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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Jeudi 31 janvier 2008
Le camarade Resse a fait un billet concernant la mise en garde à vue d'un professeur de Berlémond pour violence aggravée – une gifle – sur un élève qui l'avait traité de connard. Son gendarme de père en uniforme réglementaire est venu réclamer justice parce qu'un enseignant n'a pas à claquer la gueule d'un petit malpoli. Il sera jugé ! Non mais.
Il a suscité ce commentaire de ma part.



La vieille ordure a cané. Je parle du dirlo. Il était dirlo, lettré et alcoolique. Physiquement balèze, il pratiquait le châtiment corporel, la raclée. C'était à Enghien, il y a mille ans, dans une école privée – privée de tout ce qui pouvait faire naître le désir des élèves hormis celui de quitter l'école pour reprendre la boîte de papa. Pas de musique, pas de dessin, pas de travaux manuels et pas de sport. (Je n'étais pas fâché de l'absence de ces deux dernières disciplines qui font la splendeur de l'homme moderne – n'est-il pas beau le bricoleur dans son survêtement immaculé, si on ne prête attention à la tache de graisse ici, et de sueur ici, ici et là ?)
Je garde le souvenir cuisant d'un livre de Français de troisième traversant l'air pour venir légèrement m'éclater une arcade sourcillière alors que je m'étais laissé aller à bayer aux corneilles, tandis que le père Bigot (le dirlo était prof de Français) s'évertuait à nous empêcher de bailler à Corneille.
A la suite de quoi, je ne le traitais même pas de connard, car pour sûr, une gifle n'aurait pas été indue. Autres temps autres mœurs.
Mais un fils de gendarme mérite des claques. Par nature. Par manque de discernement. Et cette histoire de procès fait au professeur à la main leste et vengeresse est bien pitoyable.
Le morveux va s'en enorgueillir et sentir renforcé son pouvoir de toute-nuisance qui ne fera que s'amplifier après la non moins pitoyable sortie de Nick the First : "dans la transmission  des valeurs et l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne remplacera jamais le pasteur ou le curé". (Et rien à propos des scientologues, quelle ingratitude !)
Ces enseignants laïcs ne supportent rien ! Quant à l'éducation que la gendarmesque délivre à sa progéniture, elle est sans doute irréprochable. Jamais on n'a vu un représentant de l'ordre public, l'insulte à la lèvre ou l'annuaire à la main pour faire ployer l'entêtement du prévenu.
Il devient urgent de faire de ci de là quelques réformes pour qu'une telle affaire n'occupe plus les colonnes de nos journaux.
Primo, supprimer l'école et secundo, émasculer les gendarmes dès la naissance, afin que cette triste engeance ne se reproduise pas.
On voit par là qu'il y a des solutions à tout problème.
 
