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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Mercredi 29 août 2007
Halte au dopage

Guy Roux ancien entraîneur de football a déclaré forfait, qui râlait parce qu'à soixante-huit ans les instances de ce sport lui avaient refusé la possibilité de rempiler au RC Lens, et qui finalement sur l'air de "travailler plus parce que je le vaux bien" avait rechaussé les crampons, comme disent les spécialistes de la spécialité.
Après nous avoir fait davantage sué que le soleil tout l'été, le voilà qui vient se justifier.
C'est à cause des médicaments, qu'il absorbe quotidiennement, que le père Fouettard du footeux renonce aux séances de course à la baballe.
Fainéant, va. Dopé !


Qui peut le plus peut le moins et inversement

Peines maximum, contraintes minimum de l'entreprise, réduction de postes du service public maximum, service minimum, indice de bruit médiatique maximum, impôt minimum.
Ces hauts et ces bas! Ces montagnes russes me filent la nausée. Sans compter que dernièrement les manèges à sensations ne sont guère rassurants. Où est le mur, qu'on ne rentre pas dedans?

Eau Lourde interdite

France 2, sans doute pour complaire à l'épiscopat, avait annoncé sa création, une liaison par avion entre le Vatican et la ville de Lourdes a été inaugurée hier.
Les douaniers français respectueux des normes antiterroristes en vigueur en Europe ont confisqué tous les flacons d'eau que les journalistes disent bénite et que les intrépides fervents espèrent miraculeuse, ce qui n'exclut pas qu'elle puisse également avoir reçu la distinction suprême d'un curé en goguette.
Ces gabelous ont-ils décelé chez ces aficionados de la vierge Marie une propension à l'intégrisme religieux et par voie de conséquence au terrorisme? Ils s'en sont tenus au réglement.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Lundi 27 août 2007
Connaissez-vous Surfing Joe ? Non, certainement pas, et quand je dis certainement, c'est parce que j'en suis certain. Sans-l'ombre-d'un-doutement pas, que vous le connaissez, devrais-je même écrire. Du moins, pas sous ce nom-là. Normal, je viens de l'inventer.
Surfing Joe aime l'Amérique. Il aime les victimes. Et il aime le faire dire. C'est pour cette raison qu'il suit l'actualité de près. Pour toi, cher citoyen. Pour te donner le sentiment qu'il s'occupe bien de toi, que tes affaires sont les siennes, et réciproquement. Tu commences à entrevoir de qui que c'est dont il est question? Tu as du flair, toi.
Surfing Joe est un type formidable et son équipe n'est rien moins qu'épatante. Pour tenter d'exister dans l'ombre du petit chêne, les arbrisseaux de moindre acabit doivent pousser à sa manière. Et sa manière, il la tient d'une chanson qu'il fredonne tous les matins en se rasant et pas qu'en se rasant :

Parlez-moi d'moi, y a que ça qui m'intéresse
Parlez-moi de moi, y a que ça qui me donne l'émoi


Surfing Joe a de grandes oreilles. Une de chaque côté de sa tête. Il s'en sert pour écouter la radio et regarder la télé.
Je sais, ce dernier point tient de la performance, mais Surfing Joe a de la ressource. Il était avocat. En bon bavard, il ne fait qu'écouter si ce qu'il a dit a bien été répété.
Surfing Joe a bien compris que les autres gens ne différaient pas de lui. Pas sur ce registre, du moins. Alors, il s'intéresse à ce dont on parle. Du coup, on s'intéressera à lui. Ce grossier s'invite dans la conversation, c'est le coucou de l'info.

