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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
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Jeudi 31 janvier 2008
Le camarade Resse a fait un billet concernant la mise en garde à vue d'un professeur de Berlémond pour violence aggravée – une gifle – sur un élève qui l'avait traité de connard. Son gendarme de père en uniforme réglementaire est venu réclamer justice parce qu'un enseignant n'a pas à claquer la gueule d'un petit malpoli. Il sera jugé ! Non mais.
Il a suscité ce commentaire de ma part.



La vieille ordure a cané. Je parle du dirlo. Il était dirlo, lettré et alcoolique. Physiquement balèze, il pratiquait le châtiment corporel, la raclée. C'était à Enghien, il y a mille ans, dans une école privée – privée de tout ce qui pouvait faire naître le désir des élèves hormis celui de quitter l'école pour reprendre la boîte de papa. Pas de musique, pas de dessin, pas de travaux manuels et pas de sport. (Je n'étais pas fâché de l'absence de ces deux dernières disciplines qui font la splendeur de l'homme moderne – n'est-il pas beau le bricoleur dans son survêtement immaculé, si on ne prête attention à la tache de graisse ici, et de sueur ici, ici et là ?)
Je garde le souvenir cuisant d'un livre de Français de troisième traversant l'air pour venir légèrement m'éclater une arcade sourcillière alors que je m'étais laissé aller à bayer aux corneilles, tandis que le père Bigot (le dirlo était prof de Français) s'évertuait à nous empêcher de bailler à Corneille.
A la suite de quoi, je ne le traitais même pas de connard, car pour sûr, une gifle n'aurait pas été indue. Autres temps autres mœurs.
Mais un fils de gendarme mérite des claques. Par nature. Par manque de discernement. Et cette histoire de procès fait au professeur à la main leste et vengeresse est bien pitoyable.
Le morveux va s'en enorgueillir et sentir renforcé son pouvoir de toute-nuisance qui ne fera que s'amplifier après la non moins pitoyable sortie de Nick the First : "dans la transmission  des valeurs et l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne remplacera jamais le pasteur ou le curé". (Et rien à propos des scientologues, quelle ingratitude !)
Ces enseignants laïcs ne supportent rien ! Quant à l'éducation que la gendarmesque délivre à sa progéniture, elle est sans doute irréprochable. Jamais on n'a vu un représentant de l'ordre public, l'insulte à la lèvre ou l'annuaire à la main pour faire ployer l'entêtement du prévenu.
Il devient urgent de faire de ci de là quelques réformes pour qu'une telle affaire n'occupe plus les colonnes de nos journaux.
Primo, supprimer l'école et secundo, émasculer les gendarmes dès la naissance, afin que cette triste engeance ne se reproduise pas.
On voit par là qu'il y a des solutions à tout problème.
 
