Voilà un quinquennat qui démarre à plein régime.
Mais qu'ils sont fatigants, tous.
Trop d'images nous assaillent. Panneaux de publicité légaux, pardon électoraux, affichage sauvage, avec leurs tronches bien façonnées, du sourire, de la cravate, de la chemise bleue et de l'ensemble blanc immaculé. Quand ça s'arrête, ça recommence. Des images, des images, une image.
Et je me mets de profil à côté des drapeaux sur fond de bibliothèque pour un cliché effectué par un photographe "people". Et je fais de la cou-course à pieds-pieds avec mon Premier ministre et mes gardes du corps qui ne doivent pas faire la pointe de vitesse qui me laisserait sur les talons. L'important est de combler le vide. Pas une heure de média sans moi. Je veux vos voix.
Et je fais dans l'ouverture, des ministres, des secrétaires d'Etat, des hauts commissaires de gauche. Je suis irréprochable. Sain, tolérant et ouvert. Croyez en moi, dans mes postures pré-électorales. Plus tard, quand vous en baverez, vous pourrez toujours battre votre coulpe, vous serez les seuls responsables de la situation dans laquelle vous vous serez empêtrés. Vous aurez fait confiance, vous serez devenus sarkophiles.
Et je conduis le bateau de pêche – pas le yacht, attention, surtout pas le yacht – les cheveux aux vents, et que j'y vais de mon couplet sur le combat qui continue. "Je ne suis pas une machine !" mais continuez de braquer vos caméras sur moi. J'existe encore, regardez, je vais à la pêche aux voix et
la nave va, je mène la barque et je ne coule même pas.
Le PC n'est pas mort essaye de se convaincre Buffet. Ça sonne faux. Le discours résonne hors d'époque. L'autopromo contre la disparition du grand fauve. Que n'a-t-elle songé à sauter à la corde, comme un boxeur. La mode est au sport. Au moins Laguiller a la clairvoyance de ne pas croire aux bulletins de vote. C'est dans la rue que les avancées sociales se joueront. Ou plutôt que les régressions iront moins vite. Vive la marche à pied... Entre Bastille et Répu.
Et je chante après la défaite cuisante. il n'a jamais autant chanté, Le Pen. Au FN, ça gazouille quand ça ne gaze pas. On a encore du souffle, la preuve, au refrain, pas la moindre quinte de toux.
Partout, il faut combler le vide. Le contenu du discours est faiblard, le constat pessimiste, le projet tellement empreint d'iniquité qu'il en est désespérant, on gomme les principes, on fait dans le "sans tabou". La copie politique comporte tant d'espace blanc qu'il faut combler le vide. Mettre des images. C'est joli et ça occupe les esprits.
De l'image, de l'image. Ce qui compte, c'est ce que voient les gens. Qu'ils nous donnent leurs voix, ça fait rentrer les sous et ça nous permettra d'exister encore un peu. On ne rebondit bien que dans le mouvement.
Gesticulations qui me laissent l'impression que non seulement, on nous prend pour des buses, mais que les procédés sont de plus en plus grossiers. Nous sommes des enfants. On ne regarde que les pantins sans se soucier des ficelles.
Les Séguéla et autres marchands de lessive pensent avoir gagné. Pour l'instant, la société leur donne raison.
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