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Indécis

Publié le par François

Réveil. Déjà l'indécision.
Café noir avec tartines ou chocolat plus brioche? Avec ou sans sucre? Confiture de lait, de mirabelles ou de fruits rouges?
Jus de pamplemousse, jus d'orange? J'hésite.
Se raser ou pas? Savon de Marseille, ou gel douche? A moins qu'un bain.? Chemise ou tee shirt?
Le chat a faim. Croquettes et sachet, pour le coup, je n'ai pas d'alternative, il lui faut les deux à la chérie. J'ai juste à choisir entre viande en sauce ou poisson en gelée. Je lui tends les emballages, je montre les photos des plats, je commente. Moyennement motivée, elle ne s'intéresse à ce genre de gesticulation qu'une fois le paquet ouvert. Elle ne miaulera que lorsqu'elle verra que sa bouffe est hors de portée, mais disponible.

Départ pour le boulot. File de droite ou file de gauche? Loi de Murphy. Ça n'avance que dans celle que je viens de quitter. Les motards me remercient de m'écarter. Sympas. Pas les scooters. Les scooters sont les taxis des deux-roues. Ils râlent et ne disent pas merci. Je ne les écrase pas pour autant. Magnanime, je suis. Arrivée à Puteaux. Hauts-de-Seine. Hauts les Corses. Haut-le-cœur.
La ville fait des travaux, les ouvriers et leur matériel de chantier occupent les quelques places non payantes. Je tourne. A droite ? A gauche ? Un peu partout, le long des trottoirs, on a posé des panneaux d'interdiction de stationner. Je me range entre deux d'entre eux. Avec un peu de chance... pas de contredanse.
Un petit café avant d'embrayer. La brasserie du coin ou le petit rade face à l'église? La brasserie fait marchand de journaux, mais j'ai déjà acheté le Canard.
Je transporte mon quintal de viande avec os. Sucre ou pas, dans mon petit noir? Aggraver le verdict de la balance ou me laisser aller à mon bon plaisir?

Arrivée au bureau. Sourire ou faire la gueule? Plaisanter comme si cela m'était égal de me retrouver une fois encore inscrit sur un plan social – ça m'est égal – ou afficher le masque de circonstance du type qui angoisse de bientôt aller pointer au chômage – j'angoisse – tout en sachant que ce n'est pas demain qu'une gentille directrice des ressources humaines me proposera de signer un contrat à durée indéterminée. Toute mon ambivalence se révèle. Dans l'absolu, je m'en fous, dans le relatif, j'ai le bourdon.
Et puis ce choix: ARE ou CRP. Huit mois d'indemnités maximum ou huit mois d'indemnités? Le tout à cinquante-sept virgule six pour cent de mon actuel salaire brut (ou cinquante-six virgule sept, je ne sais plus). Augmenter ou non d'une unité les chiffres du chômage? Borloo, Villepin, vous voulez m'aimer?

Jour de bouclage, on sera dans les temps, j'y croyais moyennement. Encore un exploit. On a les performances à sa mesure.
Sonne l'heure de déjeuner. Avec les collègues, on se demande bien où aller. Turc, Chinois? Le restaurant où on sert les bons tagines ou le bistrot qui n'arnaque pas sur les salades?
Reprise du boulot. Des corrections, des erreurs pas vues. Même pas imaginées. C'est le dernier. Fin de série. J'aime bien mes collègues. Le journal, je m'en fous. Au fond., ce qui me touche le plus par rapport à ce titre, c'est que la direction et certains services ne l'ont pas porté, l'ont condamné, l'ont enterré avant qu'il soit froid.

Dernier papier: à côté de l'ours, l'édito du rédacteur en chef. Je glisse un mot personnel et amical dans l'ours. Personne ne le lira. C'est juste pour moi. C'est la tradition. – La mienne – Mail de la directrice générale du groupe. Elle invite l'équipe à déjeuner un jour prochain. Pour finir ce numéro en beauté, le rédacteur en chef débouche une bouteille de champagne, la directrice générale est conviée. C'est une Anglaise pas désagréable, plutôt sympathique. Elle avise les photos de mes filles, me demande leur âge. Neuf mois. Des jumelles, oui, j'étais indécis aussi, ce jour là.
"Ça fait combien de temps que vous travaillez ici?
— Huit mois.
— Ça ne fait pas longtemps…

J'hésite. Coup de latte ou coup de boule? J'opte pour la civilité et le pacifisme. Les Anglais, ça se dépouille sur un terrain de rugby, les Anglaises dans une chambre d'hôtel.
Un trait d'ironie, tout de même. Je lui offre le dictionnaire des difficultés de la langue française. Elle veut qu'on le lui dédicace. Il faut toujours garder un souvenir des morts!Good bye farewell. Je ne suis pas sûr de la signification, mais je me sens très Robert Surcouf sur ce coup-là. Pas de simagrées. Adieu, c'est adieu.
Retour au bercail, après la rédaction de ce billet.
Soirée télé solitaire en perspective (ma petite famille est chez Mamie, loin, à Nîmes) peut-être vais-je finir très tard la lecture du Canard et d'un bouquin. Bonsoir au matou. Remplissage de gamelle au cas où.
Préparation du dîner. Côte de porc ou côte d'agneau? Beurre ou huile d'olive? Beaujolais ou Chinon? En tout cas pas du Volnay.
Le choix du vin est toujours important. Pour quoi d'autre hésiter? Je ne vois pas. Pourtant, il paraît que nous sommes des millions d'indécis.

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François 20/04/2007 11:05

Salut mon Claude,

Ça me fait plaisir, ce que tu me dis là.
Quand t'y mets-tu?
Moi, voter Bayrou? On n'est pas en 2002!
Je vote power flower, moi, Monsieur, avec un peu de chance, elle fera 2%.


Ça va toi et les tiens?
Merci pour les annonces de maisons, je cherche toujours dans le Val d'Oise.

Tu m'appelles à l'occasion? Je serai moins au bureau ces prochains jours (comme tu peux t'en douter), je peux venir déjeûner sur Paris.
Tu as pu faire quelque chose pour les chansons?

Je vous embrasse S., F., et toi.

caubou 19/04/2007 22:14

Attention, tu files un mauvais cotonRou, rou, tu vas pas nous voter bayrou ??Ils sont bien tes petits articlessalut toute la petite famille