Très mauvaise publicité pour les JO de Pékin qui auront lieu cet été, cette répression du Tibet par les autorités chinoises, estime Jacques Rogge, le président du Comité international
olympique.
"Nous sommes très inquiets. Le CIO espère qu'il y aura un apaisement dès que possible dans cette situation. Je tiens également à présenter mes condoléances aux familles de ceux qui ont perdu la
vie", dit-il devant des journalistes lors d'une visite dans l'île de Sainte-Lucie.
"Nous estimons que le boycottage ne résout rien. Au contraire. Cela pénalise des athlètes innocents", avait-il déclaré lors d'une autre conférence de presse.
Chacun défend sa petite crèmerie, et on ne va pas chinoiser à cause d'une centaine d'énervés, morts parce qu'ils ont eu l'impudence de s'élever contre la dictature.
Toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort
(citius, altius, fortius), le devise de l'olympisme que l'on nous vend comme une des plus grandes réalisations humanistes semble
avoir bien été intégrée par le pouvoir chinois, en matière de répression, s'entend.
L'argument massue des opposants au boycott est qu'isoler la Chine serait contre-productif pour ceux qui s'inquiètent des droits de l'homme
in-situ, que cela contribuerait à les abandonner
davantage à leur triste sort.
Soit. Mais qui se souvient des messages des participants, du CIO, des chefs d'Etat des pays présents, en faveur de la démocratie, de la liberté de pensée, de celle de se déplacer, de celle de
s'exprimer lors des JO de Moscou (1980), alors que de nombreux pays, USA et Canada en tête avaient dit niet, histoire de signifier qu'on n'envahit pas l'Afghanistan comme on achète des cornichons
malossol ?
Alors, quoi faire ? Continuer de courir, sauter et se réjouir quand on a réussi à grapiller une médaille ? Sûr que l'athlète libre faisant mine de croquer l'or de sa médaille, histoire de vérifier
que le métal est bien noble, ça dénoue les baillons et fait hésiter le flic et le militaire qui s'apprêtent à faire rendre gorge aux opposants au régime.
Et disons-le tout net, sans tabou, comme il est moderne de le dire, franchement la démocratie en Chine, ça ne nous arrange pas. Rendre libres des travailleurs asservis et pas chers serait
contre-productif pour les entreprises occidentales qui trouvent dans l'exotisme des ateliers chinois tout ce qui manque aux nôtres : la tranquillité d'une rentabilité silencieuse. Alors, qu'une
bande de moines en robe safran viennent donner des idées de rébellion aux autres sous prétexte qu'ils se sentent un peu envahis et un peu brimés... Non, ce serait nuire gravement aux relations de
franche amitié que l'occident entretient avec le pays du Milieu. Et si on n'y allait pas, sur la grande muraille, comment pourrait-on conquérir la bravitude ?
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