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 31 janvier 2008
Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con.
Merci, Tonton Georges pour ce trait définitif et impérissable donnant à penser que le poête peut avoir raison.
Car la raison, pour peu qu'on l'observe quelques instants, rend l'homme déraisonnable. L'homme moderne croit à la raison. Comme une quelconque ouaille. Ce qui est sot et déraisonnable. Ne dit-on pas bête comme une ouaille ?
La bien-pensance a jeté l'opprobre sur la discrimination. La discrimination due à la couleur de peau, la discrimination sociale, la discrimination sexuelle, que cette dernière concerne la sexualité ou la nature d'une personne sont d'odieuses pratiques injustifiées, eu égard à l'égalité en droits des citoyens divers et variés. Il n'y a en effet aucune bonne raison de privilégier un Nègre à un Inuit, sauf si on est un phoque, car le premier préfère chasser l'éléphant pour lui ravir ses défenses et les vendre à nos incomparables esthètes blancs, ou le lion dont il aura retiré l'intérieur, mais conservé la tête, pour que ce même puissant personnage puisse proposer à sa maîtresse une partie de jambes en l'air sur la dépouille d'un fauve rendu inoffensif par la mort brutale, ce qui est infiniment plus romantique que sur une couverture en cuir retourné en véritable veau, élevé ou non sous la mère. Le danger est un puissant excitant et nourrit le romantisme germanopratin. On voit ici combien l'esthète de lion est supérieur à l'esthète de veau.
Résumons-nous, la discrimination, c'est vilain. Il faut donc des principes et des lois pour que l'homme moderne évite de tomber dans ce travers, et l'homme sensé, qui bien souvent est une femme, a inventé la parité.
La parité consiste à reconnaître des qualités à un être qui n'en a pas forcément au seul et imparable prétexte qu'il a un sexe et que l'on a reconnu auparavant des qualités équivalentes à un personnage possèdant un sexe différent.
Ainsi, pour ne pas froisser les femmes par nature aussi méritantes que les hommes, il a fallu se creuser la cervelle pour trouver des corsages à boutonnières pour y accrocher des rubans rouges.
Dans un souci de parité, il a fallu trouver un équivalent mérite à Alain Minc, Pierre Giacometti, le père Ceyrac, Michel Polnareff, Claude Brasseur, Jean-Louis Scherrer, Jean-Paul Guerlain, Guy Roux, Willy Ronis,
en les personnes de Sœur Emmanuelle, Claudia Cardinale, Muriel Robin, Marie-Claude Pietragalla, Isabelle Balkany, Christiane Desroches-Noblecourt, Dominique Loiseau, dont les noms immenses symbolisent pour le petit peuple, la réalité de l'excellence.
Qui pourrait en effet s'élever contre la justesse de la nomination, à un des grades les plus élevés de la Légion d'honneur, d'Alain Minc, qui est au journal Le Monde ce que le mécanicien dentiste est à l'horlogerie de précision, un expert en dents pointues, ou contre celle d'Isabelle Balkany qui a l'immense mérite d'être l'épouse de Patrick qu'elle assiste dans sa vaste tâche de conducator de la bonne ville de Levallois-Perret, et que de fort méchantes langues rapprochent de la défunte et regrettée Eléna Ceaucescu, croyant percevoir dans ce couple mirifique, persistant en cela dans leur erreur ineffable, une once de népostisme. 
La proximité du père Ceyrac et de Sœur Emmanuelle n'est qu'une évidence. Faisons une croix là-dessus.
Au rayon du lever de jambe, on a déniché la Pietra, qui lance le chausson de danse aussi haut que Guy Roux les crampons, et les parfums de (bonne) cuisine dont Dominique Loiseau ennivre ses clients jouxtent ceux dont les mêmes clients se sont aspergés en vidant leur petit flacon de Guerlain.
Comment ne pas voir l'équivalent entre Brasseur et Cardinale, acteurs entrés de leur vivant dans leur propre légende, entre le politologue Giacometti qui sonde l'opinion pour y débusquer le futur élu, tout aussi bien que Christiane Desroches-Noblecourt fouille le sarcophage afin d'exhumer la momie au grand jour. Ramsès II (dit le Grand) portait-il lui aussi des talonnettes ?
Et si l'œil de Willy Ronis a su saisir la vie de tous les jours pour nourrir notre présent de mille exquises petites choses du passé, Muriel Robin fait de même, et continue de la restituer sur scène, comme on a récemment pu le constater dans Les fugueuses avec Line Renaud.

Enfin, car il faut bien reconnaître les mérites de chacun, et rendre à César ce qui lui appartient, Nick the First a eu ce trait de génie d'exiger la parité afin que "la République distingue de la même manière les talents de ces femmes et de ces hommes qui l'ont bien servie". Car ce qu'un homme fait, une femme peut le faire.

Et ce dernier point est indéniable, Michel Polnareff n'a-t-il pas excellé dans le service à la France, en la quittant durant vingt ans pour ne pas avoir à se fâcher avec ses services fiscaux.

Donc, comme on vient d'en faire la démontration éclatante, la parité est une belle chose qui sert à différencier les hommes des femmes, et le temps ne fait rien à l'affaire.

