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Sombre dimanche

Publié le par François

Hervé Novelli remet le couvert, prouvant en cela que le Gouvernement a de la suite dans l'idéologie.
Les Français sont inquiets. A cause des sous. Des sous qu'ils ont gagné et dont ils se demandent s'il sont réellement en sécurité à la banque. Et puis aussi à cause des sous qu'il ne gagnent pas en quantité suffisante pour faire face à la hausse des prix que les entreprises ont régulièrement pratiquée depuis le passage à l'euro.
Notre brave droite libérale a mené une réflexion facile à comprendre.
Si tu n'as pas d'argent : travaille.
Si tu n'as pas assez d'argent : travaille davantage.
Si tu n'as toujours pas assez d'argent : travaille encore plus.
Le slogan était tout trouvé.
Les Français sont inquiets.
Heureusement, les sondages existent. Et quand on leur demande bien poliment, les Français répondent que non, pas du tout, ça ne les dérangerait pas de travailler le dimanche. Voilà, il suffisait de leur demander !
Comment avait-on pu, aveugles que nous sommes, ne pas voir ces cohortes de Français, à la sortie du bistrot, où on ne fume plus au zinc à l'heure de l'apéro, où on ne boit plus parce que la route est vraiment trop dangereuse, vu la recrudescence de bandes armées toujours prêtes à vous délester des points de votre permis de conduire, comment avons-nous pu ignorer ces foules à la sortie de la messe, l'œil encore embué par la prise de conscience que Dieu est amour dans un monde de brutes, et ces équipes entières de footballeurs et cyclistes dominicaux, et ce petit peuple oisif implorer la possibilité de travailler le dimanche.
Le sondage le dit. Le sondage a raison. Et ça tombe bien, le ministre le dit en même temps. Probablement, il n'y a pas de relation entre l'annonce du sondage et celle du ministre.
Les Français sont inquiets et ils aimeraient pouvoir travailler le dimanche.
Et puis il y a le spectre de la crise. Parce qu'après le crise financière, viendra la crise économique. Brrr. Les entreprises vont souffrir. Si ça se trouve, il y en a peut-être certaines qui vont licencier. Il faut relancer l'économie avant qu'elle ne s'arrête. Travaillons le dimanche pour relancer l'économie.
Dans nos médias, tous les arguments sont bons. Dans les microttes ou les analyses. "Ça fait une occasion de ballade", "ça permet aux gens qui travaillent en semaine de faire leurs courses", "et les touristes, y a-t-on pensé ?"
Et puis il n'est pas question de forcer le salarié à accepter de travailler le dimanche. "Cela se fera uniquement sur la base du volontariat".
Bien sûr. Vœu pieux. Normal, on parle du jour du Seigneur. Mais la simple demande de l'employeur qui va rechercher un salarié, probablement au chômage, fera figure de condition sine qua non.
La mère solitaire et le couple travaillant dans le même type de magasin, peuvent immédiatement se mettre en quête d'une nounou – pardon, une assistante maternelle – ou d'une crèche, parce que pour résoudre ce genre de détail (qu'est-ce qu'on va faire des gosses pendant que je me vends au patron), déjà en semaine, ce n'est pas une sinécure, alors, le dimanche...  Quant à l'esclave Philippine, le marché a beaucoup grimpé ces temps-ci.
Quand bien même, le travail dominical resterait exceptionnel, la norme étant le repos, dans les textes, il y a gros à parier que dans la pratique, il deviendrait la norme. Et de même qu'on n'emploie pas un quinqua, un handicapé, un noir, etc., on n'emploiera pas la personne qui ne sera pas corvéable le dimanche.
C'est normal, c'est la loi de l'offre et de la demande. Si ça n'est pas la base du commerce, ça !

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