L'Europe fait des pieds et des mains pour secourir des otages menacés d'être exécutés. Surfing Joe apparaît en fin de parcours pour rafler la médaille.
Un pédophile agresse un enfant, Surfing Joe reçoit les parents, puis dégaine une loi.
Un clébard mal élevé croque une fillette, l'équipe de Surfing Joe considère qu'il faut une réglementation plus sévère.
Surfing Joe s'attelle à la tâche si elle a fait l'objet du sommaire du jité, le soir à TF1 ou France 2 et qu'on en a entendu parler à Europe 1.
Si tu as un problème, citoyen, débrouille-toi pour faire la une du jour, Surfing Joe pointera son museau et dira ce qu'il faut faire pour le régler. Si ton problème t'a bien amoché, il viendr même te serrer la main devant la France émerveillée de tant de sollicitude.
Mais attention, faut que ça saigne.
Eh bien oui, on n'a rien sans rien, faut y mettre du tien! Que ça émeuve la mèmère et le cadre moyen. Que le bourgeois ait des sueurs froides et l'ouvrier des envies de meurtre. Faut que les yeux s'écarquillent à l'annonce de la solution, sinon, ça servirait à quoi que le Résident de la Raie publique, son premier maître d'hôtel et toute la cambuse, ils se décarcassent ?
Faut que le sujet file des hémorroïdes à la populace, qu'on s'indigne, qu'on grelotte de rage ou de terreur - ou du moins qu'on frémisse du fignedé à la simple évocation de la chose inadmissible.
Attends, camarade, on ne fait pas le numéro, s'il n'y a pas de spectacle. Show must go on, mais si la salle est pleine. Et si la salle aime le granguignol, on ne va pas lui refiler de la tendre bluette ou du Brecht.
Si tu n'es que chômeur, tu ne feras pas une demi-ligne dans un gratuit cantonal. Pas une virgule à la radio.

Alors, les agents délégués des sous-fifres des assistants des larbins de Surfing Joe te répondront: "Quoi? Tu es encore au chômage? Mais vous êtes de moins en moins nombreux. Faudrait peut-être se lever plus tôt pour trouver du boulot... Du travail, encore faut-il en vouloir pour en trouver un... Les chiffres baissent, et toi, tu stagnes. Es-tu sûr de faire tout ce qu'il faut?"  
Avec tout ce qui se passe de grave dans le monde, t'as pas honte d'avoir un bête souci d'emploi? Citoyen, tu n'es pas sérieux. Allez, allume ton poste, et fais comme moi. Je suis dans l'attente. L'expectative extatique, j'halète d'impatience gourmande.
Que va faire Surfing Joe? Une loi sur la limitation de la capacité des congélateurs ?

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 23 août 2007
Pierre le Grand (1672-1725), tsar de Russie avait de grandes visées pour son pays. Il en fit le premier Empire russe. Modernisateur, il réforma l'armée, le commerce, l'industrie, l'école. Ses réformes n'eurent pas toutes d'heureuses conséquences. Les taxes draconniennes imposées aux riches entrainèrent une coupe réglée du sort des paysans à travers un retour au servage. L'édification de la ville de Saint-Petersbourg sur des marécages coûta la vie à cent mille ouvriers. Les guerres de reconquète contre l'Empire ottoman et la Suède furent longues et sanglantes pour les protagonistes et leurs alliés, mais permirent à la Russie d'étendre son territoire et son influence en Europe.

Après avoir conquis le pôle Nord, par le fond grâce à un petit drapeau en titane, avec le même incroyable aplomb qui fit Armstrong poser un drapeau américain sur la lune, les Russes ont droit à une autre manifestation du désir de puissance des maîtres du Kremlin. Un immense drapeau (400 m2) a été déployé sur une rive de la rivière Moscova à l'occasion de la Journée du drapeau, fête nationale devenue traditionnelle depuis qu'Eltsine l'a instaurée.
"Notre drapeau tricolore bleu-blanc-rouge est apparu en Russie sous Pierre le Grand. Le pays a ensuite connu divers périodes et les symboles de l'Etat n'ont pas changé", a commenté M. Gryzlov, le président du Parlement.
Avec cet appel au drapeau, devrait-on se méfier d'éventuelles velléités expansionnistes de la part des autorités russes ?

