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Liberté chérie, l'ultime choix

Publié le par François

Rude problème qui se pose à la société avec cette demande au président de la République de la part d'une malade incurable, de pouvoir être aidée, prise en main, pour quitter ce triste monde.
Dans les années quatre-vingts, si je me souviens bien, avait été édité un livre par la suite retiré de la vente sur décision de justice : "Suicide, mode d'emploi". On y donnait des recettes léthales, des cocktails de substances qui permettaient de passer l'arme à gauche.

Le premier et suffisant argument en faveur de l'euthanasie, est bien sûr la liberté de disposer de son corps et de sa vie.
L'homme naît libre (ou du moins, c'est ainsi que notre Constitution entend les choses) ; il est logique qu'il puisse espérer continuer de l'être sa vie durant, et comme la mort n'est rien d'autre que l'arrêt de la vie, il peut donc choisir le moment et la façon d'appuyer sur l'interrupteur.

Autre argument, l'inutilité de l'acharnement thérapeutique, consistant à faire tenir un patient coûte que côute jusqu'à sa mort "naturelle". Les unités de soins palliatifs ont été créés pour contenir la douleur des patients en fin de vie. On dure, mais on peut espérer moins souffrir. Souffre-t-on moins de la conscience de sa condamnation ?

La religion considère (dans certains cas) que la vie de l'homme n'appartient pas à l'homme, mais à Dieu.
L'homme est locataire de lui-même – et il loue Dieu, c'est à n'y rien comprendre – l'homme, donc, ne se possède pas, et c'est péché mortel que de se suicider. A moins de mourir pour Dieu.
A noter que zigouiller de l'ennemi, infidèle ou autre, est un peu du même tonneau, mais là n'est pas le sujet.

Le médecin par sa fonction ne doit exercer son art que pour guérir et soigner. Aider, aussi, certes, mais pas pour tuer.

Enfin, ne peut-on craindre à plus ou moins longue échéance, pour des justifications économiques ou politiques (au sens moral du terme) des dérives en la matière. Que l'on juge, par exemple l'entretien de malades ou de vieillards non candidats au suicide assisté, trop coûteux, ou inutile à la société, comme il en a été par le passé ou comme celà est encore pratiqué dans d'autres contrées avec les bébés féminins, ou handicapés.

Dès lors, il est difficile de faire la part entre ces divers principes et accorder la légalité à l'euthanasie. Légiférer dans un sens ou un autre, serait prendre parti, et restreindre le choix secret de chacun.

Une solution existe qui est de tolérer le vide juridique où le médecin accepterait de faire ou ne pas faire en fonction de ce qu'il juge juste, de poser un a priori sur l'honnêteté du praticien, qui pourrait de lui-même prendre l'avis d'autres praticiens sur un cas, de s'entourer de précautions envers les familles pour qu'un acte irréversible ne soit pas effectué sans la certitude de la volonté du patient, et de proposer à la Justice de ne pas se mêler de ce genre d'histoires tant qu'elle n'y est pas conviée.
Ne resterait plus qu'à la religion de bien vouloir souffrir en silence du péché du suicidé.

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