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Les chroniques d'un ours, pacifiste mais qui ne perd pas l'occasion de grogner et de filer un coup de griffes ou de crocs quand on menace sa tanière. A noter que les chansons sont répertoriées auprès de la SACEM, certaines sont déjà pourvues d'une mélodie, et quiconque souhaitera en ajouter à son propre répertoire peut me contacter, je me ferai un plaisir de lui fredonner la chose.
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Vendredi 11 mai 2007
Quel drôle d'oiseau que celui qui flotte dans le ciel de Milan depuis le 7 mai et que vous pourrez admirer jusqu'au 5 juin pour peu que vous alliez goûter la douceur du climat transalpin (26°, temps ensoleillé, mais ça ne va pas durer).
C'est la Fondazione Nicola Trussardi qui parraine cette "exhibition", One of many, projet artistique du polonais Pawel Althamer, présentant nombre de ses autoportraits à la "Palazzina Appiani dell'arena civica di Milano", ce qui est un beau nom de lieu.
L'artiste nous y fait don de son inestimable personne. On peut détailler son anatomie en levant le nez vers l'azur. Vous y verrez un ballon retenu par des filins, un homme nu gonflé à l'hélium.
Cette considérable baudruche, c'est notre artiste.

Photo : Marco de Scalzi, extraite du diaporama sur le site de la Fondazione Nicola Tussardi

Il semble en sustentation entre le paradis et cet enfer qu'est la Terre. Que fait-il dans sa nudité ostentatoire? Il nous regarde passer, bras collés au corps, peut-être qu'il nous juge, avec nos attributs vestimentaires cachant nos attributs naturels. Il sait que tous les regards vont se porter vers ses génitoires. Il s'en fout, il continue de flotter, entre deux airs, sérieux, sévère, imparable.
On se demande ce qu'il fait en l'air, et il nous le rend bien, indifférent au sort des drôles de personnages qui défilent sous lui. Ou peut-être nous protège-t-il, contre nous-même, en nous rappelant que nous ne sommes que des hommes, et que notre seul dieu est à notre image.
Poursuivant la visite de cette exposition, on verra que l'artiste s'est aussi représenté – en cire et dans diverses matières organiques – en garçonnet, en vieillard, en foetus, dans une valise.
Bref, il explore tous les états de notre misérable (monstrueuse) existence.
Comme il a l'esprit de famille, il expose également des sculptures de sa compagne et de sa fille.
Pour parfaire le spectacle, Pawel Althamer présente neuf vidéos, où ont été filmées ses réactions à diverses drogues.
Il est gonflé, ce type !
par François publié dans : Les Carnets de l'Ours
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