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Un roi a été sacré à Reims

Publié le par François

Au fil des jours, il y a mille petites raisons de se sentir chagrin. Le monde tourne, certes, mais pas toujours comme on le voudrait, et on déplore tel trait de caractère de telle personnalité, telle décision de tel responsable, telle orientation prise par la société. On en garde un sentiment de frustration et de relative solitude. L'explosion des blogs "politiques" trouve en partie son origine dans ce malaise social. Paradoxalement, les dernières présidentielles ont été marquées par une forte participation des citoyens, tant au moment du vote que durant la campagne électorale. Etait-ce un "combat des chefs" à la mode gauloise, un affrontement idéologique ou simplement celui de deux ambitions ? Dans ce dernier cas, il est évident que nous autres, citoyens, qui n'avons qu'un bulletin de vote à offrir, ne pesons pas dans les programmes devenus prétextes à l'accession au pouvoir de tel ou telle. Seuls seront récompensés les artisans de la victoire.

Bien sûr, pour prétendre à un poste prestigieux, prestige associé à la lourdeur de la charge, il est nécessaire d'avoir de l'ambition. Il est de coutume de dire qu'un président de la République doit être un tueur – symboliquement parlant, bien sûr – on élimine politiquement, mais quelle référence ! N'avoir que cela ne suffit pas. 

Et c'est bien cet individualisme forcené arguant que le temps nous est compté, que la vie est courte et qu'il faut jouir au maximum et le plus tôt possible, sans prêter attention aux dommages collatéraux comme disent les généraux, qui fait figure d'idéologie ambiante. Ah que le pouvoir est bon.

La gauche socialiste française, enfin qui se prétend comme telle, nous donne un spectacle conforme de l'image de la société. Querelles de courants pourtant peu éloignés idéologiquement parlant, haines personnelles, tricheries, trahisons, fraudes électorales. Les valeurs sont chantournées pour que s'exprime la volonté de réussite, les idées s'effacent derrière la réalisation d'un projet personnel. Reims a accouché d'un roi, le sacrant à contumace, pour ainsi dire. Il s'appelle Sarkozy. A croire, et bien sûr, c'est une idée fausse, que le sort des Français n'intéresse pas plus que ça, éléphanteaux et vieux pachydermes, que le seul moteur qui les anime est le but à atteindre : un fauteuil, un sceptre et une couronne. Triste spectacle d'un combat de coqs qui ne s'intéresseraient qu'à son issue et aux avantages que la victoire de l'un ou l'autre des compétiteurs peut procurer, oubliant pour quelle raison ils donnent et prennent des coups d'ergot. L'idéologie là-dedans ? Le projet de société ? Il sera toujours temps d'improviser le moment venu, pour expliquer aux électeurs qu'ils ne peuvent à la fois espérer et se voir satisfaits.

Rétrospectivement, on se prend à se féliciter que Royal ait perdu en 2007 ; sans pour autant se réjouir de la victoire du petit Neuillyléon, précisons-le à l'attention de ceux qui pourraient penser que les Carnets de l'Ours font dans la prose de droite. Comment le PS aurait-il pu diriger le pays avec de tels oiseaux dans sa volière ? Comment imaginer Royal à l'Elysée, assistée d'Aubry Delanoé, Cambadélis, et consorts.

Les socialistes sont condamnés à s'accorder (à défaut de s'aimer), de gré ou de force, sous peine de disparaître, comme le chante Juliette Gréco et comme l'a clamé Ségolène Royal. Mais il faut un chef ! Il est si cruel de ne pas être celui-ci, de devoir se retrouver relégué au rang de suiviste. Modestie et humilité deviennent des valeurs d'une autre époque, à honnir sans attendre. La victoire doit s'obtenir à tout prix. Il convient de jouer un peu la comédie du désaccord sur les fondamentaux, quitte à ne pas s'apercevoir que l'on saborde tour à tour l'esprit de la République, les principes démocratiques au sein de son parti et de son pays et ses chances de revenir aux affaires. De socialistes, du moins à la tête du parti, on n'en voit plus guère. Au devant de la scène,on ne voit que des professionnels de la popolitique, de celle qui fait monter le populisme quand la majorité des citoyens sont mécontents et qui ne trouvent pas de porte-parole à leurs inquiétudes et leur colère. Si un vent de révolte doit souffler, il soufflera sans froisser ni les costards et les tailleurs bien coupés, ni les robes "bobo chic" de nos chers leaders. Il soufflera dans la rue.

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Jann 29/04/2009 22:46


Ben non, il n'y avait rien contre toi dans mon petit message. Tu vois, moi, je ne connais certainement pas grand chose en politique par rapport à tes connaissances... Mais je suis d'ac avec toi à 100%. Y a plus "d'idéal", y a plus d'envie ,comme tu dis, d'avoir une ligne commune pour sortir de l'impasse, parce que c'est trop tard. Fallait y penser avant. Et pour y penser, fallait oublier son compte en banque, sa notoriété, le goût du pouvoir en oubliant de l'utiliser intelligemment. Tu vois, moi je crois de moins en moins en l'être humain.Ouais, y en as quelques-uns de valables. Mais regarde, par exemple l'Abbé Pierre, tu connais son appel de l'hiver 1954 (hiver où je suis née), son appel, ses cris, sa révolte. Il y a eu un élan. Puis paf boum... on oublie. J'écoutais l'autre jour la chanson de Grand Corps Malade qui parle lui aussi d'une personne morte dans le métro (je crois), je ne me souviens plus du titre de la chanson.... qu'est-ce qui a changé? Et cet hiver ce sera pareil, les enfants de Don Quichotte retourneront dans la rue.Bof, Je n'ai plus envie de faire de grands discours, je crois qu'il n'y en a même pas ou plus besoin.Par contre, j'aime pas trop quand tu écris que j'aime les pt'tis zoiseaux.... on dirait que je suis une petite fille qui n'a pas grandi.... oui j'aime la nature, j'aime les croyances des Amérindiens... et c'est par là autour qu'on devrait traîner si on veut s'en sortir, bon, je ne sais ton âge, mais moi je pense surtout à mes enfants et mes petits enfants.Il y a deux ans, j'ai vécu une m...e de mobbing, je ne suis pas encore complètement remise.... mais on fait aller (la peinture m'a aidée). Pour retrouver du boulot, c'est une autre affaire! A 54 ans, c'est la pré-retraite!!!!! Et je ne sais si tu connais, chez nous on a 7 conseillers fédéraux... bon je ne vais pas t'expliquer la fonctionnement suisse... (remercie-moi!) , un de ces 7 voudrait que la retraite monte à 67 ans... et à 50 piges, on ne trouve pour ainsi dire plus de boulot.... Y sont fous ces Helvètes...Ci dessous, je te joins une émission que j'ai regardée à la télé, très intéressante et très déprimante.... voilà notre monde, Costa Gavras n'a pas réalisé des fictions.....Documentaire de Stelios Koul (Grèce / 2008)
Version française : TSR



Son livre "Confessions of an Economic Hit Man" (2004), a placé l'Américain John Perkins presque deux mois au top de la liste des succès de librairie du New York Times. Stelios Koul en a tiré un documentaire politique à sensations. Perkins a été actif jusqu'en 1980 comme «Economic Hit Man», en Amérique centrale et du Sud et jusqu'au Proche-Orient. Il a agi pour les USA comme «tueur à gages économique»: maître-chanteur, suborneur, instigateur, agent.Sa tâche consistait à rendre dépendants les Etats et les clans. Des crédits par millions, l'endettement, les promesses, les manipulations étaient ses armes. Officiellement conseiller, Perkins était en réalité le sbire d'une puissance mondiale qui voulait et veut s'assurer le contrôle du pétrole et d'autres ressources.C'est après l'attentat contre le World Trade Center qu'il a rompu son v?u de silence et qu'il s'est dévoilé devant l'opinion publique. Il a fait face à un public indigné en Equateur car, comme il l'avoue, il n'était pas étranger au décès du Président Roldos et de sa femme, morts dans un accident d'avion douteux en 1981.D'autres implications ? au Vénézuéla, en Arabie saoudite, en Irak et en Iran ? sont aussi dénoncées. Même si les preuves sont lacunaires, ce docu-fiction offre un moment palpitant d'histoire contemporaine, truffé d'archives, de déclarations du Hit Man, de scènes et de rencontres reconstituées.Les images, les faits, les conclusions et les hypothèses donnent de toute façon à réfléchir...« La séquence finale dans mon film ? quand le protagoniste se défend face aux Equatoriens ? donne des raisons d'espérer ». (Stelios Koul).Voilà, je te laisse, un roman.... c'est trop. Ciao François le français de la France, LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE...

François 30/04/2009 09:22


Merci pour ton commentaire. Pour t'éclairer quant àmon âge, je suis né en été 59, nos sommes de la même génération. En ce qui concerne les petits oiseaux (et les gros aussi, d'ailleurs) je dois
être un petit garçon qui n'a pas grandi, car ils ont sur moi un effet apaisant. J'aime leur liberté.
Je n'ai aujourd'hui et ces prochains jours pas le temps de répondre longuement – j'ai un peu de travail à abattre – mais si tu veux m'en dire plus sur ton expérience de mobbing (harcèlement au
travail, c'est ça ?) tu peux le faire via un courriel à event95@free.fr. Je te recontacterai.
A+


Jann 29/04/2009 09:54

T'en as pas marre de la droite, de la gauche, du centre, du haut, du bas, des engueulades, de ce monde: tiens j'avais écrit une fois ce refrain: je trouvais cette chanson tellement à côté de la Terre...." Je vais te chanter la balade. la balade d'un monde pourri"Notre vieille Terre est une étoile où toi aussi tu crèves un peuJe vais te chanter la balade, la balade d'un monde pourri....

François 29/04/2009 11:49


Bonjour Jann,
Je ne sais pas si ton commentaire m'est favorable ou non mais je vais te répondre. Oui je suis las, non pas de la droite, de la gauche du centre et des extrêmes, mais du peu de cas que tous ces
gens de pouvoir – effectif ou potentiel – font de nous.
Comme dit Léo Ferré dans La solitude : le désespoir est une forme supérieure de la critique, pour le moment nous l'appellerons "bonheur", les mots que vous employez n'étant plus les
mots, mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font une bonne conscience.
Les hommes politiques - et c'est peut-être bien aussi le cas pour la majeure partie d'entre nous – n'ont plus de rêve collectif, je veux dire qui concerne l'ensemble de la société, mais des plans
de carrière pour leur petite entreprise collective dans laquelle ils savent se situer hiérarchiquement.
Quant à toi...
Tu aimes Barbara, tes peintures sont belles, ta fille est jolie, ton petit fils aussi, tes murs sont incroyables, le reste de ta déco également, tu aimes les petits oiseaux, le titre de ton blog se
réfère à Brel, tu aimes la paix, tu sembles être une bonne personne... comment pourrais-je ne pas t'aimer ?
Je te souhaite le meilleur.
Décidément, on devrait moins méconnaître les Suisses.


mathématiques souterraines 26/11/2008 16:36

Salut l'Ours!
Je sais pas si tu te rappelles de moi... mon blog a repris du service après plus d'une année d'inactivité...
Et je trouve pathétique, et le mot est faible, que la gauche institutionnelle (si on peut encore appeler ça "la gauche") s'empêtre dans une guéguerre stérile qui n'est, à mon avis, mais je suis pas française, je peux me tromper, pas seulement une guerre de cheffes, mais aussi une bataille pour l'orientation du parti (un peu plus ou un peu moins au centre) alors qu'il me semble évident, surtout après la crise financière, que pas mal de lignes d'actions pourraient être claires: lutte contre le libéralisme, contre les déréglementations de tous poils, pour la justice devant l'impôt, pour la réduction des inégalités salariales etc... Rien de bien révolutionnaire, c'est de la bonne social-démocratie, mais ce serait déjà ça. Et ça, ça aurait un écho et un impact chez les gens qui attendent quelque chose de cette gauche...
M'enfin! On y croit plus depuis longtemps... Et c'est, le glamour en moins, le même topo en Suisse, ou les socialistes cessent d'en être dès qu'ils entrent dans un gouvernement. A force, c'est à désespérer de la démocratie.
Bon vent et à bientôt.

François 18/12/2008 15:33


Quel luxe ! La réponse dans un article, ici.