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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Jeudi 28 juin 2007
Il est toujours temps de réfléchir. Même après une élection, même cinq ans après.
Quels sont nos désirs? En avons-nous encore? Le capitalisme qui s'est appuyé sur l'exploitation de notre libido, brave petite turbine, pour faire fonctionner son petit et fort rentable turbin n'en a-t-il d'ores et déjà eu raison. C'est ce que demande Ars industrialis à travers son manifeste.
Dans quelle société voulons-nous finir nos vieux jours?

Voulons-nous des villes peuplées à l'extrême, comme elles le seront demain, avec ses habitants travailleurs à la périphérie d'un centre riche, besogneux, commercial et administratif, gestionnaire de l'industrieux rejeté hors des frontières urbaines, et des populations hors-vie, hors système, parquées, bidonvillisées, ostracisées, mais encadrées par la force dite publique à la périphérie de la périphérie. Quartiers des rejets, fosses d'aisance pour excréments de la société.

Voulons-nous les caméras de surveillance à chaque carrefour, à l'intérieur et à l'extérieur des transports, dans chaque bureau, chaque lieu où est possible la rencontre. Avec rappel à l'ordre, à distance grâce à la sonorisation des appareils de contrôle, ou plus directement par le robot policier dont la communication est à sens unique, de lui vers vous, ne laissant pas la place à la justification d'un acte déterminé inapproprié ou de votre présence à telle heure en tel lieu.

Voulons-nous le traçage permanent de nos misérables personnes, de nos activités, de nos communications, grâce aux téléphones, ordinateurs, systèmes de géolocalisation, satellites d'observation, cartes de crédit, porte-monnaie électroniques, cartes de fidélité commerciales, chèques?

Voulez-vous que l'auteur et les lecteurs de ces modestes Carnets de l'Ours soient dûment classés, identifiés, répertoriés dans des fichiers informatiques qui seront à même de nous condamner dans dix ans, cinq ans, un an pour pensée subversive? Si je ne possède pas personnellement vos coordonnées lorsque vous lisez ces lignes, qui nous garantit que personne ne les possède et les exploite?

Désirons-nous le contrôle de nos assiettes, de nos verres, de l'air vicié dont nous emplissons nos poumons et que par bonne grâce on ne nous fait pas encore payer, ce qui est d'ailleurs faux, on le paye d'une certaine façon, à travers les programmes antipollution.

Désirons-nous le travail quotidien obligatoire, dont on ampute quelques heures de repos et de divertissement, que l'on effectue en devant accepter toutes les conditions puisque leur négociation n'est en fin de compte qu'une mise en demeure, le choix entre peu et rien?
Désirons-nous le conditionnement de notre vie au lieu de travail?
Voulons-nous une société dont on exclut le beau au bénéfice du moderne, du facile et du rentable?
Ne voulons-nous que du pain et des jeux? Pain industrialisé et jeux de masse, divertissements abêtissants, sous-culture, dérivatifs nommés objets culturels, culture phagocytée par la consommation.

Préférons-nous pouvoir dire "je suis libre" en sachant que c'est faux et s'en trouver bien, ou dire "nous sommes tous sous contrôle et sous influence" et le regretter?

Voulez-vous vivre dans un roman de Philip K. Dick?

Mais tout ceci se fait pour notre sécurité. L'important est de croire, comme on croit les fadaises des curés, des rabbins, des imams, et autres sorciers, que l'on se trouve du bon côté du joystick, que l'on a accès aux manettes.
Le rire est le propre de l'homme, dit Rabelais. Il y a là de quoi rire, vraiment, grassement, à gorge déployée.

Nous fûmes chair à canons, on nous a transformés en viande à commerce, ce qui n'exclut pas que nous soyons restés chair à canons.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 22 juin 2007
Le développement durable et l'écologie vont bien. Merci pour eux.
La preuve : en l'honneur du salon du Bourget, le service audiovisuel public – France 2 en tête – ne perd pas une occasion de vanter l'hélicoptère qui va aussi vite qu'un avion ou l'avion qui décolle à la manière d'un hélico, le jet privé, de taille moyenne ou modeste, véritable taxi d'aérodrome, qui évite de se rendre à l'aéroport, trop éloigné pour ces messieurs-dames, occasionnant ainsi une perte de temps, donc d'argent, ou encore l'airbus A380 aménagé en palace pour émir classieux, avec hammam, jacuzzi et gadgets magnifiques.
 
