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Votez fou!

Publié le par François

• Pour remédier à la mévente des vins, l’Armée française qui émane du cœur du Pays, aura droit à double ration de vin.

• Dans l’intérêt de la tranquillité publique, extinction du paupérisme après huit heures du soir.

• Suppression de l’Assistance publique. Les députés seront tenus de visiter les pauvres de leur circonscription et de leur allouer un secours la veille de leur besoin.

• Transfèrement d’une partie de l’Eglise Saint-Bernard sur le pont François-Lépine, afin que les voyageurs s’aventurant sur le réseau Nord où les accidents sont fréquents puissent avoir, en cas de mort, et à toute heure, les secours de la Religion.


Telle fut en partie, la profession de foi, le programme politique du "Comité Socialiste Impérialiste du quartier de la Goutte d’Or – La Chapelle" soutenant Fénelon Hégo aux élections législatives du 27 avril 1902. Candidat malheureux, bien évidemment, qu’une bande de joyeux soiffards avait cruellement poussé à se présenter aux élections.
Des candidats aux élections, il y en eut, depuis 1848, de toutes natures. Des hommes rompus à la politique comme des illuminés, des naïfs, des plaisantins, des opportunistes, des farfelus, des fous, et des provocateurs.
Ainsi, Rodolphe Salis, célèbre patron du non moins célèbre cabaret Le Chat noir revendiqua une première fois la séparation de Montmartre et de l’Etat puis quelques années plus tard prétendit par voie d’affiches qu’un imposteur se faisait passer pour le général Boulanger, alors que le général Boulanger, c’était lui, et que par conséquent, les votes en faveur du général lui revenaient de plein droit.
Ainsi, Zo d’Axa, pamphlétaire anarchiste annonce à travers son journal La Feuille qu’aux législatives de 1898, il soutiendra un candidat "Nul", un petit âne blanc, "un âne pas trop savant un sage qui ne boit que de l’eau et reculerait devant un pot de vin. A cela près le type accompli du député majoritard".

















































De ces provocateurs ou de ces jobards, Bruno Fuligni en recense, pour notre plus grande joie, des dizaines et des dizaines dans son ouvrage "Votez Fou !" , de Ferdinand Parfu, le coutelier poète à Cindy Lee, la strip teaseuse présidente du Parti du Plaisir, de Pasteur à Coluche, en passant par Captain Cap, Ferdinand Lop et l’adorable Aguigui Mouna (l’inlassable protestataire toujours accompagné de son vélo et de ses badges).
Ce soir, 16 mars, nous saurons si Lucien Sorreda, qui recommande à la France sa modeste personne de futur "président dictateur républicain", aura récolté ses cinq cents signatures d’élus pour se présenter devant les électeurs déprimés que nous sommes.

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