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Le bug du buzz

Publié le par François

Tiens, on sonne !
Qui est l'important importun ?
- L'opportun.
C'est le buzz.
Le buzz me les brise. L'opportun m'insupporte.
Comme des mercenaires, ils sautent sur tout ce qui bouge, les "communicants". Quand la mode sera au suicide, ils réussiront à nous vendre des bagnoles, des dentifrices et des saucissons à consommer avant de passer l'arme à gauche.
"Rencontrez votre dernier platane avec la nouvelle  "C50 Escape"",
"Pour faire passer le goût du cyanure, Parocyanil, mordez la mort à pleines dents",
"Le suicide collectif est plus gai avec quelques rondelles de "Cochonnet. "Cochonnet", le secret des carnages réussis".

Depuis ma plus douce enfance, j'ai été nourri de grandes rasades de Brassens et de forts quartiers de rugby bien saignant. J'ai admiré Walter Spanghero, Jean Gachassin, Jean-Pierre Rives, Serge Blanco, et tant d'autres, les Benazzi, Sella, Saint-André, Villeperux, Albaladejo, Fourroux, Galthié, Bernat-Sales, Garuet... tous gros dégustateurs de cartilages. Pour faire bref, j'aime le rugby.
Mais cette façon de s'emparer d'un événement comme la coupe du monde - organisée en France, certes - pour vendre tout et n'importe quoi, du hamburger à la croissance du PIB, m'agace au plus haut point et serait capable de me gâcher le spectacle. Passe encore de voir quelques montagnes de muscles vanter des chaussures de sport ou des crèmes antibobos. Mais du rugby ici et partout, à propos de tout et de n'importe quoi, me met le moral dans les chaussettes, je ne tourne plus rond, j'ai la pensée ovale, j'ai envie de mettre des bouffes au premier marketteur venu.
Marre, quêteur. Je n'abandonnerai pas un rond pour ta bimbeloterie, tu t'insinues un peu trop loin, un peu trop fortement dans mon champ de vision, dans mon rapport intime avec avec le monde, comme disent les sociologues.
Je te chasse de mon altérité, comme dirait une écrivain à la mode du concentré sur soi-même. Je te plaque, je te désosse.
Tu t'empares du beau, du grand, et tu t'en sers pour de décor pour quinzaine commerciale.
Ce ciment d'hommes qu'est le rugby, tu le taloches sous ce qui les divise, le matérialisme de bazar.
Tu t'appropries, vilain colonialiste, une culture, une Histoire, des noms prestigieux, et tu en fais un cataloque (sic) de mercantis. Calamiteux soliloque de camelot. Pollueur d'âme. Pourrisseur de pensée.
Le Grenelle de l'environnement prendra-t-il en compte notre environnement mental?

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