Chez nous, ça se passe dans les stades. On y distribue quelquefois des drapeaux tricolores.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Mardi 21 août 2007
Une publicité passe actuellement sur nos écrans de télévision, qui vante un jeu à utiliser sur une console dont j'ai oublié le nom, consistant à "calculer l'âge de nos cerveaux".
On voit une actrice spécialisée dans les rôles de cruche gentillette, Michèle Laroque, emploi qu'elle tenait dans les deux pièces de Pierre Palmade sur la vie de couple avant et après divorce. Le personnage est léger, pas complètement imbécile, mais on sent bien qu'elle puise davantage son pouvoir de séduction dans les interrogations (et la certitude) qu'elle suscite concernant sa compréhension des choses, que dans celles qu'elle pose sur le sens de la vie. Bref, elle tient à merveille le rôle de ravissante idiote.
Dans le film publicitaire, rebelote. Dans le métier de la communication, quand on tient un poncif on ne le lâche pas. Jamais, il ne faut enlever une étiquette à un acteur, c'est contreproductif.
Revenons au spot.
Cette femme, qui a depuis longtemps évacué ses problèmes d'acné juvénile, joue sur sa console à calculer l'âge de son cerveau. Le questionnaire rempli, le logiciel rend son verdict irrécusable : elle a un cerveau de soixante-deux ans. Elle est stupéfaite, en reste interdite quelques instants, puis, comme elle a de l'humour, elle égrenne un petit rire de femme seule, et prise d'une saine envie de revanche, tente de nouveau une partie sur le thème : "Ah elle est bien bonne, celle-là, soixante-deux ans, on va voir ce qu'on va voir, je vais me la faire, la machine."
D'où on comprend qu'avoir un cerveau de soixante-deux ans est considéré par le "créatif", que dis-je le créatif, le génie, plutôt, qui a pondu cette publicité, par ses responsables, ses patrons, leur client (dont je ne me rappelle pas le nom) qui ont validé ce petit film, correspond à un état de fait, somme toute, assez honteux.
Soixante-deux ans, pour un cerveau, ne semble pas le bon âge. Ca sent l'alzheimer commençant, l'inopiné, mais régulier pipi dans le fauteuil Stannah, le radotage, la branlette insidieuse et mollassonne (pour les hommes) dans le dos de l'assistante ménagère. Soixante-deux ans, ça pue le verre à dominos sur la table de nuit, les épisodes répétés de Derrick que la sieste prive de dénouement, ça évoque le fibrome, les bas de contension, les oeils de perdrix autrement dénommés "hallux valgus".
Jamais il ne serait venu à l'esprit du publicitaire ou du vendeur de consoles que l'âge est synonyme de culture, de sagesse.
L'âge, se vend bien (et cher) pour le vin, le whisky et les assurances de prévoyance-obsèques. En effet,  histoire de ne pas coûter un rond aux "jeunes" le jour où il faut vous envoyer au pourrissoir, on a intérêt à se présenter, avec sa bonne vieille pension, à un marchand de cercueils par anticipation.
Le cerveau à partir de soixante-deux ans, avant peut-être, ne vaut pas tripette.
D'ailleurs, on s'en rend compte facilement, à Noël, c'est toujours à Papy qu'on s'adresse pour se faire offrir la dernière console de jeux à la mode.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 17 août 2007
J'utilise Me.dium









Cette extension, qui s'installe dans Firefox, place un volet latéral dans la fenêtre du navigateur, dans laquelle vous voyez qui sont les autres personnes (qui utilisent Me.dium) présentes sur le site que vous visitez.
Grâce à une zone de chat, vous pourrez dialoguer avec elles ou avec vos amis connectés, dont vous pouvez suivre le surf.
Comme dans toute messagerie instantanée, on dispose de diverses options de visibilité.

Bref, si vous souhaitez me contacter, par exemple, après vous être inscrit gratuitement ici, branchez votre Me.dium, et vous me parlerez sans avoir à faire tourner de table.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 17 août 2007
Dans la série "Je vais parler des blogs de ceux qui m'ont laissé un commentaire", je commencerai par celui de Tiphaine.
Tiphaine dessine, Tiphaine photographie, Tiphaine peint.
Cette brunette peint des cochons. D'autres bêtes également, comme des vaches, des hommes et aussi des girafes.
Elle prend son pied en peignant avec les mains. Elle étend une grande toile blanche au sol, sur le parquet vitrifié de son appartement, et plutôt que d'y déposer un baiser au rouge à lèvres, elle laisse éclater les couleurs, elle patouille la matière qui se transforme comme par enchantement en une grosse bête châtoyante. Ça frime moins qu'un monochrome, et c'est moins cher que l'arnaque.