Le poête a toujours raison.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 29 janvier 2008
C'est ce genre d'information qui va intéresser plus d'une chez nous.

Dans une certaine firme tokyoïte, Hime & Co, les braves filles plaquées de frais par leur cruel fiancé, vont pouvoir pleurer tout leur saoul à la maison et sècher leurs larmes en même temps que leur boulot sans craindre la fin de mois difficile. Le p-dg de cette société qui commercialise des cosmétiques considère que quiconque vit un chagrin d'amour a besoin de quelques temps pour se remettre du traumatisme affectif occasionné par la rupture d'avec le conjoint et a instauré un congé payé pour "maladie d'amour" permettant à la malheureuse de reprendre le dessus et de redevenir l'employée détendue et efficace qu'elle était. Les femmes qui n'ont pas atteint la trentaine bénéficient d'une journée de congé, les plus âgées, plus difficilement consolables, vu les ravages de l'âge à assumer en plus, de deux.
La dépèche de Reuters qui nous relate ces pratiques sentimentalo-managériales de Hime & Co, précise que la même société offre deux matinées à ses employées afin que les petites chéries puissent faire les soldes et ne ressentent pas de culpabilité à revenir encombrées de paquets au bureau.


Les vieilles filles qui n'aiment pas l'amour, qui n'ont ni fiancé cruel, ni l'envie de s'en procurer un et donc n'éprouvent pas le besoin de faire les soldes pour se dénicher la tenue de rêve pour faire craquer les hommes en sont pour leurs frais. Bien fait pour elles, allez hop, au boulot.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 24 janvier 2008
Jadis, on portait beau, parce que l'on était quelqu'un. Jadis, les créateurs de mode, les stylistes, étaient ressentis comme des artistes. Les grandes maisons, Saint-Laurent, Dior, Chanel faisaient figure de passeport pour le bon goût, les pièces sorties de leurs ateliers laissaient le petit peuple baba par la délicatesse du travail, la rigueur dans la simplicité, la richesse et l'harmonie dans la diversité des matières et des couleurs.
La haute couture était synonyme de raffinement, ceux qui avaient la chance de s'en vêtir montraient ce qu'est la classe. La classe à la française et ils l'exportaient partout dans le monde civilisé des arts et de la diplomatie.
Un peu de leur prestige retombait sur la nation tout entière, comme la littérature, comme le théâtre, comme la musique, comme tous les modes d'expression faisaient du premier Français venu, un citoyen au goût sûr, presque un artiste. La moindre grisette coiffée d'un chiffon inspirait l'élégance.
Puis les financiers ont mis leurs pattes manucurées dans le panier à étoffes, ont acheté ces maisons, ont jaugé le peu de rentabilité d'une collection en regard du temps passé à sa confection. Les maisons de haute couture se sont "démocratisées", non pas en permettant au menu peuple d'accèder au port du sublime, mais en tapant dans le prêt-à-porter de luxe, ersatz de beau pour une petite bourgeoisie avide de paraître, dans l'accessoire pour tous, colifichets clinquants, bimbeloterie ne devant son prestige qu'à la marque dont elle relève, et dans la parfumerie de masse.
Estampillés luxe ces produits ne le sont uniquemant que parce que leur prix de vente persiste à rester élevé, sans doute en raison de cette équation simple : ce qui est cher a de la valeur, ce qui a de la valeur vous valorise. Le prix a détrôné le beau, qui n'est plus nécessaire pour épater la galerie.
C'est ainsi que la maroquinerie Vuitton, pour moche qu'elle soit, avec son monogramme pisseux répété à l'infini sur fond marron, n'en constitue pas moins un "must". Chanel n'est plus synonyme de simplicité comme le fut "la petite robe noire" née au milieu des années 20 ou le tailleur en tweed, mais de vulgarité quand la moindre mèmère un peu friquée se paye le luxe d'arborer son logo doré. Dior vient aujourd'hui relever les épaules ostentatoires d'une Garde des Sceaux, dont on ne voit surtout que les dents rayer les Parquets de France et de Navarre.
La beauté s'est vendue au vulgaire, comme une courtisane devient poule de luxe.
Néanmoins, les artistes demeurent, ce sont les élites qui s'abatardisent.
Quel est le con qui a dit que l'argent n'avait pas d'odeur, quand l'époque ne produit que des personnages qui n'ont pour ambition que de puer le fric.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 22 janvier 2008
Alors, voilà, c'est fini. L'état de grâce s'est achevé pour Nick the First cependant qu'il entrait dans l'état de garce (Je n'en suis pas fier, de celle-là, mais elle m'amuse bien quand même). Sa cote de popularité baisse en même temps que monte sa pote de copularité. Il reste au top, mais au top model. Qu'il se rassure, ça ne recroquevillera pas son ego. En revanche, côté Bourse, un coup de froid a racorni tout ça.
Les syndicats et les révolutionnaires devraient en tirer un enseignement. Ils ne se battent pas avec les bonnes armes, contre le patronat et contre le capitalisme, un peu comme les Indiens d'antan qui n'opposaient que des arcs aux winchesters à répétition de John Wayne et de ses homologues à stetson. Combat inégal.
Que ne se battent-ils avec les armes du capitalisme, nos vaillants extrémistes de gauche, nos incorruptibles syndicalistes, ce peuple de gauche, irréductible, à la morale éclairée, qui se revendique des Lumières.

