Un supporter, c'est pas malin. Mais on peut toujours trouver pire.
Un supporter, c'est pas malin. Ça dépend des supporters, direz-vous, mais c'est parce que, en tant que lecteur des Carnets de l'Ours, vous êtes gentils. Preuve en est une fois de plus avec cette
histoire de banderole insultante pour les gens du Nord qui ont pourtant dans leurs yeux le bleu qui manque à leur décor, que parmi les bons garçons et les braves filles qui aiment les gars en
short, il y a un paquet de crétins encrassés du cortex.
Polémiquons, polémiquonnes, on entend sur les ondes que la chose n'est pas l'apanage du seul Paris-Saint-Germain, dont je me fais une joie qu'il soit bientôt rétrogradé en ligue 2, que la situation
est la même dans tous les clubs, que d'ailleurs, des banderoles pas aimables avaient été brandies lors d'un match Lens-Lille, que certes, ce n'est pas gentil d'insulter les Nord-Pas-de-Calaisiens
et les joueurs noirs, mais ce n'est pas une raison pour "refaire le match" (d'autant qu'il ya une autre polémique sur ce match : pénalty-pas pénalty, corner, quatre fautes d'arbitrage successives,
paraît-il, pendant les arrêts de jeu), que la responsabilité incombe au Stade de France, bref, ça tergiverse et personne ne veut porter sur son paletot le dossard de la honte. J'ai entendu dire que
si les braillards hurlaient leur haine de l'autre et principalement du Noir, c'était parce que le monde était violent, que la société était violente... que le supporter reflétait le monde dans
lequel il vivait. Vous voyez qu'il y a plus con qu'un supporter. Il y a celui qui analyse le supporter. Qui se plonge dans la pensée du supporter. Dans ce maelstrom de connerie. C'est abyssal. On
s'y noit, et fatalement... on n'en sort pas sec...
Un supporter, c'est comme un militaire. Ça marche d'un même pas, ça chante des refrains débiles d'une même voix. Ça boit de la bière en rotant. Ça pouêt pouêt dans la voiture en beuglant et en
faisant flotter son drapeau quand ça a gagné. Ça saute, saute, saute, et si ça ne saute pas, ça n'est pas Lyonnais. Ça "ooooooohhhh hissssse, enculé" ensemble. Ça "Sieg Heil" côté Boulogne.
Un supporter, c'est comme un militaire sans arme. Et au bout d'un moment, ça lui manque.
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