On n'évite pas non plus de s'étendre sur les fameux chasseurs-bombardiers Rafale 3, ce qui serait bien une faute de goût, puisque la France glorieuse internationale et qui se lève enfin tôt, s'apprête à se construire un nouveau porte-avions (32 Rafale, 5 hélicoptères lourds, 3 Hawkeye) – des contrats avaient déjà été passés avant les élections par MAM, sur les fonds de la prochaine loi de programmation militaire, avec des fournisseurs américains pour deux catapultes (ce qui permet de lancer les engins volants sur le pont du navire). Et même, s'il apparaissait prudent d'annoncer que "rien n'est irréversible", on ne rompt pas un contrat passé avec ce genre de société américaine, sans s'attendre à payer de lourdes pénalités. (cf. Mer et marine).

Dans nos médias, on s'enorgueillit encore des commandes record d'Airbus sur le même salon du Bourget.
Vraiment, tout va bien. Même si, du côté d'EADS, Allemands et Français ne sont guère d'accord sur la part du consortium franco-allemand dans Dassault Aviation. Même si les suppressions de postes y sont plus que jamais à l'ordre du jour. Détails que tout cela. Quand l'avion va, tout va.

Dans les années soixante (1963), Gilbert Bécaud chantait "Le dimanche à Orly", on rêvait aux voyages en avion, l'écologie n'existait pas. Notre ignorance préservait notre bonheur.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 21 juin 2007
C'était le jour idéal pour se faire entendre. Juste une onomatopée. Plus ou moins longue.
Injonction rude, ou douce invitation. Chut ! Chuuuuuuttttttt ! Soupir.



L'dée vient de Christian Olivier, le chanteur des Têtes raides, épaulé par la Fnac. Elle consiste à nous sensibiliser à notre rapport à la musique en se taisant, en faisant "silence".
Omniprésente, l'écoute-t-on encore, la musique. Est-elle nécessaire? Muss es sein, es muss sein! Cela doit-il être? Cela est! Pourrait-on vivre sérieusement sans la musique? Les taliban afghans l'avaient interdite. Tout comme le chant des oiseaux. Sacrilèges. Le chant des oiseaux! Cela doit-il être ? cela est!

Et vous, vous l'aimez comment la musique? Bien servie, sans faux col? Fraîche, chaude?
Vous la payez? Vous la téléchargez? A qui cela profite-t-il vraiment? Vous y pensez?
Vous pouvez en disserter sur ce blog.


Tiens, pour la peine que vous aurez eue à vous poser toutes ces questions, un cadeau... à lire.


La Musique... La Musique...
Où elle était la Musique ?

Dans les salons lustrés aux lustres vénérés ?
Dans les concerts secrets aux secrets crinolines ?
Dans les temps reculés aux reculs empaffés ?
Dans les palais conquis aux conquêtes câlines ?

C'est là qu'elle se pâme c'est là qu'elle se terre la Musique...
Nous c'est dans la rue qu'on la veut la Musique !
Et elle y viendra !
Et nous l'aurons la Musique !

Muss es sein ? Es muss sein !

Depuis voilà bientôt trente ans
Depuis voilà bientôt dix jours
Depuis voilà bientôt ta gorge
Depuis voilà bientôt ta source
Depuis que je traîne ma course
Au creux des nuits comme un forçat
A patibuler mon écorce

Muss es sein ? Es muss sein !

Je suis un arbre non daté
Depuis que je bois à ma porte
Et que de l'enfer tu m'apportes
De quoi trancher sur l'avenir
Depuis que rien ne se dévore
A part les ombres sur le mur
Depuis que tu me sers encore
La défaite sur canapé

Muss es sein ? Es muss sein !

Une araignée m'a dit " bonsoir "
Elle se traînait au crépuscule
Depuis que mon âme bascule
Vers des pays plus mécaniques
Depuis que gavé de musique
Je vais porter ma gueule ailleurs
Une araignée m'a dit " d'ailleurs
Le tout c'est d'avoir la pratique "

Muss es sein ? Es muss sein !

Ludwig ! Ludwig ! T'es sourdingue ?
Ludwig la Joie Ludwig la Paix
Ludwig ! L'orthographe c'est con !
Et puis c'est d'un très haut panache
Et ton vin rouge a fait des taches
Sur ta portée des contrebasses
Ludwig ! Réponds ! T'es sourdingue ma parole !

Muss es sein ? Es muss sein !
Cela doit-il être ? Cela est !

La Musique... La Musique...
Où est-elle aujourd'hui ?
La Musique se meurt Madame !
Penses-tu ! La Musique ?