Que n'organisent-ils une grande collecte auprès de leurs ouailles, cotisations, dons, destinée à investir, à spéculer en Bourse, choisissant les entreprises à couler, à engranger les dividendes dans le but de continuer de détruire les fautifs de l'horreur économique. Que ne se démènent-ils pas pour devenir actionnaires majoritaires de certaines sociétés-cibles, dûment représentés dans les conseils d'administration, se mettant en position favorable pour évincer les mauvais administrateurs, les patrons voyous, les cadres dirigeants trop gourmands, en bref, à utiliser les mauvaises manières du libéralisme contre le libéralisme.

T'as pas cent balles, camarade, c'est pour couler la Bourse, la révolution est en marche.

Et cette petite réflexion à l'attention du PCF, de la LCR, de LO, et autres thuriféraires du grand bouleversement pour des lendemains qui chantent (l'Internationale).
Plutôt qu'instiller dans vos organisations des désirs de refondation, pour éviter de dire modernisation, ce qui révélerait ipso facto l'archaïsme dont elles souffrent, le seul acte vraiment révolutionnaire dont vous pourriez vous enorgueillir serait de brûler l'argent. Tout l'argent. Oui, le vôtre également. Mais faites-moi la grâce, preuve de votre reconnaissance, puisque je vous apporte l'idée, de ne vous en prendre au mien qu'en dernier lieu.
Je n'ai pas une confiance absolue en la révolution. Et une extraordinaire méfiance envers les révolutionnaires.
par François publié dans : Idées folles
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Samedi 19 janvier 2008
Je reviens quelques instants sur la décision de notre incomparable, de supprimer la publicité des chaînes de service public.
A moins de privatiser une des chaînes, l'argent va manquer pour financer les services d'information, les productions de créations (téléfilms), et les heures libérées par cette suppression des spots de pub. La rallonge de crédits réclamés par Patrick de Carolis, le président de France Télévisions a été refusée et près de 300 personnes employées dans la régie publicitaire se retouvent sans grande utilité et donc promis à rejoindre la grande famille des chômeurs. Or la privatisation d'une de ces chaînes ne réjouit pas nos amis Bouygues (TF1) et Bolloré(Direct 8) qui entendent bien profiter de la répartition des budgets pulicitaires jadis gagnés par le service public, et qui verraient d'un assez mauvais œil un concurrent venir semer le trouble dans le paradis des marchands de temps de cerveau disponible. Le financement de la télé de service public doit donc se faire autrement. Ce génie des temps modernes qu'est Alain Minc, conseiller de Bolloré et Président du conseil de surveillance du Monde (cumul étonnant puisque Bolloré possède deux journaux quotidiens gratuits Matin Plus, et Direct Soir, donc concurrents du Monde) a trouvé la solution à cet épineux problème de satisfaire chèvre et chou : taxer les opérateurs de téléphonie mobile, fournisseurs d'accès à Internet. On pourra également taxer les supports tels disques durs, CD vierges, postes de télé, etc.
Voilà une idée belle et bonne.
Déjà, le coût déboursé par un fabricant pour faire réaliser une publicité vantant son produit et l'achat d'espaces pour la diffuser est inclus dans le prix de vente du produit, ainsi que celui du distributeur, c'est-à-dire que la pub pour un produit est payée par celui qui a été sensible à cette pub – le consommateur –, maintenant, une partie de l'espace lui-même (de la valeur de la captation des budgets autrefois gagnés par le service public) sera déjà réglée par les consommateurs, puisqu'ils financeront la part anciennement apportée par la publicité.
Ça ressemble foutrement à avoir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crèmière.

