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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
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Jeudi 5 juillet 2007
La réforme de la Justice est en marche, grande, belle, ambitieuse, raisonnée, symbolisée par une fille vêtue de sa différence, colifichet d'un gouvernement se parant du foulard à sequins d'une minorité visible. Le Gouvernement fait la danse du ventre.
En fait, l'Etat, par cette réforme, masque son incompétence en la matière, comme le marchand de primeurs propose son étalage de jolis fruits pourris de l'intérieur.
Marqué par la culture de la vision à court terme, le manque d'imagination du Gouvernement peut s'exprimer à plein. A quoi servira cette réforme? Peines plancher pour les récidivistes, restriction de l'excuse de minorité, etc., qui existent déjà, n'auront qu'une conséquence: stigmatiser les magistrats si la situation ne s'arrange pas. Or on ne risque pas l'embellie, puisqu'on tente de soigner un mal de tête en appliquant une crème de jour. La cosmétique au service de la médecine. Le Gouvernement s'attaque-t-il à la source de la délinquance, ou cherche-t-il à traiter par les chiffres cette excroissance de la société. Plus d'incarcérés égal moins de délinquance. L'équation est fausse. Comme une statistique du chômage.

Quel étrange docteur, et quelle étrange médecine. Quel drôle de médecin que celui-là, qui pense que la mise en quarantaine soigne et guérit.

A carence d'éducation, il ne préconise pas l'apprentissage des règles et la démonstration de leurs vertus, mais la concentration des délinquants à la marge, à l'endroit même où les novices pourront devenir experts.
Fort de son expérience carcérale, qui aura exacerbé haine et mépris de la société, la caillera verra renforcée son prestige par le stage en prison, comme la médaille offerte fait briller l'ancien combattant.
La responsabilisation ne passe pas par la peur, mais par le sentiment d'appartenance, par la cohésion et le respect.
De la répression nait la rébellion, l'Histoire n'est pas écrite autrement. C'est le manque de confiance et de respect qui répond à la mise au ban.
On n'explique pas la vie en société aux enfants, aux jeunes sans argumenter, en se contentant d'affirmer les lois et en ponctuant par un lapidaire "c'est comme ça et pas autrement", surtout lorsque de nombreux modèles (ou censés l'être) pensent que la loi n'est écrite que pour les autres.
Les dirigeants, les décideurs, les orientateurs de cette société, disent-ils ce qu'ils veulent? Désirent-ils des citoyens responsables ou des consommateurs dociles dont on n'a que faire qu'ils soient stupides, et ne sachent pas s'exprimer. Veulent-ils accentuer un mode de fonctionnement de la société par castes, avec une élite se maintenant par la menace du bâton, et une population dépositaire du silence à qui on dispense miettes et pansements?
Quelle bizarrerie que de penser que l'exclusion permet l'insertion, que la séparation sert la réunion, que le châtiment se suffit à lui-même pour amputer d'un coup le délinquant de ses mauvais penchants, pour effacer ce qui l'a conduit à sortir du chemin communément reconnu comme droit et le remettre dans les rails. Communément est, là, le mot le plus important. Le délinquant ne respecte pas le bien commun (est-il le seul?) parce qu'il ne fait pas partie d'un projet commun.
D'autres mots sont essentiels, aussi: exemplarité, éducation, culture, fierté, honneur, amour.
Elle en fait quoi, la société, de ces mots?
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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