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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
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Mercredi 13 juin 2007
Branle-bas de combat. Sus à l'économie gnan gnan, osons. La réforme, la réforme. Il nous faut une TVA pour faire diminuer le niveau de charges aux entreprises. Appelons-la TVA sociale, puisqu'elle se substituera au versement par les entreprises de leur partie de charges sociales.
L'idée brillantissime de nos économistes diplômés est de transférer une partie des charges sociales versées par les entreprises vers un impôt nouveau payé par les consommateurs. La contrepartie étant que le prix des produits (locaux, pour ce qui est des produits importés, c'est une autre histoire) n'augmentent pas vu l'économie réalisée par la baisse des charges.
Lorsque une entreprise fabrique et commercialise un produit, elle calcule le prix de ce produit en fonction de son coût de fabrication, de distribution, de promotion, des frais de fonctionnement de l'entreprise, donc des salaires et charges liées, et des impôts. Autant dire que le prix que vous payez à la caisse du magasin tient compte de tous ces postes. Et plus il y a d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur, plus vous payez de charges sociales. Les salariés supportent leur part de charges sociales, directement retenues sur leur salaire.
La TVA quant à elle, par le jeu de versement et de déduction constitue un impôt imputé sur le produit vendu. Chaque entreprise intervenant dans le processus de fabrication d'un produit verse la TVA à l'Etat, mais déduit la TVA concernant ce qu'elle a acheté. Ainsi, la TVA n'est versée qu'une fois en bout de course, mais chaque entreprise prenant part au processus de fabrication en a payé une part. Avant son instauration, la taxe était perçue auprès du dernier détaillant. Le consommateur paye donc actuellement la totalité de la TVA et la part patronale des charges salariales.
En instaurant une TVA sociale, on exonère l'entreprise de ses charges sociales que l'on impute via la TVA sur le porte-monnaie du consommateur. Moins de charges sociales, le prix des produits devrait donc baisser. Ou ne pas augmenter. Ou n'augmenter qu'un peu, pas beaucoup, enfin, pas trop. Tout dépend de l'endroit d'où proviennent les composantes du produit acheté.
Ce qui devrait inciter les entreprises à créer de l'emploi. Donc à relancer la consommation et par voie de conséquence augmenter les recettes de la TVA sociale.
Victoire, Eurèka, Hosannah, Alleluia, et coetera le pognon va rentrer fissa. Par ici les investisseurs.
Mais embaucher, signifie également payer davantage de salariés, pas tous productifs au sens où ils n'entrent pas dans les processus de fabrication. Administratifs, services transversaux, etc. Le prix des produits englobant ces coûts risque de s'en ressentir.
Gageons que pour faire face à cette possible flambée des prix, et à la mondialisation, on s'apercevra que nos salaires sont trop élevés. Que les entreprises ne peuvent affronter la concurrence avec des salariés si grassement payés à quasiment rien faire, tandis que pour quelques euros par mois, un Roumain ou un Bulgare fabrique des chemises Lacoste et autres articles de luxe. Et ce n'est pas de la contrefaçon. La contrefaçon, c'est vilain, ça tue des emplois français.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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