Donc, le consommateur achète :
– un produit ;
– sa publicité et sa diffusion ;
– une partie du canal de diffusion de sa publicité.

Un trois-en-un, de quoi viendrait-il se plaindre ?
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 18 janvier 2008
Je n'aime pas les Turcs. Ni ne les déteste. Je veux dire par là que sans être turcophile, être turc ne constitue pas pour moi une circonstance aggravante pour quoi que ce soit.
Il y a un peu plus de vingt ans, je suis allé en Turquie. Notre guide se prénommait Aykut qui nous avait dit que cela signifiait "rayon de lune" ce qui est joli.
Nous avions visité en sa compagnie une grande et belle mosquée et il ne s'était pas privé d'invectiver les islamistes qui commençaient à pointer le bout de leur barbiche, les traitant, en Turc, de salauds, d'intolérants et d'autres noms d'oiseaux fort peu flatteurs. Nous étions ressortis, un peu génés, sans trop comprendre le pourquoi d'une telle rage à l'encontre de ces "fidèles" dans un lieu de prières. Il nous avait expliqué que ces gens étaient des intégristes, comme ceux qui en France s'enchaînaient aux portes des hôpitaux pratiquant l'avortement ou mettaient le feu aux cinémas qui projetaient je ne sais plus quel film qu'ils jugeaient blasphématoire.
J'étais un peu géné, mais en tant que mécréant, l'insulte à l'adorateur d'idole ne me scandalise pas plus que ça, j'y verrais même un indice de bonne santé mentale. "Crôa, crôa, crôa comme moi, disent les sorciers de tous les pays, et surtout ne discute pas. Puis nous étions aller boire un "apple tea" chez des Turcs et cueilli des citrons sur leur citronnier. Leur acidité était douce.
Les Turcs qu'il m'avait été donné de rencontrer étaient plus qu'accueillants, bienveillants. Je garde de ce séjour un agréable souvenir.
Aujourd'hui, Dilber Can est en France. Elle ne demande rien. Enfin, pas grand chose. Juste la possibilité de mourir auprès de son fils. Dilber Can est turque, impotente et compte quatre-vingt neuf années dont les huit dernières passées en France, chez son fils Omer, Français de nationalité, boucher de métier. Dilber, elle, n'a pas de visa sur son passeport. De toute façon, avec ses vieilles jambes qui ne la supportent plus, un passeport n'a guère d'utilité.
Mais c'est sans compter sans la rupture, sans la préfecture et sans la médecine.
Car il s'est trouvé un médecin de la santé publique, mandaté par la préfecture de Moselle, un de ces types qui a prononcé le serment d'Hippocrate*, pour aller dans le sens de la loi Hortefeux qui veut par le truchement de la préfecture que madame Dilber Can aille traîner ailleurs son asthme son âge et son ostéoporose et qui entend bien voir l'avis d'expulsion de la vieille dame respecté à l'heure dite, le 7 février prochain.
Ce brave praticien a jugé, tranché dans le vif après les deux demandes de "régularisation" de l'aïeule, répondant que "l'intéressée pouvait bénéficier dun traitement approprié dans son pays d'origine" et qu'"il na pas paru opportun de l'admettre au séjour en France à titre dérogatoire ou pour des motifs exceptionnels ou humanitaires".
Je ne connais pas d'injures en Turc. Mais il y en a tant en Français, je ne sais laquelle choisir. Il suffit de lire le serment d'Hippocrate : "Que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque" [aux promesses proférées dans ledit serment].
Aujourd'hui, quand je pense aux citrons, c'est l'amertume qui me vient. Et le mot bienveillant ne m'évoque rien de vraiment français.

