Bienvenue

Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Mercredi 19 décembre 2007
Si je venais de divorcer, et qu'en moins de trois mois, je retrouve une fiancée – un mannequin,  s'il vous plait, le genre de personne pour qui mon physique et mon emploi du temps surchargé constituent l'alpha et l'oméga de la relation amoureuse, le paroxysme du désir, le dimanche, je chercherais à lui faire plaisir.

Et quoi de plus intéressant pour une jeune femme de bientôt 40 ans, que de passer une chouette soirée à regarder, par un froid que la fourrure fait vite oublier, la parade sur Main street (Marnes-la-Vallée) à EuroDisney.

Ici que de chouettes amis qui ne vous tirent pas dans le dos ou vous savonnent la planche. Et le dépaysement n'est pas absolu, ce qui permet de ne pas rompre totalement avec la réalité. Si Dingo rappelle quelques conseillers, Minnie et sa collection de nœuds roses n'évoque-t-elle pas Roselyne Bachelot ?
Hortefeux, est-il une émanation du grand méchant loup ou du plus réac des trois petits cochons, qu'accompagneraient ses petits frères Bussereau et Santini ?
Picsou fait irrémédiablement songer à Lagarde quand l'éternel adolescent Peter Borloo Pan, pour sauver Wendy Kosciusko-Morizet s'attache à pourfendre de son épée de bois les vilains Capitaine Crochet de l'environnement, servis avec révérence par Michel Barnier dit Monsieur Mouche. Les enfants perdus, Fadela Amara, Rama Yade et Bernard Kouchner, pourtant pleins de bonne volonté se trouvent attaqués de toutes parts.
Mais que serait une grande parade sans Blanche-Neige, ses sept nains, sa sorcière et son prince charmant ?
Incontestablement, ce rôle est dévolu à Rachida Dati, qui arrive dans la chaumière, parée de merveilleuses toilettes raffinées, prête à tout régir avec autorité. MAM, qui demande à chaque occasion à son miroir qui est la plus belle du royaume, astique ses pommes (qui lui restent de Chirac).
Bertrand Tic et Hirsch Tac, nos deux petits écureuils semblent bien fragiles dans ce monde de brutes où rentabilité, profit tiennent lieu d'alibi à chômage et misère, mais c'est sans compter avec Winnie Woerth, l'ourson du budget.
Défilent aussi quelques crocodiles, la petite souris de Cendrillon à la Culture à qui on demande de brader les bijoux de familles, le fidèle Pluto et des Rapetous en pagaille.

Et que se termine cette folle parade avant d'inviter la jolie Carla à monter sur un manège. Que ne faut-il pas faire pour que la belle attrape la queue du Mickey.


par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Mardi 18 décembre 2007
Les rois du blog rank l'ont compris depuis une jolie lurette, il y a des sujets qui fâchent, des sujets qui chauffent et  des sujets de loosers.

Ainsi, actualité aidant,  à la requète "Bruni nue", le moteur de recherche Google donne 1800 références. Il en sert 4980 à "Manaudou nue", puisque circulent sur le Web, paraît-il, des photos de la nageuse en costume de sardine.

Hélas, la lecture sera plus rapide, à "Boutin nue", seulement trois petites réponses viennent alimenter les plus fols espoirs libidineux d'un cul-bénitophile. Et encore, deux de ces réponses ont pour même référence un fil de chat sur fluctuat.net et la ministre se retrouve affublée du prénom de "Marie-Christine".

