Jeudi 3 mai 2007
Un jour, j'aimerais qu'au cours d'un débat entre deux candidats à la présidence de la République, l'un des deux protagonistes perde le sens commun. Pas de ces énervements motivés par une juste indignation ou dictés par le sens du marketing, pas de ces petites phrases qui font mouche dans le cerveau des cons, pas de ces grandes envolées poussées par un lyrisme patriotique ou socialiste, pas même une colère saine.
Non. J'aimerais un soir que l'un d'eux lâche la bonde à son flot personnel, affiche sa vraie nature. Y aille de l'injure, bien gauloise, bien crue, à la hussarde. Ou bien que les nerfs du candidat flanchent, qu'il se répande en larmes et en lamentations, ou qu'explose un fou rire inextinguible, qu'il redevienne un petit enfant, ou fasse sous lui ou s'endorme pendant l'exposé de son concurrent. Ou bien encore qu'il déclare que tout cela commence à le faire sérieusement tartir, que les électeurs de toute façon, sont des cons particulièrement les siens , que rien n'est plus important que la musique et la poésie, qu'il se mette à réciter Rimbaud et Apollinaire, à chanter Brassens ou Nougaro.
J'aimerais qu'il se foutent sur la gueule dès le premier mensonge, le premier trucage, comme à la belle époque de "Droit de réponse".
Mais non. Ces gens gris qui voudraient passer pour brillants, ne nous servent que du respect à la petite semaine. "Nous sommes concurrents, pas des adversaires..." Combat gnan-gnan.
Aux armes citoyens. Tu veux le pouvoir ? Viens le chercher. Attention, qu'on ne se méprenne pas, je suis pacifiste, je ne reconnais comme arme que le mot. Pas la petite phrase, l'attentat verbal. La saillie assassine. Le poignard de syllabes, le tir d'adjectifs par une kalach syntaxique. Un jet de grenade poétique.
En sus de la mine déconfite, dimanche, du candidat aurons-nous droit à: "la salope"? Ou bien la candidate battue, ravalant ses larmes et bravitant son humiliation, lancera-t-elle: "l'enculé"?
Ce qui serait assez faible, reconnaissons-le.
Non. J'aimerais un soir que l'un d'eux lâche la bonde à son flot personnel, affiche sa vraie nature. Y aille de l'injure, bien gauloise, bien crue, à la hussarde. Ou bien que les nerfs du candidat flanchent, qu'il se répande en larmes et en lamentations, ou qu'explose un fou rire inextinguible, qu'il redevienne un petit enfant, ou fasse sous lui ou s'endorme pendant l'exposé de son concurrent. Ou bien encore qu'il déclare que tout cela commence à le faire sérieusement tartir, que les électeurs de toute façon, sont des cons particulièrement les siens , que rien n'est plus important que la musique et la poésie, qu'il se mette à réciter Rimbaud et Apollinaire, à chanter Brassens ou Nougaro.
J'aimerais qu'il se foutent sur la gueule dès le premier mensonge, le premier trucage, comme à la belle époque de "Droit de réponse".
Mais non. Ces gens gris qui voudraient passer pour brillants, ne nous servent que du respect à la petite semaine. "Nous sommes concurrents, pas des adversaires..." Combat gnan-gnan.
Aux armes citoyens. Tu veux le pouvoir ? Viens le chercher. Attention, qu'on ne se méprenne pas, je suis pacifiste, je ne reconnais comme arme que le mot. Pas la petite phrase, l'attentat verbal. La saillie assassine. Le poignard de syllabes, le tir d'adjectifs par une kalach syntaxique. Un jet de grenade poétique.
En sus de la mine déconfite, dimanche, du candidat aurons-nous droit à: "la salope"? Ou bien la candidate battue, ravalant ses larmes et bravitant son humiliation, lancera-t-elle: "l'enculé"?
Ce qui serait assez faible, reconnaissons-le.
par François
publié dans :
Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander






Commentaires