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Maudits mots dits et docte dicton

Publié le par François

En ce siècle de la communication, la majeure partie des problèmes que l'on s'emploie à créer, à entretenir et si possible à amplifier jusqu'au constat que l'on nage dans une grosse cagade, vient de notre difficulté à communiquer. Non ! Pas difficulté, mais du mauvais usage des outils (mots et modes) de communication.

A parler mal et à tort et à travers, on finira par penser de même. Le langage est structurant. Ce n'est pas la pensée qui fait le langage, mais le langage qui fait la pensée.
La mauvaise maîtrise des mots pour peu qu'elle soit alliée à la mauvaise foi partisane nous entraîne dans d'insondables égouts.
Des salariés de la SNCF se mettent-ils en grève, que furibard, l'usager se dit "otage".
Fillon dit "détail", il est aussitôt déporté auprès de Le Pen. Oui, j'écris déporté, c'est de la provocation. De la provoc à cons. Dire "détail" équivaudrait à penser comme Le Pen ? Allons, allons.
Tout ça pour entendre un jour "il faut que vous soyez à 200 % de vos possibilités".

Ça devient plus que pénible cette avalanche de mots, ci laudateurs, ci offusqués, à propos de tout. Cette mercantique du discours, avec en sus l'éxagération dans l'expression du moindre sentiment. Y compris même, quand le sentiment est absent, mais qu'il serait logique qu'il soit éprouvé. Suffit qu'on l'exprime.
Il y a dans cette posture du "je-suis-blessé-au-plus-profond-de-moi-même-et-de-ma-communauté" - c'est d'autant plus regrettable - quelque chose évoquant le fruit verreux en ce sens qu'elle pourrit la cause ou l'argument qu'elle prétend servir et qui, soit conduit  à un suicide idéologique, soit constitue le ferment d'une dictature démocratique. C'est-à-dire un régime où une majorité de citoyens établit le dictat d'un mode de vie et alloue aux gouvernants le pouvoir de réprimer ceux qui sortent des clous. Ainsi naissent et progressent les moralistes dans une société. Hygiènistes, religions, ligues de vertus, associations communautaires, dans leur désir de les faire croître et de les imposer, cherchent la visibilité ou la publicité de leurs points de vue.

Surenchère dans le propos, problèmes sous le capot.

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