Acrylique sur toile 210 x 170

 
par François publié dans : Revue de blogs
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Jeudi 16 août 2007
Des chercheurs de l'Unversité de Göttingen ont réalisé une étude qui a mis au grand jour que plus d'un tiers des Allemands à la sexualité peu ou pas satisfaite compensaient leur frustration au boulot. Non pas en draguant impitoyablement sur leur lieu de travail, mais en s'investissant davantage dans leur tâche quotidienne.
Et la tendance s'accroît chez les abstinents intégraux.
Ils se défoncent, certes, mais au sens figuré.
Il faut derechef leur trouver un slogan sarkozyste pour les aider dans leur quête de la réalisation personnelle:
Brossez moins pour bosser plus pour gagner plus mais toucher moins.
Patrons, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Pas d'alcool, pas de pétard, pas de cigarette, pas de baisette, et elles vont enfin être performantes, vos ressources humaines.
Si en plus vous arrivez à supprimer les syndicats, vous toucherez au nirvana.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Jeudi 9 août 2007
La Chine - toujours si polie - nous prie de bien vouloir noter qu'elle est prête à accueillir le monde, et que la construction des infrastructures nécessaires au bon déroulement des futurs jeux olympiques est d'ores et déjà terminée, n'y manque que le super stade "le nid" dont l'achèvement est prévu pour l'automne.
Le 8 août, le décompte de l'année qui nous sépare de l'ouverture des jeux a été lancé devant une foule de dix mille personnes ébahies par le spectacle, les feux d'artifice et les lasers zébrant le ciel. Les télévisions du monde entier ont pu monter un peuple content et enthousiaste.
Tout comme les danseurs qui évoluaient place Tiennanmen, et les sportifs qui auront la joie et l'honneur de concourir pour la troisième puissance économique mondiale, les spectateurs ont été sélectionnés. On ne laisse rien au hasard. Surtout pas celui d'entendre une voix discordante ou plaintive devant le régime libéralo-communiste. C'est la fête. Les jeux olympiques, que traditionnellement on nous vend avec les idéaux de paix entre les peuples et de respect d'iceux, sont la vitrine des nations, et premièrement de celle qui reçoit et organise les compétitions.
Ca vaudra au pays un bel essor, de nouveaux marchés, de nouveaux accords. L'heure n'et pas aux jérémiades. On parle et on parlera par chez nous de droits de l'homme, de censure, de journalistes emprisonnés, d'oppression au Tibet, mais on y va.
On regarde de travers les quelques-uns évoquant la possibilité d'un boycott. Certains y voient même là un moyen contreproductif de lutter contre la dictature, en privant le bon peuple chinois de contacts avec des démocraties. A les en croire, ce serait presque criminel que de refuser de concourir dans un pays au régime dictatorial. Ces boycotteurs sont des rabat-joie qui ne comprennent rien à la décomplexion.
La chine est un magnifique terrain de jeux. Pensez donc, la troisième puissance économique mondiale.
La mariée est belle, surtout quand elle est docile et sait se taire.
En France, on commence à apprendre à se taire.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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Vendredi 3 août 2007
Une étude de la Bond University en Australie, menée auprès d'internautes, fait état d'une tendance dans le management. Les personnes les plus tyranniques au sein de leur entreprise seraient plutôt récompensées par une promotion que blâmée, en raison de leur comportement.
Petits chefs, continuez d'harceler votre personnel, au besoin dévalorisez-le, insultez-le à l'occasion, en aucun cas ne cessez pas d'aboyer… votre sens de l'autorité sera apprécié par votre hiérarchie. Maniez le bâton, à vous la carotte.
Continuez de provoquer des crises de larmes, des insomnies, des cauchemars, des dépressions, les principaux symptômes constatés des troubles occasionnés par l'agressivité des chefs.
Peu importe si on se suicide ici, un peu plus qu'ailleurs, peu importe si le climat qui règne dans vos locaux finit par devenir contreproductif. Le salarié, jugé trop fragile sera déboulonné et votre mérite vous vaudra un juste satisfecit.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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