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La télé de service public va avoir du mal à bien "sporter"

Publié le par François

On n'en parle pas des masses dans nos médias, peut-être dans l'Equipe que je ne lis pas, mais vous êtes-vous demandé ce qui allait se passer quand la pub aura disparu des chaînes de service public ?
Le financement de ces dernières pose problème, tout autant que la qualité de leurs émissions à venir.
Ici et là, on bâtit une hypothèse selon laquelle le pouvoir en place, du haut de ses talonnettes, aurait trouvé un moyen fort malin pour arranger les petites affaires des chaînes privées amies dont les recettes publicitaires auraient un peu plongé. D'où la suppression de la pub sur le service public, et la promesse d'une deuxième coupure lors des programmes de fiction sur les chaînes privées. On s'interroge alors à juste titre sur la question du financement de France Télévisions on évoque une hausse de la redevance, polémique pour consommateurs, et également un regroupement des rédactions de F2 et F3. Lea antisarkozystes voient dans ce dernier point l'occasion saisie pour le président d'exercer sa vengeance d'une rédaction à laquelle le candidat avait promis un retour de bâton. Pourquoi pas ?

La suppression éventuelle d'émissions culturelles – vu la profusion de celles-ci – ne risque pas de faire beaucoup de vide à combler. Plus problématique, en revanche, le colmatage des heures de pub. Il n'est pas évident de remplacer quelque chose qui rapporte de l'argent par quelque chose qui en coûte. Mais pire, encore : que va-t-on faire de Gérard Holtz ?
En fait, par cette question, je reviens habilement au début de ce billet. Que va-t-il se passer en matière de sport ?
Première interrogation : le service public réussira-t-il à payer les droits de retransmission aux très riches fédérations sportives, tennis, rugby, cyclisme et athlétisme ? Si la réponse est négative, fini Roland Garros, fini le Tournoi des six nations, terminé le Tour de France, exit les Championnats du monde d'athlé, sans parler des Jeux Olympiques. Je ne parle pas des finales de championnats de France, des matches de coupe d'Europe de rugby, des grandes courses cyclistes du genre Paris-Roubaix, je ne vais pas les citer toutes et autres tape-baballe sur gazon ou plastique qui se déroulent chez l'Anglo-saxon.
Quand bien même, notre bon service public aurait les moyens de s'acquitter des droits – alors qu'on peut imaginer que les chaînes privées et les fédérations ne manqueront pas d'élever les enchères – à quelle occasion les régies publicitaires vanteraient-elles les bons produits que leurs clients associent au sport, si France 2 et France 3 continuent d'assurer les retransmissions de ces manifestations ? Nul doute qu'une pression extérieure supplémentaire s'exercera de la part des industriels pour que les événements sportifs soient diffusés par des médias qui leur donnent la possibilité de vendre leur camelote.
Vu le nombre d'heures déjà occupées par des retransmission d'événements sportifs, il va falloir en combler des trous de programme. Et ce n'est pas avec le président que l'on a que l'on va se régaler de combats de sumotoris.
Moi je dis, que la suppression de la pub sur les chaînes de service public, c'est tout bénef. Ça fera plaisir à ceux qui détestent la pub, à ceux qui détestent le sport et surtout à ceux qui détestent le service public.

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