Quand on est vieux, tout arrive. Et particulièrement tout ce qui est non désiré. Il en est ainsi des honneurs et du déshonneur.
Lazare Ponticelli, dernier "poilu" de la grande boucherie de 1914-1918, est mort de son grand âge, suivant de près Louis de Cazenave qui lui aussi avait manifesté la volonté de ne pas faire l'objet
de funérailles nationales. Les deux anciens combattants estimaient déplacée une telle cérémonie quand tant de jeunes hommes avaient péri dans la boue et la fureur.
Mais la résistance du dernier poilu a fait long feu et il a malgré tout cédé à ceux qui réclamaient du "symbole", qui voulaient "rendre hommage" et faire état de leur "devoir de marquer leur
gratitude".
Parce que ça, c'est fédérateur à mort, l'hommage au combattant qui se sacrifie, c'est beau, c'est solennel, on y va du grand drapeau sous l'arc de triomphe. Ça claque au vent et ça marque les
esprits.
Eux la guerre, ils l'ont faite, auraient préféré y échapper, et peut-être bien aimé voir châtier les responsables, vaincus et vainqueurs, de cette horreur humaine. Mais que vaut la certitude d'un
pacifiste face à la grandeur des nations et la vindicte des patries.
Honneur donc sera rendu au dernier poilu.
Eh oui, tout arrive, comme cette condamnation de Môssieur Charles, à dix-huit mois de prison pour corruption, abus de confiance, financement illégal de sa campagne électorale de 1999,
faux...
Après avoir favorisé des hommes d'affaires (ici le mot sonne particulièrement juste ) corses dans l'attribution d'un casino à Annemasse, Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur (entre autres
qualités ornant sa carte de visite), aurait bénéficié des largesses de ces messieurs, à hauteur de 7,5 millions de Francs, pour le financement de sa campagne pour les élections européennes.
D'autres procès attendent notre bon vieux Charly. Deux autres affaires de corruption sont à l'examen, et il sera la vedette en septembre prochain dans le jugement sur un trafic d'armes vers
l'Angola.
Enfin, trois autres dossiers le concernent où il est question, dans le premier, de pots-de-vin perçus du régime de Saddam Hussein, de ses rapports avec l'homme d'affaires libanais Iskandar Safa
dans le deuxième, et enfin de détournements de fonds publics pour le plus grand profit de la fondation d'art Hamon, dans les Hauts-de-Seine.
L'addition risque d'être salée pour le sénateur qui heureusement n'a pour l'instant écopé que d'une peine avec sursis et qui en outre bénéficie de l'immunité parlementaire.
Ouf, on avait cru pendant un instant qu'il aurait été obligé de partager sa cellule dans un quartier VIP avec Jacques Chirac.
Et le déshonneur là-dedans ? Oh, le déshonneur, de nos jours... Ça fait pshitttt !
Commentaires