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France 2 : halte à la lâcheté

Publié le par François

Le tour de France 2007 devait être "propre". Entendez sans dopage. Les chaînes de télévision de service public allemandes ZDF et ARD avait prévenu, après les révélations de divers coureurs sur leur consommation de produits illicites dans les années 90, qu'elles ne retransmettraient pas d'images de la grande boucle si de nouveaux cas de dopage étaient décelés. Or, un coureur allemand, Patrick Sinkewitz, récemment accidenté, a été testé il y a environ un mois, et les résultats s'avèrent positifs en raison d'un taux élevé de testostérone.
En toute logique, les deux chaînes de télévision allemandes suspendent la retransmission du Tour.
Emoi dans la caravane. Gérard Holtz donne l'information interroge et commente. Evidemment, la direction du Tour déplore l'arrêt de la retransmission, et sur France 2, journalistes et consultants trouvent que cette décision pénalise les autres coureurs. "C'est même de la lâcheté, en quelque sorte" entend-on sur le plateau de "l'avant tour" sur notre chaîne de service public à nous, qu'elle est belle et déontologique.
Lâcheté?
Eût-il été préférable de continuer de rafler les pépettes largement distribuées par les écrans de publicité? Voilà qui aurait été plus courageux. Plus utile également, laisser traîner l'affaire, voire la taire. Plus rémunérateur sans doute, lorsqu'il faut condamner la tricherie, faire porter la responsabilité sur le seul sportif et éviter de mettre en cause, le staff médical, le directeur sportif et le bailleur de fonds, l'employeur, à savoir la société qui a son nom imprimé sur le maillot du tricheur. Ici T-Mobile.
Donc, selon France 2, refuser de se rendre complice d'un acte que les instances sportives jugent délictueux relève de la lâcheté. La vraie bonne conduite à suivre serait donc de servir la soupe à la baba? Tandis que Patrick de Carolis et Nicolas Sarkozy font un petit bout de route entre Val d'Isère et le Galibier.
Servir la soupe? Qui irait penser à celà?
Alors que telle la première gorgée de bière, le Tour de France est un des petits bonheurs de nos compatriotes.

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Alfred 19/07/2007 20:10

Juste une rectification: ce ne sont pas toujours les bailleurs de fond les méchants! C'est T-Mobile lui-même qui finance (à hauteur de plusieurs centaines de milliers d'euros) l'institut qui teste les coureurs! S'il y en a bien un qui n'est vraiment pas lâche, c'est T-Mobile, qui a lui-même financé sa perte.Alfred, employé de T-Mobile.

François 20/07/2007 17:16

A Alfred :C'est juste. Bob Stapleton (T-Mobile) et Michel Cazes (Caisse d'épargne) ont participé au lancement du nouveau programme "100% contre le dopage". On peut effectivement reconnaître la volonté des équipes présentes dans le Tour 2007 de limiter sinon empêcher totalement les cas de dopage, car il semble difficile de tout contrôler à tout moment. D'ailleurs, à ce propos, les choses ne sont pas simples, la pharmacie "curative" destinée à soigner diverses affections présente quelquefois des molécules inscrites au tableau des substances dopantes. Pas facile de s'y retrouver.Mais je ne parlais pas de la lâcheté des équipes et des sponsors. Je réagissais à un commentaire d'un consultant qualifiant de lâcheté la décision des deux chaînes allemandes d'interrompre les retransmissions.Si le dopage existe depuis longtemps(*), il a été au fil du temps banalisé dans un système où la gagne primait sur la compétition, à cause des retombées médiatiques que génère une victoire sur le Tour, et là, les directeurs sportifs et les sponsors ont leur part de responsabilité, même s'il n'est question que de suivisme. La compétition sportive appelle à la compétition de dopage généralisée, quand certains se dopent. Comment espérer briller à la régulière contre une équipe dans laquelle certains font affaire avec un "Docteur Mabuse" sans utiliser les mêmes armes?Ce n'est pas valable que pour le vélo, soit dit en passant! (*) Premier mort du dopage : Tom Simpson, en 1967, épuisé, déshydraté, s'écroule dans l'ascension du mont Ventoux. La prise d'amphétamines l'avait  "boosté" au-delà des limites de son corps qui n'a pas tiré le signal d'alarme quand il était encore temps.Dès le début du Tour de France, en 1903, les coureurs ne rechignaient pas à utiliser des "fortifiants" et embarquaient quoi donc? Du vin. C'est vrai que les étapes et le matériel n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui.

Laurent 19/07/2007 19:32

Je vais croire, à défaut de me convaincre, que vous plaisantez. Et pour suivre le fil de votre discussion et me faire mieux comprendre, il est question, je crois, de responsabilité. La fin, les moyens, que de belles histoires. On vit pour la télévision et la gloire en plastique, ou on fait un autre choix.Le mien est fait.

Laurent 19/07/2007 18:32

La vraie bonne conduite ? Commencez par vous désintéresser de ce qui ne vous intéresse pas.

François 19/07/2007 19:15

Je ne comprends pas ce commentaire, Laurent.Me désintéresser ce qui ne m'intéresse  pas.Le tour de France. Il m'intéresse. Depuis longtemps. Je n'ai pas d'avis réellement tranché sur le dopage. Ce qui m'insupporte, c'est l'hypocrisie de certains intervenants sportifs, qui en façade vont aller prôner un tour "propre" mais condamnent les deux chaînes de télé allemandes, cohérentes avec elles-mêmes, ne retransmettant plus l'épreuve. On veut bien dire que le dopage est un fléau du cyclisme, mas on ne reconnaît pas la responsabilité des dirigeants des équipes ou sportifs incriminés.Voilà tout.