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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Vendredi 30 mai 2008
Tout commence par une question.
Pour qui avez-vous voté ?
Trois réponses s'offrent à vous :
Sarkozy ;
Royal ;
Blanc ou nul.

Vous avez fait votre choix ?
Si vous n'avez pas fait le bon choix, persévérez. Si vous vous entêtez dans votre option première, faites un peu preuve de curiosité. Changez votre point de vue, jusqu'à plonger dans le plus parfait désordre. Là, vous pénétrerez dans un aimable fouillis, de textes, de photos, de musique. Un fatras indescriptible et adorable de surprises que n'aurait pas renié Perec.
Puisqu'il est indescriptible, autant y aller voir par vous-même.
Il suffit de cliquer sur le désordre.

par François publié dans : Revue de blogs
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Vendredi 30 mai 2008
Fourniret le savait bien, lui, et les "martyrs" d'Al quaïda à qui ceux qui parlent au nom d'Allah en promettaient un nombre irraisonnable dans un paradis extraterrestre, rien de tel qu'une vierge, pour honorer l'homme de la tête à la queue.
La Justice française dans la haute considération qu'il a de l'homme, de l'homme au sens spécifique, pas générique, a accordé à un frais époux, hier, à Lille, l'annulation de son mariage pour la seule raison que sa fraîche épousée n'était plus vierge.
Déshonoré, qu'il se sentait au soir de ses noces, il avait en juillet 2006 assignée sa nouvelle femme en justice qui l'avait assuré de sa chasteté, ce qui constituait la condition sine qua non à leur union, le tribunal lui a donné raison. La menteuse, la fautive, en un mot la salope avait déjà connu le loup, du coup, il y avait tromperie sur la marchandise. Quoi, pas même un petit bout d'hymen à déchirer, alors qu'on lui avait promis du sang frais à déguster.
Il ne pourrait parader à la fenêtre, les doigts fièrement soudés sous les bretelles, après avoir exhibé le drap nuptial souillé du sang féminin.
Il s'en est ouvert au petit matin à son papa qui manu militari a reconduit l'ignoble femelle dans sa famille, le front haut, sûr de son bon droit de chef de famille floué. A défaut d'hymen, la justice a tranché rendant grâce à Monsieur, et jetant une juste opprobre sur le jeune femme, au prétexte qu'elle avait menti sur (l'une des) "qualités essentielles de la personne".
Ah qu'il est triste de n'être pas le premier au plus beau jour de la vie d'une femme.
Car à n'en pas douter, c'est bien d'amour qu'il s'agit. Comment une femme peut-elle réellement aimer son petit homme si elle le fait pénétrer dans un appartement de seconde main, une vulgaire occasion ? Qu'elles sont fourbes !
Et l'homme, ne cours-t-il pas un grand danger à ne pas être le premier, risquant d'entrer en compétition avec son ou ses prédecesseurs, la comparaison pouvant se conclure à son désavantage ? Si la demoiselle n'est pas naïve, Momo risque de passer pour un balourd, un égoïste, une truffe. Il y a toujours un risque à ce que ceux que l'on désire soumis soient cultivés et informés.

La barbarie a de beaux jours devant elle, tant que la justice reconnaîtra que la sexualité d'une femme ne lui appartient pas, que son corps ne lui appartient pas, que les individus (et les femmes en particulier) doivent se plier aux dictats de la religion et (ou) du qu'en dira-t-on. Que la virginité (des femmes) est encore une valeur d'appréciation de la qualité d'une personne. L'obligation faite à une fille de rester vierge, de se "préserver pour son futur époux" n'est rien d'autre qu'une violence sexuelle, une privation élémentaire de liberté d'un individu (une femme, certes, est-ce une circonstance atténuante ?).
Les violences sexuelles ont doublé en six ans ; les viols touchent en grande majorité les femmes et les enfants. Et probablement, il faudrait augmenter le résultat de cette statistique. Car la sexualité est un des bastions que les tyrans domestiques défendent bec et ongles. Le viol légal existe et perdure depuis des siècles, qui s'appelle le devoir conjugal. La justice française, donnant tant d'importance à la virginité – le pécher de mensonge à son sujet cessant d'un coup d'être véniel – vient d'entériner les délires de pureté d'un Fourniret ou d'Al Quaïda.
Elle vient de justifier les demandes (volontaires ou contraintes) de reconstruction d'hymen de la part de jeunes filles qui auront "fauté". Elle vient de faire un pas vers la reconnaissance de la charia. Elle vient de redonner un peu d'air (pur) à tous les intégristes de toutes les chapelles.