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Depuis, le ministre Hortefeux, a fait surseoir à cette décision préfectorale d'expulser la vieille dame, ce, pour "raisons médicales". C'est sans doute pour elle et sa famille un soulagement. Mais le petit polo du médecin, fonctionnaire jusqu'au fond du slip, reste entaché de cette faculté d'impitoyabilité dont il a fait preuve.

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(*) Serment d'Hippocrate :
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité. J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences. Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. Admis(e) dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs. Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés. J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité. Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j'y manque »
Texte connexe : La France fout le camp


par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 15 janvier 2008
Quelquefois, je me demande pourquoi une si belle machine que l'humain avec sa viande, ses fluides corporels (sacrés), et ses nerfs, son squelette, ses abats, ses pièces nobles, ses bas morceaux  et son cerveau pour contrôler le tout dans un ordonnancement impeccable soit autant féru de futilités.

Nous avons un président, soit, il faut du travail pour tout le monde. Ce président, se sépare de sa femme, divorce. A moins que ça ne lui bouleverse les sens, qu'il devienne inquiétant, encore plus inquiétant, nous aurions raison de nous préoccuper de sa situation sentimentale. Heureux homme, il retrouve une compagne en moins de temps qu'il ne faut à un ministre pour dire une connerie. Tant qu'il ne délaisse pas les affaires de l'Etat pour conter fleurette à la belle, rien ne devrait nous faire nous retourner sur cette idylle pipolitique. Et tiens, même, s'il délaissait les affaires de l'Etat, on ne serait pas forcément fâché.

Alors pourquoi faut-il qu'on s'intéresse à un quelconque mariage célébré en secret – de toute façon, peu d'entre nous auraient (ont) reçu un faire-part pour la cérémonie ou un carton d'invitation pour la sauterie nécessaire à la célébration des hostilités naissantes.
Pourquoi faut-il que nos vaillants journalistes, ceux-là même qui se font tuer ou enlever aux quatre coins du monde tartinent sur des rumeurs d'examen obstétrique dans une clinique de Neuilly ?
Personnellement, Nick the First pourrait inséminer la Carlita autant de fois qu'elle veut, je m'en contrefiche. Pourvu que la marmaille ne s'estime, dans quelques années, obligée d'anonner "bonne chance mon papa" dès que l'autre prendra la décision de se présenter à quelque élection. Pourvu qu'on n'assiste pas à l'accouchement en différé avec traduction pour sourds-muets, et bonus sur DVD, pourvu qu'on ne nous montre pas les premiers pas, qu'on ne nous fasse pas entendre le premier babil du "premier rejeton de France", qu'on nous foute la paix avec ses dents, ses diarrhées, ses "petits vomis", ses colères et ses câlins.

Mais peut-être, ce qui chatouille la presse, c'est cette volonté que manifeste Nick the First d'occuper en permanence l'espace médiatique, contraignant radios, télés et presse écrite à la surenchère, avec ou sans brosse, conjointe avec l'annonce d'une transparence toute relative, et qui n'existe dans la réalié que dans son annonce par le principal intéressé.

Pauvres médias, qui s'amusent au jeu du "cours après moi que je t'attrape" bien conscients que ce sont eux qui courent.

Et tant qu'on parle du gros petit ventre de Carla, de la bague de madame qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la bague de la précédente dadame, du mariage célébré sans publication des bans, on évite de parler des choses qui fâchent.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 15 janvier 2008
On ne va pas tarder à en entendre parler.
Après la prohibition du tabac dans les lieux publics, les campagnes et les lois contre l'alcool - y compris contre le vin, que le bon Pasteur vantait comme la plus saine et la plus hygiénique des boissons - la pipe appelée fellation par ceux qui ont des lettres et le broute-minou que ceux-là nomment médicalement cunnilingus, bref, les rapports buccogénitaux (pour mettre du mercurochrome sur les sujets scabreux) seraient dangereux pour la santé. Que dis-je, dangereux. Des pratiques fatales.
Ces voluptueuses agaceries, ces étreintes gourmandes, effleurements de gourmets refileraient le cancer aux audacieux qui les dispenseraient.
On va vraiment devoir aller à Copenhague le 31 mai, alors.
La nouvelle tombe après la campagne de publicité sanitaire en faveur du vaccin contre le papillomavirus accusé de provoquer le cancer de l'utérus (des femmes, préciseraient les incultes). C'est cette même vilaine bestiole, il faut bien reconnaître qu'elle a une assez sale gueule, qui serait à l'origine de cancers de la gorge et du pharynx de ceux qui ont bu le plaisir à sa source.
Allons bon.
Ça va terriblement limiter les moments de plaisir, tout ça.

Qu'est-ce qu'il va falloir travailler plus pour s'emmerder davantage.



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Et pour bien vous angoisser, sachez que le papillomavirus est celui qui provoque des verrues aux mains et aux pieds (si vous en avez ailleurs, inquiétez-vous). Et hop, on s'inspecte.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 11 janvier 2008
Nick the First me fait penser à un type qui s'habillerait de frais mais quel que soit le costume enfilé laisserait paraître une inévitable tache.

Tout a commencé avec l'ouverture du Gouvernement à des personnalités de gauche et de la société civile, ce qui pouvait passer pour une volonté de pluralisme, mais qui consiste surtout à déstructurer le PS et les associations socio-humanitaires.
Même stratégie avec le service minimum dans les transports en commun (en particulier). Les usagers seront ravis de monter dans leur train les jours de grève. Qu'importe si le dialogue social entre les syndicats et les directions se fait en langage des signes, et à distance.
Manœuvres identiques avec la libération des infirmières bulgares et les mirifiques contrats, dont on ne connaît toujours pas le montant final, passés par Khadafi, ou encore ceux signés en Chine ; on libère, on gagne des sous, qui donc aurait l'audace - dans la situation financière du pays - de ratiociner prenant prétexte que ces braves clients (et donc les braves marchands de chez nous) s'asseoient sur les droits de l'Homme comme un amateur de sensations fortes sur le siège du Space Mountain : allègrement. Peu importe la nausée consécutive.

Dernière trouvaille : la décision de supprimer la publicité sur les chaînes de télévision de sevice public.
Formidable idée qui ne peut que séduire les anti-pub et ceux qui considèrent que la qualité prime sur la quantité, qu'une émission se juge à son contenu et non à l'audimat mesuré. Ce faisant, et les actionnaires et autres boursicoteurs ne s'y sont pas trompés, la manne publicitaire que captaient les chaînes de service public sera mécaniquement redistribuée aux amis du Président, Bouygues en tête (TF1), mais aussi Bolloré (Direct8), et Lagardère (Lagardère Télévision International).
Qui donc se plaindra de la disparition de ce symbole et cet outil du libéralisme qu'est la publicité sur le service public ? Certainement pas moi. Et en toute logique, on sera bien mal à l'aise de critiquer le fait de favoriser les chaînes privées et le développement de leurs programmes commerciaux vantant la grande distribution, la bagnole et les assurances.

Et pourquoi, d'abord, s'embarrasser de principes ? Ça rapporte quoi les principes ? On peut s'acheter une Rolex avec ?
 
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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