C'est difficile d'accèder à la notoriété.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (3)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Vendredi 14 décembre 2007
Connaissez-vous le sanctuaire de Sainte Marie-Françoise des Cinq plaies à Naples ? Outre son nom engageant, le lieu recèle en son sein une merveille. Une chaise. Une chaise que des milliers de croyants viennent visiter. Une chaise sur laquelle on pose de chastes postérieurs de chrétiennes, dans le dessein avoué de les faire se reproduire (y pose-t-on également les sages testicules de leurs chrétiens de maris ?). Les croyantes y font, paraît-il, et au sens figuré, la queue.
La bonne recette pour faire un enfant est celle-ci :
La dame, car ce sont les dames qui fabriquent les enfants (j'avais pour ma part des informations différentes attribuant à ce mystère une origine plus végétale), doit s'asseoir quelques instants sur la chaise en bois de Sainte Marie-Françoise et demander à celle-ci d'intercéder auprès de Dieu pour être enceinte. Il n'y a pas de problème, elle croise le patron tous les jours à la cafétéria. Une religieuse effectue alors un signe de croix sur leur ventre de la dame avec une croix en bois renfermant les reliques de la sainte, (des cheveux et une vertèbre). Et hop ! Un polichinelle dans le bénitier, un ! Merci qui ? 
Que fait le mari pendant que sa femme tombe enceinte sur sa chaise ? Rien. Il croit. Il est là, debout, comme un con, discret, attendant que sa femme grossisse, les mains croisées sur le sexe ou dans les poches, ou ailleurs, les mains du mari n'ont pas d'importance pour ce genre de conception. Du reste, rien du mari ne semble important dans l'affaire. M'est avis qu'il serait aussi bien au bistrot, mais foin de ces considérations de buveur mécréant.
Résumons-nous. Pour fabriquer de l'enfant chrétien, il vous faudra :
Une femme, un mari, une chaise, une religieuse, des cheveux et une vertèbre. Placez la femme sur la chaise, auprès d'elle la religieuse, et sur le ventre de la femme, les cheveux et la vertèbre dans une croix en bois. Une fois tout en place, demandez au grand Manitou par l'intermédiaire de son assistante qu'il livre le colis.
Ce sont des choses qu'il est nécessaire de connaître, car sans ces précisions, certains auraient placé le mari sous la femme et fait des agaceries avec la religieuse, et Dieu sait quelle utilisation ces trois salopards auraient fait des cheveux et de la vertèbre.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Jeudi 13 décembre 2007
Que ferions-nous si on atteignait le pic de la production de pétrole ? Quelle physionomie aurait notre monde ?
Et pourquoi ce conditionnel ? Des analystes estiment inexorable ce moment et le fixent aux alentours de 2010 2015. S'ensuivront des conflits, des crises économiques, des famines et une transformation radicale du monde et des équations politico-économiques.
Ronan Doyle en a fait un film en 2006, "Oil, smoke and mirrors", dans lequel il s'interroge sur les attentats du World Trade Center, du Pentagone et autres du 11 septembre. Des arguments en faveur d'une complicité, sinon de l'organisation elle-même des attentats et du terrorisme, sont prononcés, qui laissent perplexe et puisque non dénués de fondements rendent envisageable la "théorie du complot". Locution qu'il est à la mode d'assèner comme argument ultime et strictement suffisant pour ne pas (se) poser de questions.
Tout ça ne nous dit pas comment on va faire pour aller visiter Tata Jacqueline si on n'a plus de pétrole !
Elle va encore croire qu'on complote contre elle et qu'on ne veut pas se déplacer pour aller la voir.