Mais dans le fond, heureusement, pour elle, que ce mariage ait été annulé, la jeune femme vient d'échapper à la perspective d'une longue vie commune avec un homme qui ne l'aimait pas réellement.


Les sabots d'Hélène
Etaient tout crottés
Les trois capitaines
L'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De les déchausser
Les sabots d'Hélèn'
Moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée
Dans les sabots de la pauvre Hélène
Dans ses sabots crottés
Moi j'ai trouvé les pieds d'une reine
Et je les ai gardés

Son jupon de laine
Etait tout mité
Les trois capitaines
L'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De le retrousser
Le jupon d'Hélèn'
Moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée
Sous le jupon de la pauvre Hélène
Sous son jupon mité
Moi j'ai trouvé des jambes de reine
Et je les ai gardés

Et le cœur d'Hélène
N'savait pas chanter
Les trois capitaines
L'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De m'y arrêter
Dans le cœur d'Hélèn'
Moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée
Et dans le cœur de la pauvre Hélène
Qu'avait jamais chanté
Moi j'ai trouvé l'amour d'une reine
Et moi je l'ai gardé

Georges Brassens
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Lundi 26 mai 2008
Mardi 13 mai, je signais un billet intitulé "Feignasses" qui faisait état de l'absentéisme de députés UMP lors du vote d'un texte sur les OGM. Le Canard Enchaîné revenait cette semaine sur ce même sujet, délivrant quelques noms de personnalités de premier plan du parti majoritaire, spécialistes en quelque sorte de ce sport national consistant pour des députés, à ne pas remplir les fonctions pour lesquelles ils sont élus, payés, et assurés d'une confortable retraite ainsi que d'une large protection sociale au cas où ils se retrouveraient au chômage (4 ans, c'est du caviar).
Loin d'être fervent d'un antiparlementarisme de méchant aloi, je poserais néanmoins une unique question :
Quelle entreprise, quel chef d'entreprise, quels actionnaires supporteraient la préservation d'un salarié qui ne se présenterait pas ou que très peu à son travail, ne remplirait pas l'intégralité des tâches qui lui sont assignées, et qui de surcroît cumulerait un autre emploi ? Ne le videraient-ils pas illico presto, ne lui colleraient-ils pas un licenciement pour faute grave, sans indemnisation, cela va de soi, ou au minimum ne réclameraient-ils pas sa démission ?
Ainsi, MM. Devedjian, Balkany, Aeschlimann, partie émergente de la quarantaine de représentants du peuple ne venant quasiment jamais à l'Assemblée nationale pointés de la patte palmée de l'utile volatile, réélus depuis moins d'un an, se permettent de ne rien représenter du tout. Démission de fait, mais conservation de fonction et de traitement. Que les choses sont aisées quand l'environnement vous est favorable !
Mais leurs employeurs, vous, moi ne sont guère sévères.
Où passe l'argent du contribuable, aime-t-on à se répéter, dans notre cher et beau et vieux pays, en particulier dans les émissions de Jean-Pierre Pernaut, voilà pour le journaliste de TF1 une piste à explorer.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 23 mai 2008





L'auteur, que j'ai l'impression de connaître, vu que la seule référence à un blog y est faite au bénéfice des Carnets de l'Ours, l'auteur, donc, y propose des saynètes à la manière de la comedia dell'arte en traitant de choses et de personnages de notre époque.

Vous pouvez toujours dire ici ce que vous en pensez.


A visiter régulièrement sans aucune modération :

Lazzi & quolibets
par François publié dans : Revue de blogs
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Mercredi 21 mai 2008
Le beau Devedjian maintient ses déclarations belliqueuses à l'égard de la limitation à trente-cinq heures la durée légale du temps de travail.
Décrivant la vocation de l'UMP comme "d'être en avant du gouvernement, d'ouvrir, de déminer des débats", Devedjian souhaite "qu'il y ait un paquet social à l'intérieur de chaque entreprise, qui soit négociable par les partenaires sociaux, et que notamment la durée du travail dans l'entreprise puisse être un élément de cette négociation".
Avec l'expérience, on se rend compte que déminer les débats consiste à lancer la polémique, et sensibiliser les esprits à l'idée nouvelle que l'on vient de lancer, avant qu'elle ne devienne un projet puis une réalité. C'est la vocation des partis politiques. Devedjian le dit, à nous de bien écouter.

En gros, après avoir appâté le couillon de salarié avec la défiscalisation des heures sup' – c'est avant tout l'entreprise qui bénéficie de la mesure – et un vinaigre aromatisé au miel du type "travailler plus pour gagner plus", il ne reste plus qu'à l'entreprise de négocier – en interne (!) – la durée du temps de travail, pour qu'il n'y ait plus d'heures sup' à payer.
Avec toute l'influence que les syndicats peuvent avoir lorsque la négociation ne se fait pas à l'échelle nationale, lorsque les discussions se font au cas par cas, les salariés peuvent tout de suite dire adieu au magot et faire un stock de "Préparation H".
Qui peut bosser quarante, quarante-cinq heures par semaine en se faisant payer cinq ou dix heures supplémentaires, peut bosser quarante, quarante-cinq heures hebdomadaires en étant payé au tarif normal. Et tiens, pendant quarante-et-un ans, pourquoi pas ? Pour le moment. Et puis encore tiens, à 70-80 % de leur ancien salaire, si la chouette idée de rendre impossible aux chômeurs deux refus à une offre "raisonnable" d'emploi devenait un projet puis une réalité.

Feignants de chômeurs. Feignants de salariés, on leur donne plus de travail, et ils voudraient qu'on les paye plus cher ! Mais ce n'est pas ça travailler plus pour gagner plus.
Travailler plus pour gagner plus, c'est : travaillez plus et vous gagnerez plus que si vous travailliez moins !
Savent pas lire, ces peigne-zobs. Sale engeance inculte.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Lundi 19 mai 2008
Ah il est bien tombé, celui-ci à m'envoyer ce communiqué de presse. Le message de ce jeune Nicolas Garreau* qui m'informe que "les femmes n'aiment plus les fleurs".

En voici le contenu :

Le dimanche 25 mai, nombreux vont être les pères de famille à offrir à leur femme, pour la Fête des Mères, un bouquet de fleurs. Les femmes attendent pourtant autre chose : «  Le bouquet, c’est bien pour les copines », affirme Nathalie, 32 ans, qui veut croire, sans illusion, que son homme « n'est pas comme les autres ». Il y a pourtant de grandes chances que Nathalie, dimanche, reçoive elle aussi un simple bouquet.
 
C'est donc pour aider les messieurs en panne d'idée que l'agence ApoteoSurprise, à l'occasion de la Fête des Mères, lance une nouvelle prestation "clé en main" baptisée "Dites-lui je t'aime avec une fleur humaine". Le scénario offre aux amoureux la possibilité de surprendre leur femme en faisant intervenir, à domicile, un comédien déguisé en marguerite géante. Avec humour et malice, le comédien remet à la dulcinée un parchemin sur lequel est calligraphié le message d'amour du courtisan. Le comédien peut également surgir, de jour comme de nuit, sur le lieu de travail de la personne, dans un aéroport, sur une péniche, dans un jardin public ou à tout autre endroit allant du plus commun au plus saugrenu.
 
ApoteoSurprise ( www.apoteosurprise.com ), qui est spécialisée dans l'organisation de déclarations d'amour originales, propose, depuis début 2006, une quarantaine de scénarios romantiques permettant aux hommes de déclarer leur flamme avec élégance et romantisme. Parmi les scénarios disponibles : l'affichage de la déclaration d'amour sur les ailes d'un avion ou au pied de la tour Eiffel, une pluie de mille roses rouges venant recouvrir la surface d'un yacht durant un dîner-croisière, des centaines de bougies flottant dans les airs pour y composer un mot d'amour, ou bien encore l'apparition d'un message sur un panneau géant durant une virée en limousine.


Elle va pas être contente bobonne ? Quand un abruti déguisé en marguerite – combien ça peut gagner, un homme marguerite ? – viendra lui annoncer qu'elle est l'être le plus chéri au monde par son Don Juan qui l'instant d'avant passait à ses yeux pour un balourd comme les autres, un pauvre mec qui offre des fleurs. Pauv' con.

Et si ça ne lui plaisait pas à cette conne de Nathalie cette histoire de marguerite, il se trouvera bien un des quarante scénarios que propose machinpointcom.
Dites-lui "je t'aime"...
… avec un magicien à domicile ;
… avec une colombe ;
… sur un yacht ;
… dans une limousine ;
… lors d'un dîner lyrique ;
… avec une aubade à domicile ;
… dans un musée de poupées ;
… dans les rues de montmartre ;
… en (en montgolfière) vous envolant avec un ange (un comédien) ;
… dans un châlet sur une île ;
… sur un camion publicitaire ;
… avec un chef à domicile ;
… dans un numéro de cirque ;

Je vous les fait tous ? Non.
Tout homme qui connaît, respecte et apprécie les femmes sait bien que la meilleure déclaration d'amour n'a rien à voir avec le tape-à-l'œil. Il faut laisser l'épate et le clinquant aux sarkozistes acharnés, ça ne tient pas aux intempéries, à la première averse, la couche superficielle se délite pour laisser apparaître un alliage vulgaire.
Non tout homme qui connaît, respecte et apprécie les femmes sait bien, lui, que la meilleure déclaration d'amour se fait le matin, de bonne heure, quand elle lui apporte son café au lit et avec des tartines beurrées !


 
_________________________

A savoir que les prestations vont de 290 euros (le magicien à domicile) à 15900 euros (avec une patrouille aérienne). Meilleur marché, mais nécessitant davantage d'imagination, 3990 euros avec l'inspecteur Colombo (on voit bien qu'il ne s'agit pas du vrai) dans un château de la vallée de Chevreuse.




Informations disponibles sur le site qui vend de la déclaration d'amour clé en mains

 Nicolas GARREAU (30 ans)      Ingénieur Aéronautique ESTACA, il a démarré son cursus professionnel en tant qu'Ingénieur d'Affaires en SSII avant de prendre la Direction Marketing d'un studio de création de jeux vidéos. Auteur de plusieurs livres* satiriques et réalisateur d'un documentaire d'aventure aux Etats-Unis, il fut également le Fondateur d'une société éditrice d'outils marketing dans le secteur du loisir sur Internet.
_______________________________________
(*) Auteur de plusieurs livres ! Bigre, c'est du lourd. Les livres satiriques en question semblent compiler les boulettes et crétineries de participants à des émissions de téléréalité "C'est que du bonheur", de Jean-Claude Van Damme "Aware", de Nikos Aliagas "Nikos Alias Gaffes" le dernier de ses ouvrages relatant ses déboires dans la net-économie des start-up "Pourri.com".


par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Lundi 19 mai 2008
Tout et tout de suite. J'ai le sentiment que "tout et tout de suite" est de venu l'axiome incontournable de nos sociétés dites développées. Revers de la médaille, beaucoup n'auront que peu sinon rien, et jamais.
Depuis la reconstruction après la seconde guerre mondiale, nous n'avons eu de cesse de courir après le moderne, l'objet moderne, la pensée moderne, qui se sont transformés en jetable, l'immédiatement moderne rend périssable le vieillissant, le précédemment moderne. On a baptisé "progrès" tout ce qui est nouveau, sous prétexte d'amélioration même minime de l'ancien. Dans les années 1950 à 1975, on a valorisé par voie de réclame, modernisée en publicité, renforcée par le marketing) l'acquisition de biens récents, objets en tous genres, en affirmant que souscrire à tel achat équivalait à se démarquer de son voisin, qui, le gros ballot, le ringard, n'avait pas la présence d'esprit, le goût ou les moyens financiers de se payer tel ou tel machin. Il fallait du neuf, il fallait être in, up to date, au goût du jour, en contrepartie de quoi, on restait fréquentable. La bourgeoisie flaubertienne triomphait. Les trente glorieuses allaient nous tuer.

L'art, la musique et la littérature n'y échappèrent pas, le ready-made, le pop art, la culture pop, pour contre-culturels qu'ils fussent, devinrent après récupération de fervents artisans de la société de consommation, pour finir en produits consommation (courante pour certains d'entre eux disques, films, livres) et instillèrent dans nos esprits un poison : l'immédiateté. Tout devenait bon à prendre. Tout était donc bon à vendre. On crée vite, on vend en flux tendus. On crée la demande, on fournit, on "prend l'oseille et on se tire", puis on cherche à remplacer.
Maître-mot : la croissance. La croissance crée le déchet. Le serpent le sait bien, qui se débarrasse de sa peau dès qu'il se sent à l'étroit. En conséquence de quoi, le nouveau n'a plus besoin d'être durable, solide, ou (et) de qualité. Il est même déconseillé pour nombre de "produits" qu'ils vieillissent bien.
Le divertissement est devenu "culture de masse", pratiquement tout tend à entrer dans cette catégorie. Les artistes ne sont disponibles qu'en période de "promo", nous sommes au siècle du petit commerçant pour foule inculte, où on interroge l'auteur ou l'artiste non pas pour l'extraordinaire que recèle son œuvre, non pas pour l'avancée intellectuelle qu'elle peut représenter, mais pour occuper du temps d'antenne, et du papier blanc, et parce qu'il est déjà connu, déjà vendeur et correspond au goût du jour. Une fois la promotion du livre, du film, du disque achevée, l'artiste retourne chez lui, attend que la masse achète et que disparaisse au solde de la vente, sa production intellectuelle, son produit devenu périssable, obsolète, dépassé – déchet. Les ouvriers maniant les outils de promotion passent à autre chose et réitèrent le processus.
A quoi donc, dès lors, pourrait bien servir l'exigence de qualité, l'intelligence, la contestation d'un ordre établi – on ne tue pas la poule aux œufs d'or ! Pas tant qu'elle pond, du moins.
Quant à la "masse". Pourquoi, se soucierait-on de lui fournir un contexte dans lequel elle serait en mesure de choisir ? Pourquoi réclamer de sa part un effort de concentration dans sa lecture ou son écoute ? Ce serait contre-productif.
Les marchands n'ont aucun intérêt à élever intellectuellement les masses et pas davantage aiguiser son discernement. Pourquoi, nos dirigeants mettraient-ils vraiment tout en œuvre pour que la population soit une population cultivée, défendant des valeurs, bien réelles, celles-ci, d'éducation permettant d'analyser, de comprendre, de juger tout message qui lui est transmis, lui permettant de faire la part entre un discours programmatique, par exemple, si on veut s'aventurer sur le terrain politique, et un nuage de poudre qu'on lui jette aux yeux.
Les dirigeants, tout comme les marchands ont intérêt à avoir la bêtise pour clientèle. Et la principale arme servant leur intérêt est l'accélération du mouvement, le raccourcissement du temps.

Ainsi, Alain Bashung qui n'est pas sans qualité et qui n'est pas le pire crétinisateur du moment, est encensé partout pour son dernier disque, sans qu'il se trouve quelqu'un dans nos médias nous assommant de son "Résident de la République" pour s'émouvoir de l'infernal futur du verbe courir qu'il nous assène méchamment. "Je courrirai moins jusqu'au jour où je ne courrirai plus".
Ainsi, les enfants des classes primaires grandissent jusqu'au collège, puis jusqu'au lycée, puis arrivent à l'âge adulte en ignorant quel est le siècle de La Fontaine, de La Bruyère, ne connaissant que vaguement la géographie, réécrivant l'Histoire au gré de leur fantaisie ou des fantasmes d'aînés tout aussi incultes, mais davantage politisés, pour qui le mot apprendre est synonyme de "prise de tête", pour qui le mot effort ne s'applique exclusivement que sur un terrain de sport.
Ainsi, on porte aux nues le "slam" pauvre versification banlieusarde supportée par une musique lénifiante au détriment de la poésie sous prétexte que de jeunes imbéciles parviennent à aligner quelques mots tissant une pensée communautaire commune.
Ainsi Diam's et autres rappeurs chanceux sachant jouer de l'image sont tenus sur un piédestal, se rengorgent et se tiennent pour des références, parce que porteurs d'un message "vrai", prétendument revendicatif, en phase avec leur époque.
Ainsi, il se trouve des enseignants pour les inclure dans la soupe aux cailloux qu'ils servent aux écoliers qui leur sont confiés.
Ainsi, tout se décline sur une forme (cf. Recyclons et tournons petit pataronrond), s'imite, se copie.
L'imitation et la copie résolvent le problème du temps. On coupe court. On vise l'image sans réflexion. On se met à
haïr les miroirs, de peur qu'ils ne nous révèlent la vacuité de nos constructions.
Ainsi nous avons un Président tenant des propos de commercial, qui ressemble davantage à un VRP, qu'à un chef d'Etat.
Ainsi nous avons une lourde carence en utopie. L'idéologie est devenu un gros mot, une tare des siècles passés.
Ainsi, nous avons une jeune génération qui veut tout et tout de suite, comme s'il était question de vivre comme sur une console de jeux vidéo ou dans le monde virtuel d'Internet. Des trentenaires (l'exemple le plus probant est celui de votre Garde des Sceaux (pour ma part je la récuse, tant elle m'insupporte) criant à l'injustice faite à ses congénères de ne pas occuper davantage de postes à responsablilités, comme si la génération créait des droits en dépit des talents.
Ainsi, leur vie est une perpétuelle fuite en avant.
Prêts à tout (***), à n'importe quoi pour être mis en lumière, leur visibilité dans le monde est plus que tout nécessaire. Leur moi se nourrit exclusivement de photons. Hors la reconnaissance publique ou plutôt ce qu'on pourrait nommer l'objectivation de leur personne par un grand nombre, point de salut. Appelons ce le syndrome "vu à la télé", "100 000 amis sur le Net" ou "Blog rank élevé", c'est la même chose. De même que pour leur modèle on parlera de "5 millions d'entrées", "700 000 albums", "2 millions de chiffre d'affaires" ou "casserole d'or à la Nouvelle Star".
Ainsi nous créons une société de luxe et une société d'insignifiance, le but à atteindre consistant pour ceux qui vivent dans la seconde de réussir à s'insérer dans la première.
La sanction pour ceux qui n'y parviennent pas s'appelle le désespoir. Et ceux-là seront toujours les plus nombreux.

Ne faudrait-il pas tout arrêter, et réfléchir ? Faire un pas de côté et regarder ?
Ce ne serait pas triste.



par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 13 mai 2008
Alors que Son incomparable magnificence essayait de convaincre les commerçants que leur sort avait l'heur de l'intéresser, déclarant "[qu'il n'avait] pas été élu pour m'incliner devant tous les corporatismes, devant tous les immobilismes", les députés de l'UMP ont joué à leur chechef un drôle de tour.
Alors que devait être voté le texte sur les OGM auquel Nick the First est très attaché puisqu'il en est l'un des promoteurs, les députés du groupe UMP étaient trop peu nombreux face à leurs adversaires parmi lesquels le député André Chassaigne (PCF) avait demandé que l'on adopte une motion de procédure visant à rediscuter le texte. Il manquait du monde !
Où étaient-ils donc ces adeptes de l'Assemblée buissonnière ? Pourquoi ne sont-ils pas venus ? En avaient-ils déjà soupé du lobbying appuyé des semenciers ? Se sentaient-ils trop manipulés par leur groupe et par le Gouvernement ?
Ont-ils abusé du soleil du week-end de Pentecôte ? Pourtant, on leur a fait martelé aux masses peu laborieuses, il faut travailler plus pour gagner plus ! Feignasses ! Comment voulez-vous que Nicolas gagne si vous ne travaillez pas ? M'est avis que ça va renauder au château, et que Copé langue de velours* va en entendre parler.
Ça lui permettra de pester contre un autre groupe de gens que les journalistes qui paraît-il ne l'aiment pas. Calimero qu'on malmène – a-t-on déjà vu un marchand de tapis réclamer de l'amour aux gogos qui confondent la soie et la promesse de la soie ?

* Il y a quelques mois, Jean-François Copé promettait d'arrêter la langue de bois.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mercredi 7 mai 2008
Les remises de médailles me laissent froid. Je me demande si récompenser un artiste dans un monde adulte par un colifichet – honorifique, certes – comme un quelconque militaire est la meilleure façon de l'honorer, imposant la marque de l'Etat sur son auguste poitrine dans laquelle bat un cœur libre sans lequel l'artiste ne serait qu'un petit commerçant ployé sous le joug des désirs de ses spectateurs.
Les remises de médailles me laissent froid, bien qu'elles soient justifiées par ceux qui les épinglent sur le revers du veston ou la robe du récipiendaire. Ainsi, l'ordre des Arts et Lettres récompense par l'entremise du ministre de la Culture « les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde. »
Bien.
Donc notre grand et beau pays donne des médailles. Et notre immense ministre de la Culture, Christine Albanel, probablement conseillée par de prestigieux personnages, spécialistes de la chose, au regard acéré, à l'analyse indubitable, pleins de sagacité et de clairvoyance dans le discernement, a décelé en Kylie Minogue, une de ces considérables personnes faisant rayonner les arts et lettres en France et dans le monde. Ce qui de la part d'une Australienne n'est pas une mince affaire, vu que c'est pas la porte à côté.
Ah bon. Mais sinon, qui c'est Kylie Minogue ?
C'est une chanteuse qui chante en Australien, ce qui ressemble de près ou de loin à de l'anglais international plus ou moins américanisé, et relativement incompréhensible pour un type comme Shakespeare. Elle chante : Wow, Tears on my pilow, Sweet music, Under the influence of love, Cow boy style, Drunk, Especially for you... Et l'on s'aperçoit à la seule lecture des titres comment que ça rayonne grave la culture, dans le monde. Parce que, hein, ça veut bien dire ce que ça veut dire, ça, Wow ! C'est envoyé, non ? C'est un peu l'équivalent de diantre, bigre, fichtre, foutre. Mais en Australien. Et ça a l'immense avantage d'être compris par tous.
Pas nécessaire d'aller farfouiller dans un de ces obscurs objets obsolètes que les obsédés textuels nomment dictionnaire, obstinément obtus à l'obligation d'obvier à la difficulté, objurgation contre une trop grande exigence dictée par le marketing allié au jeunisme, hydre à deux têtes promoteur de sous-culture.
En clair, pour les adolescents qui n'entendraient pas certains gros mots employés ci-dessus : pas nécessaire de chercher dans un de ces vieux livres relous que les amoureux des mots appellent dictionnaire, trop relous qu'ils veulent pas qu'on cause facile comme c'est qu'on le dit à la télé que tout le monde y comprend dans le monde moderne globalisé et mondialisé.

C'est ainsi que le sein de Kylie Minogue pourra désormais s'orner, si besoin en était, d'un joli ruban vert et blanc.
Et quelqu'un qui dit "Wow" comme d'autres diraient en perdant un temps précieux :

(*) Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !


…ça vaut pas d'être chevalier des Arts et Lettres ?
Et que vive longtemps encore cette volonté d'excellence, cette persistance, chez les représentants de la France à reconnaître et gratifier les authentiques promoteurs des Arts et des Lettres.

—————————————————
(*) La Beauté, Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeux de sons

Curiosité 01 : Deux allumés

Curiosité 02 : Qui chante ?

Curiosité 03 : Avis aux théâtreux

Curiosité 04 : 1913 (trouvé)




Et on passe au blind test... (trouvé)




Jeux d'images


Figures de style – Salon du livre ancien – Grand Palais, Paris, mai 2008




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Salon où l'on cause

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