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Elégance

Publié le par François

Aurais-je eu la dent trop dure et la griffe trop acérée pour ce trentenaire, marchand de rêve de femme, en commentant son activité commerciale ? Toujours est-il qu'il s'est saisi de son plus beau clavier pour répondre au billet qui le concernait.
Voici le contenu de son courriel qui équivaut à un droit de réponse, comme cela se pratique dans la "vraie presse".

Très élégant, le post que vous avez posté ce jour suite au communiqué de presse que je vous ai fait parvenir...

Après 4 ans de travail acharné, je peux vous assurer qu'il est très désagréable de se faire "taper" dessus de cette manière. L'important, me direz-vous, est que les clients soient comblés et que la "vraie" presse donne des retombées positives... Quoi qu'il en soit, ce genre d'article haineux me navre.

Vous semblez ignorez, par votre post, ce qui plait véritablement aux femmes. J'aurais tendance à dire que vos commentaires "sentent l'ancien". Je ne sais pas quel âge vous avez, mais si vous êtes avec une femme de moins de 35 ans, je crains qu'elle n'ait quelques frustrations...

Pour votre information "POURRI.COM" n'est pas mon dernier ouvrage, mais mon premier. Mes autres livres étaient des livres humoristiques sans prétention, mais qui avaient pour objectif d'amuser le plus grand nombre (le livre sur Van Damme était dans le top 100 des ventes en 2002/2003). Sachez également que "POURRI.COM" a été finaliste du prix littéraire Vérité 2002 à Cannes, pas mal, je pense, pour un roman autobiographique écrit à 24 ans.

Je vous précise également que le comédien que vous traitez de "con" sur votre blog vous remercie. Ca fait toujours plaisir aux gens qui se lèvent tôt et qui se bougent pour travailler.

Merci de bien vouloir également m'indiquer l'adresse email à laquelle vous avez reçu mon communiqué de presse, pour ne plus que je renouvelle l'expérience.

Pour terminer, je trouve qu'il est très facile de cracher son venin de manière anonyme comme vous le faites. Si vous avez besoin de parler, appelez-moi au 01 47 30 xx xx, je serais ravi de faire connaissance.

Cordialement,

Nicolas GARREAU


Bien reçu.
Cher Nicolas.
Je suis désolé d'avoir ouvert ma boîte aux lettres si tardivement, qui est tellement spammée que j'en oublierais presque qu'elle peut contenir des messages sérieux.
La première de vos remarques indique bien un certain désaccord entre nos conceptions respectives en matière d'élégance, mais j'y reviendrai.
Certes, quatre ans de travail acharné est une somme. C'est toutefois, me semble-t-il, assez comparable avec ce que vivent des millions de "salariés", à moins de penser que seul l'entrepreneur est détenteur de courage, de détermination, de persévérance, mais je ne n'imagine pas une seconde que ce soit votre cas.
Les critiques que je formulais assez inélégamment, je vous le concèderai quand je serai convaincu que l'élégance se situe bien du côté de votre argumentaire, ne se voulaient pas "haineuses" et n'avaient pas pour objet de "taper", mais simplement de brocarder. D'autant que je trouve certains de vos scénarios plutôt rigolos.
La plus acerbe de mes remarques dans ce billet visait plutôt, comme c'est souvent le cas dans ces carnets, ce qui me semble être un travers de notre société, à savoir le goût pour le superficiel au détriment de la profondeur des sentiments, pour le clinquant plutôt que pour la valeur intrinsèque des actes. Epater, que ce soit son voisin, ses amis ou l'élue de son cœur, est, à mon sens, davantage un acte égocentrique qu'un don, mais chacun mène sa vie comme il veut et l'important est que tout le monde soit satisfait. Chacun de nous, du plus humble au plus illustre, se nourrit de petites médiocrités et rien ni personne ne peut nous contraindre – du moins, je le souhaite – à nous en priver, si tel est notre désir.
Je semble ignorer, dites-vous, ce qui plait réellement aux femmes. Vous avez certainement raison, je n'aurais pas l'outrecuidance de mettre toutes les femmes dans le même panier. Le principal, n'est-il pas que je sache ce qui plait aux miennes ?
Si mon billet vous choque par son manque d'élégance (mais je ne crois pas que ce soit le manque d'élégance qui vous dérange) que dire de la discrimination de l'âge, cet ostracisme moderne que revendiquent beaucoup de vos congénères ? J'admets volontiers n'être plus un perdreau de l'année et ma compagne n'est plus une jouvencelle. Comme le dit la chanson, la femme qui est dans mon lit, n'a plus vingt ans depuis longtemps. Quant à savoir si elle souffre de quelques frustrations, quel godelureau pourra l'affirmer et en définir la nature ? Mes références et mon vocabulaire "sentent l'ancien", soit. Le parfum en est-il si pestilentiel ?
Mais concluons une trêve dans cette guerre des générations.
Que dire, alors de l'élégance ? Considérez-vous, comme il semble que ce soit le cas sur votre site à la rubrique "la presse en parle" qu'elle consiste à ne faire qu'encenser votre activité, et de faire de ces lauriers tressés une onction marketing, un soutien indéfectible de la presse, quasiment un parrainage, comme la petite animation présentant successivement les logos des médias ayant parlé de vous le fait accroire dès la page de présentation dudit site ? J'ai l'impression que vous ne dédaignez pas l'envoi de fleurs, contrairement aux femmes à qui vous vous adressez et qui "attendent autre chose". 
Je voudrais présenter mes excuses au comédien que je traite d'abruti. Qu'il ne se sente pas visé personnellement, j'adore les acteurs. Je déplore leur condition d'intermittent, contraint d'accepter nombre d'emplois subalternes, éloignés de leurs ambitions et de leur vocation. Sachez que pour beaucoup de journalistes pigistes, il en va de même, la précarité n'a hélàs pas de spécialité, si cela était, ce serait tout aussi regrettable. Et d'ailleurs, j'aimerais intercéder en sa faveur. La France qui se lève tôt semblant constituer à vos yeux une qualité essentielle, essayez néanmoins de ne pas le faire se lever trop tôt et coucher trop tard pour récolter les fruits de son labeur.
Enfin, en ce qui concerne l'anonymat – tout relatif – de mes propos que vous nommez venin, il me sert à ne pas être submergé de messages non sollicités qui viendraient inévitablement encombrer ma messagerie.
Voilà. Sans que mes sentiments à votre égard soient empreints de cordialité, nous ne nous connaissons pas suffisamment, je vous souhaite toutefois le meilleur et la réussite à laquelle vous aspirez.

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