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 31 janvier 2008
Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con.
Merci, Tonton Georges pour ce trait définitif et impérissable donnant à penser que le poête peut avoir raison.
Car la raison, pour peu qu'on l'observe quelques instants, rend l'homme déraisonnable. L'homme moderne croit à la raison. Comme une quelconque ouaille. Ce qui est sot et déraisonnable. Ne dit-on pas bête comme une ouaille ?
La bien-pensance a jeté l'opprobre sur la discrimination. La discrimination due à la couleur de peau, la discrimination sociale, la discrimination sexuelle, que cette dernière concerne la sexualité ou la nature d'une personne sont d'odieuses pratiques injustifiées, eu égard à l'égalité en droits des citoyens divers et variés. Il n'y a en effet aucune bonne raison de privilégier un Nègre à un Inuit, sauf si on est un phoque, car le premier préfère chasser l'éléphant pour lui ravir ses défenses et les vendre à nos incomparables esthètes blancs, ou le lion dont il aura retiré l'intérieur, mais conservé la tête, pour que ce même puissant personnage puisse proposer à sa maîtresse une partie de jambes en l'air sur la dépouille d'un fauve rendu inoffensif par la mort brutale, ce qui est infiniment plus romantique que sur une couverture en cuir retourné en véritable veau, élevé ou non sous la mère. Le danger est un puissant excitant et nourrit le romantisme germanopratin. On voit ici combien l'esthète de lion est supérieur à l'esthète de veau.
Résumons-nous, la discrimination, c'est vilain. Il faut donc des principes et des lois pour que l'homme moderne évite de tomber dans ce travers, et l'homme sensé, qui bien souvent est une femme, a inventé la parité.
La parité consiste à reconnaître des qualités à un être qui n'en a pas forcément au seul et imparable prétexte qu'il a un sexe et que l'on a reconnu auparavant des qualités équivalentes à un personnage possèdant un sexe différent.
Ainsi, pour ne pas froisser les femmes par nature aussi méritantes que les hommes, il a fallu se creuser la cervelle pour trouver des corsages à boutonnières pour y accrocher des rubans rouges.
Dans un souci de parité, il a fallu trouver un équivalent mérite à Alain Minc, Pierre Giacometti, le père Ceyrac, Michel Polnareff, Claude Brasseur, Jean-Louis Scherrer, Jean-Paul Guerlain, Guy Roux, Willy Ronis,
en les personnes de Sœur Emmanuelle, Claudia Cardinale, Muriel Robin, Marie-Claude Pietragalla, Isabelle Balkany, Christiane Desroches-Noblecourt, Dominique Loiseau, dont les noms immenses symbolisent pour le petit peuple, la réalité de l'excellence.
Qui pourrait en effet s'élever contre la justesse de la nomination, à un des grades les plus élevés de la Légion d'honneur, d'Alain Minc, qui est au journal Le Monde ce que le mécanicien dentiste est à l'horlogerie de précision, un expert en dents pointues, ou contre celle d'Isabelle Balkany qui a l'immense mérite d'être l'épouse de Patrick qu'elle assiste dans sa vaste tâche de conducator de la bonne ville de Levallois-Perret, et que de fort méchantes langues rapprochent de la défunte et regrettée Eléna Ceaucescu, croyant percevoir dans ce couple mirifique, persistant en cela dans leur erreur ineffable, une once de népostisme. 
La proximité du père Ceyrac et de Sœur Emmanuelle n'est qu'une évidence. Faisons une croix là-dessus.
Au rayon du lever de jambe, on a déniché la Pietra, qui lance le chausson de danse aussi haut que Guy Roux les crampons, et les parfums de (bonne) cuisine dont Dominique Loiseau ennivre ses clients jouxtent ceux dont les mêmes clients se sont aspergés en vidant leur petit flacon de Guerlain.
Comment ne pas voir l'équivalent entre Brasseur et Cardinale, acteurs entrés de leur vivant dans leur propre légende, entre le politologue Giacometti qui sonde l'opinion pour y débusquer le futur élu, tout aussi bien que Christiane Desroches-Noblecourt fouille le sarcophage afin d'exhumer la momie au grand jour. Ramsès II (dit le Grand) portait-il lui aussi des talonnettes ?
Et si l'œil de Willy Ronis a su saisir la vie de tous les jours pour nourrir notre présent de mille exquises petites choses du passé, Muriel Robin fait de même, et continue de la restituer sur scène, comme on a récemment pu le constater dans Les fugueuses avec Line Renaud.

Enfin, car il faut bien reconnaître les mérites de chacun, et rendre à César ce qui lui appartient, Nick the First a eu ce trait de génie d'exiger la parité afin que "la République distingue de la même manière les talents de ces femmes et de ces hommes qui l'ont bien servie". Car ce qu'un homme fait, une femme peut le faire.

Et ce dernier point est indéniable, Michel Polnareff n'a-t-il pas excellé dans le service à la France, en la quittant durant vingt ans pour ne pas avoir à se fâcher avec ses services fiscaux.

Donc, comme on vient d'en faire la démontration éclatante, la parité est une belle chose qui sert à différencier les hommes des femmes, et le temps ne fait rien à l'affaire.

Le poête a toujours raison.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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