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Comme la lune

Publié le par L'ours

Les hommes sont trop cons ! Probablement, elle se dit ça, la lune.
Probablement il n'y a plus assez de poètes qui viennent le nez au vent, la regarder paraître dans la nuit brune, sur le clocher jauni, telle un point sur un i.
Sûrement, elle s'est inquiétée qu'on lui grimpe dessus, qu'on lui plante un drapeau comme une plume de paon, qu'on la scrute, qu'on lui tâte le caillou, qu'on s'interroge sur la nature et la valeur de ses minerais.
Probablement, il n'y a plus suffisamment d'Arlequin s'aventurant à sa tendre et pâle lueur chez la voisine, appelant pour l'amour de Dieu à ce que celle-ci ouvre la porte au dieu d'amour.
Sûrement, il ne se trouve plus aucun vieux pâtre pour l'aimer tandis qu'hurlent les dogues à son front d'albâtre.
Plus personne, sûrement, ne songe, quand elle s'avance aux soirs d'août par les féeries du silence et qu'elle roule, démâtée, au large à travers les brisants noirs des nuages, monter, perdu, s'étancher à même sa vasque de béatifiants baptêmes !
Peut-être, les hommes ne la méritent pas, la lune. Peut-être lui font-ils horreur. Peut-être a-t-elle envie de se faire toute petite.
Alors, elle se contracte, elle se comprime. Elle se replie sur elle-même.
Pénurie d'amour ? Refroidissement interne disent les scientifiques qui se croient toujours plus malins que les autres. La circonférence de la lune aurait perdu 100 mètres. Ce n'est pas rien. C'est un fort rétrécissement. Des chevauchements de failles, expliquent les spécialistes.
Mais le repli sur soi, c'est toujours lorsqu'il y a un manque de chaleur. On craint le froid, on se ratatine, on devient rabougri. On se flétrit.
A force de failles qui s'ajoutent, qui se chevauchent, on diminue de circonférence. On s'amoindrit. On endurcit. On se dessèche. On s'enfouit sous une cuirasse. On finit par ne plus pouvoir bouger.
C'est le contraire de l'épanouissement. De l'évolution.
On a beaucoup à apprendre de la lune.

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