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A Goncourt, con gourd et demi

Publié le par L'ours

Est-ce le froid qui s'abat sur la Sarkozye en chute de popularité qui engourdit les synapses d'Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis, qui cette semaine avait à grand bruit prôné un "devoir de réserve" pour les récipiendaires de prix littéraires. Ou est-ce une indication de ce que doit sortir du faramineux débat sur l'identité nationale ? Ou encore une tentative de faire de la lèche à bon prix ? Ou une propension innée à dire n'importe quoi ?

La chanceuse Marie N'Diaye avait naguère fustigé la France de Nick the First (pas la mienne, hein ! Parce que sans me vanter, j'ai aussi une France dont personne ne se plaint), qui lui paraissait monstrueuse, noyée dans une athmosphère de flicage et de vulgarité. L'écrivain avait même fait le choix de vivre à Berlin pour échapper à la monstruosité dorée, ostentatoire, raccoleuse, pour ne pas dire tapageuse, que d'aucuns qualifient de bling-bling, ce qui prouve que les belles lettres ne sont pas mortes.

En août, cette déclaration faisait plus ou moins pshitt, pour ne pas dire qu'elle filait tel un pet sur une toile cirée, expression qui nous rappelle que la délicatesse n'est pas l'apanage d'un ancien président de la République. Aujourd'hui, alors que le jury Goncourt a décidé d'attribuer son prestigieux prix au roman de Marie N'Diaye Trois femmes puissantes, le député vient ruer dans les brancards et sort du trou noir qui lui sert de boîte à réflexion un "devoir de réserve" en général réclamé aux fonctionnaires. Et pour des propos vieux de trois mois.

Mais comment peut-on être aussi... je ne trouve pas mes mots... con sans être exagéré est impoli en plus d'être injurieux ; bête, stupide, idiot, imbécile, crétin, sot sont autant de synonymes trop faibles et trop gentils ; lourd, lourdeau, balourd font de manière excessive songer à un embonpoint qu'il serait de mauvais aloi et inélégant de pointer du doigt, d'autant que poids et épaisseur, ici ne concernent que la puissance intellectuelle du sujet ; comment peut-on, disais-je être aussi... pied ?

La fonction de l'écrivain, lorsqu'il ne cire pas les pompes d'un puissant, est d'écrire librement, donc de penser et de s'exprimer librement, tout du moins de ce côté-ci du mur de Berlin. Il devrait, lorsqu'il parle de son éminence ou de son action ou encore de l'athmosphère qui en découle, observer un devoir de réserve ? Au nom de quoi ? Au prétexte que critiquer le pouvoir en place s'apparente à hautement trahir la nation qui nous nourrit ? Craindrait-on au château et à la cour qu'à l'étranger on ne se soit aperçu de rien, du flicage, de la vulgarité et de la médiocrité des idées, et que cette diatribe de l'écrivain fasse l'effet d'une révélation ?

Probablement, pour Raoult, l'autocensure qui devrait être de mise chez tous ceux portent plume, est une seconde nature, comme à l'Assemblée. Identité nationale signifierait donc honorer en toute circonstance celui qui aura été élu par la moitié d'une population ? De cet instant, l'opposition n'existerait plus qu'en théorie et serait instamment priée de la boucler ce qui, reconnaissons-le, facliterait grandement les choses.

Aujourd'hui devoir de réserve chez les écrivains primés, demain chez les autres, chez tous ceux qui s'adressent à un public, comédiens, chanteurs, artistes divers, et pourquoi pas également chez les journalistes ?

Allez, c'est bien, Raoult, tu as fait du bon boulot avec ta polémique de location, au prochain remaniement, on te trouvera une petite place.

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Cari Li 16/11/2009 13:50



Le Conseil de l'Europe, créé en 1949 pour défendre la démocratie, l'Etat de droit et les droits de l'homme, rassemble des
parlementaires des Etats membres. Il a a voté la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en 1950. Cette Convention européenne des droits de l'homme
défend clairement la liberté d'expression dans son article 10 ; 
« Toute personne a droit à la liberté d'expression... sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et
sans considération de frontières. »