Encore une polémique. "La France est en faillite" lance le Premier ministre, immédiatement, les images s'imposent à notre esprit, que n'aurait pas renié ce fleuron de l'audiovisuelle
ohertéheffesque : "Chef d'oeuvre en péril".
Soit. Ecoutons le bruit de tonnerre que notre courageux et volontaire Fillon émet.
"Ah mais non, la situation est préoccupante, mais la faillite, vous n'y pensez pas..." modère-t-on dans son camp. "Le terme est exagéré", faillite est un gros mot qu'il ne convient pas de
prononcer, pose ce phare de la pensée qu'est Raffarin.
Notre Fillon réitère, mais le bruit est moins fort, plus feutré : "La situation est critique".
Fillon gaffe. Après Borloo, MAM, Kouchner, et tous les autres, c'est à son tour (récidiviste) de lancer la phrase choc, la bourde, la lourdeur. Le pavé.
Ce n'est pas possible, alors que la communication constitue le centre de la stratégie du Président et du Gouvernement qu'autant de ministres enfilent ce genre de perles. A la fin, on pourrait se
mettre à croire que Sarkozy n'est entouré que de gens qui ne savent pas tenir leur langue, qui traduisent leur pensée sur un mode approximatif. Tant d'erreurs !
Sarkozy, notre grand petit homme n'aurait-il engagé que des nuls, dans son équipe de gens aussi remarquables?
La chose est aussi improbable que d'imaginer Lagardère incompétent quand il s'agit de mener ses affaires.
A moins que ces prétendues "gaffes, bévues et boulettes en tous genres", pour évoquer Franquin, de nos têtes pensantes ne soient qu'un élément essentiel du sac d'embrouilles qu'on nous sert
quotidiennement par services de presse interposés. Un ingrédient qui a pour effet recherché de brouiller la gronde que pourraient occasionner les réformes engagées tous azimuts.
Histoire aussi de préparer la population à des mesures qu'elle ne va pas aimer, d'offrir à la masse silencieuse un argument implacable de logique, pour désamorcer toute velléité de contradiction de
la part de l'opinion et des syndicats.
Faire diversion et provoquer l'auto-anéantissement des oppositions.
Pression d'une part et dépression de l'autre. Gonfler d'un côté, dégonfler de l'autre.
Après l'agitation frénétique, le parler faux et fort. Le brouhaha médiatique, le boucan permanent.
Si le silence qui suit du Mozrt, est encore du Mozart, il n'y a ici et maintenant que du bruit. Rien que du bruit.
Allez rêver, avec ça !
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