par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Mercredi 12 décembre 2007
Le choc. Violent, impitoyable.
Hier soir au journal télévisé de France 2, le choc a eu lieu en direct. Le guide de la révolution libyenne face au guide de l'information du service public audiovisuel français. Ce dernier, David Pujadas, Pupu, pour les intimes, arborait un puissant brushing. Le coup de peigne meurtrier, pas un épi n'avait été épargné et n'osait soulever une pointe pour observer l'adversaire. Tout restait parfaitement en ordre, sage, discipliné, comme à l'ordinaire, comme le discours et le langage habituels. Bref, l'autonomie du cheveu sur le crâne de Pupu... Y a pas mèche. Sous le cheveu, le crâne. Sous le crâne, Pupu. Dans Pupu, la France. Face à la France : Mouammar.
Mouammar, comme on dirait "mon amour", avec une pointe d'accent oriental. Et Mouammar apparut au mieux de sa forme. Venu - pensait-on - se refaire une virginité morale, il avait demandé à rester deux semaines sur la terre de Pupu, Nick the First et sa chouette bande de conseillers et diplomates lui en avaient accordé une seule, ce qui déjà agace nombre de députés de tous horizons. Le vent tempêtueux soufflait, et s'engouffrant dans quelques caboches, on entendait "droits de l'homme, droits de l'homme".
"Que le désert libyen préserve le bédouin de ces funestes mirages, de ces auditives hallucinations", se surprit à prier le guide de la révolution.
Avec sa belle gueule de faux jeton, Mouammar avait - sans doute pour honorer ses hôtes et témoigner de son grand amour pour la liberté individuelle - laissé ses poils s'organiser à leur guise pour assister aux réunions officielles.
Duel capillaire au journal télévisé de France 2. Steevy Boulay a blémi. Frank Provost et Jean-Louis David ont l'espace d'un instant entrevu une opportunité de consolider leur stature internationale. En plus de coiffer, se dirent-ils, ne devrait-on proposer également un service dédié à la moustache et à la barbe?
La vie au grand air, dans une tente, même spacieuse, ne permet pas toujours ces petits soins que l'on se prodigue, en général le matin, bien des sans-abri vous le diront, et le rasage de Mouammar laissait à désirer. Mais quelle importance, il ne s'adressait qu'au peuple français et ses dirigeants.
Et Mouammar nous apprit qu'il n'avait pas entendu le vent tempêtueux. Que personne, empereur ou manant, ne lui avait sussuré "droits de l'homme". Comme s'il venait faire farce à Nick. Et comme les plaisanteries les plus longues semblent être les meilleures chez le fils du désert, il poursuit : "En Libye, nous ne connaissons pas les droits de l'homme. Les Libyens n'élisent pas leur dirigeant, les Libyens se dirigent eux-mêmes".
Rien ne bouge sous le casque de cheveux de Pupu. Pas d'étonnement. S'ils se dirigent tous seuls, pourquoi les Libyens ont-ils un dirigeant ? Pupu n'a pas posé la question, il ne le saura pas. Nous non plus.
Puis notre honorable visiteur ne tarde à ajouter (en substance) : "En revanche, ici et là, je remarque que chez vous, les immigrés sont bien mal traités. Ça n'est pas digne d'un pays comme la France".
Les Libyens seront sans doute ravis de voir leur dirigeant (quel luxe, se doter pendant plus de quarante ans d'un dirigeant coûteux et inutile, simplement pour le prestige que cela représente à l'étranger) invité à faire quelques emplettes, donner la leçon à l'une des plus grandes démocraties, autoproclamée pays des droits de l'homme, et à ces primaires que nous sommes, incapables de se diriger eux-mêmes, esclaves au point d'élire nos dirigeants.
Se foutrait-il de notre gueule ?
Nick the First va commencer, avec cette première humiliation, à sentir le goût du fruit libyen. Les traitres, chez nous, sont des petits bras, il n'a pas l'habitude du très haut niveau.
 
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Mardi 11 décembre 2007
"Les conditions de prise en charge des troubles psychiatriques dans les prisons françaises sont à différents égards contraires à la dignité humaine", estime, dans un rapport publié à Strasbourg, le Comité européen de prévention de la torture (CPT) composé d'experts du Conseil de l'Europe.

Placement et maintien en quartier disciplinaire ou d'isolement de malades souffrant de décompensation psychotique, intimité bafouée (nudité devant témoins) même lors d'examens médicaux intimes, entraves aux chevilles et menottage systématique au montant du lit, liens conservés pour tout déplacement y compris aux douches et aux toilettes, pour les détenus "soignés" au Centre hospitalier de la centrale de Moulins-Yzeure (Allier), le constat est sensiblement identique à la maison d'arrêt de Fresnes (Val de Marne) ; voila ce qui constitue le quotidien des détenus-patients et des personnels médical et pénitentiaire, chez nous, au pays des droits à parader de l'homme Khadafi.
"Tous les interlocuteurs rencontrés par la délégation, tant dans les ministères compétents (Justice, Santé) que sur le plan local, les personnels de santé et de direction dans les établissements visités, ont admis l'état dramatique dans lequel se trouve la psychiatrie pénitentiaire en France", insiste le CPT.
Vu le profit que l'on pourra tirer d'une quelconque amélioration de cette situation qui nous honore et nous rapproche davantage de notre nouvel ami Libyen, la question, on n'en doute pas un instant, sera bientôt réglée.




________________
Source : Reuters

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Lundi 10 décembre 2007
Ah que j'aime mon pays. Particulièrement aujourd'hui, où, journée des droits de l'Homme, nous recevons un grand homme de paix et de respect des droits fondamentaux humains.
Mieux qu'un grand homme, le colonel Khadafi devrait même constituer un exemple - exotique, certes - pour notre belle jeunesse oisive des cités de banlieue. Ne devrait-elle s'inspirer de notre nouvel ami redevenu fréquentable ?
Ne dirige-t-il pas son territoire d'une main de fer ? N'emploie-t-il pas toutes les ressources possibles pour rendre son peuple heureux : enlèvements déguisés, racket, financement et armement de groupes terroristes, quel candidat à la lutte armée et clandestine ne s'est-il pas entraîné dans un camp du désert lybien ?
L'homme est puissant dans sa région. Et riche. Et nécessiteux des coûteux produits que nous fabriquons.
Au terme de la réception du dictateur lybien, nous saurons combien valaient nos chers principes de "pays des droits de l'homme".  Quelle rigolade.
Alors, à gauche comme à droite, on s'indigne, on dénonce la "réalpolitik". Kouchner encaisse, s'énerve à l'occasion. Il proclame que signer des contrats avec un dictateur n'est pas incompatible avec les droits de l'homme, et qu'on aurait vite fait de perdre et les droits de l'homme et les contrats, en ne recevant pas celui qui a cédé devant l'efficace et secret charme de Cécilia. Car on nous le dit, on nous le répète, on ne cesse de nous le répéter : "nous avons libéré les infirmières bulgares, Khadafi a accepté de libérer les infirmières bulgares grâce à la diplomatie française", on ne va pas mettre en cause la diplomatie française qui a délivré les infirmières bulgares..."

Rama Yade rue dans les brancards. Elle est bel et bien belle et bonne, cette jeune femme ! Elle ne rencontrera pas Mouamar Khadafi. Elle n'y était de toutes façons pas conviée.

Après le voyage commercial de Nick the First en Chine et son bisou mouillé à Poutine pour le féliciter de son plébiscite, ô combien révélateur de la liberté dont jouit son peuple, notre beau pays des droits de l'Homme va-t-il enfin se décider à recevoir avec les honneurs qui leurs sont dûs les dirigeants de la Corée du Nord, du Zimbabwé, du Myanmar (Birmanie), de la République démocratique du Congo, pour ne citer que ceux-là.
Pourquoi s'arrêter en si bon chemin lorsqu'il est question du rayonnement de notre nation.

Gloire à la France qui comprend si bien les peuples opprimés.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Mercredi 5 décembre 2007
Vous, les pauvres, avec vos mines de cafard, vous faites honte à votre pays!
Vos taudis, vos loques, vos allures faméliques et vos tristes dégaines, donnent une mauvaise image du l'embellie économique chinoise. Vous êtes priés d'aller étendre vos sales dépouilles encore vivantes sur des grabats moins visibles dans des quartiers que ne fréquentera pas le touriste sportif ce qui vous éloignera de vos lieux de travail,  vous contraignant à davantage de transport, vous rendra la vie plus difficile et aggravera votre pauvreté. Mais le prestige national vaut bien quelques sacrifices, non?

Le Centre sur les droits au logement et les expulsions (COHRE) a dénoncé ce jour, par la voix de son directeur adjoint Jean du Plessis, l'expulsion de 13 000 personnes par mois pour l'organisation en 2008 des Jeux Olympiques de Pékin. Ce qui devrait représenter depuis le début de l'organisation de ces jeux, un total d'un million et demi de personnes délogées, pas nécéssairement indemnisées.