Tu la trouves à Polytechnique
Entre deux équations, ma chère !
Avec Boulez dans sa boutique
Un ministre à la boutonnière

Dans la rue la Musique !
Music ? in the street !
La Musica ? nelle strade !
Beethoven strasse !

Muss es sein ? Es muss sein !
Cela doit-il être ? Cela est !

Léo Ferré
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 21 juin 2007
Continuons sur un bon rythme.
Qui est l'auteur et interprète de cette chanson ?




par François publié dans : Jeux
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Mercredi 20 juin 2007
J'aime les dictionnaires. On y découvre tout un tas de choses inconnues, surprenantes, imprévues, que l'on pensait connaitre, on avait tort. On ressent à la fois la honte d'avoir été présomptueux, et la fierté de n'être pas resté inculte. Depuis le Robert en passant par le Grévisse ou "l'argot de typographes" de Boutmy, jusqu'à la maginifique "Puce à l'oreille" de Claude Duneton, j'aime les dictionnaires. Alpha et oméga d'un savoir général ou particulier, quel beau compagnon que le dictionnaire. Toute une vie se résume là-dedans.
Il en est des particuliers. Que l'on commande à des auteurs érudits et "amateurs" d'un thème, d'un genre, d'une discipline, d'une ville. Ainsi la maison d'édition Plon a créé la collection des "Dictionnaires amoureux".  Sollers y partage sa fascination pour Venise, Pivot y livre son amour du vin, ah les braves gens, bientôt, Antoine de Caunes nous dira tant et plus son inclination pour le rock.

Aujourd'hui, c'est de vélo, qu'il s'agit, plus exactement du Tour de France. Christian Laborde fait démarrer son "Dictionnaire amoureux du Tour de France" en côte. Il ne commence pas par la lettre A. La première entrée, mais comment aurait-il pu en être autrement, puisqu'il parle d'amour, est Bonheur. Le bonheur simple des enfants qui partagent l'admiration de leur papa pour des héros populaires, intrusion paisible dans le monde passionné des adultes, ferveur pour des hommes plus forts que soi, pour des héros qui ne trouent pas la peau de leurs congénères. Et Christian Laborde ne fait pas la fine bouche. En homme libre de sa pensée et de ses sentiments, il ne craint pas d'aimer les grands, il ne descend pas les champions lorsque ces derniers règnent sur tous, comme public, journalistes et même certains directeurs sportifs l'ont fait à l'unisson à l'encontre des géants du Tour : Merckx, Hinaut, Indurain, Armstrong et surtout Anquetil. Le grand Jacques dont il rappelle, selon le mot de Geminiani, "un réacteur, une machine IBM, un alambic" qu'en plus de jouir d'une rapidité et d'une puissance hors norme, d'une intelligence de fin stratège, il possédait un appétit et une soif (vin blanc, rouge, whisky) à faire s'arracher les cheveux aux nutritionnistes modernes.
Un gargantua, tout comme François Faber qui, en 1912 en pleine course, engloutit un poulet tandis que son mécano réparait son vélo.
On retrouve dans ce tour du Tour, les mythes de la grande boucle. Les Pélissier, les Charlie Gaul, l'Ange de la montagne, Pousse, Vietto, le Miroir du sprint, que des lettres de noblesse, des voyelles éclatantes.
Cet ouvrage n'est pas exhaustif, ni un répertoire des gloires du cyclisme, ce qui n'aurait aucun charme. Heureusement! On ne peut donner son amour à tous. Ainsi, il ne se termine pas avec Zoetemelk qui fit chuter Ocaña (il est toutefois présent dans le livre), mais par Zéro (boule à), en hommage à cet oiseau pirate des cols: Marco Pantani.















Dictionnaire amoureux du Tour de France, Christian Laborde; Plon.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 19 juin 2007
La télé réalité, c'est comme le pytiriasis versicolor, le candida albicans, et le tinea pedis (pied d'athlète). Ça revient dès les premières chaleurs de l'été, quand la vigilance baisse et que l'on prend son temps.  Quelquefois, ça ne démange même pas. Chaud, humide et peuplé, voilà le parfait environnement pour que prolifère la vermine.
La télé réalité revient sur TF1, avec deux nouveaux programmes : Secret Story, une sorte de Loft story, étudié pour dispenser un peu plus de crapoteux que le précédent, et Bimbo et intellos autrement appelé, car l'excellence est internationale : Beauty and the geek.
L'argument de ces merveilles audiovisuelles tient en peu de mots : faire vivre quelques temps de jeunes personnes suffisamment différentes pour ne pas s'entendre, et qui possèdent tout pour tenir le téléspectateur éloigné de son intelligence.
"Bimbos et intellos" nous dit-on doit faire l'union de la fille (au hasard) qui a un petit pois dans le crâne au garçon qui n'a pas de vie sociale, occupé qu'il est à faire fonctionner ses petites cellules grises. Comme c'est un jeu, vous devrez voter pour élire le couple le plus improbable : le moche et la bête. Pour voter, donc éliminer, vous devrez verser votre obole à la société de production, pas SMS ou appel à un numéro surtaxé. Eh, on n'a rien sans rien.
"Secret story", réunira une douzaine d'individus mâles, femelles et autre, chacun détenteur d'un terrible secret personnel qu'il devra savoir préserver. Le téléspectateur désignera, par vote en appelant un numéro surtaxé ou en envoyant un SMS à la production, celui qui quittera l'aventure.
Comme ces deux œuvres télévisuelles seront diffusées en deuxième partie de programme, on s'attend à ce qu'il y ait du gros sein, du palpage de viande, du sexe plus ou moins déterminé, du handicap social, des sentiments humanistes et des dialogues de haute volée.
Bonnes vacances.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Lundi 18 juin 2007
Facile ! Enfin, le principe du jeu !

Qui est ce duo de joyeux allumés ?





J'adore la petite musique derrière ces voix avinées.

Estelle et Gégé : ceci devrait vous rappeler les douces heures du bureau... On s'est bien marré, quand même. Si cela ne redonne pas un peu de lustre à la valeur "travail" !
par François publié dans : Jeux
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Samedi 16 juin 2007
Connaissez-vous le Chat de Fat Freddy ?

C'est lui.








Cette bête, débonnaire à ses heures, et facétieuse le reste du temps, appartient à Fat Freddy l'un des "Fabuleux Freak Brothers" (au centre).








Ces "stupéfiants" personnages toujours en quête de bons plans qui forcément s'avèrent des désastres, sont les héros d'aventures calamiteuses, imaginées par Gilbert Shelton.
On trouve dans son œuvre, tout l'univers rafraîchissant des hyppies, en bande dessinée, dans des albums décapants, hilarants, politiquement incorrects, insolents, délestés des valeurs auxquelles un bon Américain fait constamment référence. Bref, si vous cédez à cette mode de détestation de mai 68, vous les hairez. Je les adore.
Dans un des albums qui lui est consacré, le Chat de Fat Freddy raconte à ses petits neveux, comment dans une de ses neuf vies, il a travaillé pour les services secrets américains. Une bande de dangereux terroristes a, selon le Chef, pour projet de déverser une drogue le "hi hi hi" dans le réservoir d'eau potable de New York. La particularité de cette drogue est qu'elle rend ceux qui la consomment "pédés".
– Et les femmes ? s'enquiert le chat.
– Elles deviennent pédés aussi.
– Ah, je croyais qu'elles l'étaient déjà!
...
Achetez l'album, vous connaitrez la suite.

Si je cite ce bon Gilbert Shelton, c'est qu'en 1994, le laboratoire Wright de l'armée de l'air à Dayton (qui se trouve dans l'Ohio) avait, pour le compte du Pentagone, proposé de développer une bombe contenant un gaz aphrodisiaque destiné à rendre "gay" les ennemis pulvérisés. On tablait alors sur une baisse du moral des troupes adverses. L'affaire a été éventée en 2004 par une association militant contre les armes chimiques le "Sunshine project". Un document PDF est téléchargeable sur leur site:




Le Pentagone affirme que si que l'idée a bien été proposée, elle ne fut pas retenue et ne bénéficia d'aucun financement, qu'elle fut rejetée sur le champ, ce que conteste Sunshine Project.

La réalité dépasse-t-elle la fiction, ou les militaires lisent-ils trop de BD subversives ?



par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 14 juin 2007
Pour qui n'a rien à se reprocher, le rappel de la Loi est détestable. Il vous met en situation de suspect potentiel.
Ainsi, on ne rigole pas avec la recherche d'emploi. Même lorsque l'on n'est pas officiellement un de ces individus - de plus en plus rares, parait-il - habituellement appelés demandeurs d'emploi, mais "stagiaire au titre de la formation professionnelle" puisque ayant signé une "convention de reclassement personnalisé", donc n'entrant pas dans les statistiques du chômage.
Une fois les formalités d'usage, il se peut que le "stagiaire au titre de la formation professionnelle" se voie proposer une annonce correspondant à peu près, sinon à ses aspirations profondes, du moins à ses aptitudes.
On lui remet donc un courrier par proposition d'emploi, invitant à contacter l'entreprise en quête de la perle rare avec force CV et lettre de motivation. L'administration en profite pour effectuer une petite piqüre de rappel de la Loi, lui rappelant que conformément à ce que prévoit l'article L 311-3-5 du code du travail, il s'expose à être radié de la liste des demandeurs d'emploi, et par voie de conséquence, privé de l'avantageuse allocation dont l'Etat le gratifie. Tant pis si quelque part, le rappel est humiliant et tend à faire penser qu'un chômeur est un fainéant en puissance. Alors qu'il n'est qu'un salarié en impuissance.
L'impétrant aura en outre obligation de prouver l'assiduité de ses démarches en vue de retrouver un emploi. En ce qui concerne le "stagiaire au titre de..." un rendez-vous mensuel lui sera fixé à cet effet, auquel il se rendra, chacun peut en être assuré, de bonne grâce.
La question que je me pose, est celle-ci. Nos députés écartés du velours rouge de leur banc de l'Assemblée, possiblement indemnisés (à taux dégressif, il est juste de le répéter) pendant une durée de quatre ans, devront-ils se rendre dans leur ANPE locale pour établir la preuve qu'ils recherchent bien un emploi ?
Parce que, attention, la Loi est méchante, ils sont bien placés pour le savoir puisqu'ils l'édictent.
Gare à l'article L 311-3-5. Quatre ans d'humiliation mensuelle... Je n'ose y songer.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mercredi 13 juin 2007
Branle-bas de combat. Sus à l'économie gnan gnan, osons. La réforme, la réforme. Il nous faut une TVA pour faire diminuer le niveau de charges aux entreprises. Appelons-la TVA sociale, puisqu'elle se substituera au versement par les entreprises de leur partie de charges sociales.
L'idée brillantissime de nos économistes diplômés est de transférer une partie des charges sociales versées par les entreprises vers un impôt nouveau payé par les consommateurs. La contrepartie étant que le prix des produits (locaux, pour ce qui est des produits importés, c'est une autre histoire) n'augmentent pas vu l'économie réalisée par la baisse des charges.
Lorsque une entreprise fabrique et commercialise un produit, elle calcule le prix de ce produit en fonction de son coût de fabrication, de distribution, de promotion, des frais de fonctionnement de l'entreprise, donc des salaires et charges liées, et des impôts. Autant dire que le prix que vous payez à la caisse du magasin tient compte de tous ces postes. Et plus il y a d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur, plus vous payez de charges sociales. Les salariés supportent leur part de charges sociales, directement retenues sur leur salaire.
La TVA quant à elle, par le jeu de versement et de déduction constitue un impôt imputé sur le produit vendu. Chaque entreprise intervenant dans le processus de fabrication d'un produit verse la TVA à l'Etat, mais déduit la TVA concernant ce qu'elle a acheté. Ainsi, la TVA n'est versée qu'une fois en bout de course, mais chaque entreprise prenant part au processus de fabrication en a payé une part. Avant son instauration, la taxe était perçue auprès du dernier détaillant. Le consommateur paye donc actuellement la totalité de la TVA et la part patronale des charges salariales.
En instaurant une TVA sociale, on exonère l'entreprise de ses charges sociales que l'on impute via la TVA sur le porte-monnaie du consommateur. Moins de charges sociales, le prix des produits devrait donc baisser. Ou ne pas augmenter. Ou n'augmenter qu'un peu, pas beaucoup, enfin, pas trop. Tout dépend de l'endroit d'où proviennent les composantes du produit acheté.
Ce qui devrait inciter les entreprises à créer de l'emploi. Donc à relancer la consommation et par voie de conséquence augmenter les recettes de la TVA sociale.
Victoire, Eurèka, Hosannah, Alleluia, et coetera le pognon va rentrer fissa. Par ici les investisseurs.
Mais embaucher, signifie également payer davantage de salariés, pas tous productifs au sens où ils n'entrent pas dans les processus de fabrication. Administratifs, services transversaux, etc. Le prix des produits englobant ces coûts risque de s'en ressentir.
Gageons que pour faire face à cette possible flambée des prix, et à la mondialisation, on s'apercevra que nos salaires sont trop élevés. Que les entreprises ne peuvent affronter la concurrence avec des salariés si grassement payés à quasiment rien faire, tandis que pour quelques euros par mois, un Roumain ou un Bulgare fabrique des chemises Lacoste et autres articles de luxe. Et ce n'est pas de la contrefaçon. La contrefaçon, c'est vilain, ça tue des emplois français.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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