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Pour l'amour de la petite reine

Publié le par François

J'aime les dictionnaires. On y découvre tout un tas de choses inconnues, surprenantes, imprévues, que l'on pensait connaitre, on avait tort. On ressent à la fois la honte d'avoir été présomptueux, et la fierté de n'être pas resté inculte. Depuis le Robert en passant par le Grévisse ou "l'argot de typographes" de Boutmy, jusqu'à la maginifique "Puce à l'oreille" de Claude Duneton, j'aime les dictionnaires. Alpha et oméga d'un savoir général ou particulier, quel beau compagnon que le dictionnaire. Toute une vie se résume là-dedans.
Il en est des particuliers. Que l'on commande à des auteurs érudits et "amateurs" d'un thème, d'un genre, d'une discipline, d'une ville. Ainsi la maison d'édition Plon a créé la collection des "Dictionnaires amoureux".  Sollers y partage sa fascination pour Venise, Pivot y livre son amour du vin, ah les braves gens, bientôt, Antoine de Caunes nous dira tant et plus son inclination pour le rock.

Aujourd'hui, c'est de vélo, qu'il s'agit, plus exactement du Tour de France. Christian Laborde fait démarrer son "Dictionnaire amoureux du Tour de France" en côte. Il ne commence pas par la lettre A. La première entrée, mais comment aurait-il pu en être autrement, puisqu'il parle d'amour, est Bonheur. Le bonheur simple des enfants qui partagent l'admiration de leur papa pour des héros populaires, intrusion paisible dans le monde passionné des adultes, ferveur pour des hommes plus forts que soi, pour des héros qui ne trouent pas la peau de leurs congénères. Et Christian Laborde ne fait pas la fine bouche. En homme libre de sa pensée et de ses sentiments, il ne craint pas d'aimer les grands, il ne descend pas les champions lorsque ces derniers règnent sur tous, comme public, journalistes et même certains directeurs sportifs l'ont fait à l'unisson à l'encontre des géants du Tour : Merckx, Hinaut, Indurain, Armstrong et surtout Anquetil. Le grand Jacques dont il rappelle, selon le mot de Geminiani, "un réacteur, une machine IBM, un alambic" qu'en plus de jouir d'une rapidité et d'une puissance hors norme, d'une intelligence de fin stratège, il possédait un appétit et une soif (vin blanc, rouge, whisky) à faire s'arracher les cheveux aux nutritionnistes modernes.
Un gargantua, tout comme François Faber qui, en 1912 en pleine course, engloutit un poulet tandis que son mécano réparait son vélo.
On retrouve dans ce tour du Tour, les mythes de la grande boucle. Les Pélissier, les Charlie Gaul, l'Ange de la montagne, Pousse, Vietto, le Miroir du sprint, que des lettres de noblesse, des voyelles éclatantes.
Cet ouvrage n'est pas exhaustif, ni un répertoire des gloires du cyclisme, ce qui n'aurait aucun charme. Heureusement! On ne peut donner son amour à tous. Ainsi, il ne se termine pas avec Zoetemelk qui fit chuter Ocaña (il est toutefois présent dans le livre), mais par Zéro (boule à), en hommage à cet oiseau pirate des cols: Marco Pantani.















Dictionnaire amoureux du Tour de France, Christian Laborde; Plon.

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