Depuis qu'on le claironne, que les JO représentent une tribune ouverte pour la démocratie et une avancée pour l'humanisme, que le sport véhicule des valeurs humaines fondamentales, et vous n'êtes pas encore convaincu?
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Vendredi 30 novembre 2007
J'avais parlé de ce photographe qui avait saisi le monde ouvrier à travers le subjectif de son reflex.
A l'heure où certains veulent se débarrasser de mai 68, tout en organisant un "Grenelle" de l'environnement – on a la logique qu'on peut – on (France) m'informe que Jean-Claude Seine a mis en ligne quelques clichés de ce doux moment, cher au souvenir des gardes mobiles.

Mai 68

L'imagination au pouvoir !
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Vendredi 30 novembre 2007
Le chiffre du jour : 19 millions.
Le chiffre inutile, devrais-je dire. 19 000 000. Dix-neuf millions.
C'est le nombre de téléspectateurs présumés devant leut petit écran pour entendre le répétitif laïus de Nick the First.
A un moment, il s'est mis en boucle sur son sujet favori, j'ai cru être tombé dans une faille spatio temporelle. Il finit par devenir inquiétant.
Donc, au journal de France Inter, on nous annonce que nous étions dix-neuf millions devant notre télé branchée sur TF1 ou France 2. Arlette et PPDA et Nick the 1st, assis comme un VRP dans un fauteuil club après une rude journée de labeur, mais qui peut encore conclure une affaire avec un compagnon de bar.
Faut-il qu'on l'aime notre premier monsieur de France, pour être dix-neuf millions suspendus à son souffle.
Mais...

A-t-on compté ceux qui couchaient les enfants?
A-t-on compté ceux qui dînaient dos au poste, occupés à parler d'autre chose?
A-t-on compté ceux qui s'étaient engueulés, encore tout intérieurement à leur dispute, mâchant silencieusement leur frustration, leur tristesse et leur ressentiment?
A-t-on compté ceux qui terminaient l'apéro ignorant l'écran machinal pour véhiculer les derniers ragots du cercle des amis, s'échanger les petites nouvelles?
A-t-on compté ceux qui n'avaient partagé l'apéro qu'avec eux-même, en avait abusé et s'étaient endormis?
A-t-on compté ceux qui de retour d'une journée harassante se sont pendus au lustre ou tiré une balle dans la tête?
A-t-on compté ceux qui ont investi le canapé pour y faire des galipettes, malgré la télé?
A-t-on compté ceux qui n'attendaient que la suite du programme?
A-t-on compté ceux qui ont eu une crise cardiaque?
A-t-on compté ceux qui étaient au téléphone?
A-t-on compté ceux qui écrivaient une lettre anonyme?
A-t-on compté ceux qui relisaient perplexes la lettre anonyme reçue le matin même?
A-t-on compté ceux qui, dans l'ombre bouleversée par la fade clarté d'une télé chaotique, ourdissaient un cynique complot?*
A-t-on compté ceux qui comptaient le nombre de salariés qu'ils devraient licencier le lendemain?
A-t-on compté ceux qui, l'esprit ailleurs, nourrissaient de grands espoirs?
A-t-on compté ceux qui se nourrissaient d'illusions?

Ah bah oui, ceux-là, ils ont été comptés ! Dix-neuf millions. Moins les précédents.









(*) Je sais, ça ne veut rien dire, mais cette débauche d'adjectifs me faisait envie. On peut d'ailleurs s'amuser à les interchanger, ça ne change grand chose. Les adjectifs, c'est comme les chamallows, c'est bourratif, mais quelque fois on en boufferait jusqu'à étouffement. 
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours commentaires (0)   
ajouter un commentaire créer un trackback recommander

Jeux de sons

Curiosité 01 : Deux allumés

Curiosité 02 : Qui chante ?

Curiosité 03 : Avis aux théâtreux

Curiosité 04 : 1913




Et on passe au blind test... (trouvé)







Présentation

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus