenses et les vendre à nos incomparables esthètes blancs, ou le lion dont il aura retiré l'intérieur, mais conservé la tête, pour que ce même puissant personnage puisse proposer à sa maîtresse une partie de jambes en l'air sur la dépouille d'un fauve rendu inoffensif par la mort brutale, ce qui est infiniment plus romantique que sur une couverture en cuir retourné en véritable veau, élevé ou non sous la mère. Le danger est un puissant excitant et nourrit le romantisme germanopratin. On voit ici combien l'esthète de lion est supérieur à l'esthète de veau.
Résumons-nous, la discrimination, c'est vilain. Il faut donc des principes et des lois pour que l'homme moderne évite de tomber dans ce travers, et l'homme sensé, qui bien souvent est une femme, a inventé la parité.
La parité consiste à reconnaître des qualités à un être qui n'en a pas forcément au seul et imparable prétexte qu'il a un sexe et que l'on a reconnu auparavant des qualités équivalentes à un personnage possèdant un sexe différent.
Ainsi, pour ne pas froisser les femmes par nature aussi méritantes que les hommes, il a fallu se creuser la cervelle pour trouver des corsages à boutonnières pour y accrocher des rubans rouges.
Dans un souci de parité, il a fallu trouver un équivalent mérite à Alain Minc, Pierre Giacometti, le père Ceyrac, Michel Polnareff, Claude Brasseur, Jean-Louis Scherrer, Jean-Paul Guerlain, Guy Roux, Willy Ronis,
en les personnes de Sœur Emmanuelle, Claudia Cardinale, Muriel Robin, Marie-Claude Pietragalla, Isabelle Balkany, Christiane Desroches-Noblecourt, Dominique Loiseau, dont les noms immenses symbolisent pour le petit peuple, la réalité de l'excellence.
Qui pourrait en effet s'élever contre la justesse de la nomination, à un des grades les plus élevés de la Légion d'honneur, d'Alain Minc, qui est au journal Le Monde ce que le mécanicien dentiste est à l'horlogerie de précision, un expert en dents pointues, ou contre celle d'Isabelle Balkany qui a l'immense mérite d'être l'épouse de Patrick qu'elle assiste dans sa vaste tâche de conducator de la bonne ville de Levallois-Perret, et que de fort méchantes langues rapprochent de la défunte et regrettée Eléna Ceaucescu, croyant percevoir dans ce couple mirifique, persistant en cela dans leur erreur ineffable, une once de népostisme. 
La proximité du père Ceyrac et de Sœur Emmanuelle n'est qu'une évidence. Faisons une croix là-dessus.
Au rayon du lever de jambe, on a déniché la Pietra, qui lance le chausson de danse aussi haut que Guy Roux les crampons, et les parfums de (bonne) cuisine dont Dominique Loiseau ennivre ses clients jouxtent ceux dont les mêmes clients se sont aspergés en vidant leur petit flacon de Guerlain.
Comment ne pas voir l'équivalent entre Brasseur et Cardinale, acteurs entrés de leur vivant dans leur propre légende, entre le politologue Giacometti qui sonde l'opinion pour y débusquer le futur élu, tout aussi bien que Christiane Desroches-Noblecourt fouille le sarcophage afin d'exhumer la momie au grand jour. Ramsès II (dit le Grand) portait-il lui aussi des talonnettes ?
Et si l'œil de Willy Ronis a su saisir la vie de tous les jours pour nourrir notre présent de mille exquises petites choses du passé, Muriel Robin fait de même, et continue de la restituer sur scène, comme on a récemment pu le constater dans Les fugueuses avec Line Renaud.

Enfin, car il faut bien reconnaître les mérites de chacun, et rendre à César ce qui lui appartient, Nick the First a eu ce trait de génie d'exiger la parité afin que "la République distingue de la même manière les talents de ces femmes et de ces hommes qui l'ont bien servie". Car ce qu'un homme fait, une femme peut le faire.

Et ce dernier point est indéniable, Michel Polnareff n'a-t-il pas excellé dans le service à la France, en la quittant durant vingt ans pour ne pas avoir à se fâcher avec ses services fiscaux.

Donc, comme on vient d'en faire la démontration éclatante, la parité est une belle chose qui sert à différencier les hommes des femmes, et le temps ne fait rien à l'affaire.

Le poête a toujours raison.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 29 janvier 2008
C'est ce genre d'information qui va intéresser plus d'une chez nous.

Dans une certaine firme tokyoïte, Hime & Co, les braves filles plaquées de frais par leur cruel fiancé, vont pouvoir pleurer tout leur saoul à la maison et sècher leurs larmes en même temps que leur boulot sans craindre la fin de mois difficile. Le p-dg de cette société qui commercialise des cosmétiques considère que quiconque vit un chagrin d'amour a besoin de quelques temps pour se remettre du traumatisme affectif occasionné par la rupture d'avec le conjoint et a instauré un congé payé pour "maladie d'amour" permettant à la malheureuse de reprendre le dessus et de redevenir l'employée détendue et efficace qu'elle était. Les femmes qui n'ont pas atteint la trentaine bénéficient d'une journée de congé, les plus âgées, plus difficilement consolables, vu les ravages de l'âge à assumer en plus, de deux.
La dépèche de Reuters qui nous relate ces pratiques sentimentalo-managériales de Hime & Co, précise que la même société offre deux matinées à ses employées afin que les petites chéries puissent faire les soldes et ne ressentent pas de culpabilité à revenir encombrées de paquets au bureau.


Les vieilles filles qui n'aiment pas l'amour, qui n'ont ni fiancé cruel, ni l'envie de s'en procurer un et donc n'éprouvent pas le besoin de faire les soldes pour se dénicher la tenue de rêve pour faire craquer les hommes en sont pour leurs frais. Bien fait pour elles, allez hop, au boulot.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 24 janvier 2008
Jadis, on portait beau, parce que l'on était quelqu'un. Jadis, les créateurs de mode, les stylistes, étaient ressentis comme des artistes. Les grandes maisons, Saint-Laurent, Dior, Chanel faisaient figure de passeport pour le bon goût, les pièces sorties de leurs ateliers laissaient le petit peuple baba par la délicatesse du travail, la rigueur dans la simplicité, la richesse et l'harmonie dans la diversité des matières et des couleurs.
La haute couture était synonyme de raffinement, ceux qui avaient la chance de s'en vêtir montraient ce qu'est la classe. La classe à la française et ils l'exportaient partout dans le monde civilisé des arts et de la diplomatie.
Un peu de leur prestige retombait sur la nation tout entière, comme la littérature, comme le théâtre, comme la musique, comme tous les modes d'expression faisaient du premier Français venu, un citoyen au goût sûr, presque un artiste. La moindre grisette coiffée d'un chiffon inspirait l'élégance.
Puis les financiers ont mis leurs pattes manucurées dans le panier à étoffes, ont acheté ces maisons, ont jaugé le peu de rentabilité d'une collection en regard du temps passé à sa confection. Les maisons de haute couture se sont "démocratisées", non pas en permettant au menu peuple d'accèder au port du sublime, mais en tapant dans le prêt-à-porter de luxe, ersatz de beau pour une petite bourgeoisie avide de paraître, dans l'accessoire pour tous, colifichets clinquants, bimbeloterie ne devant son prestige qu'à la marque dont elle relève, et dans la parfumerie de masse.
Estampillés luxe ces produits ne le sont uniquemant que parce que leur prix de vente persiste à rester élevé, sans doute en raison de cette équation simple : ce qui est cher a de la valeur, ce qui a de la valeur vous valorise. Le prix a détrôné le beau, qui n'est plus nécessaire pour épater la galerie.
C'est ainsi que la maroquinerie Vuitton, pour moche qu'elle soit, avec son monogramme pisseux répété à l'infini sur fond marron, n'en constitue pas moins un "must". Chanel n'est plus synonyme de simplicité comme le fut "la petite robe noire" née au milieu des années 20 ou le tailleur en tweed, mais de vulgarité quand la moindre mèmère un peu friquée se paye le luxe d'arborer son logo doré. Dior vient aujourd'hui relever les épaules ostentatoires d'une Garde des Sceaux, dont on ne voit surtout que les dents rayer les Parquets de France et de Navarre.
La beauté s'est vendue au vulgaire, comme une courtisane devient poule de luxe.
Néanmoins, les artistes demeurent, ce sont les élites qui s'abatardisent.
Quel est le con qui a dit que l'argent n'avait pas d'odeur, quand l'époque ne produit que des personnages qui n'ont pour ambition que de puer le fric.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 19 janvier 2008
Je reviens quelques instants sur la décision de notre incomparable, de supprimer la publicité des chaînes de service public.
A moins de privatiser une des chaînes, l'argent va manquer pour financer les services d'information, les productions de créations (téléfilms), et les heures libérées par cette suppression des spots de pub. La rallonge de crédits réclamés par Patrick de Carolis, le président de France Télévisions a été refusée et près de 300 personnes employées dans la régie publicitaire se retouvent sans grande utilité et donc promis à rejoindre la grande famille des chômeurs. Or la privatisation d'une de ces chaînes ne réjouit pas nos amis Bouygues (TF1) et Bolloré(Direct 8) qui entendent bien profiter de la répartition des budgets pulicitaires jadis gagnés par le service public, et qui verraient d'un assez mauvais œil un concurrent venir semer le trouble dans le paradis des marchands de temps de cerveau disponible. Le financement de la télé de service public doit donc se faire autrement. Ce génie des temps modernes qu'est Alain Minc, conseiller de Bolloré et Président du conseil de surveillance du Monde (cumul étonnant puisque Bolloré possède deux journaux quotidiens gratuits Matin Plus, et Direct Soir, donc concurrents du Monde) a trouvé la solution à cet épineux problème de satisfaire chèvre et chou : taxer les opérateurs de téléphonie mobile, fournisseurs d'accès à Internet. On pourra également taxer les supports tels disques durs, CD vierges, postes de télé, etc.
Voilà une idée belle et bonne.
Déjà, le coût déboursé par un fabricant pour faire réaliser une publicité vantant son produit et l'achat d'espaces pour la diffuser est inclus dans le prix de vente du produit, ainsi que celui du distributeur, c'est-à-dire que la pub pour un produit est payée par celui qui a été sensible à cette pub – le consommateur –, maintenant, une partie de l'espace lui-même (de la valeur de la captation des budgets autrefois gagnés par le service public) sera déjà réglée par les consommateurs, puisqu'ils financeront la part anciennement apportée par la publicité.
Ça ressemble foutrement à avoir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crèmière.

Donc, le consommateur achète :
– un produit ;
– sa publicité et sa diffusion ;
– une partie du canal de diffusion de sa publicité.

Un trois-en-un, de quoi viendrait-il se plaindre ?
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 18 janvier 2008
Je n'aime pas les Turcs. Ni ne les déteste. Je veux dire par là que sans être turcophile, être turc ne constitue pas pour moi une circonstance aggravante pour quoi que ce soit.
Il y a un peu plus de vingt ans, je suis allé en Turquie. Notre guide se prénommait Aykut qui nous avait dit que cela signifiait "rayon de lune" ce qui est joli.
Nous avions visité en sa compagnie une grande et belle mosquée et il ne s'était pas privé d'invectiver les islamistes qui commençaient à pointer le bout de leur barbiche, les traitant, en Turc, de salauds, d'intolérants et d'autres noms d'oiseaux fort peu flatteurs. Nous étions ressortis, un peu génés, sans trop comprendre le pourquoi d'une telle rage à l'encontre de ces "fidèles" dans un lieu de prières. Il nous avait expliqué que ces gens étaient des intégristes, comme ceux qui en France s'enchaînaient aux portes des hôpitaux pratiquant l'avortement ou mettaient le feu aux cinémas qui projetaient je ne sais plus quel film qu'ils jugeaient blasphématoire.
J'étais un peu géné, mais en tant que mécréant, l'insulte à l'adorateur d'idole ne me scandalise pas plus que ça, j'y verrais même un indice de bonne santé mentale. "Crôa, crôa, crôa comme moi, disent les sorciers de tous les pays, et surtout ne discute pas. Puis nous étions aller boire un "apple tea" chez des Turcs et cueilli des citrons sur leur citronnier. Leur acidité était douce.
Les Turcs qu'il m'avait été donné de rencontrer étaient plus qu'accueillants, bienveillants. Je garde de ce séjour un agréable souvenir.
Aujourd'hui, Dilber Can est en France. Elle ne demande rien. Enfin, pas grand chose. Juste la possibilité de mourir auprès de son fils. Dilber Can est turque, impotente et compte quatre-vingt neuf années dont les huit dernières passées en France, chez son fils Omer, Français de nationalité, boucher de métier. Dilber, elle, n'a pas de visa sur son passeport. De toute façon, avec ses vieilles jambes qui ne la supportent plus, un passeport n'a guère d'utilité.
Mais c'est sans compter sans la rupture, sans la préfecture et sans la médecine.
Car il s'est trouvé un médecin de la santé publique, mandaté par la préfecture de Moselle, un de ces types qui a prononcé le serment d'Hippocrate*, pour aller dans le sens de la loi Hortefeux qui veut par le truchement de la préfecture que madame Dilber Can aille traîner ailleurs son asthme son âge et son ostéoporose et qui entend bien voir l'avis d'expulsion de la vieille dame respecté à l'heure dite, le 7 février prochain.
Ce brave praticien a jugé, tranché dans le vif après les deux demandes de "régularisation" de l'aïeule, répondant que "l'intéressée pouvait bénéficier dun traitement approprié dans son pays d'origine" et qu'"il na pas paru opportun de l'admettre au séjour en France à titre dérogatoire ou pour des motifs exceptionnels ou humanitaires".
Je ne connais pas d'injures en Turc. Mais il y en a tant en Français, je ne sais laquelle choisir. Il suffit de lire le serment d'Hippocrate : "Que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque" [aux promesses proférées dans ledit serment].
Aujourd'hui, quand je pense aux citrons, c'est l'amertume qui me vient. Et le mot bienveillant ne m'évoque rien de vraiment français.

___________________
Depuis, le ministre Hortefeux, a fait surseoir à cette décision préfectorale d'expulser la vieille dame, ce, pour "raisons médicales". C'est sans doute pour elle et sa famille un soulagement. Mais le petit polo du médecin, fonctionnaire jusqu'au fond du slip, reste entaché de cette faculté d'impitoyabilité dont il a fait preuve.

________________________
(*) Serment d'Hippocrate :
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité. J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences. Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. Admis(e) dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs. Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés. J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité. Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j'y manque »
Texte connexe : La France fout le camp


par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 15 janvier 2008
Quelquefois, je me demande pourquoi une si belle machine que l'humain avec sa viande, ses fluides corporels (sacrés), et ses nerfs, son squelette, ses abats, ses pièces nobles, ses bas morceaux  et son cerveau pour contrôler le tout dans un ordonnancement impeccable soit autant féru de futilités.

Nous avons un président, soit, il faut du travail pour tout le monde. Ce président, se sépare de sa femme, divorce. A moins que ça ne lui bouleverse les sens, qu'il devienne inquiétant, encore plus inquiétant, nous aurions raison de nous préoccuper de sa situation sentimentale. Heureux homme, il retrouve une compagne en moins de temps qu'il ne faut à un ministre pour dire une connerie. Tant qu'il ne délaisse pas les affaires de l'Etat pour conter fleurette à la belle, rien ne devrait nous faire nous retourner sur cette idylle pipolitique. Et tiens, même, s'il délaissait les affaires de l'Etat, on ne serait pas forcément fâché.

Alors pourquoi faut-il qu'on s'intéresse à un quelconque mariage célébré en secret – de toute façon, peu d'entre nous auraient (ont) reçu un faire-part pour la cérémonie ou un carton d'invitation pour la sauterie nécessaire à la célébration des hostilités naissantes.
Pourquoi faut-il que nos vaillants journalistes, ceux-là même qui se font tuer ou enlever aux quatre coins du monde tartinent sur des rumeurs d'examen obstétrique dans une clinique de Neuilly ?
Personnellement, Nick the First pourrait inséminer la Carlita autant de fois qu'elle veut, je m'en contrefiche. Pourvu que la marmaille ne s'estime, dans quelques années, obligée d'anonner "bonne chance mon papa" dès que l'autre prendra la décision de se présenter à quelque élection. Pourvu qu'on n'assiste pas à l'accouchement en différé avec traduction pour sourds-muets, et bonus sur DVD, pourvu qu'on ne nous montre pas les premiers pas, qu'on ne nous fasse pas entendre le premier babil du "premier rejeton de France", qu'on nous foute la paix avec ses dents, ses diarrhées, ses "petits vomis", ses colères et ses câlins.

Mais peut-être, ce qui chatouille la presse, c'est cette volonté que manifeste Nick the First d'occuper en permanence l'espace médiatique, contraignant radios, télés et presse écrite à la surenchère, avec ou sans brosse, conjointe avec l'annonce d'une transparence toute relative, et qui n'existe dans la réalié que dans son annonce par le principal intéressé.

Pauvres médias, qui s'amusent au jeu du "cours après moi que je t'attrape" bien conscients que ce sont eux qui courent.

Et tant qu'on parle du gros petit ventre de Carla, de la bague de madame qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la bague de la précédente dadame, du mariage célébré sans publication des bans, on évite de parler des choses qui fâchent.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 15 janvier 2008
On ne va pas tarder à en entendre parler.
Après la prohibition du tabac dans les lieux publics, les campagnes et les lois contre l'alcool - y compris contre le vin, que le bon Pasteur vantait comme la plus saine et la plus hygiénique des boissons - la pipe appelée fellation par ceux qui ont des lettres et le broute-minou que ceux-là nomment médicalement cunnilingus, bref, les rapports buccogénitaux (pour mettre du mercurochrome sur les sujets scabreux) seraient dangereux pour la santé. Que dis-je, dangereux. Des pratiques fatales.
Ces voluptueuses agaceries, ces étreintes gourmandes, effleurements de gourmets refileraient le cancer aux audacieux qui les dispenseraient.
On va vraiment devoir aller à Copenhague le 31 mai, alors.
La nouvelle tombe après la campagne de publicité sanitaire en faveur du vaccin contre le papillomavirus accusé de provoquer le cancer de l'utérus (des femmes, préciseraient les incultes). C'est cette même vilaine bestiole, il faut bien reconnaître qu'elle a une assez sale gueule, qui serait à l'origine de cancers de la gorge et du pharynx de ceux qui ont bu le plaisir à sa source.
Allons bon.
Ça va terriblement limiter les moments de plaisir, tout ça.

Qu'est-ce qu'il va falloir travailler plus pour s'emmerder davantage.



________________________
Et pour bien vous angoisser, sachez que le papillomavirus est celui qui provoque des verrues aux mains et aux pieds (si vous en avez ailleurs, inquiétez-vous). Et hop, on s'inspecte.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
weblogs sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus