Bienvenue

Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
Sommaire  Sommaire des chansons

 
Vendredi 30 novembre 2007
J'avais parlé de ce photographe qui avait saisi le monde ouvrier à travers le subjectif de son reflex.
A l'heure où certains veulent se débarrasser de mai 68, tout en organisant un "Grenelle" de l'environnement – on a la logique qu'on peut – on (France) m'informe que Jean-Claude Seine a mis en ligne quelques clichés de ce doux moment, cher au souvenir des gardes mobiles.

Mai 68

L'imagination au pouvoir !
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 30 novembre 2007
Le chiffre du jour : 19 millions.
Le chiffre inutile, devrais-je dire. 19 000 000. Dix-neuf millions.
C'est le nombre de téléspectateurs présumés devant leut petit écran pour entendre le répétitif laïus de Nick the First.
A un moment, il s'est mis en boucle sur son sujet favori, j'ai cru être tombé dans une faille spatio temporelle. Il finit par devenir inquiétant.
Donc, au journal de France Inter, on nous annonce que nous étions dix-neuf millions devant notre télé branchée sur TF1 ou France 2. Arlette et PPDA et Nick the 1st, assis comme un VRP dans un fauteuil club après une rude journée de labeur, mais qui peut encore conclure une affaire avec un compagnon de bar.
Faut-il qu'on l'aime notre premier monsieur de France, pour être dix-neuf millions suspendus à son souffle.
Mais...

A-t-on compté ceux qui couchaient les enfants?
A-t-on compté ceux qui dînaient dos au poste, occupés à parler d'autre chose?
A-t-on compté ceux qui s'étaient engueulés, encore tout intérieurement à leur dispute, mâchant silencieusement leur frustration, leur tristesse et leur ressentiment?
A-t-on compté ceux qui terminaient l'apéro ignorant l'écran machinal pour véhiculer les derniers ragots du cercle des amis, s'échanger les petites nouvelles?
A-t-on compté ceux qui n'avaient partagé l'apéro qu'avec eux-même, en avait abusé et s'étaient endormis?
A-t-on compté ceux qui de retour d'une journée harassante se sont pendus au lustre ou tiré une balle dans la tête?
A-t-on compté ceux qui ont investi le canapé pour y faire des galipettes, malgré la télé?
A-t-on compté ceux qui n'attendaient que la suite du programme?
A-t-on compté ceux qui ont eu une crise cardiaque?
A-t-on compté ceux qui étaient au téléphone?
A-t-on compté ceux qui écrivaient une lettre anonyme?
A-t-on compté ceux qui relisaient perplexes la lettre anonyme reçue le matin même?
A-t-on compté ceux qui, dans l'ombre bouleversée par la fade clarté d'une télé chaotique, ourdissaient un cynique complot?*
A-t-on compté ceux qui comptaient le nombre de salariés qu'ils devraient licencier le lendemain?
A-t-on compté ceux qui, l'esprit ailleurs, nourrissaient de grands espoirs?
A-t-on compté ceux qui se nourrissaient d'illusions?

Ah bah oui, ceux-là, ils ont été comptés ! Dix-neuf millions. Moins les précédents.









(*) Je sais, ça ne veut rien dire, mais cette débauche d'adjectifs me faisait envie. On peut d'ailleurs s'amuser à les interchanger, ça ne change grand chose. Les adjectifs, c'est comme les chamallows, c'est bourratif, mais quelque fois on en boufferait jusqu'à étouffement. 
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 29 novembre 2007
Moins de tribunaux égal moins de justiciables. La raison est simple, tous n'ont pas les moyens ou la vitalité pour se déplacer jusqu'au tribunal. Pour les petits délinquants, les comparutions immédiates et les peines planchers suffisent.
Moins de tribunaux des prudhommes égal moins de plaignants. Joli cadeau aux entrepreneurs indélicats qui verront encore moins de plaintes aboutir de la part d'un ancien avocat d'affaires.
L'Etat engage moins de frais et les entreprises aussi. C'est une mesure gagnant-gagnant, non ?
Et même, on va peut-être exporter le nouveau modèle français en Chine, vu le caractère expéditif de notre belle justice.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 novembre 2007
Toi aussi, homme, tu vas pouvoir rejouer la scène fameuse du film "Le Cœur des hommes" - le premier, pourvu que tu remplisses plusieurs conditions :
- il faudra te rendre dimanche à Vancouver dans la magnifique Colombie britannique ;
- tu devras te faire accompagner de trois amis ;
- tu devras être méchant.

Et regardant ce groupe de filles déambuler sur la scène, tu diras mi perplexe, mi désabusé :
"Putain, elles ont morflé, les Spice Girls !"
Ça fera rire tes copains. Ce qui à notre époque n'est pas négligeable.

Parce que les Spice girls reviennent en force pour une tournée mondiale au nom mûrement réfléchi : "le retour des Spice Girls".
La totalité des places pour le concert de Londres a, paraît-il, été vendue en 38 secondes.

Comme quoi, les filles épicées n'ont rien perdu de leur piquant.
A moins que les hommes qui ont du cœur se soient donné rendez-vous pour voir si elles ont morflé tant que ça.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 27 novembre 2007
Ces gens des cités, il suffit qu'on tue un peu leurs gosses pour qu'un quartier s'embrase! Le peuple n'est pas raisonnable.

Certains voudraient que l'on parle d'un banal accident de la circulation, avec d'un côté des jeunes inconscients sur une mini-moto (dont on a mis en exergue la dangerosité), sans casque, grillant une priorité, bref, de jeunes inconscients dans leur tort, et de l'autre côté une voiture de police roulant normalement avec une cargaison de fonctionnaires caquetant paisiblement dans la tranquillité du soir.
Mini-moto mais choc maximal à en juger l'état dans lequel il a laissé la fragile voiture.
D'autres voient dans cette collision qui a coûté la vie aux deux adolescents une inconsciente agression de la part des policiers.

La population s'échauffe. Quelle population ?
Honnêtes habitants des cités ou cailleras flairant l'opportunité de mettre le feu au quartier ? Sincère émotion ou désir d'en découdre en exploitant un "fait divers" pour en faire un prétexte ?

Le simple fait de se poser la question démontre la méconnaissance que l'on a des cités et de leur population et l'ampleur du fossé entre les citoyens. Gens des cités, gens des villes, gens des campagnes : on s'ignore superbement. Rien ne circule. On ne se comprend pas et on ne veut pas se comprendre. Au siècle de la communication, les circuits sont bouchés.

On parle d'agression pure et simple de leur part à l'encontre des jeunes mini-motards. On parle de non assistance aux blessés. On parle de menaces faites à d'autres : "on va te filer un coup de pare-chocs".
Les autorités dédouanent rapidement les policiers des accusations qui leur sont faites. On témoigne d'une réaction immédiate et violente à l'encontre des policiers tentant de venir au secours des jeunes accidentés. De l'impossibilité d'agir due à l'agression de la population rapidement réunie sur les lieux.

Mensonges ? Mauvaise foi ? Injustice ? Personne n'est en mesure de faire confiance ou même simplement porter du crédit, qui à la police, au pouvoir, qui à la population des cités.

Bilan, le quartier brûle. Voitures, commerces, écoles.
Clichy, de nouveau. Pourtant, des actions devaient être entreprises pour que cela ne se reproduise pas.
Hors cité, les gens ne comprennent pas bien le rapport entre le chagrin mêlé d'indignation et la destruction des biens collectifs et privés. Hors quartier, les gens n'ont pas envie qu'on explique ce genre d'émeutes par la situation sociale des quartiers, encore moins qu'on les excuse.
Phrase d'élection : "nous aussi on a été pauvres – comprendre dans les années cinquante-soixante – on ne mettait pas le feu aux voitures, encore moins aux écoles, les écoles c'est sacré".
Hors quartier, on ne voit pas le mépris permanent fait aux résidents, l'abandon des cités. Hors quartier, on entend depuis des décennies que des mesures ont été prises pour insérer, aider, socialiser la population des cités, par les gouvernements qui se sont succédé. Et la situation empire. Comment expliquer que rien ne marche sinon en mettant en cause ladite population ?
Tout comme on met en cause le chômeur : s'il ne trouve pas de travail, c'est parce qu'il ne cherche pas, ou se surestime.
Qu'il accepte son sort sans se plaindre.
Tout comme on met en cause le malade : s'il a un cancer du poumon, c'est parce qu'il a fumé. Il était prévenu. Qu'il accepte son sort sans se plaindre.

Et hors cité, les gens des quartiers trouvent des défenseurs. Plus dangereux encore que ceux qui les mettent en cause. Ceux-là, veulent voir du beau, là où il n'y a que médiocrité, aboutissement quand il n'y a qu'ébauche, voix quand on n'entend que balbutiements ou vociférations. Ceux-là estiment que la morale est liberticide et qu'un reproche équivaut à une injure. Ceux-là, enfin, voient des fascistes partout et font facilement abstraction du bien commun ou d'autrui, acceptant tout par crainte d'être considéré comme raciste.

Voilà le sale ferment d'un conflit social majeur à venir qui se conclura dans le sang pourvu qu'il se généralise.
Du mépris, de la mauvaise foi, de l'oppression, de mauvaises raisons, de mauvais arguments, de la peur...

Mais gageons qu'avant cela, un couillon nous proposera officiellement la tenue d'un "Grenelle" des quartiers pour rétablir la paix sociale. (Comme nous autres, Français, brillons par notre capacité à imaginer, à conceptualiser, par notre inépuisable faculté d'innovation, nous trouvons 1100 réponses à "Grenelle des quartiers" dans Google).
Grenelle, c'est la panacée, solution par nature universelle, à tout problème insoluble.



par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 26 novembre 2007
L'autre jour, à la télévision, à l'occasion de je ne sais plus quelle course transatlantique, j'ai eu cette vision d'horreur: une gigantesque vache rouge affrontait la houle. C'était la voile et la coque d'un catamaran qui promenait le mufle hilare de ce bestiau de pâte molle et insipide. La terre ferme ne lui suffisant plus, la vache s'en allait rire aussi sous les embruns. Marsouins et dauphins ne sont pas prêts de s'en remettre, de cette invasion bovine en milieu aquatique. Que connaissent-ils de la vulgarité de l'argent ? De cet aveuglement qui condamne le beau et le grandiose à arborer un logo, de ce manque de discernement qui ose accoler du Verdi, du Mozart, du Chostakovitch à des protège-slip, des boîtes de pâtée pour chat ou des assurances-vie. Salisseurs de vent.

Les vieux de la vieille, qui allaient au stade, Bollaert, Léon Bollé (Le Mans), Gerland, sont aujourd'hui d'autres marsouins et des dauphins. Ils n'auront plus dorénavant que la nostalgie d'un temps où les sponsors et les marques ne possèdaient pas tout à fait tout, et où le nom du stade pouvait à lui seul constituer une légende. Geoffroy-Guichard, le chaudron, l'enfer vert. Même quand on n'aime pas le foot, ça a de la gueule.

Le Mans est la capitale française des compagnies d'assurance, l'équipe de football du Mans évoluera dans un stade au nom d'une de ces sociétés philanthropiques.
Et l'on entendra bientôt dire :
"Samedi, on est allé à MMA, on a pris une branlée. Les joueurs manquaient d'assurance".
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 23 novembre 2007
Ami hooligan, tu as du vague à l'âme. Triste, tu es trop triste. La vie n'est plus magique. Ton équipe a perdu. Ah ouais, elle a trop perdu. Pas qualifiée pour l'Euro 2008 est l'Angleterre, perfide est la Croatie.
Mais MSN te délivrera de cette sensation de n'être personne. Tu vas pouvoir faire partie de l'élite culturelle de ton pays : le monde.
Toi aussi, tu peux devenir quelqu'un, un mini-VIP. Pour cela, gagne le concours. Pour gagner le concours, va sur le site (britannique) de MSN.

To celebrate the DVD release, this site is packed with trailers, clips, exclusive interviews, games, downloads and more. Plus, in our exclusive competition, MSN is giving one lucky Harry Potter fan the chance to appear in the next film, Harry Potter and the Half-Blood Prince™.
et tu arriveras sur cette page :

HarPot.jpg

Le concours consiste à répondre à des questions posées sur ce site jusqu'au 20 décembre, sur l'univers d'Harry Potter. Le chanceux gagnera l'occasion d'apparaître dans le prochain film. Ce qui n'est pas rien.
Et même beaucoup : faire de la figuration dans un film de Harry Potter, voilà qui pose son égo dans les cours de récréation.
Ça vaut bien de faire la cible d'un bon mois de teasing pour acheter le dernier DVD relatant les aventures du petit héros de Poudlard. Et puis, peut-être que l'on te remarquera et que s'ouvre devant toi une brillante carrière.

Merci qui ?
Merci MSN.


par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 21 novembre 2007
Certes, c'est un usage, une institution au cœur de nos institutions, le Premier ministre a été décoré par Nick the First de la Grand Croix de l'Ordre national du mérite. C'est automatique, comme aux petits chevaux, on fait un double six et on rejoue, quand, en tant que Premier ministre on a réussi à tenir six mois, on a le ruban. Ce qui n'est pas si simple. Il faut veiller à ce que les ministres, ces grands enfants ne disent pas trop de conneries, ne se battent pas dans la cour de l'Elysée le mercredi matin, il faut se tenir au courant de tout ce qu'ils disent pour pouvoir démentir rapidement. Il faut des nerfs à toute épreuve, ne pas s'emporter et mettre un coup de boule au patron, même quand il vous rabat le caquet. Il faut du courage, de l'abnégation, de l'opiniatreté. Bref, comme on dit, il faut en avoir.
Et Fillon, c'est un mec qui en a !
Du mérite.
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 20 novembre 2007
Les Français s'appauvrissent de plus en plus. Pas tous, rassurez-vous, nos riches s'enrichissent de plus en plus, faut bien que quelqu'un se dévoue pour faire rayonner la France. Les gens se plaignent de la baisse de leur pouvoir d'achat, face à une hausse des prix dont on a l'impression qu'elle ne cesse depuis le passage à l'euro. Le ministre des sous, Eric Woertz, invité de France Inter ce matin nous livre la solution qui va combler le vide de nos morlingues: il faut faire des heures supplémentaires. Heures sup' ou heures de dupes?
Quand on entend heures supplémentaires sans impôt et sans charges sociales, il faut comprendre que l'on ne gagne pas plus, mais que l'on paye moins. Outre que l'Etat devra compenser l'exonération des charges auprès des caisses sociales, le principe même de l'heure sup' vient contrecarrer la notion d'augmentation du pouvoir d'achat qui est qu'à travail égal (temps, qualité, quantité) le revenu tiré de ce travail augmente. En clair, le salarié comprenait jusqu'à ce jour : hausse de son salaire.
Soit deux cas de figure : travailler moins pour gagner autant ou travailler autant pour gagner plus.
Travailler plus pour gagner plus, ça correspond à travailler moins pour gagner moins ou à la rigueur travailler autant pour gagner pareil. Ne rien faire mais le faire savoir.
Le souci, c'est que d'une part ce n'est pas très gentil de claironner à tout va "travailler plus" à des gens qui se satisferaient bien de "travailler tout court", et que d'autre, on ne se pose pas la question de "travailler mieux", ce qui impliquerait que l'on se préoccupe des conditions de travail, de l'environnement des salariés, de leur vie, quoi, et pour certains cas des produits ou services destinés au consommateur. Que des postes improductifs ou dispendieux...
On n'en est pas là!
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 16 novembre 2007
Les lecteurs curieux et attentifs des Carnets de l'Ours n'auront pas manqué de remarquer dans les liens la présence de "L'autofictif",  le blog d'Eric Chevillard qui régale ses inconditionnels de ses pensées les plus profondément cosmétiques.

Je vais citer une partie de son dernier billet qui commente l'adoption par le Conseil constitutionnel de l'amendement sur le recours possible à l'analyse de l'ADN des postulants au regroupement familial :

 

[...] Mais, pas de triomphalisme, l’ennemi croît aussi dans nos murs. Si ces tests ADN étaient étendus à toute la population, ils garantiraient la saine origine des Français et permettraient l’extradition pattue militari des usurpateurs. Je suggère donc à chacun de mes concitoyens de faire parvenir sans délai et sous la forme qui lui paraîtra la plus opportune un échantillon de son urine à monsieur Brice Hortefeux, 101 rue de Grenelle, Paris.

Ou plus simplement, puisque les techniques d’analyse sont désormais si fiables qu’il suffit de presque rien pour distinguer coupables et innocents : un crachat.

 



 Il me retire le crachat* de la bouche !


(*) La conscience du monde.

 

 

par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
blog paranormal sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus